Archive pour la catégorie 'Sécurité'

Nouveau témoignage sur les vagues scélérates

Ça  se passe en 1974, à la fin de juillet, à bord du pétrolier Aldébaran de la Compagnie Navale des Pétroles. Le bâtiment de 200 000 t a été chargé aux marques au golfe Persique, il est en route vers le cap de Bonne-Espérance. A la hauteur de Gardafui (débouché du golfe d’Aden), la nuit est noire, mousson de sud-ouest, force 3 à 4 presque dans le nez.
La passerelle de navigation est à plus de vingt mètres au-dessus de l’eau. C’est là que se trouve René de Cayeux, vers 22 h 30 ; il est attentif dans la pénombre, et scrute l’opacité de la nuit. Ecoutez-le.
-  Tout à coup, sans rien voir venir le navire encaisse un coup énorme, je prends la lisse de la passerelle dans l’estomac, un torrent d’eau monstrueux recouvre tout le château, une vague énorme le submerge… Ma surprise est totale. Le bâtiment est ébranlé, l’eau s’évacue mal, d’autres lames (moindres) le secouent encore. La machine appelle « abattez », nous abattons babord ; pas de roulis ni mer démontée, la machine ralentit. L’eau embarquée fait pas mal de dégâts ; au niveau du pont principal une porte étanche tribord (verrouillée) a disparu, partie à la mer… L’eau entre par la coursive qui est longitudinale, elle enfonce des portes et emplit certaines cabines de mécaniciens qui doivent monter sur leur couchette. De l’eau descend par l’ascenseur… Une échelle (escalier extérieur) de dimension imposante, elle aussi a disparu.
- Il faut un instant pour reprendre ses esprits.
- On fait les réparations nécessaires et l’on remet en route. Au jour on constatera que porte et échelle sont montées à plus de 15 m pour tomber à l’eau de l’autre côté, à babord…
- Quand nous arriverons au Havre, le 30 août, nos familles seront étonnées de voir le bel
Aldébaran, quasi neuf, pisser la rouille comme un vieux bouchon gras à bout de souffle…
Merci René pour ce témoignage.
• La photo : l’Aldébaran tout neuf, qui n’a pas encore sa peinture.

Une nouvelle interlocutrice à la SNSM

Nous apprenons l’arrivée de Bénédicte Caillé-Malpel à la direction de la Communication de la SNSM. Professionnelle, dynamique et déterminée elle entend poursuivre l’action d’Alexis A. Beresnikoff qui, après 10 ans passés au service des sauveteurs,  vogue désormais vers d’autres eaux.
Il ne semble pas nécessaire de rappeler l’estime que nous portons  à la noble Société que nous avons vue à l’œuvre à plusieurs reprises. Notre message à Bénédicte Caillé-Malpel : bienvenue. Nous souhaitons maintenir les liens existants, voire les développer…
Athos

Plus que les pirates, les « narcos » infectent la mer

drogue 2Il faut bien se mettre dans la tête que le trafic de stupéfiants est beaucoup plus dangereux pour nos sociétés que le piratage dont on parle si souvent. On peut aussi, sans approuver le moins du monde les pirates somaliens, penser que la plupart d’entre eux cherchent tout bonnement à survivre dans une économie en ruine. On ne peut pas dire la même chose des narcotrafiquants, qui ne sont motivés que par le profit colossal généré par leur activité criminelle. Celle-ci tue beaucoup plus que le piratage ordinaire… Il paraît donc normal que nos Etats procurent aux instances de répression du trafic, des moyens à l’échelle de leur mission. Renseignements, douanes, gendarmerie maritime, agents de la répression des fraudes, etc., voire la Marine nationale. Car la drogue vient pour l’essentiel de Colombie, Bolivie, Pérou, Venezuela, Brésil et l’ensemble de l’arc des Caraïbes, elle doit donc traverser l’immense Atlantique. Son flux reste difficile à contrôler.
On estime qu’environ 200 tonnes de cocaïne traversent l’océan chaque année  pour arriver en Afrique de l’ouest ; la coke est ensuite « distribuée » dans les pays de la vieille Europe par des passeurs discrets (les mules). Ils livrent les grossistes qui revendent aux dealers… qui assassinent nos enfants. Ce sont des criminels.
Sur mer, comment procèdent ces tueurs ? Un rapport du Sénat dit que la traversée se fait surtout par voiliers (de plaisance) qui sont à la fois nombreux et a priori non suspects. Quelques kilos bien dissimulés dans les fonds peuvent rapporter gros. Pour les malfaiteurs, il suffit d’avoir beaucoup de complices pour fractionner les risques. Les narcos ne dédaignent pas pour autant les bâtiments plus conséquents ; ils s’approchent des côtes africaines, à la limite des eaux territoriales et transbordent leur cargaison dans de petits bateaux très rapides qui foncent vers la terre. Un débarquement discret et le tour est joué. Ça ne marche pas toujours ; en juillet 2004 par exemple, le remorqueur Togolais Pitéa Continuer la lecture ‘Plus que les pirates, les « narcos » infectent la mer’

