Beaucoup parmi les internautes qui suivent « Maritimes », notamment des jeunes, s’intéressent aux tsunamis et aux cyclones. Ils demandent notamment si les deux phénomènes ont des points communs…
On va tenter de les satisfaire.
En premier lieu, il faut savoir que ce n’est pas du tout la même chose, mais alors, pas du tout…
Résumons.
• Un tsunami ou raz-de-marée, n’est pas provoqué par un phénomène météorologique ; il peut se produire par grand beau temps. Son origine n’a rien à voir avec le vent ou la tempête. Il se déclenche lorsqu’un cataclysme se produit sous la mer, par exemple un tremblement de terre, une éruption volcanique, l’explosion d’une île-volcan, un effondrement du plateau continental ; toutes choses qui apparaissent brutalement et sans crier gare… Continuer la lecture ‘Cyclones et tsunamis… ce n’est pas la même chose’
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Cyclones et tsunamis… ce n’est pas la même chose
Publié 16 décembre 2008 Mer , Météo , Nature , Non classé , Sécurité Laissez a un commentaireÇa décoiffe ! (3)
Publié 15 octobre 2008 Environnement , Images , Marine Plaisance , Météo Laissez a un commentaireSur un site promotionnel (marina-kastela.com) nous avons trouvé un clip vidéo décrivant en images une marina de rêve en Croatie : Kastela. Bon. Tout y est : installations modernes, soleil, calme, ambiance sucre d’orge, que ça vous donne envie d’y aller. (La caméra tourne en boucle sur 360° ce qui donne une impression d’infini).
Prudence tout de même, car nous avons déniché une autre vidéo (Youtube) montrant une particularité de ce mouillage paisible. Figurez-vous que de temps en temps la Bora, ce vent du nord plutôt susceptible, s’énerve un peu et donne le spectacle. Tout change. La marina-guimauve devient une sorte de chaudron de sorcière dans lequel les jolis bateaux commencent à bouillir. Si vous ne me croyez pas, regardez cette petite vidéo, elle est édifiante.
Effectivement, ça décoiffe… et ça fout un peu la trouille !
Vagues scélérates : le retour
Publié 9 juillet 2008 Curiosité , Mer , Météo , Sécurité 2 Commentaires
On ne va pas jouer à se faire peur, mais enfin, la communauté scientifique doute de moins en moins : n’importe quel navigateur peut se frotter à une vague géante dite « scélérate ». Les « chances » sont minces (merci de la précision) mais réelles ; nous en avons déjà parlé. Voici quelques éléments complémentaires qui accréditent leur existence et l’énormité de leurs effets.
Cette nuit-là, un minéralier navigue au large du Portugal ; temps médiocre. A 5h20 le capitaine T. W. Cameron a la surprise de voir la lune se masquer subitement, et la mer devenir noire comme de l’encre . « Un nuage… », pense-t-il. Erreur, ce n’est pas un nuage mais un mur d’eau quasi vertical courant du nord au sud… et qui arrive par le travers ! Une montagne liquide bien plus haute que les autres vagues qui finalement assomme le navire de 15 600 tonnes. Le capitaine Cameron n’a jamais vu cela. Deux chiffres parmi d’autres : le pont du château s’affaisse de 8 cm ; des projecteurs boulonnés à 15 m au-dessus de la flottaison sont emportés…
En janvier 95, la plate-forme norvégienne « Draupner » en Mer du Nord (58° N et 2°28,40 E) encaisse soudainement une vague de 25, 50 m, (mesurée par la méthode SRS Spectral) alors que la tempête ne levait « que » des lames de 11/12 m.
