Archive pour la catégorie 'Plaisance'

Bénéteau se sépare de 60 personnes, mais…

D’après La Tribune, le groupe Bénéteau qui a perdu 20,3 millions € au premier semestre 2008/2009, aurait modifié son plan de restructuration. Au lieu des 590 licenciements  prévus à l’origine ceux-ci seraient ramenés à 60. C’est mieux. Mais la mesure serait accompagnée d’un plan de départ volontaire intéressant quelque 600 personnes. C’est plus digeste que des licenciements secs, mais cela ne change pas grand chose à la situation des salariés… ni à celle de l’entreprise.
Si le premier producteur mondial de voiliers est contraint à de telles mesures, on imagine sans trop de peine les difficultés des petits chantiers qui sont loin d’avoir les reins aussi solides que ce géant industriel.

La vague scélérate de « Tzu Hang »

C’était un 14 février, comme aujourd’hui…
Tzu Hang, ketch de 14 m caracole vers le Cap Horn. A bord, Miles Smeeton, son épouse Beryl, leur équipier John Guzzwell ; et bien sûr, c’est le coup de chien, mais pas n’importe lequel. Lisez ça (c’est Miles qui parle).
« Quand John est descendu dans la cabine, Beryl a continué de barrer comme avant, en vérifiant sans cesse le cap au compas mais en suivant un peu plus le vent et les vagues. Elle commençait à s’y habituer ; le vent était toujours aussi fort. Le soleil perçait parfois les nuages et de temps en temps elle se trouvait baignée de soleil. Une vague est passée sous Tzu Hang qui a pivoté légèrement. Beryl a corrigé sans mal et, en arrivant au fond de la vallée, elle a regardé en arrière pour vérifier l’alignement. Juste derrière le bateau un mur d’eau se dresse, si large qu’on n’en voit pas les extrémités, si haut et si escarpé que Beryl comprend immédiatement : Tzu Hang ne pourra jamais l’escalader. Cette vague ne brise pas comme les précédentes, mais l’eau ruisselle sur sa face avant, comme une cascade. Beryl pense en un éclair : rien à faire, je n’ai pas dévié. Cette dernière image de la vague, qui a bien failli être la dernière de son existence, restera toujours vivace dans son esprit. Aussitôt après, elle se sent projetée hors du cockpit, c’est l’unique impression qu’elle ait gardée. Et elle se retrouve dans l’eau, sans savoir si elle a coulé entre temps ou non.
Tzu Hang est invisible, Beryl porte la main à sa ceinture mais ne trouve que l’extrémité cassée de son bout. Elle donne de grands coups de pieds dans l’eau tout en pensant : Mon Dieu, ils sont partis sans moi ! et ses bottes, les bonnes grandes bottes de John, s’en vont à l’eau. Puis une vague la soulève, elle se tourne dans l’eau et aperçoit à trente mètres Tzu Hang, le fidèle Tzu Hang, stoppé net. Les mâts ont disparu, le bateau est bizarrement enfoncé, mais enfin, il flotte et Beryl nage vers les débris du mât d’artimon ».
Le ketch vient de sancir (chavirer par l’avant, cul par-dessus tête) sous le poids d’une lame monstrueuse. Par un incroyable miracle Beryl sera récupérée, sauvée, mais le bateau est plein d’eau, à moitié coulé.  La première chose qu’elle dira en montant à bord : “je sais où sont les seaux, je vais les chercher…” Superbe Beryl !

• (Extrait de  Défi au Trois Caps, sir Francis Chichester, Arthaud éditeur 1967 – Traduction Florence Herbulot)

Les bateaux de la mémoire (4)

81

Régate traditionnelle à Port Haliguen (Morbihan) dans les années trente. Il y a beaucoup de monde sur le musoir du bassin d’échouage. Avant le départ, les concurrents font des ronds dans l’eau pendant les « trois minutes » ; jolis bateaux, jolis gréements. On ne sait pas qui a gagné…

