Archive pour la catégorie 'Nature'

Quand la mer a du vague à l’âme

VagueVos réactions sur les vagues scélérates montrent que vous vous intéressez à l’état de la mer. Quelques précisions. Sur la mer courent les lames appelées aussi vagues. (Synonyme).Les lames se caractérisent par leur hauteur et leur amplitude. (Hauteur : distance du creux à la crête. Amplitude : distance séparant la crête de deux vagues successives). Conséquence : pour une même hauteur de vague, plus l’amplitude sera courte, plus la vague sera abrupte. Et si l’amplitude se réduit encore, la lame se cambre et déferle. Une vague scélérate n’est autre  qu’une vague très haute et très courte qui se brise vers l’avant. Dans son ouvrage « La Mer », édition de 1930 et quasi-introuvable, Larousse publie les quelques images que nous reproduisons ici. Elles se passent de commentaire… Regardez les dessins, (et agrandissez si nécessaire) ils expliquent  tout ; les légendes sont sous les images. Vous aurez une idée plus nette de ce qu’affrontent les navires dans le mauvais temps. En prime vous pourrez profiter de leur petit côté désuet qui leur donne un charme particulier. (Dessins A. Brun). En particulier, sur la dernière image, remarquez le petit torpilleur, tout à fait à gauche ; hum…
Constat bête mais réaliste : on est mieux devant notre écran que sur sa passerelle. 
Athos 

Les « méduses à voile » plus dangereuses que les requins ?

Un fidèle d’Escales Maritimes, René de Cayeux, visiblement marin d’expérience, nous transmet cette contribution à propos des « Méduses qui mettent les voiles » (voir billet du 4 octobre). Pertinente et utile, nous la reproduisons dans son entier, en remerciant chaleureusement son auteur.
Cela m’a tout l’air d’être de la famille des Argonautes.
Celles que nous côtoyions par milliers dans les mers chaudes étaient plus grosses : 25 cm de long en moyenne.
Elles dérivaient par leur prise au vent, nous les appelions des pines à la voile, pourquoi ?
Les anciens qui avaient fait la guerre et subi des torpillages nous disaient qu’elles étaient plus dangereuses que les requins.
Des filaments sinusoïdaux fins de parfois plusieurs mètres peuvent pendre sous elles, chaque courbe au contact d’un poisson ou d’un homme… pénètre dans la peau et un toxique… donne de la fièvre. Pour la méduse c’est sa façon de capturer pour se nourrir, sans doute les trop grosses pièces ne sont pas retenues ! mais ces filaments doivent se recréer en continu.
J’ai subi cela au Cap Manuel à Dakar, il faut sortir de l’eau vite, impossible d’ôter les centaines d’inclusions, seul moyen se badigeonner de vinaigre et à défaut d’urine, ce qui fut mon cas.
Dans les postes de secours de nos plages maintenant les sauveteurs disposent de vinaigre blanc contre tout type de méduses. Avec le réchauffement climatique …

Incroyable ! Une méduse qui met les voiles…

image001image003Notre ami Loïc Dauga nous adresse cette contribution remarquable et inattendue. Lisez-là ! vous y apprendrez des choses surprenantes…
Il y a bien des années, sur une plage du Finistère, je découvrais cet animal étrange, échoué ici avec de nombreux semblables. 3 ou 4 cm de cartilage bleuté, dont tout l’intérêt réside dans sa forme : un flotteur, et… une voile !
Difficile de trouver des informations sur cette «bête».
Un récent déclic me remettant en tête cette découverte, je décide de récolter des informations et d’étudier un peu l’animal. Moteur de recherche Web, mots-clés «animal à voile», «animal naviguant», «poisson à voile», «méduse à voile», «voilier animal», etc. Rien. Aucun résultat. Ai-je imaginé ce spécimen ? N’intéresse-t-il personne ? Ou bien ne mérite-t-il qu’un nom scientifique ? Résolu à redécouvrir cet animal, je me lance dans le domaine des classifications des espèces marines, dont je ne connais pas beaucoup plus que les mollusques. En vrac, Bilatériens, Protostomiens, Eumétazoaires, Acœles, de merveilleux noms mais difficiles à exploiter ! Alors par un cheminement labyrinthique d’une bonne heure, éliminant les bivalves, les vers divers, autres espèces fascinantes,  je tombe sur les cnidaires (du grec, ortie): coraux, anémones, méduses… Et parmi les sous-branches, «les Siphonophores, formes de colonies libres et flottantes», dont la
vélelle. Ah ! Un nom qui en dit long ! Vélelle : du latin velella, dérivé de velum, la voile.
Une fois le nom velella connu, pas mal d’information sur le Web.
Parfois appelée
la vélette, la vélelle ressemble à une méduse flottante. En réalité, et ce qui est fascinant, c’est qu’elle est composée par une colonie d’organismes (cnidaires hydraires), comme les coraux, habitant un support cartilagineux. Plus fascinant encore, Continuer la lecture ‘Incroyable ! Une méduse qui met les voiles…’

