Selon Le Marin d’aujourd’hui, la Commission internationale pour la conservation des thonidés (ICCAT) a réduit de 40 % le tonnage de captures de thon rouge en Atlantique pour 2010. Il passe à 13 500 tonnes. Les pêcheurs considèrent qu’il s’agit d’un nouveau tour de vis, lourd de conséquences, tandis que les organisations écolos pensent au contraire que c’est très insuffisant. Selon elles, seul un moratoire immédiat aurait permis de sauver le thon rouge.
Ainsi les décisions de l’ICCAT se mettent-elles à dos les deux parties qui lui refusent – ensemble – toute crédibilité. A vouloir ménager les uns et les autres on risque de ne faire que des mécontents.
• Notre photo : au débarquement, un vétérinaire prélève des échantillons de thon congelé pour analyses sanitaires.
Athos
Archive pour la catégorie 'Marine Pêche'
Tous mécontents…
Publié 20 novembre 2009 Ecologie , Législation , Marine Pêche , Non classé Laissez a un commentairePêche plaisance et pêche déplaisante
Publié 21 octobre 2009 Ecologie , Législation , Marine Plaisance , Marine Pêche 1 CommentLa pêche amateur pose deux problèmes. Le premier pratique : c’est un loisir. Son impact sur la ressource globale est effectivement faible. Ce ne sont pas les plaisanciers qui mettent en danger les espèces pélagiques (thon rouge ou requin par exemple), mais leurs prélèvements sur les espèces côtières sont certainement bien supérieurs à 2%. Et puisqu’il s’agit d’un loisir ce n’est pas le volume du tableau de chasse qui compte. Alors ? Si l’on réduit le matériel autorisé (je répète qu’il est trop important) on prendra moins de poisson… mais autant de plaisir. Et, on préservera la biodiversité.
Le second problème est celui des faux plaisanciers, ces pêcheurs semi-professionnels qui passent leurs journées sur l’eau (et pas 15 jours par an !) prélevant sans retenue sur la ressource. Pour leur consommation familiale disent-ils, mais ils doivent avoir une grande, très grande famille… (Je ne parle pas ici de la traditionnelle godaille). En réalité, certains pêcheurs-plaisanciers (pas tous, bien sûr) vendent leur poisson aux restaurateurs et hôteliers locaux, à prix défiant toute concurrence. Je connais plusieurs petits ports où cela se pratique. Ceux-la ne payent aucune taxe, aucun impôt, et ne contribuent en rien au salut de notre économie, tout est « au noir »… Et en prime ils accaparent le travail des pêcheurs pros. Vous trouvez ça normal ?
Aramis (pêcheur occasionnel)
Coup de cœur : la jangada brésilienne
Publié 23 septembre 2009 Construction navale , Curiosité , Marine Plaisance , Marine Pêche , Navires 1 Comment
Voici le voilier le plus rustique et le plus attachant que l’on puisse imaginer. La Jangada est originaire du Nordeste du Brésil et fut durant des siècles l’embarcation à tout faire de cette région particulièrement pauvre ; il en existe de très nombreuses variantes de 3 à 8 m environ. (Jules Verne en imagine une, beaucoup plus grande, dans un roman justement intitulé « La jangada » ; c’est une autre histoire…)
L’embarcation est minimale, issue du radeau, que chaque pêcheur pouvait fabriquer sans autre outil que sa machette. Dans sa version primitive l’embarcation consiste en un assemblage de trois ou quatre troncs de balsa, liés et chevillés sans aucune pièce métallique ; le mât, long et souple, (son emplanture est un simple trou) porte une voile bermudienne (triangulaire) tenue sur un long gui que l’on pourrait appeler wishbone à une seule branche. Cette voile était surnommée cutinga, c’est-à-dire « langue blanche ». Une simple lame de bois enfoncée entre deux poutres tient lieu de dérive. Il se dit que les pêcheurs s’enhardissaient fort loin sur ces bateaux plus que sommaires et vulnérables. En effet, l’équipage (deux ou trois hommes) ne possède aucun abri. Mais, traditionnellement, la Jangada est munie d’une sorte de banc à 4 pieds fixé sur la « coque » et sur lequel s’accroupit le timonier pour ne pas être constamment mouillé ; devant le banc se trouve un petit portique où l’on accroche le sac de manioc et la calebasse d’eau douce.
