Archive pour la catégorie 'Navires'

La « Calypso » ne répond plus…

Le 7 octobre, nous avons demandé à  The Cousteau Society confirmation qu’un budget de 8 millions d’euros était attribué à la rénovation de la Calypso. (Ce chiffre circule dans les milieux nautiques). Confirmation, aussi, que Axa, Piriou, Bourbon seraient impliqués dans le financement.
Le lendemain, un message nous annonçait que notre demande allait être traitée dans les meilleurs délais. Formule délicate mais vague…
Depuis, aucune réponse ; silence radio, nous nageons dans le monde du silence ; la Calypso ne répond plus.
Dommage. Du temps du commandant, ça ne se passait pas comme ça…
Aramis

Requiem pour une épave

Epave Locquirec oct 09 0219Regardez cette image, regardez-là bien… La photo a été prise le mois dernier, dans l’embouchure du Douron, à la limite du Finistère et des Côtes d’Armor, plus précisément à Toul an Hery. L’épave est superbe, posée là comme une sculpture abandonnée, témoin d’un autre temps. Eh ! bien vous ne la verrez plus. Le 10 novembre des engins mécaniques sont venus la détruire à la sauvage, la transformant sans vergogne en petit bois… Avec de bonnes raisons, bien entendu. C’est un petit morceau du patrimoine maritime (un de plus) qu’on assassine, à la sauvette. Pas vrai Job ?
- Oui mais maintenant, ça fait prop’
Pauvre Job…
Aramis

Le premier vrai navire électrique du monde !

planet Solar DSCN6185_LC’est un scoop. Attention, il ne s’agit pas d’un vague projet comme il en existe tant, mais d’une réalisation bien concrète, comme le montre la photo. Le PlanetSolar (dont nous avons déjà parlé) est en cours d’achèvement au chantier Kniering à Kiel, en Allemagne. Ce sera le premier navire du monde à être propulsé par l’énergie solaire. Pour mémoire rappelons qu’il s’agit d’un trimaran très design dont la coque centrale, (30 m x 15 m) sera recouverte de  cellules photovoltaïques ; deux flaps latéraux complémentaires permettront de disposer d’une surface « solaire » de 470 m². L’énergie ainsi captée alimentera deux moteurs de 100 ch, donnant une vitesse de 10 nœuds environ.
En février 2010 le navire devrait effectuer une tournée en Europe, avec peut-être une escale à Paris et en avril 2011 effectuer un tour du monde démonstratif. Pour l’heure une intense campagne de communication est en cours et même si ce n’est pas notre genre, on peut s’en féliciter. On n’en fera jamais trop pour sensibiliser nos sociétés aux énergies de l’avenir. (Voir aussi nos billets du 24 mars 2008 et 27 avril 2009)
• La photo montre l’état, déjà très avancé, du navire qui doit encore recevoir ses flotteurs ; ceux-ci sont prêts, il reste à les assembler.
Cyrano

Happy end pour le vaisseau fantôme

Eh bien ça y est. Le bateau qui venait du froid a cessé de faire des ronds dans l’eau. L’Arctic Sea vient d’être autorisé à gagner un port pour y faire de menues réparations. Et vous savez lequel ? La Valette, Malte ! Ça vous rappelle rien ?
Les autorités maltaises, dont on a pu apprécier la rigueur maritime, ont visité le navire à la recherche d’éventuelles substances radioactives. Elles n’ont rien trouvé ; que des copeaux de bois. Il n’y a donc plus d’obstacle à l’entrée du vaisseau fantôme en… Europe. Voilà qui rassure.

Vous avez dit « bateau-poubelle » ?

Cargos en Manche 3 DSCN0299L’expression bateau-poubelle est maintenant  bien imprimée dans les esprits et prononcée ou écrite sans désemparer, aussi bien par les journalistes que par les hommes politiques. Or, c’est une erreur, et je suis heureux de constater que Alain Rey (linguiste et lexicographe bien connu) l’a récemment fait remarquer sur une radio nationale.
Pauvre monsieur Eugène Poubelle qui aura été un bienfaiteur de l’humanité citadine en imposant des réceptacles, théoriquement en bon état, pour recevoir les ordures ménagères ; il doit se retourner dans sa tombe en voyant utiliser son nom pour des navires qui, compte tenu de leur état  de vétusté ou d’entretien, ne devraient plus naviguer. Les navires incriminés ne sont donc pas des « navires-poubelles » mais des « navires pourris » ,  ce qui n’est pas la même chose. Sur notre photo, où est le bateau-poubelle ?
Les seuls  bateaux pouvant à la rigueur être qualifiés de poubelle sont des chalands ou des barges qui, dans les ports, sont chargés de collecter, ordures, déchets ou sables et vases de dragage. Pour l’anecdote, et au risque de nous faire morigéner par les féministes,  signalons que les marins donnent à ces  ces bateaux, en bon état, le nom de « Marie-salope »…
H. B.