Votre vague scélérate, avec ou sans glace ?

Comme les vagues dites scélérates ont toujours leur petit succès voici une hypothèse qui vaut ce qu’elle vaut mais qui est formulée par un connaisseur. A la page 293 de La longue route, Bernard Moitessier (Editions Arthaud) expose qu’une des causes possibles des maudites vagues pourrait être le chavirement d’un iceberg ; l’un de ces icebergs antarctiques, de forme tabulaire, qui atteignent des dimensions formidables. En se retournant la montagne de glace engendre une lame énorme pouvant à l’occasion, se heurter aux lames dites « normales » généralement vigoureuses sous les hautes latitudes. De cette rencontre (parfois très éloignée du point de chavirage) pourrait naître une de ces fameuses vagues. Pourquoi pas ? Pour mesurer si la chose est plausible, nous nous sommes livrés à un petit calcul du niveau Certificat d’études. Imaginons un grand iceberg de 10 km de long sur 5 de large et haut de 90 m au-dessus de l’eau ; cette hauteur indique que sa partie immergée (à peu près neuf fois plus grande) est de : 90 x 9 = 810m … Plus ses 90 m visibles on arrive à 900 m d’épaisseur. Eh bien, si notre calculette marche bien, cela donne une masse de 45 milliards de mètres cubes qui se met en mouvement ! En réalité un peu moins, car si le gros glaçon bascule, c’est qu’il fond…Allez, disons 35 à 40 milliards et n’en parlons plus… Nous sommes dans un ordre de grandeurs où l’hypothèse tient debout.

Cyrano

Le Grenelle de la Mer polynésien

80340022Je parie que vous ne le saviez pas. Hier et avant-hier (16 et 17 juin) la Polynésie Française organisait son propre Grenelle de la Mer, intitulé Ruahatu, le Dieu de la mer. Le but étant d’élaborer avec les  instances représentatives une stratégie de développement durable pour l’archipel. Celui-ci est en effet directement concerné par le réchauffement climatique, l’élévation du niveau des eaux et les conséquences économiques et sociales qui vont en résulter. Différentes personnalités ont fait valoir leur point de vue autour de quatre thèmes principaux :
- La délicate rencontre entre la terre et la mer (le littoral).
- Partager la passion de la mer (les métiers de la mer).
- Entre menaces et potentiels, une mer fragile.
- Planète Mer, inventer de nouvelles régulations.
Vaste programme…
Mais un programme qui semble n’avoir pas fait l’unanimité, les uns prêchant pour un devoir écologiste, les autres (dont l’homme d’affaires Robert Wan) ne considérant l’écologie que comme le levier économique du XXIe siècle. (En voila un qui n’a rien compris !)
Au final le Ministre polynésien des ressources de la mer, Teva Rohfritsch devait annoncer trois projets possibles et plutôt classiques : l’exploitation de l’énergie thermique des eaux, la climatisation (?) grâce aux eaux des grandes profondeurs, l’énergie de la houle. Bon, attendons pour voir. Mais mon homonyme Sophie-Dorothée Duron, nouvellement nommée à la tête de l’antenne polynésienne de l’Agence nationale des aires maritimes protégées, a bien du pain sur la planche…
Maurice Duron
(Source : www.lesnouvelles.pf )