Vieux pétroliers : pas si simple…

En réaction à notre billet du 8 octobre, voici un avis – autorisé – qui remet les pendules à l’heure.
Guiseppe Savarese, l’armateur de l’Erika a, à la fois tort, bien  évidemment à propos de son navire, mais aussi raison, même si cette affirmation peut en faire sursauter plus d’un…
En effet, la question n’est pas si simple et mérite d’être examinée de façon plus approfondie, car si dans l’absolu un navire de cinq ans  est plus sûr qu’un de vingt ans, de nombreux facteurs peuvent influer sur l’état réel de ceux ci.
D’abord la construction avec l’échantillonnage (épaisseur des tôles et des structures) l’expertise du chantier et de ses ouvriers, la surveillance des assemblages (soudures…) etc. Certes, des règles existent et normalement les plans et la construction sont soumis à la surveillance d’un organisme de contrôle, en général une société de classification agrée par chaque Etat dans lequel sera enregistré le navire. Mais déjà à ce stade bien des différences peuvent intervenir  qui auront un effet direct sur le vieillissement du navire.
Ensuite, l’exploitation et Continuer la lecture ‘Vieux pétroliers : pas si simple…’

Vive les vieux pétroliers ?

plaque Erika DSCN1247Allez, une question bête et méchante : je lis dans Le Figaro que Guiseppe Savarese l’armateur du sinistre Erika, a déclaré au procès en cours (en appel et 10 ans après les faits !) qu’il n’est absolument pas vrai qu’un navire de 20 ans d’âge présente plus de risque qu’un bateau de 5 ans. Nous, on a des doutes… Qu’en pensent nos amis marins et officiers de la Marine Marchande ?
A vos claviers …
• Notre photo : panneau placardé dans le Finistère juste après le naufrage ; ah les veinards !

Les « méduses à voile » plus dangereuses que les requins ?

Un fidèle d’Escales Maritimes, René de Cayeux, visiblement marin d’expérience, nous transmet cette contribution à propos des « Méduses qui mettent les voiles » (voir billet du 4 octobre). Pertinente et utile, nous la reproduisons dans son entier, en remerciant chaleureusement son auteur.
Cela m’a tout l’air d’être de la famille des Argonautes.
Celles que nous côtoyions par milliers dans les mers chaudes étaient plus grosses : 25 cm de long en moyenne.
Elles dérivaient par leur prise au vent, nous les appelions des pines à la voile, pourquoi ?
Les anciens qui avaient fait la guerre et subi des torpillages nous disaient qu’elles étaient plus dangereuses que les requins.
Des filaments sinusoïdaux fins de parfois plusieurs mètres peuvent pendre sous elles, chaque courbe au contact d’un poisson ou d’un homme… pénètre dans la peau et un toxique… donne de la fièvre. Pour la méduse c’est sa façon de capturer pour se nourrir, sans doute les trop grosses pièces ne sont pas retenues ! mais ces filaments doivent se recréer en continu.
J’ai subi cela au Cap Manuel à Dakar, il faut sortir de l’eau vite, impossible d’ôter les centaines d’inclusions, seul moyen se badigeonner de vinaigre et à défaut d’urine, ce qui fut mon cas.
Dans les postes de secours de nos plages maintenant les sauveteurs disposent de vinaigre blanc contre tout type de méduses. Avec le réchauffement climatique …

