Archive pour la catégorie 'Mer'

Coup de vent en mer d’Iroise

Il y a quelques jours, les 13 et 14 novembre, un sérieux coup de vent s’est abattu sur la Bretagne ; 110 km/h à Penmarc’h. N’écoutant que ma curiosité maladive, j’ai fait ces quelques images, qui valent ce qu’elles valent. Pas de vague géante, mais du fort mauvais temps quand même ; au début, ça n’a l’air de rien, mais patientez, au bout d’un moment ça s’anime sévère ; les oiseaux de mer ne savent plus où se planquer. Quant à moi j’ai pris l’une des plus belles douches de ma vie, trempé jusqu’aux os…
Décidément, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour vous ?
Aramis

Nouveau témoignage sur les vagues scélérates

Ça  se passe en 1974, à la fin de juillet, à bord du pétrolier Aldébaran de la Compagnie Navale des Pétroles. Le bâtiment de 200 000 t a été chargé aux marques au golfe Persique, il est en route vers le cap de Bonne-Espérance. A la hauteur de Gardafui (débouché du golfe d’Aden), la nuit est noire, mousson de sud-ouest, force 3 à 4 presque dans le nez.
La passerelle de navigation est à plus de vingt mètres au-dessus de l’eau. C’est là que se trouve René de Cayeux, vers 22 h 30 ; il est attentif dans la pénombre, et scrute l’opacité de la nuit. Ecoutez-le.
-  Tout à coup, sans rien voir venir le navire encaisse un coup énorme, je prends la lisse de la passerelle dans l’estomac, un torrent d’eau monstrueux recouvre tout le château, une vague énorme le submerge… Ma surprise est totale. Le bâtiment est ébranlé, l’eau s’évacue mal, d’autres lames (moindres) le secouent encore. La machine appelle « abattez », nous abattons babord ; pas de roulis ni mer démontée, la machine ralentit. L’eau embarquée fait pas mal de dégâts ; au niveau du pont principal une porte étanche tribord (verrouillée) a disparu, partie à la mer… L’eau entre par la coursive qui est longitudinale, elle enfonce des portes et emplit certaines cabines de mécaniciens qui doivent monter sur leur couchette. De l’eau descend par l’ascenseur… Une échelle (escalier extérieur) de dimension imposante, elle aussi a disparu.
- Il faut un instant pour reprendre ses esprits.
- On fait les réparations nécessaires et l’on remet en route. Au jour on constatera que porte et échelle sont montées à plus de 15 m pour tomber à l’eau de l’autre côté, à babord…
- Quand nous arriverons au Havre, le 30 août, nos familles seront étonnées de voir le bel
Aldébaran, quasi neuf, pisser la rouille comme un vieux bouchon gras à bout de souffle…
Merci René pour ce témoignage.
• La photo : l’Aldébaran tout neuf, qui n’a pas encore sa peinture.

Quand la mer a du vague à l’âme

VagueVos réactions sur les vagues scélérates montrent que vous vous intéressez à l’état de la mer. Quelques précisions. Sur la mer courent les lames appelées aussi vagues. (Synonyme).Les lames se caractérisent par leur hauteur et leur amplitude. (Hauteur : distance du creux à la crête. Amplitude : distance séparant la crête de deux vagues successives). Conséquence : pour une même hauteur de vague, plus l’amplitude sera courte, plus la vague sera abrupte. Et si l’amplitude se réduit encore, la lame se cambre et déferle. Une vague scélérate n’est autre  qu’une vague très haute et très courte qui se brise vers l’avant. Dans son ouvrage « La Mer », édition de 1930 et quasi-introuvable, Larousse publie les quelques images que nous reproduisons ici. Elles se passent de commentaire… Regardez les dessins, (et agrandissez si nécessaire) ils expliquent  tout ; les légendes sont sous les images. Vous aurez une idée plus nette de ce qu’affrontent les navires dans le mauvais temps. En prime vous pourrez profiter de leur petit côté désuet qui leur donne un charme particulier. (Dessins A. Brun). En particulier, sur la dernière image, remarquez le petit torpilleur, tout à fait à gauche ; hum…
Constat bête mais réaliste : on est mieux devant notre écran que sur sa passerelle. 
Athos 

Les « méduses à voile » plus dangereuses que les requins ?

Un fidèle d’Escales Maritimes, René de Cayeux, visiblement marin d’expérience, nous transmet cette contribution à propos des « Méduses qui mettent les voiles » (voir billet du 4 octobre). Pertinente et utile, nous la reproduisons dans son entier, en remerciant chaleureusement son auteur.
Cela m’a tout l’air d’être de la famille des Argonautes.
Celles que nous côtoyions par milliers dans les mers chaudes étaient plus grosses : 25 cm de long en moyenne.
Elles dérivaient par leur prise au vent, nous les appelions des pines à la voile, pourquoi ?
Les anciens qui avaient fait la guerre et subi des torpillages nous disaient qu’elles étaient plus dangereuses que les requins.
Des filaments sinusoïdaux fins de parfois plusieurs mètres peuvent pendre sous elles, chaque courbe au contact d’un poisson ou d’un homme… pénètre dans la peau et un toxique… donne de la fièvre. Pour la méduse c’est sa façon de capturer pour se nourrir, sans doute les trop grosses pièces ne sont pas retenues ! mais ces filaments doivent se recréer en continu.
J’ai subi cela au Cap Manuel à Dakar, il faut sortir de l’eau vite, impossible d’ôter les centaines d’inclusions, seul moyen se badigeonner de vinaigre et à défaut d’urine, ce qui fut mon cas.
Dans les postes de secours de nos plages maintenant les sauveteurs disposent de vinaigre blanc contre tout type de méduses. Avec le réchauffement climatique …