Haliotika, l’incontournable du Guil…

Les vacances…
Si d’aventure vous passez par le Pays Bigouden et que vous avez mare de la stupide bronzette, faites donc un détour par Le Guilvinec où Haliotika, la Cité de la pêche, propose des activités utiles et intelligentes. Il y en a pour tous.
• Des visites de jour et de nuit de la célèbre criée où vous découvrirez la face cachée du métier de pêcheur.
L’Atelier Cuisine de la mer où le chef Bruno Matignon enseigne comment (bien) préparer le poisson, démonstration à l’appui.
L’atelier Tout sur le poisson pour éviter de consommer idiot et bien choisir ces délicats animaux (fraîcheur, saisonnalité, préparation).
Les Recettes du pêcheur ; des tours de mains simples pour préparer (et réussir) les mets traditionnels ; coquillages et crustacés pour mieux connaître les demoiselles du Guil (appelées aussi langoustines).
Et puis la surprise de Scarlette Le Corre qui explique dans l’atelier Algues marines comment récolter et le cuisiner ce végétal méconnu.
Et encore, des ballades en bateau pour découvrir le port et l’estran ou mieux, l’embarquement sur un chalutier pour une marée avec un patron pêcheur.
Et bien d’autres animations que nous ne pouvons détailler…
Notre avis : une animation qui ne prend pas le touriste pour un gogo  à qui on peut vendre n’importe quoi ; au contraire, Haliotika cherche à instruire et partager … dans la bonne humeur, bien entendu.
Nous, on aime bien…
Aramis
haliotika@wanadoo.fr

Petit aide-mémoire sur les énergies marines

samsoevindebyl-1Il est probable que le futur « Grenelle de la Mer » abordera entre autres la question des ressources énergétiques de l’Océan mondial et plus spécialement les énergies renouvelables (exploitables à partir des deux ou trois décennies à venir). En attendant, il n’est pas inutile de rappeler quelles filières de production sont concernées.
L’énergie éolienne – Elle est déjà en service à terre ; on la connaît : tirer profit du vent qui souffle sur les étendues marines. Les éoliennes, ces grands moulins à vent, installées en mer et en zone côtière (moins de 20 km au large et moins de 20 m de fond), produisent de l’électricité qui est ensuite distribuée par câbles sous-marins.
L’énergie thermique – Il s’agit de mettre à profit les différences de température (au moins 20°) entre l’eau de surface et celle des profondeurs pour produire de l’électricité ; intéressante surtout outre-mer. En variante, l’utilisation de l’eau proche de la surface comme fluide primaire pour les pompes à chaleur destinées au chauffage des bâtiments terrestres.
L’énergie des courants – Très en vogue en ce moment, il s’agit de produire de l’électricité au moyen d’hydroliennes qui ne sont rien d’autre que des éoliennes sous-marines (l’hélice est entraînée par le courant). Plusieurs sites sont étudiés dont le Raz de Sein, le Fromveur, les Héaux de Bréhat, le Raz Blanchard… Des essais sont en cours à Bénodet. Continuer la lecture ‘Petit aide-mémoire sur les énergies marines’

Les Maldives condamnées à la déportation ?

