Archive pour la catégorie 'Non classé'

Les bateaux de la mémoire (27)

Construite pour la Compagnie Générale Transatlantique en 1890, La Touraine était à cette époque le plus grand paquebot français ; 157,45 m de long sur 17,05  au maitre bau, 12 000 ch, vitesse 19 nœuds. Affecté à la ligne Le Havre/New York il traversa l’Atlantique en 6 jours , 17 heures et 30 minutes. Un record, à l’époque.
Sa carrière fut plutôt cahotique. Un abordage avec le trois mâts français Sully qu’il coule au large de Terre Neuve en 1894. Pas mal d’avatars par la suite qui contraignent à des modernisations successives entre 1897 et 1902. En 1903, au Havre, un incendie détruit une grande partie des installations de première classe. Nouvel accident en 1909 à New York (rupture de cylindre) ; ses passagers sont transférés sur La Bretagne.
En 1913 le navire se porte au secours du paquebot Volturno en feu en plein Atlantique. Durant la guerre de 14 il sert de croiseur auxiliaire et en 1920 sauve l’équipage de la goélette canadienne Associated en perdition.
Une carrière bien remplie qu’il terminera moins glorieusement, à Göteborg, comme hôtel flottant durant la foire exposition de 1923… A la fin de cette même année il sera démoli à Dunkerque.
La photographie ci-dessus dut être prise après 1902, date à laquelle le navire fut refondu ; à l’origine il comportait trois mâts.

Les arsenaux au fil du pinceau

« Les arsenaux vus par les peintres ». C’est le thème retenu pour le 41e Salon de la Marine où, selon leurs disciplines,  les artistes célèbreront leur vision personnelle de ce vaste sujet. Au total 105 exposants dont 44 peintres officiels, présenteront leurs œuvres, huiles, gouaches, pastels, bien sûr, mais aussi sculptures, estampes et photographies. Eclectisme dans l’expression, œcuménisme dans le motif : des usines en mouvement…
Cela promet une exposition variée, bien cadrée, d’autant que des œuvres issues des collections du Musée viendront enrichir la présentation d’artistes contemporains, amateurs ou professionnels.
• Paris, Place du Trocadéro, Musée de la Marine du 24 novembre 2009 au 4 janvier 2010.

Tous mécontents…

Selon Le Marin d’aujourd’hui, la Commission internationale pour la conservation des thonidés (ICCAT) a réduit de 40 % le tonnage de  captures de thon rouge en Atlantique pour 2010. Il passe à 13 500 tonnes. Les pêcheurs considèrent qu’il s’agit d’un nouveau tour de vis, lourd de conséquences, tandis que les organisations écolos pensent au contraire que c’est très insuffisant. Selon elles, seul un moratoire immédiat aurait permis de sauver le thon rouge.
Ainsi les décisions de l’ICCAT se mettent-elles à dos les deux parties qui lui refusent – ensemble – toute crédibilité. A vouloir ménager les uns et les  autres on risque de ne faire que des mécontents.
• Notre photo : au débarquement, un vétérinaire prélève des échantillons de thon congelé pour analyses sanitaires.
Athos

Les bateaux de la mémoire (26)

Mémoire n° 26Image sympathique. L’intitulé de la carte laisse un peu rêveur « Noirmoutier, régates 1903 ». Bon, mais il s’agit plutôt des préparatifs de la course, le coup de canon n’a pas encore retenti. Il est clair que la fête commence, le petit vapeur de gauche (bateau jury ?) est pavoisé, on s’active sur les embarcations, mais bien peu ont envoyé la toile. Le cadrage (arbres de chaque côté et plongée sur la flottille) semble un peu convenu. D’autant que les deux spectateurs du premier plan regardent l’objectif et non le prochain départ des régatiers…
Pourtant le charme opère, Claire et Antoinette n’ont surement pas choisi la carte par hasard. C’est l’intention qui compte.

Les sirènes vous saluent bien !

Oh ! là, là ! fallait pas…
Ce déferlement de compliments pour le prix attribué au Quai des sirènes, que Christophe et moi avons mis à l’eau récemment, ne justifie pas une telle avalanche… Mollo sur l’égo les gars.
Mais bon, comment vous en remercier ? Vous êtes trop nombreux (mais si !) et nous trop paresseux pour le faire individuellement. Alors je vais vous dire, on vous embrasse tous bien fort, les proches, les copains, les inconnus, les femmes et les enfants d’abord, bien entendu.
Maurice Duron

Une occasion de se taire a été perdue, prière de la rapporter…

Dans notre série « faut bien rire un peu » (et pour ne pas en pleurer), cette simple question : qui a dit en octobre de l’année dernière : Ces épisodes de prolifération d’algues sont aujourd’hui en phase de stabilisation voire de décroissance, grâce aux actions de régularisation des élevages intensifs et à la limitation de la fertilisation azotée ?
Ne cherchez pas : Jean-Louis Borloo, ministre (entre autres) de l’Environnement.
Ce sont les habitants de Saint-Michel-en-Grève qui doivent être contents… (Relisez aussi notre billet du 12 mars 2008).

