Archive pour la catégorie 'Patrimoine'

Requiem pour une épave

Epave Locquirec oct 09 0219Regardez cette image, regardez-là bien… La photo a été prise le mois dernier, dans l’embouchure du Douron, à la limite du Finistère et des Côtes d’Armor, plus précisément à Toul an Hery. L’épave est superbe, posée là comme une sculpture abandonnée, témoin d’un autre temps. Eh ! bien vous ne la verrez plus. Le 10 novembre des engins mécaniques sont venus la détruire à la sauvage, la transformant sans vergogne en petit bois… Avec de bonnes raisons, bien entendu. C’est un petit morceau du patrimoine maritime (un de plus) qu’on assassine, à la sauvette. Pas vrai Job ?
- Oui mais maintenant, ça fait prop’
Pauvre Job…
Aramis

1999/2009, une décennie d’acquisitions du Musée de la Marine

11 Briquette de charbon13 boite gâteauxIdée bien sympathique du Musée national de la Marine qui consacre une exposition à ses acquisitions des dix dernières années (achats, cessions, donations, legs et dations). Un vaste rassemblement de pièces très différentes n’ayant de commun qu’appartenir « à la Marine », mais qui montrent bien la volonté du Musée d’enrichir sans cesse ses collections déjà fort riches. C’est donc un peu hétéroclite mais c’est ce qui en fait le charme. Quelques exemples : un casque de scaphandre, une briquette de charbon du temps des vapeurs (voir la photo), une paumelle de voilier, une boîte à gâteaux au nom évocateur… (voir l’autre photo), une maquette de porte-conteneurs, un chapeau d’élève de l’Ecole navale (XIXe siècle), etc. Une exposition très variée donc, et originale. Il faut en féliciter les promoteurs, Marjolaine Mourot, conservateur en chef du patrimoine et Agnès Mirambet-Paris conservateur du patrimoine.
• Palais de Chaillot, à Paris du 28 octobre 2009 au 10 janvier 2010. (10 à 18 heures sauf le mardi) – Photos © Musée national de la Marine/A. Fux et P. Dantec.
www.musee-marine.fr

Les voiles du sud ne perdent pas le nord

T2C 2009 v3 PRINos amis Corses n’amusent pas le terrain… maritime. Deux belles manifestations viennent encore de le montrer.
• Le « Tropheo di mezzo passo », une régate réservée aux voiles latines. Douze voiliers (du petit gozzetti de 5 m au veliero de 13 m) ont tenté de s’expliquer entre la Corse et la Sardaigne. Malheureusement une pétole quasi totale a quelque peu perturbé l’épreuve qui fut finalement remportée par le sarde Maestro d’Ascia Angiulin. Mais quoi, ce furent tout de même de bons moments sur l’eau. Un regret pourtant, une seule barque corse le Saint-Joseph, (Sauvaire, Decherchi, Pilorget) a participé à l’épreuve. On espère mieux l’an prochain, grâce notamment à l’action de Latina Mora dont le noble but est de faire naviguer notre patrimoine.
• Le “Tour de Corse” sans escale, par l’est, alignant  47 concurrents dont pas mal de bêtes de course. L’édition 2009 leur a offert le grand jeu, ils ont tout eu, de la pétole nocturne  au vent frais, plutôt physique. Ça a conduit les skippers à jouer finement de leur savoir-faire, entre le près serré et le grand largue, en gardant un œil sur une nav souvent délicate. Une sacrée empoignade, orchestrée par une météo sournoise qui n’a pas fait dans la fioriture.
On n’a pas assez de place ici pour reproduire la relation succulente d’Alex Rolet  (classé 5e sur Ti Fermi Maï, skipper Nicolas Fauroux) et nous le regrettons ; mais on est tout prêt à vous l’envoyer si cela vous intéresse.
Finalement, ces gars du sud sont plutôt exemplaires dans leur façon de vivre la voile. Qu’ils continuent !
Maurice Duron
• Photo : un bord de près, grand voile arisée, au vent de la côte. Ça pulse…

Je suis contre la Loi Littoral !

