Archive pour la catégorie 'Marine de Guerre'

Ils ont des bateaux ronds… (air connu)

Popov2L’idée est anglaise mais sa réalisation russe… Au XIXe siècle un certain John Elder de Glasgow émet  l’idée  de faire des navires de guerre circulaires, très bas sur l’eau, quasi invisibles mais fortement armés. L’Amirauté britannique ne s’y intéresse guère, mais le vice-amiral Popov (russe, bien entendu) lui, est séduit. Le Congrès de Paris (1856) interdit à la marine russe de construire des navires de guerre d’un tirant d’eau supérieur à 4 m.  Or, la formule permet de rester en deçà de cette profondeur.
Deux unités seront construites. La première à Saint-Pétersbourg en 1873, baptisée  Novgorod ; 31 m de diamètre, 2706 t, 6 machines à vapeur horizontales donnant 2000 ch., propulsée à 6,5 nœuds par six hélices. Armement deux pièces de 280.   Elle devait être envoyée en pièces détachées Continuer la lecture ‘Ils ont des bateaux ronds… (air connu)’

Peut-être aimerez-vous « Quai des sirènes »…

sirène okAvec mon ami Christophe Verdier nous avons construit ce bouquin dont le sujet central sent la marée, les épices et le gasoil ; bien entendu, il parle de bateaux, d’escales et de rencontres interlopes. Cent vingt aquarelles de Christophe sur lesquelles j’ai plaqué une vingtaine de  pochades, un peu désinvoltes. Il semble que le résultat sonne plutôt juste, l’osmose textes-images  fonctionnant naturellement comme l’amitié des deux auteurs. Bref, Quai des sirènes est globalement conforme à notre projet…
Si, comme nous, vous aimez les ambiances portuaires, les escapades océaniques, et les belles images de mer, ça pourrait vous plaire. Il y a de tout, du cap Nord aux Kerguelen, de Recouvrance à Hong Kong avec, en permanence, une certaine émotion du regard et du commentaire. Un patchwork de rouille, d’écume, de glaces et de crépuscules ; une fresque d’engins industrieux, de ferrailles contorsionnées, de cuves et de silos ; des instantanés de la vie maritime, en mer ou au port. Et tant d’autres choses…
Précision. Pas question ici, de faire de la retape pour notre bouquin mais simplement d’en signaler la sortie aux amis d’Escales Maritimes, qui  pourraient en apprécier l’esprit et la couleur…C’est tout. (Et c’est bien comme ça !)
Mais quoi ? Un dernier coup d’œil sur l’eau salée, en douce, après les vacances, ça ne peut  faire de mal à personne…
Maurice Duron
• Quai des sirènes – Christophe Verdier et Maurice Duron – Marines Editions – Septembre  2009 – 29 €.

Anniversaire : aujourd’hui 10 août, le « Vasa » coule au milieu du port…

vasa okStockholm, le 10 août 1628. Toute la ville est massée sur le port de Skeppsgärden, le Vasa, va partir pour son neuvage. C’est le plus prestigieux des vaisseaux de guerre suédois, 69 m de long, armé comme une forteresse (64 canons), décoré comme un palais. La ville est en fête, les oriflammes claquent au vent, les chants liturgiques montent de la cathédrale, le petit peuple vient applaudir l’appareillage imminent. Le capitaine Hansson donne l’ordre de larguer les aussières ; un même cri de joie monte de la foule en liesse, le Vasa s’ébroue, met le cap sur l’île Alvsnobben… Un triomphe.
Sauf que le temps est médiocre, le ciel se couvre, le vent monte, la mer se creuse. Soudain, une rafale surprend le beau navire qui s’incline sur bâbord… et ne se redresse pas. Le lest a glissé, l’eau pénètre par les sabords Continuer la lecture ‘Anniversaire : aujourd’hui 10 août, le « Vasa » coule au milieu du port…’

Les bateaux de la mémoire (18)

BordaCette fois nous allons inverser le jeu ;  au lieu de proposer un commentaire sur cette image, nous faisons appel à nos amis pour la commenter.
Explication. La légende de cette ancienne carte postale, est sans ambiguïté : il s’agit bien de Brest et de ses voiliers écoles. Mais les deux bâtiments se ressemblent tellement  qu’il nous a été impossible : 1/ de reconnaître le célèbre « Borda », qui est très probablement l’un des deux ; 2/ de mettre un nom sur le second. Help !
Et si un érudit pouvait nous dire comment s’appelle le petit vapeur du premier plan, notre joie serait complète.
Merci : à vos claviers !