Le plus petit voilier du monde est à vendre

5b2c_11

schets-miniec2f38de5e8c223e6558a8a040f0f2eb

On parle toujours trop vite…Le 4 novembre 2008, en titrant « Un voilier plus petit, tu meurs » (2,10 m), on a fait une bourde : il en existe un, encore plus petit ! Il est même français…
Au début j’ai cru à une blague, pensez donc, aussi large que long, un truc carré… Pourtant la chose existe réellement et c’est même le très sérieux Groupe Fauroux qui l’a dessiné. Si j’ai bien compris, l’architecte l’a conçu à partir des idées d’un constructeur amateur qui l’a lui-même réalisé : gréement de sloup, longueur 1,72 m, largeur 1,72 m ( !)  coque en époxy + mousse de carbone, mât (télescopique) de 5 m, grand voile 6,5 m2 (+ 3 focs), poids 240 kg.  La quille lestée se déplace longitudinalement pour assurer une bonne assiette ; très longue, elle dépasse probablement 2 m (voir le dessin). La bôme est courbe et tenue à son point d’écoute par une sorte de queue de malet  triangulaire débordant l’arrière. Finalement cet étrange  « navire »  ressemble davantage à une caisse qu’à autre chose ; pourtant il semble avoir été soigneusement pensé. Selon son constructeur il marcherait à 2,5 nœuds par vent moyen. Pour preuve, il a traversé l’Atlantique (Canaries-Guadeloupe) entre le 12 avril et le 30 mai de l’année dernière, soit environ 60 milles/jour ; son courageux skipper ne pouvait dormir qu’assis… Les images que nous reproduisons parlent d’elles-mêmes.
Et pour ceux qui croiraient encore à un canular, sachez que le voilier est en vente sur eBay (pub gratuite) au prix de 15 000 euros.
Nous, on trouve ça un peu ridicule…
Athos

D’un salon, l’autre…

dscn1263Le Salon Nautique n’est pas terminé, mais il semble déjà que sa fréquentation sera presque à la hauteur de ses précédentes sessions. La fréquentation mais pas les achats. Aucun chiffre, ne peut encore être avancé pour les voiliers, mais il est certain que les effets du chaos économique actuel se feront sentir au moment des comptes. D’autant que les grands bateaux (40 pieds et au-dessus) sont déclinés en de très nombreux modèles que le marché ne pourra pas absorber. Trop de  similitudes dans les gammes de luxe. Reste cependant que  l’offre destinée aux acheteurs très aisés (pour ne pas dire riches) souffrira moins que celle des modèles plus petits, dont la clientèle est déjà touchée par la crise… Conséquence : il se pourrait qu’à court ou moyen terme plusieurs chantiers mettent la clé sous la porte. On le regrettera mais c’est ainsi…Ce n’est pas la frilosité extrême des banques qui arrangera les choses !
D’où une étrange ambiance dans le Salon, entre la frime (on se rassure comme on peut) et une sorte de lassitude, un rien fataliste. La photo montre qu’on peut quand même faire des affaires… bien qu’à ce prix-là, ça fait cher du mètre linéaire.

Contraste au Salon Maritima. Un public nombreux, affairé, qui parle business et ignore la crise, ou feint de l’ignorer. Un climat feutré, sérieux où l’on parle entre hommes d’affaires, sans flonflons et sans tape-à-l’œil. Ici ce n’est pas le cirque, on informe et l’on s’informe, on ne séduit pas le gogo. Reste à savoir quels en seront les résultats concrets ; personne ne peut encore le dire, mais a priori, le doigt en l’air, on a l’impression que le Salon remplit sa mission.
Qui disait : méfiez-vous de la première impression… C’est la bonne ?