Février 95, le « Queen Elizabeth II » est percuté par une lame monstrueuse de 29 m de haut. Le commandant R. Warwick déclare : « On aurait dit qu’on fonçait droit dans les falaises de Douvres… » En 2001, le « Bremen » fort bâtiment allemand, encaisse une lame de 30 m de haut… un immeuble de 10 étages ! Et pour finir, cette image d’un porte-avions américain, assez ancien certes, dont le pont d’envol a été littéralement plié en accent circonflexe par une lame colossale. Elle parle d’elle-même. Vous apprécierez…
L’Union Européenne prend les vagues scélérates au sérieux ; un programme d’étude a été lancé pour comprendre leur origine et modéliser leur formation : le projet « MaxiWaves » ; l’objectif étant à terme, d’en tirer des enseignements susceptibles de modifier la conception des navires et des plates-formes. On a déjà localisé des zones à risques, comme le courant des Aiguilles (Cap de Bonne Espérance) l’ouest du Cap Horn, le Kuroshivo, la ligne de sonde des 100 brases (isobathe 180 m). On a aussi estimé leur nombre ; en trois semaines, les satellites ont identifié 10 vagues scélérates de 25 m dans le monde. Michel Olagnon spécialiste des vagues scélérates à Ifremer affirme qu’en 50 ans, un marin sur cent rencontrera l’une de ces fameuses vagues.
D’accord, la mer est grande, ce qui limite le risque, mais rappelez-vous, le bateau est si petit…
Portos
Je n’y croyais pas trop, jusqu’au jour (récent) ou soudainement, je l’ai rencontrée…
Oh, j’étais bien au sec, devant mon Mac, tranquille, lorsqu’elle est apparue sur l’écran. Sous mes yeux j’avais un texte du site de l’Ecole de la Marine Marchande de Marseille* qui m’a secoué de mon apathie. Et que disait ce texte, clair et bien ficelé soit dit au passage ? Il disait que les vague scélérate ça existe et même que ça préoccupe pas mal le monde maritime ; au point que l’Ifremer en a fait le sujet d’un de ses congrès. Bigre…
J’aurais du me rappeler qu’Autissier et bien avant elle, le grand Moitessier nous avait déjà alerté sur ces formidables vagues pyramidales. J’aurai pu aussi enquêter un peu et m’apercevoir qu’en 1945 un porte avions américain avait eu son pont d’envol plié comme un crèpe par une énorme déferlante, qu’en 1982 la plate forme pétrolière « Ocean Ranger » avait disparu avec 84 personnes, et que nombre de disparitions inexpliquées (de Joshua Slocum à Alain Colas et tant d’autres) provenaient peut être d’une rencontre avec ces montagnes en mouvement.
Vite, j’ai dévoré l’article et qu’est-ce que j’ ai appris ? Eh bien quelques petites choses que je vous propose ici.
D’abord, les vagues scélérates se présentent sous forme de lames énormes, deux à trois fois plus hautes que celles de la mer du temps. Dans les mers du sud, entre les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants on observe des vagues très abruptes de 16 à 18 mètres, mais, sous certaines conditions ( ?) leur dimension peut atteindre et dépasser 35 mètres de haut ! Ahurissant, d’acord. Dumont d’Urville avait soulevé en son temps une grande hilarité en déclarant avoir rencontré de tels monstres, et pourtant…
Ensuite l’origine des vagues scélérates reste mystérieux ; on ne sait pas très bien d’ou elles viennent, comment elles se forment, ou elles se produisent. Les modèles informatiques ont tous capitulé. On en est donc réduits aux supputations. Tsunami ? Probablement pas, un raz-de-marée du à une éruption sous marine est peu sensible au large, ce n’est que sur les hauts fonds côtiers qu’il déferle. Intensification locale et aléatoire d’un phénomène météo ? Pas sur du tout, il faut de la houle et le hasard d’un certain « empilement », mais des exemples montrent qu’une vague scélérate peut apparaître dans des conditions banales. Fusion de deux tempêtes ? Cela s’est vu mais les satellites d’observation devraient les localiser précisément, ce qui n’est pas le cas. Conflit de courants ? C’est l’un des facteurs possibles, mais s’il est nécessaire (ce qui reste encore à démontrer) il n’est en rien suffisant. Ultime hypothèse, en cas de mauvais temps, les vagues « jeunes » coureraient plus vite que leurs ainées et les rattraperaient, les escaladeraient, accroissant considérablement leur hauteur et leur énergie. Possible. Mais que penser des vague scélérate qui apparaissent par temps relativement calme ?
Bref, c’est encore le potage…
Et pour vous faire peur jusqu’au bout, sachez que les toles qui constituent la coque des navires marchands, sont calculées pour encaisser des coups de boutoir de 30 tonnes/m2 au maximum ; or on estime que la vague scélérate la-bien-nommée peut leur infliger…une pression de 100 tonnes/m2 !
Portos