Juin 44 : le débarquement de la liberté

NormandySupply-118_BU1039Le 6 juin 1944, entre 5h50 et 6h30 du matin, débute en Normandie l’Opération Overlord, c’est-à-dire le débarquement naval des alliées à l’assaut de l’Europe hitlérienne ; il s’agit rien de moins que percer le redoutable Mur de l’Atlantique. C’est une opération hors norme, qui mobilise, tenez-vous bien, 316 dragueurs de mines, 4266 navires de débarquement, 702 navires de guerre… La plus grande armada jamais constituée.
Fait sans précédent cette armada emporte avec elle ses propres ports de débarquement  ; ils sont deux et doivent être construits l’un à Arromanches, l’autre à Saint Laurent-sur-mer . Tout est prévu : 230  pontons de béton (appelés Phoenix) sont coulés sur place pour former une digue, de vieux navires sacrifiés servent de brise lame, et  un gigantesque mécano permet de  fabriquer un port flottant, montant et descendant avec les marées.
Seul  le port artificiel d’Arromanches entrera en service, le second ayant été détruit par la tempête, peu après l’assaut.
Dès que la tête de pont est assurée (sur la photo de gauche les LCI sont encore sur la plage) les alliés entreprennent la construction des ports. Assemblé en quelques jours, malgré le mauvais temps, l’unique port d’Arromanches  à permis en moins d’un mois de débarquer 1 500 000 hommes, 340 000 véhicules, 740 000 tonnes d’approvisionnement, en d’autres mots d’assurer le succès de l’offensive. (Sur la photo de droite : passage d’un convoi d’ambulances sur les pontons flottants).
Pour les nazis, la réussite d’Overlord annonce le commencement de la fin, ils ne peuvent plus gagner la guerre ; pour les populations occupées, c’est le début de l’espérance. Ce 6 juin est donc un anniversaire maritime et historique que nous ne pouvions passer sous silence.
(photos IWN)
Aramis

Les bateaux de la mémoire (16)

cornou AOn voit ici une compagnie de débarquement de fuscos (fusiliers  marins) à l’exercice, en tenue réglementaire,  dans des chaloupes à moteur ; il n’y a pas d’avirons. Les embarcations sont  commandées par un second maître ou maître principal.
La carte est datée du 5 octobre 1915, rédigée à bord du navire-école Tourville, (précédemment Gironde) et adressée au frère de l’expéditeur qui doit, lui-même, être sous les drapeaux. Au verso, la correspondance dit, entre autres, ceci : on doit partir pour les Dardanelles le 8 ; je commence à me faire chier à Malte où je suis sur un bateau de corvées.  Tu es bien peinard d’aller en permission de six jours, quelle ration elle va prendre Marie-Jeanne ! (Honni soit qui mal y pense).

Faut bien rire un peu

figaroiVoici la reproduction de la “une du grand quotidien que vous connaissez tous, daté du 15 avril 2009. En bas à gauche du cliché, vous ne pourrez peut-être pas lire la légende. Dommage, elle dit ceci : deux membres de l’équipage du Jean de Vienne, protègent un paquebot au large des côtes somaliennes. Drôle de paquebot en l’occurrence qui est à l’évidence un vraquier quelconque et certainement pas un transport de passagers. Certes, on ne peut pas tout savoir mais tout de même, un grand quotidien national… Un simple coup de fil à Armateurs de France aurait tout arrangé.
Allez, pas grave, il y a longtemps que le ridicule ne tue plus. Nous prenons ici la liberté de sourire (et non de blâmer) puisque c’est ce qui donne du prix à l’éloge flatteur. N’est-ce pas ?

Les croiseurs japonais, avaient-ils le mauvais œil ?

