Solange et Yves Dussin récidivent… Ils viennent de publier le deuxième tome des « Quilles en l’air », qu’ils sont allés chercher sur les côtes nordiques de Bretagne, Normandie, Irlande, Ecosse, Shetland… Une superbe collecte. Car leur travail n’est pas livresque, ils vont sur place, traquer ces fameux bateaux qui vivent une seconde vie, pour le plus grand bonheur de leur propriétaire. Par leur nombre, leur diversité, l’originalité de leur exploitation, chacune de leur trouvaille (et il y en a !) témoigne de l’imagination populaire lorsqu’elle prend le pouvoir. Et aussi du charme rayonnant de ces œuvres d’art, d’une infinie vérité.
• L’ouvrage ne peut être décrit, trop varié, bourré d’images improbables, livrées dans leur jus, à la surprenante… A ma connaissance, personne n’a recensé autant de Quilles en l’air, ce qui fait du bouquin une compilation sinon exhaustive, du moins unique en son genre.
• Ce travail a déjà une conséquence. En plusieurs lieux, la quille en l’air reprend du service ; on voit, ici et là, des initiatives réjouissantes, modestes ou majeures, comme si un mouvement d’intérêt se dessinait en faveur de ces vieilles carcasses. C’est bon signe. On le doit en grande partie à Yves et Solange qui ont réveillé une antique tradition sur le point de s’éteindre.
Ouvrage à posséder par tous les amateurs d’art populaire maritime.
• Prix 20 € (+ 5 € pour frais de transport). L’Ancre de Chine, tél. 02 98 75 08 21.
• Image : une galerie d’art à Calgary sur l’ile de Mull, Ecosse…
Archive pour la catégorie 'Littérature / Bibliographie'
Les Quilles en l’air (tome 2) : une référence
Publié 17 mai 2012 Culture maritime / Patrimoine , Histoire / Ethnologie , Littérature / Bibliographie Laissez un commentaireLes bons moments du combat naval : l’abordage
Publié 10 mai 2012 Histoire / Ethnologie , Littérature / Bibliographie 1 Commentaire
La guerre sur mer n’a jamais été une sorte d’aimable divertissement ; le XIXᵉ siècle n’échappe pas à la règle. Mais la façon de la raconter entraîne parfois à des envolées de langage que même Paul Déroulède, plus tard, n’aurait osé.
Voici comment Jules Lecomte (1) évoque les préparatifs de l’abordage qui n’est autre qu’une glorieuse tuerie d’une sauvagerie inouïe. Ça vaut son pesant de poudre noire…
• “Le commandant du vaisseau ordonne le branle-bas de combat. Les sifflets, les tambours, les clairons confirment l’ordre terrible et le porte dans toutes les parties du vaisseau. Les hamacs dépendus et roulés sont portés et arrangés dans les bastingages. Les fanaux de combat, suspendus et espacés dans les batteries, répandent leur sinistre illumination. Les matelots canonniers rendus à leurs pièces, les disposent et les démarrent. Les boutefeux fument, piqués au fond des bailles de combat. Les objets inutiles et encombrants sont enlevés. Les piques, les sabres, les haches sont disposés avec ordre entre les sabords ; chacun s’emparera de son arme spéciale pour l’abordage. Le sable destiné à boire le sang qui va couler est répandu sur les ponts.
(…)”C’est le moment le plus sublime de ce vaisseau formidable. Tableau imposant où la mort et la victoire semblent lutter de prévisions. Cet aspect s’aggrave du silence terrible de six cents matelots canonniers, debout, immobiles, rangés autour de leur pièce ; au costume de toile moins funeste aux blessures ; la tête et la ceinture serrées d’un mouchoir : l’inaction qui attend excite en eux l’impatience et le malaise qui se mêlent sur leurs traits aux signes du dévouement et du courage : courage pur et français ; qui part du cœur, et non pas ce courage brut, infiltré de rhum et de genièvre. (…) Dans son allocution courte, énergique et imposante (le commandant) ne déprécie pas l’ennemi qu’il va combattre ; mais il dit à ses braves qu’ils valent autant. Les cris de “vive la France, vive le commandant !” lui répondent qu’il est compris, et contiennent la sentence d’un duel à mort.”