Un auteur, Ferdinand Denis, (1839) dit que les Jangadas sont rapides et chavirent rarement ; si cela arrive, l’équipage détache le gréement et les superstructures qu’il ré-implante à l’envers, sur le radeau retourné…
Depuis le milieu du XXe siècle les Jangadas ont sensiblement évolué ; leur principe Continuer la lecture ‘Coup de cœur : la jangada brésilienne’
Peut-être aimerez-vous « Quai des sirènes »…
Publié 16 septembre 2009 Bibliographie , Divertissement , Images , Littérature , Marine Plaisance , Marine Pêche , Marine de Guerre , Marine marchande Laissez a un commentaire
Avec mon ami Christophe Verdier nous avons construit ce bouquin dont le sujet central sent la marée, les épices et le gasoil ; bien entendu, il parle de bateaux, d’escales et de rencontres interlopes. Cent vingt aquarelles de Christophe sur lesquelles j’ai plaqué une vingtaine de pochades, un peu désinvoltes. Il semble que le résultat sonne plutôt juste, l’osmose textes-images fonctionnant naturellement comme l’amitié des deux auteurs. Bref, Quai des sirènes est globalement conforme à notre projet…
Si, comme nous, vous aimez les ambiances portuaires, les escapades océaniques, et les belles images de mer, ça pourrait vous plaire. Il y a de tout, du cap Nord aux Kerguelen, de Recouvrance à Hong Kong avec, en permanence, une certaine émotion du regard et du commentaire. Un patchwork de rouille, d’écume, de glaces et de crépuscules ; une fresque d’engins industrieux, de ferrailles contorsionnées, de cuves et de silos ; des instantanés de la vie maritime, en mer ou au port. Et tant d’autres choses…
Précision. Pas question ici, de faire de la retape pour notre bouquin mais simplement d’en signaler la sortie aux amis d’Escales Maritimes, qui pourraient en apprécier l’esprit et la couleur…C’est tout. (Et c’est bien comme ça !)
Mais quoi ? Un dernier coup d’œil sur l’eau salée, en douce, après les vacances, ça ne peut faire de mal à personne…
Maurice Duron
• Quai des sirènes – Christophe Verdier et Maurice Duron – Marines Editions – Septembre 2009 – 29 €.
Portrait de bateau : la Bisquine
Publié 8 septembre 2009 Marine Pêche , Navires , Patrimoine , Voile Laissez a un commentaire
• Bisquine. Voilier de travail très typé, originaire de la Baie du Mont-Saint-Michel. Coque fine mais robuste, d’une vingtaine de mètres, étrave droite, arrière pincé, tonture bien marquée. Le gréement se compose de trois mâts (misaine, grand mât, tape-cul) les deux premiers portant des basses voiles au tiers surmontées d’un hunier, au tiers également, et éventuellement d’un troisième étage de rikikis ; il est complété par une voile de tape-cul à l’arrière, toujour au tiers, sur une queue de malet et d’un long boute-hors sur l’avant pour le foc. La Bisquine est considérée comme le voilier de France le plus toilé (environ 300 m²) ; c’est un coquillier pêchant l’huître sauvage à la drague, ce qui exige de la puissance. Sa silhouette, très originale et particulièrement élégante rappelle d’autres formules comme le lougre ou le chasse marée. Il n’existe aujourd’hui que deux exemplaires de ce voilier d’exception, reconstruits à l’identique : la Cancalaise (1987) (notre photo) et la Granvillaise (1990). Caractéristiques de la Granvillaise, L. : 17,70 m, l. : 4,76 m, tirant d’eau 2,65 m, voilure : 288m²). Un troisième exemplaire, plus petit, L’Ami Pierre a été lancé en 1994. De beaux, de très beaux bateaux du patrimoine…
Portos
L’arrachement pour Terre-Neuve
Publié 4 septembre 2009 Littérature , Marine Pêche Laissez a un commentaire
Dans un vieil ouvrage, « Sabots et rocailles », nous avons retrouvé ce petit poème d’André Bihorel, lancé comme ça, dans le frémissement du départ pour Terre-Neuve. Peu de mots, mais quel jus !
- Sur le port
Beaucoup de monde sur le port.
Là-bas dans le bassin, pointent les hunes et les mâts des voiliers.
Les vergues avec leurs toiles roulées semblent de grandes croix.
Mille et une voix…
Mais ce sera bientôt le grand silence.
Terre-Neuve… six ou sept mois d’absence.
Oh ! foule vaillante et résignée dont je m’éprends d’un coup de coeur !
Avant le grand pardon.
Deux marins accordéonistes jouent et chantent avec ferveur
Des airs gais aux paroles tristes.