mikumaJ’ignore si les marins japonais sont aussi superstitieux que leurs collègues occidentaux, mais si tel est le cas, on les comprendrait un peu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils possédaient quatre croiseurs lourds identiques, le Mogami, le Suzuya, le Kumano et le Mikuma. Longueur 206 m, vitesse 37 nœuds, armement, entre autres, de 15 pièces de 155 (cinq tourelles triples), 12 tubes lance-torpilles, trois avions. Pas des montres du genre Yamato, mais tout de même…
Eh bien ! tous les quatre connurent un destin tragique. Aucun ne revint jamais au Japon, comme si la série avait été marquée par le destin.
Ça commence en pleine bataille de Midway en juin1942, lorsque le Mikuma et le Mogami s’abordent dans la nuit et se causent mutuellement de lourds dégâts. Ils peinent à rejoindre l’escadre de l’amiral Yamamoto et sont harcelés par l’aviation américaine qui en profite. Bien abîmé, le Mogami réussit tout de même à rallier l’île de Truk, mais le Mikuma n’aura pas la même chance. Les avions des porte-avions Hornet et de l’Enterprise l’attaquent sans répit, le dévastent (voir la photo) et finalement le coulent le 7 juin 1942.
Le Mogami survivant n’échappera pas longtemps à son destin ; lui et son sister-ship Suzuya subiront exactement le même sort, le même jour, le 25 octobre 44 pendant la bataille de Leyte ; coulés par les avions de la 3e Flotte US. Un mois plus tard, ce sera le tour du Kumano qui sera envoyé par le fond, à Luçon, toujours de la même manière.
À la fin de novembre 1944 les quatre navires de la classe Mogami. n’existeront plus, balayés par ce qu’on pourrait appeler une véritable malédiction…Le mauvais œil ? Bah, sait-on jamais. Beaucoup de Japonais ne croient pas à une simple fortune de guerre.

Athos

Mariage improbable d’un petit voilier avec… une forteresse volante !

b-17-2b4a7c98c1b-17-612-1946Deux photos insolites. On voit très bien sous la carlingue de l’avion un petit bateau accroché au fuselage comme un poisson-pilote… De quoi s’agit-il ? L’avion est un B 17 Forteresse volante très employée durant la Seconde Guerre mondiale, ici rattaché à l’United States Coast Guard (longueur 22,66 m, envergure 31,62m) ; le bateau est une embarcation de sauvetage que le bombardier parachutait à proximité des naufragés (coulés ou abattus en mer). Nous ignorons si la formule a été beaucoup exploitée durant le conflit, (un pneumatique est quand même plus pratique) mais en 1955, elle aurait inspiré Alan Vines et le célèbre Uffa Fox lors de la conception de l’Atlanta 26, un sloop de 7,93 m gréant 22,30m² de voilure. La ressemblance est frappante. On peut donc se demander si l’architecte (qui avait peut-être l’Atlanta dans ses cartons) n’aurait pas déjà contribué à la mise au point de sa version militaire. Possible en tout cas… Par un juste retour des choses, une association de plaisanciers britanniques s’efforce actuellement de faire revivre cette paisible série.
Athos

Petit aide-mémoire sur les pirates somaliens

skiff2On a beaucoup parlé des pirates somaliens ; on en reparlera sans doute encore. Pour y voir clair nous voudrions juste proposer quelques repères pour baliser le propos.
• Depuis le début de 2008, selon le Bureau Maritime  International, 92 bâtiments ont été attaqués au voisinage de la Corne de l’Afrique et 36 ont été capturés.14 navires seraient encore détenus avec leur équipage soit 268 marins .
• En gros, le terrain de chasse des pirates (il y en a d’autres ailleurs) est situé au débouché de la mer Rouge dans l’océan Indien et le Golfe d’Aden ; c’est le point de passage obligatoire pour embouquer le canal de Suez. Le trafic y est considérable. Depuis peu, ils ont élargi leur champ d’action vers le sud. Le Puntland, leur base à terre, est juste en face.
• La technique des malfaiteurs est classique et efficace : l’abordage ; ils passent à l’action sur des embarcations légères, rapides (les skiffs) à partir d’un bateau-base beaucoup plus important. Cette technique leur permet de ratisser large, jusqu’à 1000 km des côtes somaliennes et tanzaniennes, et 500 km des Seychelles. Ils jouent de l’intimidation et n’hésitent pas à tirer sachant les équipages non armés…
• L’armement, rudimentaire au départ, s’est largement modernisé : fusil d’assaut de tous types, AK 47, RPG 7  ou M76 et Kalashnikov (ou copie), lance-roquettes de toutes origines. Une part des butins de piratage est réinvestie dans l’armement.
• Tous les pirates ne sont pas somaliens même si ces derniers constituent le gros de la troupe ; il y a des Yémenites et des Kenyans, on parle aussi de quelques Européens. On chiffre leur nombre à 1200 environ. La plupart sont d’anciens marins de la Marine somalienne au chômage, des pêcheurs réduits à la misère (amenuisement de la ressource) voire des éleveurs semi-nomades poussés par la faim. Ils se répartissent en cinq ou six bandes, plus ou moins concurrentes.
• Leur but est de se rendre maître d’un navire, sans distinction de pavillon, l’immobiliser dans les eaux territoriales somaliennes (pratiquement zone de non droit), Continuer la lecture ‘Petit aide-mémoire sur les pirates somaliens’

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