L’expression bateau-poubelle est maintenant bien imprimée dans les esprits et prononcée ou écrite sans désemparer, aussi bien par les journalistes que par les hommes politiques. Or, c’est une erreur, et je suis heureux de constater que Alain Rey (linguiste et lexicographe bien connu) l’a récemment fait remarquer sur une radio nationale.
Pauvre monsieur Eugène Poubelle qui aura été un bienfaiteur de l’humanité citadine en imposant des réceptacles, théoriquement en bon état, pour recevoir les ordures ménagères ; il doit se retourner dans sa tombe en voyant utiliser son nom pour des navires qui, compte tenu de leur état de vétusté ou d’entretien, ne devraient plus naviguer. Les navires incriminés ne sont donc pas des « navires-poubelles » mais des « navires pourris » , ce qui n’est pas la même chose. Sur notre photo, où est le bateau-poubelle ?
Les seuls bateaux pouvant à la rigueur être qualifiés de poubelle sont des chalands ou des barges qui, dans les ports, sont chargés de collecter, ordures, déchets ou sables et vases de dragage. Pour l’anecdote, et au risque de nous faire morigéner par les féministes, signalons que les marins donnent à ces ces bateaux, en bon état, le nom de « Marie-salope »…
H. B.