• Ben mon colon ! Fraîche et joyeuse… C’est tellement bien dit qu’on a envie d’y être.
Jussac
(1) Célèbre chroniqueur maritime, auteur notamment du “Dictionnaire pittoresque de Marine” (1845).
• Images extraites de “La France maritime” – 1852.
Ceci est tellement vrai…
Publié 8 avril 2012 Culture maritime / Patrimoine , Littérature / Bibliographie 3 Commentaires
Histoire de vous rappeler quelques souvenirs, voici un court extrait du bouquin de Paul Guimard « Le mauvais temps ». Quel plaisancier pourrait dire qu’il n’a jamais connu ça…
(…)Ai-je besoin d’être rassuré ? Sans doute puisque le mot de peur me vient machinalement à l’esprit. D’abord, j’ai peur pour le bateau. Le gréement gémit comme… Il y a un terme employé par je ne sais qui à propos de tout autre chose qu’une mâture, et qui pourtant, conviendrait bien pour exprimer cet effort et cette souffrance, mais je suis trop vaseux pour me souvenir. La piaule a atteint un diapason incroyable, aigu. Voilà, j’y suis : le gréement gémit « comme un cœur qu’on afflige ». Quelque chose va lâcher. J’ai beau me dire que Pierre vérifie chaque manille, chaque hauban, chaque taquet, vérifie tout cent fois, je sais que quelque chose va lâcher parce que aucun assemblage humain ne peut tenir dans une furie pareille. Quelque chose va me lâcher, une bricole, un détail sur lequel s’acharnent des forces inimaginables, qui résiste, qui résistera jusqu’à la limite de rupture avant de consentir comme disent si bellement les marins. A l’instant même, cet accessoire deviendra essentiel, vital parce que chaque pièce d’un gréement est solidaire des autres, que le mât le plus robuste est à la merci de la faiblesse d’une ferrure de bastaque, parce que tout se tient.
Cyrano
• Le mauvais temps – Paul Guimard, Editions Denoel 1976. (Image de C. Février, extraite de « La Voile » , Maurice Duron , Editions de la Martinière 1995).
Une bonne nouvelle. Un ouvrage méconnu de J-P Abraham, Le journal d’hiver réalisé avec le peintre Y. Marion en 1962/63 va bientôt paraître (ou reparaître). L’unique exemplaire de ce livre, à peu près inconnu, est en cours de réédition et doit bientôt se trouver en librairie. Le bouquin, (que personnellement je n’ai jamais lu), est produit par une co-édition entre la ville de Douarnenez et les Editions du Temps qu’il fait. Préparez-vous à vous régaler.
M.D.
Dans quatre jours : Les Escales de Binic
Publié 19 mars 2012 Animation , Culture maritime / Patrimoine , Littérature / Bibliographie Laissez un commentaireNouvelle piqûre de rappel. La commune de Binic (22) organise la troisième édition du festival littéraire Les Escales de Binic, les 23, 24 et 25 mars 2012, c’est-à-dire très bientôt…
Ce festival – pas comme les autres – est itinérant, il se déroulera à travers la ville, depuis l’Estran et tout autour du port, sur un bateau traditionnel, dans les cafés, une galerie d’art et autres lieux insolites.
Il débutera le vendredi par une journée dédiée aux scolaires, (une dizaine de classes des Côtes d’Armor sont attendues).
Rappelons que 40 écrivains présenteront leur travail dans toutes les disciplines littéraires, romans, essais, polars, documentaires, etc. l’invitée d’honneur étant Claudie Gallay. De nombreuses animations complèteront ce joli programme, rencontres, conférences, films, expos, spectacles et autres à découvrir.