Goldo se lâche…

GoldookC’est un événement que tous nos vieux copains des Glénans de la grande époque,  apprécieront à sa juste valeur : Jean-Louis Goldschmid, qui fut Directeur technique du célèbre Centre, prend la plume ! Le grand Goldo sort ces jours-ci un bouquin qui relate quarante ans de sa vie consacrée aux Glénans. Eh ! oui, quarante ans…Vous pensez s’il en a des choses à dire… Son témoignage est unique, il a tout vécu, tout connu, tout inspiré. Qui ne se souvient de cette voix inimitable,  de cette intelligence aiguë, de son savoir ? De son humanité aussi. Nous lui devons tous quelque chose. Je n’ai pas encore lu l’ouvrage, (il sort de presse incessamment), mais j’y reviendrai. Escales Maritimes voulait être des premiers à l’annoncer. Voilà qui est fait.
Maurice Duron
• Quarante ans aux Glénans – Jean-Louis Goldschmid  – 320 pages – Ouest France Editeur. (en couverture une belle photo de Fort Cigogne)

Les bateaux de la mémoire (25)

Saint-LouisCe fringant cuirassé a une histoire… une triste histoire.
Voici le Saint-Louis, une belle unité de 11 000 t qui sera pour un temps Vaisseau amiral. Le bâtiment a de quoi séduire : un fort armement, une vitesse appréciable, des machines développant 14500 ch. ; il est plutôt moderne pour son époque (1895).
Le 8 juin 1912, il participe à un exercice d’interception au large du Cotentin ; il doit repérer un ou plusieurs sous-marins lancés à ses trousses. Parmi eux, le Vendémiaire de 51,20 m en immersion périscopique, qui s’approche. Très près. Trop près… D’un coup de périscope l’officier sous-marinier aperçoit l’étrave toute proche, il tente une manœuvre, mais trop tard. La proue du Saint-Louis enfonce le Vendémiaire qui roule sous sa quille et sombre immédiatement. Tout l’équipage (24 marins) périra dans la catastrophe. Un drame national qui secouera tout le pays. Le Vendémiaire repose par 53 m de fond entre Aurigny et La Hague.
Le Saint-Louis sera rayé des effectifs en 1933.

Les mots insolites ou méconnus : Le Goguelin

• Le Goguelin est un personnage mythique et fantômatique de la tradition maritime. Il hantait les grands voiliers du XIXe siècle.
C’est une sorte d’esprit farceur et malfaisant. C’est lui qui chaparde la chique des uns, la pipe des autres, est responsable de soupes froides, des maux de dents ou de la mauvaise humeur du bosco. Mais c’est lui aussi qu’on entrevoit dans les coups de torchons nocturnes, lui qui apparaît au chevet d’un mourant, lui encore qui déchire les basses voiles ou boute le feu à la  cambuse… Le Goguelin est redoutable, ses facéties sont imprévisibles, parfois plaisantes, parfois dangereuses. Personne ne l’a jamais vu (on ne peut le décrire) mais nombre de matelots ont entrevu sa silhouette furtive par les nuits sans lune ou au fond des cales les plus sombres. C’est un mauvais génie qu’il vaut mieux ne pas avoir à bord. Si toutefois c’est possible…

Les bateaux de la mémoire (24)

pecheurs +treport carte 3 bon okScène de la vie maritime. Bien alignées en bordure du chenal, à basse mer, les chaloupes débarquent leur poisson ; sur la grève des femmes attendent. S’agit-il de commerçantes, venues s’approvisionner ? ; de préposées, mandatées par les conserveries ? ; ou tout simplement de mères de famille venant prendre leur godaille ? En y regardant de plus près (et malgré le flou du bas de la carte) on voit que la plupart des femmes portent une hotte, ce qui laisse supposer une activité  professionnelle. L’une d’elles, lourdement chargée, remonte les galets ; un petit groupe, à gauche, a posé sa hotte à terre et attend sagement de se faire servir ; à bord, les pêcheurs s’affairent. Le tableau pourrait sembler un peu morose, mais ce n’est sûrement pas le cas ; on devine les plaisanteries et les quolibets verdoyants, que ce petit monde échange…

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