Incroyable ! Une méduse qui met les voiles…

image001image003Notre ami Loïc Dauga nous adresse cette contribution remarquable et inattendue. Lisez-là ! vous y apprendrez des choses surprenantes…
Il y a bien des années, sur une plage du Finistère, je découvrais cet animal étrange, échoué ici avec de nombreux semblables. 3 ou 4 cm de cartilage bleuté, dont tout l’intérêt réside dans sa forme : un flotteur, et… une voile !
Difficile de trouver des informations sur cette «bête».
Un récent déclic me remettant en tête cette découverte, je décide de récolter des informations et d’étudier un peu l’animal. Moteur de recherche Web, mots-clés «animal à voile», «animal naviguant», «poisson à voile», «méduse à voile», «voilier animal», etc. Rien. Aucun résultat. Ai-je imaginé ce spécimen ? N’intéresse-t-il personne ? Ou bien ne mérite-t-il qu’un nom scientifique ? Résolu à redécouvrir cet animal, je me lance dans le domaine des classifications des espèces marines, dont je ne connais pas beaucoup plus que les mollusques. En vrac, Bilatériens, Protostomiens, Eumétazoaires, Acœles, de merveilleux noms mais difficiles à exploiter ! Alors par un cheminement labyrinthique d’une bonne heure, éliminant les bivalves, les vers divers, autres espèces fascinantes,  je tombe sur les cnidaires (du grec, ortie): coraux, anémones, méduses… Et parmi les sous-branches, «les Siphonophores, formes de colonies libres et flottantes», dont la
vélelle. Ah ! Un nom qui en dit long ! Vélelle : du latin velella, dérivé de velum, la voile.
Une fois le nom velella connu, pas mal d’information sur le Web.
Parfois appelée
la vélette, la vélelle ressemble à une méduse flottante. En réalité, et ce qui est fascinant, c’est qu’elle est composée par une colonie d’organismes (cnidaires hydraires), comme les coraux, habitant un support cartilagineux. Plus fascinant encore, Continuer la lecture ‘Incroyable ! Une méduse qui met les voiles…’

N’en jetez plus, la mer suffoque…

DSCN1689Quand on jette des saloperies à la mer, on se dit que tôt ou tard elles finiront bien par se dégrader. Bien sûr, mais en combien de temps ? Voici quelques chiffres extraits de la brochure « Les poissons alertent les humains ».Edifiants. 
Allumettes (3 à 14 mois) – Bois peints* (13 ans) – Boîtes carton (1 à 5 mois) – Boîtes de boisson (alu) (200 ans) – Boîtes de conserve (50 ans) – Bouteilles plastique (400 à 450 ans) – Briques de lait (1 à 5 mois) – Compresses et tampons hygiéniques (400 à 450 ans) – Cordages en chanvre (3 à 14 mois) – Couches biodégradables (1 à 3 ans) – Couches jetables (400 à 450 ans) – Emballages plastique **(3 à 14 mois) – Fils de pêche et filets (nylon) (600 ans) – Gants de laine (1 à 3 ans) – Journaux (6 semaines) – Mégots de cigarettes (1 à 3 ans) – Papier toilette (2 à 4 semaines) – Photos dégradables (3 à 14 mois) – Piles électriques (200 ans) – Récipients polystyrène (50 ans) – Trognons de pommes (1 à 5 mois) – Le verre, non classé, est quasi éternel …
Commentaire : nous pensions que les piles électriques mettaient bien plus longtemps pour se dégrader.
Athos
* Sans précision sur la nature de la peinture.
** Le type d’emballage n’est pas indiqué.

Votre vague scélérate, avec ou sans glace ?