Retour de pêche à la voile, ça marche ! (de mieux en mieux)
Publié 24 juillet 2009 Initiative , Marine Pêche , Voile Laissez a un commentaire
Ceux qui connaissent bien « Maritimes » ont pu suivre l’évolution de l’ami Jean-Luc, pêcheur douarneniste, qui a équipé son bateau P’tit Mousse d’une voilure de plus en plus élaborée. D’abord deux génois à enrouleurs en 2006/07, puis un foc sur boute-hors au début 2009 et tout récemment une trinquette et un tape-cul sur l’arrière. Il a ainsi transformé son petit chalutier en un véritable ketch ; les voiles d’avant et du centre (dans le rôle de la grand voile) lui donnant de la puissance, le tape-cul de l’équilibre. C’est alors qu’il s’est aperçu que son bateau de 20 tonnes (+ trois ou quatre de matériel) remontait à 40° du vent ! Incroyable mais vrai ! Et le jour où je l’ai rencontré (c’est toujours un plaisir) il venait de débouler dans la baie à 6 nœuds, sous voiles seules, moteur arrêté. (20 nœuds de vent et 80 m² de voilure ).
Jean-Luc est un visionnaire et un précurseur ; il a fait cela tout seul, petit à petit, avec la complicité d’Olivier, et les bons conseils de Jean-Louis. Moi, je trouve ça formidable, mais tout le monde ne pense pas comme ça. Tenez, après avoir étudié, financé, installé, testé (en situation), son projet, Jean-Luc s’est dit que les Pouvoirs Publics (très énergies douces , vous l’avez remarqué) pourraient peut- être lui donner un petit coup de main ; il a déposé un dossier en ce sens. Eh bien ! l’administration a trouvé l’idée fort intéressante mais réglementairement il fallait déposer le dossier avant le début des travaux. Donc c’était trop tard… Désabusé, mais beau joueur, Jean-Luc en sourit encore. Dire que pendant ce temps-la, des chasseurs de primes se gavent de subventions…
Maurice Duron
(Voir nos précédents billets du 3 septembre 08 et 22 avril 09)
Belle scène de la vie maritime. Elle montre le départ des pêcheurs de Grandcamp qui gagnent leurs petits voiliers mouillés en rade. Au premier plan, les équipages au complet (7 à 8 matelots), embarquent sur les annexes ; ils bordent de longs avirons (voir ceux qui sont sur le sable, au premier plan) ainsi qu’il est d’usage en Basse-Normandie. Visiblement, il y a des retardataires, certains équipages ont déjà envoyé la toile tandis que d’autres attendent encore leurs camarades… Au centre de l’image, on distingue quelques marmots, venus sans doute accompagner leur père ; il y en a aussi dans une barque. Quant à Mimile, l’expéditeur de la carte, il semble insensible à la beauté du cliché, tout heureux de regagner bientôt la capitale. Chacun ses goûts.
Les bateaux de la mémoire (17)
Publié 12 juin 2009 Histoire , Marine Pêche , Patrimoine Laissez a un commentaire
Cette très belle image représente – ainsi que le dit sa légende – l’entrée du port du Havre au début du XXe siècle ; elle montre surtout un retour de pêche par un très petit temps. Faute de vent, les bateaux, ont beaucoup de peine à regagner leur mouillage, ou simplement atteindre leurs annexes ; certains semblent avoir mouillé dans le chenal en attendant la marée. Au premier plan un camin dont le gréement à bourcet-malet fait contraste avec celui des cotres du second plan. Reste que le cadrage est fort réussi, avec le bout de la jetée à droite et l’estacade à gauche. Sur le côté, deux paisibles rameurs donnent quelque mouvement à cet ensemble plutôt statique… (voir le Dico pour les définitions).
Situation délicate par fort coup de vent
Publié 27 mai 2009 Images , Marine Pêche , Mer , Sécurité 2 CommentairesOn ne sait rien de cette vidéo ; on la suppose prise à Larache au Maroc, c’est tout. La qualité est médiocre et la première minute sans grand intérêt, mais après… Les images parlent d’elles-mêmes, pas besoin de commentaire. Elles montrent que l’entrée de certains ports peuvent se révéler hasardeuses par vents forts, même si l’on en est pratique. Elles montrent surtout la maîtrise du patron de ce petit chalutier, qui fait une démonstration de son art de la manœuvre en situation délicate. Il s’esquive sous les lames dangereuses, fait tête aux plus hautes, évite de se faire prendre par le travers, et attend le moment favorable pour tenter sa chance. Passera, passera pas ? Regardez et vous saurez…