Il me semble que l’information est passée inaperçue, moi, je la découvre ; elle me glace. Devant la menace de submersion de son archipel, le président des Maldives, Mohamed Anni Nashee, envisagerait d’acheter des terres ailleurs pour y installer les 317 000 habitants de ce petit Etat. Incroyable ! Il pense constituer un fonds souverain alimenté par les profits du tourisme (environ un milliard de dollars par an) pour « transporter » son pays dans des régions non menacées par la mer… Si l’on excepte les vagues de migration des Maoris autour du XIVe siècle, c’est à peu près unique dans l’histoire de l’humanité. Il est établi que d’ici à 2100 le niveau de la mer devrait monter d’une soixantaine de centimètres. Or, 80% des terres Maldives se trouvent à moins de un mètre de hauteur, avec un point culminant à 2,50 m ! C’est assez pour justifier l’intention du président qui ajoute, fataliste : on ne peut pas arrêter le dérèglement climatique par nous-mêmes, nous devons donc acheter de l’espace ailleurs… Nous ne voulons pas devenir des réfugiés climatiques et vivre sous une tente dans des réserves. Il précise avoir trouvé des échos favorables en Inde et au Sri Lanka en ajoutant que l’Australie était aussi une option possible. Voilà qui donne froid dans le dos à plus d’un titre. D’abord parce que le danger est là, à notre porte, avec une échéance toute proche ; ensuite, il s’agit de déraciner des centaines de milliers de personnes qui vont perdre leurs usages, leur bagage culturel, leur sens de la vie avec la transformation de leur existence ; enfin, il ne sera pas facile de transférer, sans conflit, la souveraineté de l’Etat d’un lieu à un autre. On pourrait ajouter une raison technique, car les Maldives sont constituées d’un long archipel de 1192 îles dont la moitié est habitée : comment organiser l’exode des populations n’ayant pas de moyens de transport adaptés, (évacuer les habitants de 500 îles et îlots ), ni d’infrastructures pour les accueillir au bout du voyage ? Tout ceci est pathétique, et légèrement angoissant pour l’avenir…
Portos

Nausicaa : pour protéger la Terre protégeons la Mer

Boulogne-sur-Mer – Deux nouvelles initiatives de Nausicaa, le Centre National de la Mer, méritent qu’on s’y attarde.
• D’une part la Semaine du Développement durable qui se tient du 1er au 7 avril et qui entend inciter nos compatriotes à consommer mieux, c’est-à-dire avec conscience : quelle est l’origine de nos aliments, comment sont fabriqués nos objets quotidiens, créent-ils de la pollution, d’où viennent-ils, comment sont-ils acheminés, sont-ils recyclables ? et bien d’autres questions qui se posent au citoyen responsable… ou aux enfants. Et cela à travers des animations ludiques et originales.
Vous pensez si nous applaudissons !
• D’autre part, le 18e Festival des images de mer, du 9 au 13 avril, en partenariat avec le Festival mondial de l’image sous-marine, et le concours de grands – de très grands – cinéastes sous-marins. Il s’agit à la fois de montrer la beauté éblouissante de la vie aquatique et surtout de nous faire prendre conscience de la fragilité de ce milieu dont nous dépendons finalement. Les images nous y aident.
Une nouvelle fois nous applaudissons.
Au fait, savez-vous que Boulogne-sur-Mer n’est qu’à 265 km de Paris ?
Bon week-end !

www.nausicaa.fr

Les quatre malédictions de la mer d’Aral

aral1aral_0022On connaît tous le douloureux feuilleton de la mer d’Aral qui est passée en trois décennies de l’état de mer poissonneuse à celui de désert maritime ; Aralsk, port-fantôme produisait 40 000 t de poisson dans les années 70… On sait pourquoi : la courte vue des technocrates soviétiques, leur mépris de la nature et par conséquent celui des gens.

• Le détournement des fleuves Amou-Daria et Syr-Daria pour irriguer d’immenses champs de coton, a privé la mer d’Aral d’un apport en eau douce indispensable à son équilibre ; elle s’est peu à peu asséchée, perdant 75% de sa surface.  (Sur l’image  le trait rouge montre l’ancien tracé). Elle s’est scindée en deux « mers » la grande et la petite. Des articles, bouquins et reportages TV nous en ont montré les dégâts catastrophiques, la misère des gens, les bateaux à sec, la faune incapable de survivre dans une eau devenue trop salée, l’abandon… C’est sa première malédiction.

• En 1995 pour sauver – au moins – la petite mer les autorités construisent une digue empêchant son eau de se vider dans la grande : un barrage de terre et de roseaux trop fragile, qu’il a fallu reconstruire sept fois, Continuer la lecture ‘Les quatre malédictions de la mer d’Aral’

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