Comme les vagues dites scélérates ont toujours leur petit succès voici une hypothèse qui vaut ce qu’elle vaut mais qui est formulée par un connaisseur. A la page 293 de La longue route, Bernard Moitessier (Editions Arthaud) expose qu’une des causes possibles des maudites vagues pourrait être le chavirement d’un iceberg ; l’un de ces icebergs antarctiques, de forme tabulaire, qui atteignent des dimensions formidables. En se retournant la montagne de glace engendre une lame énorme pouvant à l’occasion, se heurter aux lames dites « normales » généralement vigoureuses sous les hautes latitudes. De cette rencontre (parfois très éloignée du point de chavirage) pourrait naître une de ces fameuses vagues. Pourquoi pas ? Pour mesurer si la chose est plausible, nous nous sommes livrés à un petit calcul du niveau Certificat d’études. Imaginons un grand iceberg de 10 km de long sur 5 de large et haut de 90 m au-dessus de l’eau ; cette hauteur indique que sa partie immergée (à peu près neuf fois plus grande) est de : 90 x 9 = 810m … Plus ses 90 m visibles on arrive à 900 m d’épaisseur. Eh bien, si notre calculette marche bien, cela donne une masse de 45 milliards de mètres cubes qui se met en mouvement ! En réalité un peu moins, car si le gros glaçon bascule, c’est qu’il fond…Allez, disons 35 à 40 milliards et n’en parlons plus… Nous sommes dans un ordre de grandeurs où l’hypothèse tient debout.

Cyrano

Le Grenelle de la Mer polynésien

80340022Je parie que vous ne le saviez pas. Hier et avant-hier (16 et 17 juin) la Polynésie Française organisait son propre Grenelle de la Mer, intitulé Ruahatu, le Dieu de la mer. Le but étant d’élaborer avec les  instances représentatives une stratégie de développement durable pour l’archipel. Celui-ci est en effet directement concerné par le réchauffement climatique, l’élévation du niveau des eaux et les conséquences économiques et sociales qui vont en résulter. Différentes personnalités ont fait valoir leur point de vue autour de quatre thèmes principaux :
- La délicate rencontre entre la terre et la mer (le littoral).
- Partager la passion de la mer (les métiers de la mer).
- Entre menaces et potentiels, une mer fragile.
- Planète Mer, inventer de nouvelles régulations.
Vaste programme…
Mais un programme qui semble n’avoir pas fait l’unanimité, les uns prêchant pour un devoir écologiste, les autres (dont l’homme d’affaires Robert Wan) ne considérant l’écologie que comme le levier économique du XXIe siècle. (En voila un qui n’a rien compris !)
Au final le Ministre polynésien des ressources de la mer, Teva Rohfritsch devait annoncer trois projets possibles et plutôt classiques : l’exploitation de l’énergie thermique des eaux, la climatisation (?) grâce aux eaux des grandes profondeurs, l’énergie de la houle. Bon, attendons pour voir. Mais mon homonyme Sophie-Dorothée Duron, nouvellement nommée à la tête de l’antenne polynésienne de l’Agence nationale des aires maritimes protégées, a bien du pain sur la planche…
Maurice Duron
(Source : www.lesnouvelles.pf )

Après le crash, faites connaissance avec le Nautile

NautileLa récente catastrophe de l’Airbus A 330 mobilise d’importants moyens de recherches et d’interventions. Parmi eux, le Nautile, qui devrait être opérationnel sous peu. Qu’est-ce donc que cet étrange engin ? C’est un petit submersible, crée en 1984 qui dépend du département « Systèmes sous-marins » de Ifremer. Un bijou de technologie. Sa vocation : l’observation, la mesure et  le prélèvement d’échantillons. Il peut atteindre des profondeurs de l’ordre de 6000 m. Il est opéré à partir d’un navire-mère, le Pourquoi pas ? L’engin de 19,5 t  mesure 8 m de long, 2,70 m de large et 3,81 m de haut, comporte une sphère habitable (2,10 m de diamètre) à très haute résistance (en alliage de titane-niobium) où se tient son équipage de trois hommes. La sphère possède trois hublots pour l’observation directe.
Le Nautile est propulsé par des batteries au plomb lui donnant une autonomie de 5 h à 6000 m de fond. Il dispose d’un propulseur principal, orientable et de quatre propulseurs secondaires (verticaux et transversaux ) ; vitesse de 1,7 nœud. L’engin est équipé de projecteurs à iode, caméras vidéo, capteurs de pression et de salinité, etc., de sondeurs, sonars, centrale d’acquisition de données. Il dispose aussi d’un bras de préhension extérieur à 6 degrés de liberté, lui permettant de prélever des échantillons.
Enfin, et ce n’est pas un mince atout, le submersible peut mettre en œuvre un ou deux petits robots  télécommandés depuis son bord, (des micros sous-marins non habités) qui accroissent ses capacités de recherche.
Le Nautile a effectué des dizaines de plongées sur l’épave du Titanic (à 3800 m) et est intervenu sur celle du Prestige.
Portos

Situation délicate par fort coup de vent

On ne sait rien de cette vidéo ; on la suppose prise à Larache au Maroc, c’est tout. La qualité est médiocre et la première minute sans grand intérêt, mais après… Les images parlent d’elles-mêmes, pas besoin de commentaire. Elles montrent que l’entrée de certains ports peuvent se révéler hasardeuses par vents forts, même si l’on en est pratique. Elles montrent surtout la maîtrise du patron de ce petit chalutier, qui fait une démonstration de son art de la manœuvre en situation délicate. Il s’esquive sous les lames dangereuses, fait tête aux plus hautes, évite de se faire prendre par le  travers, et attend le moment favorable pour tenter sa chance. Passera, passera pas ? Regardez et vous saurez…

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