Archive pour la catégorie 'Littérature'

Youpi ! un prix pour « Quai des Sirènes »

Dans l’équipe d’ Escales Maritimes, j’en connais deux qui vont bientôt sabler le champagne, Christophe Verdier et Maurice Duron. Ils viennent de se voir attribuer le prix « Place de Fontenoy » pour leur bouquin « Quai des Sirènes » dont on a déjà parlé. Ce prix décerné par l’Association des Administrateurs des Affaires Maritimes récompense chaque année un ouvrage célébrant, par la plume ou par l’image, la vie maritime sous ses multiples aspects. Qui mieux que cette éminente institution (officiers de la Marine Marchande et de la Marine Nationale) pouvait juger de la qualité profonde de leur travail ?
Nos deux compères sont donc particulièrement honorés par cette distinction à laquelle ils ne s’attendaient guère… Ils ajoutent à leur gratitude le sentiment que ce témoignage est – aussi – une invitation à récidiver…

Portos
• Quai des Sirènes – Marines Editions – septembre 2009.

Goldo se lâche…

GoldookC’est un événement que tous nos vieux copains des Glénans de la grande époque,  apprécieront à sa juste valeur : Jean-Louis Goldschmid, qui fut Directeur technique du célèbre Centre, prend la plume ! Le grand Goldo sort ces jours-ci un bouquin qui relate quarante ans de sa vie consacrée aux Glénans. Eh ! oui, quarante ans…Vous pensez s’il en a des choses à dire… Son témoignage est unique, il a tout vécu, tout connu, tout inspiré. Qui ne se souvient de cette voix inimitable,  de cette intelligence aiguë, de son savoir ? De son humanité aussi. Nous lui devons tous quelque chose. Je n’ai pas encore lu l’ouvrage, (il sort de presse incessamment), mais j’y reviendrai. Escales Maritimes voulait être des premiers à l’annoncer. Voilà qui est fait.
Maurice Duron
• Quarante ans aux Glénans – Jean-Louis Goldschmid  – 320 pages – Ouest France Editeur. (en couverture une belle photo de Fort Cigogne)

Peut-être aimerez-vous « Quai des sirènes »…

sirène okAvec mon ami Christophe Verdier nous avons construit ce bouquin dont le sujet central sent la marée, les épices et le gasoil ; bien entendu, il parle de bateaux, d’escales et de rencontres interlopes. Cent vingt aquarelles de Christophe sur lesquelles j’ai plaqué une vingtaine de  pochades, un peu désinvoltes. Il semble que le résultat sonne plutôt juste, l’osmose textes-images  fonctionnant naturellement comme l’amitié des deux auteurs. Bref, Quai des sirènes est globalement conforme à notre projet…
Si, comme nous, vous aimez les ambiances portuaires, les escapades océaniques, et les belles images de mer, ça pourrait vous plaire. Il y a de tout, du cap Nord aux Kerguelen, de Recouvrance à Hong Kong avec, en permanence, une certaine émotion du regard et du commentaire. Un patchwork de rouille, d’écume, de glaces et de crépuscules ; une fresque d’engins industrieux, de ferrailles contorsionnées, de cuves et de silos ; des instantanés de la vie maritime, en mer ou au port. Et tant d’autres choses…
Précision. Pas question ici, de faire de la retape pour notre bouquin mais simplement d’en signaler la sortie aux amis d’Escales Maritimes, qui  pourraient en apprécier l’esprit et la couleur…C’est tout. (Et c’est bien comme ça !)
Mais quoi ? Un dernier coup d’œil sur l’eau salée, en douce, après les vacances, ça ne peut  faire de mal à personne…
Maurice Duron
• Quai des sirènes – Christophe Verdier et Maurice Duron – Marines Editions – Septembre  2009 – 29 €.

L’arrachement pour Terre-Neuve

 

Dans un vieil ouvrage, « Sabots et rocailles », nous avons retrouvé ce petit poème d’André Bihorel, lancé comme ça, dans le frémissement du départ pour Terre-Neuve. Peu de mots, mais quel jus !

    Sur le port
    Beaucoup de monde sur le port.
    Là-bas dans le bassin, pointent les hunes et les mâts des voiliers.
    Les vergues avec leurs toiles roulées semblent de grandes croix.
    Mille et une voix…
    Mais ce sera bientôt le grand silence.
    Terre-Neuve… six ou sept mois d’absence.
    Oh ! foule vaillante et résignée dont je m’éprends d’un coup de coeur !
    Avant le grand pardon.  
    Deux marins accordéonistes jouent et chantent avec ferveur
    Des airs gais aux paroles tristes.

Quand la banquise devient folle

framBon, fait pas chaud… mais c’est l’hiver. Dans l’océan Glacial arctique c’est une tout autre affaire ; dès l’automne, la banquise (eau de mer gelée) se met en mouvement, et devient un enfer froid.
En 1893, à bord du Fram, – le premier vrai navire polaire (notre image) -, le norvégien Nansen en donne une description pathétique. Ecoutez-le :
La lutte des glaces  les unes contre les autres est à coup sûr un spectacle extraordinaire. On se sent en présence de forces titanesques (…).  C’est d’abord comme un roulement de tremblement de terre très lointain, puis le bruit se rapproche et éclate en même temps sur différents points.
Les échos du grand désert neigeux, jusque-là silencieux, répètent ce mugissement en fracas de tonnerre… ; les géants de la nature se préparent au combat. Partout, la glace craque, se brise et s’empile en
torros, et soudain vous vous trouvez au milieu de cette lutte effroyable. Tout grince et mugit, la glace frémit sous vos pas…, de tous côtés d’effroyables convulsions. A travers la demi-obscurité, vous voyez les blocs monter en hautes crêtes et s’approcher en vagues menaçantes. Dans les collisions , des quartiers épais de 4 ou 5 mètres sont projetés en l’air, montent les uns au-dessus des autres, ou tombent pulvérisés… Maintenant, de tous côtés vous êtes enveloppé par des masses de glaces mouvantes prêtes à débouler sur vous. Pour échapper à leur étreinte mortelle, vous vous disposez à fuir, mais juste devant vous la glace cède ; un trou noir s’ouvre béant et l’eau affluant par l’ouverture s’épanche à flots. Vous voulez vous sauver dans une autre direction ; à travers l’obscurité, vous distinguez une nouvelle crête de blocs en marche vers vous. Vous cherchez un autre passage, toute issue est fermée.
Froid dans le dos… ; vous voulez un grog ?

(Extrait de « Vers le pôle », Fridtjof Nansen, Flammarion Editeur.)

On s’y croirait…

Allez, pour nous mettre de bonne humeur, cette citation de l’éternel Conrad extraite du tout début de « Karain : un souvenir », la première des nouvelles rassemblées sous le titre « Inquiétude ».
(…) le feu d’un signal luit comme un joyau au sommet élevé d’une sombre falaise ; de grands arbres, sentinelles avancées d’immenses forêts, veillent, immobiles, sur des étendues de mer assoupie ; le ressac ourle de blanc la plage déserte sur laquelle il gronde ; l’eau des hauts-fonds écume sur les récifs ; et des îlots verts, éparpillés dans le calme de midi, reposent à la surface polie de la mer comme une poignée d’émeraudes sur un bouclier d’acier.
Bien envoyé, non ?


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