Archive pour la catégorie 'Littoral'

Coup de vent en mer d’Iroise

Il y a quelques jours, les 13 et 14 novembre, un sérieux coup de vent s’est abattu sur la Bretagne ; 110 km/h à Penmarc’h. N’écoutant que ma curiosité maladive, j’ai fait ces quelques images, qui valent ce qu’elles valent. Pas de vague géante, mais du fort mauvais temps quand même ; au début, ça n’a l’air de rien, mais patientez, au bout d’un moment ça s’anime sévère ; les oiseaux de mer ne savent plus où se planquer. Quant à moi j’ai pris l’une des plus belles douches de ma vie, trempé jusqu’aux os…
Décidément, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour vous ?
Aramis

Incroyable ! Payer pour mouiller son ancre…

D’aucuns en parlaient depuis longtemps mais sans vraiment y croire.
- Un jour, tu verras, on nous fera payer simplement pour mouiller notre ancre…
Eh ! bien c’est en train de se faire. Ange Santini président du Conseil exécutif de Corse vient de demander à l’Assemblée de Corse de faire payer les plaisanciers qui mouilleront leur bateau dans les Bouches de Bonifacio et de Scandola du 1er juin au 30 septembre. Et cela la main sur le cœur, pour financer la gestion des réserves naturelles et la création de « brigades bleues » comme le recommande le Grenelle de la Mer. On croit rêver, mais c’est vrai. Tout bateau ne justifiant pas d’un titre de stationnement dans un port de plaisance ou une zone de mouillage organisée en Corse sera taxé d’une redevance de 20 € par mètre à partir du 1er juin 2010 ! Sachez-le…
Notre commentaire : de deux choses l’une, ou bien l’environnement maritime est vraiment menacé par la sur-fréquentation (ce qui est probable) et dans ce cas on interdit tout mouillage ; ou bien on organise le racket et on continue comme avant.  En d’autres mots, on fait payer le droit de saccager les fonds. C’est la « solution » proposée.
Sans préjuger de l’utilisation des sommes collectées (pourquoi riez-vous ?) on peut se demander comment on peut régénérer des espèces animales ou des herbiers avec de l’argent ; passons…
Ange se frotte les mains de sa trouvaille, et défend avec acharnement le principe pollueur-payeur. Ouais… Mais en même temps il ouvre la porte à une pratique détestable qui pourrait être reprise, voire généralisée, par d’autres, sur le Continent cette fois…
Plaisanciers, mes frères, vous voilà prévenus.
Portos

Je suis contre la Loi Littoral !

hotel Dolce Vita Ajaccio oct 09 DSCN0127Baie Ajaccio oct 09 DSCN0132Je vais en étonner plus d’un : je suis contre la Loi Littoral ! Eh oui… C’est pourtant une loi juste, raisonnable, mais je suis contre.
Pourquoi ? Parce que cette loi est aussi une farce. La Puissance Publique a accouché d’un texte mais seulement d’un texte. Des mots, rien que des mots, et peut-être quelques bonnes intentions, mais c’est tout.
Un exemple : concernant les constructions en bord de mer, je serais capable de vous citer dix cas, sur nos deux façades maritimes où les petits arrangements, les tolérances voire les complicités bafouent régulièrement – et au vu de tous -  cette honorable loi. Depuis les villas pieds dans l’eau jusqu’aux paillotes sur la dune, en passant par les plages privées (c’est dit en toutes lettres dans les dépliants touristiques) le cancer ronge nos côtes de Zuydcoote à Bonifacio. Silence dans les rangs, les promoteurs et les petits mafieux sont à l’œuvre. Figurez-vous que des gens osent poser des questions sur le Net pour savoir comment construire en contournant la loi ! En d’autres mots, j’emmerde les gendarmes…
Ça se passe au beau pays de France, là où, par endroits, on voit encore danser la mer le long des golfes clairs…
Alors, quitte à avoir un littoral dévasté – il l’est déjà pas mal -autant que ce soit en l’absence de règlement plutôt qu’au prix du viol répété de la Loi, au nez et à la barbe des autorités qui ferment les yeux pour ne pas assister au crime. Ce serait moins hypocrite.
Aramis
Légendes photos – A gauche : l’article L 160–6 du Code de l’Urbanisme garantit la continuité du cheminement des piétons ou leur libre accès aux plages. A droite : L’article L 321 du Code de l’Environnement stipule que la concession de plage doit réserver le libre usage au public d’un espace d’une largeur significative (!!!)