hotel Dolce Vita Ajaccio oct 09 DSCN0127Baie Ajaccio oct 09 DSCN0132Je vais en étonner plus d’un : je suis contre la Loi Littoral ! Eh oui… C’est pourtant une loi juste, raisonnable, mais je suis contre.
Pourquoi ? Parce que cette loi est aussi une farce. La Puissance Publique a accouché d’un texte mais seulement d’un texte. Des mots, rien que des mots, et peut-être quelques bonnes intentions, mais c’est tout.
Un exemple : concernant les constructions en bord de mer, je serais capable de vous citer dix cas, sur nos deux façades maritimes où les petits arrangements, les tolérances voire les complicités bafouent régulièrement – et au vu de tous -  cette honorable loi. Depuis les villas pieds dans l’eau jusqu’aux paillotes sur la dune, en passant par les plages privées (c’est dit en toutes lettres dans les dépliants touristiques) le cancer ronge nos côtes de Zuydcoote à Bonifacio. Silence dans les rangs, les promoteurs et les petits mafieux sont à l’œuvre. Figurez-vous que des gens osent poser des questions sur le Net pour savoir comment construire en contournant la loi ! En d’autres mots, j’emmerde les gendarmes…
Ça se passe au beau pays de France, là où, par endroits, on voit encore danser la mer le long des golfes clairs…
Alors, quitte à avoir un littoral dévasté – il l’est déjà pas mal -autant que ce soit en l’absence de règlement plutôt qu’au prix du viol répété de la Loi, au nez et à la barbe des autorités qui ferment les yeux pour ne pas assister au crime. Ce serait moins hypocrite.
Aramis
Légendes photos – A gauche : l’article L 160–6 du Code de l’Urbanisme garantit la continuité du cheminement des piétons ou leur libre accès aux plages. A droite : L’article L 321 du Code de l’Environnement stipule que la concession de plage doit réserver le libre usage au public d’un espace d’une largeur significative (!!!)

La « Calypso » de Cousteau peut-être sauvée des eaux…

800px-La_calypso,_vue_d'ensembleancienne + nelle étraveNelle étrave CC 09
La célèbre Calypso du commandant Cousteau est en réfection à Concarneau. En fait, il s’agit d’une refonte complète du bâtiment dont l’état de délabrement était tel qu’on a cru pour un temps à sa disparition pure et simple… Il faut dire que son naufrage à Singapour (éperonné par une barge en 1996) avait fait craindre le pire.
La Calypso est un ancien dragueur de mines de la dernière guerre, en bois, construit en 1942 à Seattle (USA) pour la marine britannique (HMS J 826). Longueur 42,35 m, largeur 7,47 m., 402 t., vitesse 10 nœuds.  Devenu propriété de Cousteau en 1950 il fut  transformé  en bâtiment océanographique. C’est à son bord que furent produits les grands films sous-marins qui ont fait la célébrité de son propriétaire.
Après la disparition de Cousteau en 1997 et après de nombreux avatars juridico-financiers un procès attribua la propriété du bâtiment à « The Cousteau Society ».
Entrée aux Chantiers Piriou en octobre 2007 (en piteux état) la Calypso a fait l’objet de travaux très importants. Pourtant, le chantier n’a fonctionné que par à-coups ; cet été il était arrêté mais devait reprendre prochainement nous a-t-on déclaré. Tant mieux. Pour l’heure, seule l’étrave (entièrement refaite) émerge des hangars du Chantier Piriou où l’on peut mesurer l’énorme travail déjà réalisé et estimer celui qui reste à faire. Le chantier est soigneusement masqué et interdit au public comme s’il s’agissait d’un sous-marin nucléaire… La « fausse étrave » (ajoutée naguère pour permettre les prises de vues) a été démontée – on la voit sur nos photos – et remplacée par une étrave « normale ». Les membrures (au moins dans la partie visible) ont été refaites en mélèze. Les superstructures devraient également faire l’objet d’une refonte quasi totale. C’est donc une nouvelle Calypso qui est en train de naître (renaître ?) en secret à Concarneau. Malheureusement, le plan de charge a pris un retard important et l’impression qui prévaut est qu’il reste probablement des problèmes à régler…
Aramis
• Photos : à gauche la Calypso à son arrivée aux Chantiers Piriou en 2007 ; au centre : la proue du bâtiment avec l’ancienne et nouvelle étrave ; à droite : les nouvelles membrures.

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Portrait de bateau : la Bisquine

CIMG1317 Bisquine. Voilier de travail très typé, originaire de la Baie du Mont-Saint-Michel. Coque fine mais robuste, d’une vingtaine de mètres, étrave droite, arrière pincé, tonture bien marquée. Le gréement se compose de trois mâts (misaine, grand mât, tape-cul) les deux premiers portant des basses voiles au tiers surmontées d’un hunier, au tiers également, et  éventuellement  d’un troisième étage de rikikis ; il est complété par une voile de tape-cul à l’arrière, toujour au tiers, sur une queue de malet et d’un long boute-hors sur l’avant pour le foc. La Bisquine est considérée comme le voilier de France le plus toilé (environ 300 m²) ; c’est un coquillier pêchant l’huître sauvage à la drague, ce qui exige de la puissance. Sa silhouette, très originale et particulièrement élégante rappelle d’autres formules comme le lougre ou le chasse marée. Il n’existe aujourd’hui que deux exemplaires de ce voilier d’exception, reconstruits à l’identique : la Cancalaise (1987) (notre photo) et la Granvillaise (1990). Caractéristiques de la Granvillaise, L. : 17,70 m, l. : 4,76 m, tirant d’eau 2,65 m, voilure : 288m²). Un troisième exemplaire, plus petit, L’Ami Pierre a été lancé en 1994. De beaux, de très beaux bateaux du patrimoine…
Portos