Buvons un coup, buvons-en deux …

Voilier de charge CTMV-1C’est un beau projet, éthique, intelligent et respectueux de l’environnement, mais qui a du mal à démarrer. Il s’agit de créer tout une flotte de voiliers qui devraient transporter… devinez quoi ? des vins du sud ouest, Médoc, Graves, Sauternes, etc. Nous qui n’avons rien contre le jus de la treille (mais alors rien du tout), vous pensez bien que ça nous a fait réagir. Voici donc ce que nous avons appris.
L’idée en revient à Frédéric Albert qui a décidé un beau jour qu’il devait faire quelque chose pour la planète aussi bien que pour le vin de Bordeaux. Bonne idée…
Passons sur les détails ; il a donc créé la Compagnie de Transport Maritime à la Voile (CTMV) et a confié au bureau Ship Studio le soin d’en étudier un prototype. C’est lui que vous pouvez voir ci-contre.
La CTMV devrait fonctionner avec une cinquantaine de producteurs ; son capital de 50 millions € est détenu à 70% par des « investisseurs privés » (importateurs irlandais et britanniques). L’un de ses premiers objectifs est d’être agréée par Ecocert-Ecopass comme Première flotte européenne de Marine Marchande à voile ! Ça paraît sérieux. Et de surcroît écolo… Pourquoi pas ?
Mais revenons au voilier ; c’est un ketch de 45 m sur 10, construit en acier coque à bouchains vifs, biquille, portant une voilure classique (bermudienne) de 1 000 m² (!) ; sa capacité d’emport est de 208 tonnes de bons crus. À votre santé ! Continuer la lecture ‘Buvons un coup, buvons-en deux …’

Vieux pétroliers : pas si simple…

En réaction à notre billet du 8 octobre, voici un avis – autorisé – qui remet les pendules à l’heure.
Guiseppe Savarese, l’armateur de l’Erika a, à la fois tort, bien  évidemment à propos de son navire, mais aussi raison, même si cette affirmation peut en faire sursauter plus d’un…
En effet, la question n’est pas si simple et mérite d’être examinée de façon plus approfondie, car si dans l’absolu un navire de cinq ans  est plus sûr qu’un de vingt ans, de nombreux facteurs peuvent influer sur l’état réel de ceux ci.
D’abord la construction avec l’échantillonnage (épaisseur des tôles et des structures) l’expertise du chantier et de ses ouvriers, la surveillance des assemblages (soudures…) etc. Certes, des règles existent et normalement les plans et la construction sont soumis à la surveillance d’un organisme de contrôle, en général une société de classification agrée par chaque Etat dans lequel sera enregistré le navire. Mais déjà à ce stade bien des différences peuvent intervenir  qui auront un effet direct sur le vieillissement du navire.
Ensuite, l’exploitation et Continuer la lecture ‘Vieux pétroliers : pas si simple…’

Après le Hollandais, voici le Maltais volant…

Lu dans Le Monde du 30 septembre :
(…)  L’Arctic Sea devait être rendu à son propriétaire. Il n’en est rien. La société propriétaire du bateau, ArcticSea LTD Malta, enregistrée à La Valette (Malte), ne semble guère pressée de le récupérer, et Solchart Management AB, son exploitant russe basé en Finlande, est au bord de la faillite. Alors, tel un vaisseau fantôme, le cargo erre depuis des semaines dans les eaux internationales au large de l’archipel des Canaries. Une escale technique dans le port de Las Palmas lui a été refusée. Et il est indésirable à La Valette. Personne n’en veut : trop d’ennuis en perspective.
Mais misère, que fait James Bond ?