La mort du petit cheval (suite)

François Fillon, grand écolo devant l’Eternel (son sport préféré est la course automobile) a répondu à notre appel lancé en mars 2008 de venir à Saint-Michel-en-Grève mesurer les dégâts des algues vertes* ; on avait invité Borloo, c’est le patron qui est venu… Bon, le sort du petit cheval l’a sûrement ému, car voici qu’il explique aujourd’hui ce qu’on sait depuis longtemps : les algues vertes sont dangereuses pour la santé humaine et animale. Il annonce que l’Etat va prendre en charge le ramassage des algues tueuses, et qu’une commission interministérielle va, dans les 3 mois, faire des propositions de lutte contre le fléau. Alors, devant d’aussi bonnes intentions nous nous permettons de lui rappeler 1/ que le ramassage est une compresse sur une jambe de bois, ça ne sert à rien ; 2/ qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir, c’est-à-dire intervenir en amont ; 3/ que les fameux nitrates proviennent essentiellement des élevages industriels de porcs et de poulets ; 4/  tant que les éleveurs ne produiront pas moins et mieux rien ne sera résolu ; faute de mesures énergiques à ce niveau, ça va continuer*.
A bon entendeur… et avec nos respects monsieur le Premier ministre.
Aramis
*Voir nos billets des 12 mars 2008 et 17 août 2009.

Algues vertes : c’est la mort du petit cheval…

Ca y est, la polémique est lancée. Du côté de Saint-Efflam (Côtes d’Armor) la mort du petit cheval soulève les passions. Les uns disent que la bête a été victime d’émanations d’hydrogène sulfuré, très toxique, provoquées par la décomposition d’algues dites vertes ; les autres affirment que ces même algues s’accumulent dans les trous vaseux (genre sables mouvants) que leur seule présence indique ; suffit de ne pas y aller. Les thèses s’affrontent dans les conversations de comptoirs, communiqués plus ou moins officiels, analyses vétérinaires, élucubrations de mauvaise foi, voire chausse-trappes politiques…
Nous, on a beau se croire écolos, le sort (regrettable) de l’ongulé ne nous préoccupe que moyennement. La chose primordiale est que les algues maudites prolifèrent partout , y compris, bien entendu, sur cette superbe plage de Saint-Michel-en-Grève. Elles sont invasives, puent abominablement, et sont peut-être dangereuses. Mais pourquoi sont-elles là ? C’est ça le vrai problème, et pas la mort du petit cheval. Eh bien on le sait, tout le monde le sait, ce sont les tenants de l’agriculture intensive qui souillent de nitrate et depuis des decennies (merci la FNSEA !) notre bonne terre de France. Ces déjections polluantes, mal contrôlées (incontrôlées ?) gagnent la mer tôt ou tard où elles font les choux gras de l’algue qui s’en délecte. C’est en amont que ça se passe. Tant qu’on gorgera de lisier nos terres cultivées, ça continuera… Ce n’est pas en ramassant chaque matin le végétal incriminé (au moyen d’engins polluants eux aussi) qu’on règlera la question. Le gouvernement annonce (déjà !) une étude pour vérifier la toxicité des algues. Ca me fait sourire. Si vous avez une seconde, jetez donc un coup d’œil sur notre billet du 12 mars 2008.
Aramis

Lafarge s’échoue à Etel

 

Le géant cimentier Lafarge avait pour projet d’extraire 18 millions de tonnes de granulats en mer, au large d’Etel, pendant 30 ans ; rien que ça ! Eh bien c’est raté. La Préfecture maritime vient en effet de rendre un avis défavorable au projet. Tant mieux.

Mais étrangement ce ne sont pas les arguments écologiques développés par le collectif Peuple des Dunes qui ont fait capoter l’affaire, mais la présence, détectée par une commission indépendante, d’un grand nombre de munitions gisant au fond de l’eau ; détail inattendu – et négligé par les experts de Lafarge – qui interdit une exploitation en toute sécurité.

Cette situation pose, à nouveau, écrit « Le Marin » du 10 juillet, le débat apparu pendant le Grenelle de la Mer, sur l’indépendance des expertises par rapport aux exploitants.  Très bonne question en effet, et qui ne se pose pas seulement pour l’écologie maritime.

Portos

Le Grenelle de la Mer polynésien

80340022Je parie que vous ne le saviez pas. Hier et avant-hier (16 et 17 juin) la Polynésie Française organisait son propre Grenelle de la Mer, intitulé Ruahatu, le Dieu de la mer. Le but étant d’élaborer avec les  instances représentatives une stratégie de développement durable pour l’archipel. Celui-ci est en effet directement concerné par le réchauffement climatique, l’élévation du niveau des eaux et les conséquences économiques et sociales qui vont en résulter. Différentes personnalités ont fait valoir leur point de vue autour de quatre thèmes principaux :
- La délicate rencontre entre la terre et la mer (le littoral).
- Partager la passion de la mer (les métiers de la mer).
- Entre menaces et potentiels, une mer fragile.
- Planète Mer, inventer de nouvelles régulations.
Vaste programme…
Mais un programme qui semble n’avoir pas fait l’unanimité, les uns prêchant pour un devoir écologiste, les autres (dont l’homme d’affaires Robert Wan) ne considérant l’écologie que comme le levier économique du XXIe siècle. (En voila un qui n’a rien compris !)
Au final le Ministre polynésien des ressources de la mer, Teva Rohfritsch devait annoncer trois projets possibles et plutôt classiques : l’exploitation de l’énergie thermique des eaux, la climatisation (?) grâce aux eaux des grandes profondeurs, l’énergie de la houle. Bon, attendons pour voir. Mais mon homonyme Sophie-Dorothée Duron, nouvellement nommée à la tête de l’antenne polynésienne de l’Agence nationale des aires maritimes protégées, a bien du pain sur la planche…
Maurice Duron
(Source : www.lesnouvelles.pf )