Athos

Le Salon nautique entre grand cirque et grand-messe

dscn12525

Il fallait s’y attendre. Les premiers constats montrent que les exposants ne sont pas très rassurés. Unanimement ils disent « les visiteurs vont venir, (environ 300 000 habituellement) mais les commandes vont peut-être rester à la porte… » Et c’est bien l’impression qui prévaut en dépit de déclarations de circonstance et parfois contradictoires. Attendons la fin du Salon. (Nous y reviendrons).
Les bateaux
…Oui, les bateaux, car finalement ce sont eux qui nous intéressent.
Premier constat : les voiliers sont de plus en plus imposants : 40, 45, 50 pieds et plus ; tous les Majors en proposent. (Notre photo : un bateau de 56 pieds). Les plaisanciers fortunés n’ont que l’embarras du choix ; l’heure n’est plus à la démocratisation mais à l’élitisme.
Deuxième constat : ils se ressemblent tous, à quelques détails près ; carènes performantes, accastillage soigné et parfois surabondant, électronique omniprésente. Le vrai choix se fait sur les intérieurs, la couleur des bois, les équipements de confort, les astuces, les gadgets.
Troisième constat : les voiliers « moyens » font tout ce qu’ils peuvent pour ressembler à des « grands » ; c’est parfois un peu excessif, inutile, mais peut-être que ça fait vendre.
Quatrième constat : Une certaine orientation vers les croiseurs habitables en version « quille relevable » ou tout simplement « dériveur » (accès à des mouillages peu profonds) ; ce n’est pas nouveau, mais ça pourrait être une tendance. (Places de port chères et rares).
Cinquième constat : quelques innovations remarquables mais peu d’innovation au total. La plupart des nouveaux voiliers (il y en a quand même) n’apportent pas grand chose. Ce sont souvent des déclinaisons de modèles précédents, plus ou moins adaptés en versions.
Sixième constat : l’argument de la performance prédomine, comme si tout le monde n’envisageait que la compétition. La sécurité est parfois avancée mais ce n’est jamais l’argument principal. Tous les bateaux se prétendent « marins », ce n’est pas toujours vrai.
Le Salon
Il devient « Nautic » ; pourquoi ? On aimerait qu’on nous explique.
L’exposition vire de plus en plus à la manifestation « attrape-tout », avec ses attractions, ses promotions touristiques, ses célébrités, défilé de mode, son côté people… Accessoirement, on y voit aussi des bateaux.
Au milieu de tout ça, nous avons quand même déniché LE bateau du salon ; novateur, intelligent, bourré d’astuces. On le présentera en « coup de cœur » très prochainement. Ce ne sera pas de pub, ce sera ce qu’on pense…
Athos + Aramis

Portrait de bateau

muscadetMuscadet. Célèbre modèle de sloop de plaisance apparu en 1963. Il connut tout de suite une grande popularité, due autant à ses conceptions originales qu’à ses performances. Dessiné par Philippe Harlé, construit en contreplaqué, il devait s’avérer une remarquable réussite technique. Long de 6,40 m, sur 2,28 de large, avec un tirant d’eau de 1,10 m et un lest de 500 kg, il s’est rapidement imposé parmi les meilleurs (il eut aussi une version en dériveur lesté). Sa silhouette, sobre, sans roof, avec un pont dégagé (flush deck) et surtout sa tonture inversée n’a pas toujours fait l’unanimité ; elle est pourtant parfaitement fonctionnelle.

Son aménagement intérieur, astucieux, permet à quatre équipiers de faire de véritables croisières dans des conditions de confort acceptables. Sûr, marin, rapide (au près comme au portant) ce petit phénomène a connu une longue période de gloire… qui dure encore ! Ses derniers représentants naviguent toujours, bichonnés avec soin par leurs inconditionnels propriétaires…

Tout comme le Corsaire et plus tard l’Arpège, le Muscadet marque un virage dans la démocratisation de la voile.

Portos

Ouverture de la Cité de la Voile à Lorient

Ce samedi 5 avril s’ouvre à Lorient La Cité de la Voile « Eric Tabarly », installée sur le site de l’ancienne base de sous-marins de Keroman . Un bâtiment de belle allure, architecturale de 6000 m2, abrite désormais une exposition permanente et interactive élaborée par la Cité des Sciences et de l’Indusrie. Trois volets principaux : l’homme et l’océan, les voiliers et leur conception, les grands navigateurs de la course au large. Un vaste programme dédié à la mémoire d’Eric, disparu en mer il y a dix ans. Une belle initiative, dont nous reparlerons bientôt.
www.lorient.fr/cite-de-la-voile-Eric.998.0.html


Contact
« Maritimes » est ouvert à tous. Contributeurs, informateurs, critiqueurs, approbateurs, suggestionneurs…
Pour ceux-là, une seule adresse : escales.maritimes@orange.fr