L’ « Arctic Sea » blanc comme neige…

Eh ben voilà… Tout est bien qui finit bien. D’après  L’Antenne , les autorités russes n’ont rien trouvé de suspect. Le navire aurait été examiné sous toutes ses coutures (intérieur et extérieur) par des moyens très sophistiqués. Rien d’anormal. Ça rassure ; sauf qu’il s’agit seulement du « contenant », pas du « contenu », et là …
Sur les hommes masqués, les systèmes de contrôle hors d’usage, les missiles (si missiles il y avait), le silence radio, le changement de destination, la fuite de l’ingénieur etc., on ne sait rien de neuf. Mais si l’Arctic Sea ne transportait que du bois, rien que du bois, on peut penser que tout ça n’est que le fruit de quelques imaginations très inflammables.
Allons, à quoi pensiez-vous ?
Les petites marionnettes ayant fait leurs trois petits tours, à présent elles s’en vont…
Athos

Les Aventuriers de l’arche perdue (version 2009)

A la longue, ça va devenir lassant… Mickhail Voïtenko, l’expert maritime qui avait, le premier, annoncé la « fugue » de l’ Arctic Sea a brusquement pris un avion pour… une destination inconnue. Ceci afin d’échapper à de mystérieux correspondants  le menaçant d’un contrat. Ces aimables interlocuteurs auraient déclaré que des gens très sérieux étaient mêlés à cette affaire et qu’ils étaient furieux. Voïtenko se dit sûr que l’Etat russe joue un rôle central dans l’écran de fumée qui baigne cette drôle d’histoire. Ce n’est pas tout, aux dernières nouvelles les « pirates » emprisonnés seraient… des écologistes ! Allons bon. C’est du moins ce que prétendent – sans rire -  leurs avocats. Surpris par la tempête ils auraient demandé assistance à l’Arctic Sea et seraient montés à bord. Ben voyons… Spielberg n’aurait pas inventé mieux. De qui se moque-t-on ? Le pire : pendant ce temps-là, James Bond se cure les ongles sous les cocotiers…

Aramis

A bord de l’ « Arctic Sea » : bons baisers de Russie…

Le feuilleton continue. (Voir nos derniers billets). Ca se précise peu à peu ; les pirates sont enfermés dans la prison de Lofortovo (ex-prison KGB), le bateau fait route vers Novorosiilsk (mer Noire), les Russes s’occupent de tout et Malte, Etat du pavillon, n’a pas droit à la parole. Détail important : le navire pourrait être confisqué car considéré comme « pièce à conviction ». Tiens, tiens… ç’est probablement que dans ses flancs se terrent des choses un peu particulières. Et à partir de là, les rumeurs se mettent en branle ; on parle avec insistance de trafic d’armes, plus précisément de missiles de croisière russes X55 (moyenne portée) destinés à l’Iran… comme par hasard. Du coup, il se dit que l’attaque dans les eaux suédoises pourrait être un coup des services secrets israéliens (N’oublions pas que l’Iran veut effacer Israël de la carte). Du coup, tout se mélange : pirates ? terroristes ? grand (très grand) banditisme ? guerre secrète ?… Ho là là !, ça fait beaucoup tout ça, et ce n’est pas fini… On nage en plein polar. D’ici que le Docteur No surgisse à la passerelle, avant que notre bon vieux James (OSS 117) ne l’envoie au tapis dans la soute à charbon, il n’y a plus qu’un pas ; il sera  franchi bientôt par Nikolaï Makarov, Chef d’état-major des forces russes qui nous promet toute la lumière sur la cargaison du navire. Ouf !

Aramis

L’ « Arctic Sea Ghost » et ses mystères…

 
Allez, une petite info, comme ça, histoire d’alimenter les conversations d’apéro. On lit dans le Marin de cette semaine que l’Arctic Sea  était muni de tous les systèmes d’information de suivi de navires. Entre autres (il y en a plusieurs) du SSAS (Ship Security Alert System) prévu contre la piraterie. Ce système (obligatoire depuis 2004) envoie des émissions par satellite. Il est muni d’une alimentation électrique indépendante et ne peut être déclenché que par deux boutons, l’un en passerelle, l’autre en un lieu secret, connu du seul commandant. En principe le cargo fantôme devait en être équipé. Alors ?
Athos

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