Conséquences inattendues du dérèglement climatique

carteactuelleIl y a peu nous parlions du cas des Maldives qui risquent de disparaître à court terme. Mais l’inéluctable montée des océans nous concerne, nous aussi. Car figurez-vous, la Zone Economique Exclusive (ZEE) française définie par la convention internationale « Droit de la Mer » de 1982 est considérable : plus de 10 millions de km² pour toute la planète. Cela vient des nombreuses îles éparses sous administration française, (notamment la Polynésie) disséminées un peu partout. Beaucoup ne sont qu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Bassas de India, Europa, Juan de Nova par exemple. Or, la ZEE de 200 milles de large est mesurée à partir des laisses de basse mer donc, toute augmentation du niveau de la mer repousserait cette limite et réduirait la portée de l’actuelle ZEE. Quand on sait que la seule Île de la Passion (territoire français appelé aussi Îlot Clipperton) de 2 km² dans le Pacifique est entouré d’une ZEE de 435 000 km² ( !) on peut s’interroger sur la perte de territoire consécutive à la montée des océans. Et rien ne dit en effet, que cet ilot ne va pas partiellement disparaître… Un expert, Yann Rambuteau du Réseau Allegans, s’est penché sur la question et a conclu à une réduction considérable des zones sous souveraineté française… et en même temps des ressources marines et sous-marines qui leurs sont associées.

www.envmar.blogspot.com

Petit aide-mémoire sur les énergies marines

samsoevindebyl-1Il est probable que le futur « Grenelle de la Mer » abordera entre autres la question des ressources énergétiques de l’Océan mondial et plus spécialement les énergies renouvelables (exploitables à partir des deux ou trois décennies à venir). En attendant, il n’est pas inutile de rappeler quelles filières de production sont concernées.
L’énergie éolienne – Elle est déjà en service à terre ; on la connaît : tirer profit du vent qui souffle sur les étendues marines. Les éoliennes, ces grands moulins à vent, installées en mer et en zone côtière (moins de 20 km au large et moins de 20 m de fond), produisent de l’électricité qui est ensuite distribuée par câbles sous-marins.
L’énergie thermique – Il s’agit de mettre à profit les différences de température (au moins 20°) entre l’eau de surface et celle des profondeurs pour produire de l’électricité ; intéressante surtout outre-mer. En variante, l’utilisation de l’eau proche de la surface comme fluide primaire pour les pompes à chaleur destinées au chauffage des bâtiments terrestres.
L’énergie des courants – Très en vogue en ce moment, il s’agit de produire de l’électricité au moyen d’hydroliennes qui ne sont rien d’autre que des éoliennes sous-marines (l’hélice est entraînée par le courant). Plusieurs sites sont étudiés dont le Raz de Sein, le Fromveur, les Héaux de Bréhat, le Raz Blanchard… Des essais sont en cours à Bénodet. Continuer la lecture ‘Petit aide-mémoire sur les énergies marines’

Quand le génie maritime porte bien son nom

pont_volant_de_la_bourdonnais3Attendez ! Avant de dire que l’image est moche (ce qui est vrai, mais il n’y en a pas d’autre), attardez-vous un instant sur ce document un peu bizarre. Vous allez comprendre.
Ça se passe à l’Ile Bourbon (La Réunion, pour les ignorants) au début du XVIIIe siècle. À Saint-Denis, une barre intraitable brise près du rivage. Elle complique terriblement les embarquements et débarquements ; en fait elle les interdit deux jour sur trois… À l’époque construire une digue ou un wharf est pratiquement impossible, pourtant la ville est en plein développement. Que faire ?
Eh bien ! en 1738 Mahé de la Bourdonnais (1699-1753) a une idée : il va construire une sorte de passerelle suspendue au-dessus de l’eau qui va dépasser la barre et permettre le débarquement en eau calme. Regardez son dessin (d’époque) et écoutez ce qu’il en dit «L’utilité du pont suspendu que je fis construire au quartier Saint-Denis, à L’île Bourbon, est généralement reconnue. Lorsque la mer brise avec force, il est impossible aux bâtiments de décharger sur la côte. Ce pont, soutenu par quatre mâts ou fourches de hunes de soixante pieds de longueur, a cent trente pieds de portée sur la mer ; vers son extrémité est placé un escalier qui s’élève et s’abaisse à volonté et auprès duquel viennent aborder les chaloupes, qu’on charge ou décharge ainsi sans difficulté. Une rampe est d’ailleurs pratiquée sur le rivage, et au moyen de palans fixés aux fourches principales, on peut tirer à terre les fardeaux les plus lourds, et même les chaloupes qui ont besoin de radoub. »
Vous ne trouvez pas ça génial ?
Le pont volant est assemblé à terre, loin des assauts de la mer, tenu par des cordages et des chaînes, puis dressé ainsi que la mâture d’un voilier : à coups de palans. Les textes de l’époque disent qu’il remplit parfaitement son office.
Malin, ce Mahé malouin…
Aramis

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