Coup de cœur : la jangada brésilienne

DSCN1711Voici le voilier le plus rustique et le plus attachant que l’on puisse imaginer. La Jangada est originaire du Nordeste du Brésil et fut durant des siècles l’embarcation à tout faire de cette région particulièrement pauvre ; il en existe de très nombreuses variantes de 3 à 8 m  environ. (Jules Verne en imagine une, beaucoup plus grande, dans un roman justement intitulé « La jangada » ; c’est une autre histoire…)
L’embarcation est minimale, issue du radeau, que chaque pêcheur pouvait fabriquer sans autre outil que sa machette. Dans sa version primitive l’embarcation consiste en un assemblage de trois ou quatre troncs de balsa, liés et chevillés sans aucune pièce métallique ;  le mât, long et souple, (son emplanture est un simple trou) porte une voile bermudienne (triangulaire) tenue sur un long gui que l’on pourrait appeler wishbone à une seule branche. Cette voile était surnommée cutinga, c’est-à-dire « langue blanche ». Une simple lame de bois enfoncée entre deux poutres tient lieu de dérive. Il se dit que les pêcheurs s’enhardissaient fort loin sur ces bateaux plus que sommaires et vulnérables. En effet, l’équipage (deux ou trois hommes) ne possède aucun abri. Mais, traditionnellement, la Jangada est munie d’une sorte de banc à 4 pieds fixé sur la « coque » et sur lequel s’accroupit le timonier  pour ne pas être constamment mouillé ; devant le banc se trouve un petit portique où l’on accroche le sac de manioc et la calebasse d’eau douce.
Un auteur, Ferdinand Denis, (1839) dit que les Jangadas sont rapides et chavirent rarement ; si cela arrive, l’équipage détache le gréement et les superstructures  qu’il ré-implante à l’envers, sur le radeau retourné…
Depuis le milieu du XXe siècle les Jangadas ont sensiblement évolué ; leur principe Continuer la lecture ‘Coup de cœur : la jangada brésilienne’

La « Calypso » de Cousteau peut-être sauvée des eaux…

800px-La_calypso,_vue_d'ensembleancienne + nelle étraveNelle étrave CC 09
La célèbre Calypso du commandant Cousteau est en réfection à Concarneau. En fait, il s’agit d’une refonte complète du bâtiment dont l’état de délabrement était tel qu’on a cru pour un temps à sa disparition pure et simple… Il faut dire que son naufrage à Singapour (éperonné par une barge en 1996) avait fait craindre le pire.
La Calypso est un ancien dragueur de mines de la dernière guerre, en bois, construit en 1942 à Seattle (USA) pour la marine britannique (HMS J 826). Longueur 42,35 m, largeur 7,47 m., 402 t., vitesse 10 nœuds.  Devenu propriété de Cousteau en 1950 il fut  transformé  en bâtiment océanographique. C’est à son bord que furent produits les grands films sous-marins qui ont fait la célébrité de son propriétaire.
Après la disparition de Cousteau en 1997 et après de nombreux avatars juridico-financiers un procès attribua la propriété du bâtiment à « The Cousteau Society ».
Entrée aux Chantiers Piriou en octobre 2007 (en piteux état) la Calypso a fait l’objet de travaux très importants. Pourtant, le chantier n’a fonctionné que par à-coups ; cet été il était arrêté mais devait reprendre prochainement nous a-t-on déclaré. Tant mieux. Pour l’heure, seule l’étrave (entièrement refaite) émerge des hangars du Chantier Piriou où l’on peut mesurer l’énorme travail déjà réalisé et estimer celui qui reste à faire. Le chantier est soigneusement masqué et interdit au public comme s’il s’agissait d’un sous-marin nucléaire… La « fausse étrave » (ajoutée naguère pour permettre les prises de vues) a été démontée – on la voit sur nos photos – et remplacée par une étrave « normale ». Les membrures (au moins dans la partie visible) ont été refaites en mélèze. Les superstructures devraient également faire l’objet d’une refonte quasi totale. C’est donc une nouvelle Calypso qui est en train de naître (renaître ?) en secret à Concarneau. Malheureusement, le plan de charge a pris un retard important et l’impression qui prévaut est qu’il reste probablement des problèmes à régler…
Aramis
• Photos : à gauche la Calypso à son arrivée aux Chantiers Piriou en 2007 ; au centre : la proue du bâtiment avec l’ancienne et nouvelle étrave ; à droite : les nouvelles membrures.

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