Patrimoine : le Musée de la Marine ouvert vraiment à tous

Une bonne nouvelle pour la rentrée…. Pour la 26e édition des Journées européennes du Patrimoine, le Musée de la Marine met les bouchées doubles ; il ouvre toutes grandes ses portes au plus grand nombre, public averti ou grand public. Vous pourrez y inviter vos amis ou vos enfants, de tous âges, ils sont tous conviés à bord.
Visites et démonstrations (accessibles et gratuites) se succèderont les 19 et 20 septembre dans le cadre prestigieux du Palais de Chaillot à Paris. Outre les collections habituelles – où l’on découvre toujours quelques merveilles ignorées – le public pourra assister en direct au travail  des maquettistes-restaurateurs qui répondront à toutes ses questions.  Les modélistes de l’Association des Amis du Musée seront également présents. Des visites guidées sont prévues pour aborder les collections sous un angle original (essayez de réserver à l’avance). Fait important il est prévu une initiation au vocabulaire marin par le langage des signes, à destination des personnes mal-entendantes. Initiative qui répond bien à l’idée de « s’ouvrir à tous les publics » et que nous apprécions particulièrement.
• Horaires : 10 h/18 h ; maquettistes-restaurateurs : 14 h/18h ; l’ imaginaire des mots : 16 h. Réservations : 01 53 65 69 56 ou www.musee-marine.fr

« Marie-Pierre » plus pimpante que jamais

Redimensionnement de Marie PierreUne  image de l’été. Voici Marie-Pierre, une belle embarcation du sud de la Corse qui vient de se refaire une coquetterie aux Chantiers Carano à Maddalena. On a remis à neuf le pont, les falques, la tête d’étrave (qui y a perdu son capian) et même le moteur. Ce bateau traditionnel, typique de la région des Bouches de Bonifacio, fait à peu près 4,8 m de long sur 1,40 de large ; on chuchote qu’il est question de lui ajouter une voile (latine bien entendu). Ce qui en fera un bijou de plus à voguer entre Corse et Sardaigne. Merci à Eric Decherchi qui nous a transmis l’info.

Anniversaire : aujourd’hui 10 août, le « Vasa » coule au milieu du port…

vasa okStockholm, le 10 août 1628. Toute la ville est massée sur le port de Skeppsgärden, le Vasa, va partir pour son neuvage. C’est le plus prestigieux des vaisseaux de guerre suédois, 69 m de long, armé comme une forteresse (64 canons), décoré comme un palais. La ville est en fête, les oriflammes claquent au vent, les chants liturgiques montent de la cathédrale, le petit peuple vient applaudir l’appareillage imminent. Le capitaine Hansson donne l’ordre de larguer les aussières ; un même cri de joie monte de la foule en liesse, le Vasa s’ébroue, met le cap sur l’île Alvsnobben… Un triomphe.
Sauf que le temps est médiocre, le ciel se couvre, le vent monte, la mer se creuse. Soudain, une rafale surprend le beau navire qui s’incline sur bâbord… et ne se redresse pas. Le lest a glissé, l’eau pénètre par les sabords Continuer la lecture ‘Anniversaire : aujourd’hui 10 août, le « Vasa » coule au milieu du port…’

Les bateaux de la mémoire (19)

image Grandcamp2Belle scène de la vie maritime. Elle montre le départ des pêcheurs de Grandcamp qui gagnent leurs petits voiliers mouillés en rade. Au premier plan, les équipages au complet (7 à 8 matelots), embarquent sur les annexes ; ils bordent de longs avirons (voir ceux qui sont sur le sable, au premier plan) ainsi qu’il est d’usage en Basse-Normandie. Visiblement, il y a des retardataires, certains équipages ont déjà envoyé la toile tandis que d’autres attendent encore leurs camarades… Au centre de l’image, on distingue quelques marmots, venus sans doute accompagner leur père ; il y en a aussi dans une barque. Quant à Mimile, l’expéditeur de la carte, il semble insensible à la beauté du cliché, tout heureux de regagner bientôt la capitale. Chacun ses goûts.

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