En somme, un haut moment culturel, en accord avec le passé terre-neuva de la petite cité maritime. Sympa, non ?
Porthos
Hier soir, je feuilletais « Fort-Cigogne » de J-P. Abraham ; par hasard, je suis tombé sur ces quelques lignes que je trouve lumineuses, tendrement érotiques. (C’est une nuit venteuse, Jean-Pierre vient de relever ses filets ; il rentre sur sa barque).
En me retournant, pour apprécier la distance j’ai aperçu une lumière sur la grève. Elle semblait bien lointaine. Un instant, encore, j’ai pensé à tout remettre à l’eau en catastrophe, mais non, je finissais tout de même par gagner du terrain. Je distinguais maintenant sa silhouette immobile là-bas. Elle avait enfilé un gros ciré par dessus sa chemise de nuit.
J’étais surpris de ne pas progresser plus vite, à l’abri du vent désormais. A dix mètres du bord, j’ai préféré sauter à l’eau pour finir de tirer le canot à la main.
(…) Je suis tombé à genoux sur le sable, hors d’haleine, sanglotant peut-être. Elle est venue lentement s’accroupir près de moi, a ouvert le col de son ciré, sa chemise, a pris mes mains glacées, les a posées sur ses seins.
• Fort-Cigogne – Le temps qu’il fait – 1995.
« Cabotages Magazine » largue en grand…
Publié 9 mai 2011 Littérature / Bibliographie , Littoral , Marine de plaisance , Non classé 1 CommentaireSaluons l’arrivée de Cabotages Magazine, en version papier qui s’ouvre à tous les amoureux de la mer, touristes ou plaisanciers. Il fonde le nouveau concept de nautourisme (tourisme littoral et marin), associant la découverte des hauts lieux maritimes, la pratique plaisancière, la pêche de loisir, les bons tuyaux et les bonnes adresses, etc. Avec un certain souci culturel qui n’est pas fait pour nous déplaire. Son promoteur Christophe Naigeon le dit clairement : c’est le premier magazine nautique qui incite le plaisancier à découvrir de nouvelles escales, proches ou lointaines, l’été ou hors-saison, plutôt qu’à « consommer » du bateau, de l’électronique et de l’accastillage.
Contenu diversifié soutenu par une belle iconographie, assez pétillante.
Bienvenue donc, puisque, comme nous, Cabotages Magazine entend célébrer la mer dans tous ses états
• Cabotages Magazine – Trimestriel – En vente dans les grandes villes du littoral – Prix : 5,9 € ; abonnement 19 €.
Un coup de jeune sur « Le Chasse-Marée »
Publié 4 mai 2011 Culture maritime / Patrimoine , Littérature / Bibliographie Laissez un commentaireLa célèbre publication fait peau neuve. Nouvelle charte graphique, nouvelle mise en page… sans rupture avec son look traditionnel. Un défi bien maîtrisé par l’ami Thierry Le Prince qui réussit là un habile tour de force. Il est, en effet, toujours délicat de rajeunir une publication sans en déformer l’image. Du bon boulot en l’occurrence, sobre, élégant, juste… Nous, on aime bien…
Aramis
Nouvel hommage à l’ami Jean-Pierre
Publié 24 février 2011 Animation , Littérature / Bibliographie , Témoignage Laissez un commentaire2011 sera-t-elle l’année Abraham ? On pourrait le croire… ce ne serait pas pour me déplaire. Du 14 mars au 2 avril l’exposition « un point dans la nuit, Jean-Pierre Abraham » rassemblera choses et textes de l’écrivain à la Maison de la Bretagne, à Paris. C’est un hommage imaginé par Tanguy Dohollau qui sera rendu à l’homme d’Ar-Men. On y espère la présence de ses proches, parents et amis, dont les témoignages nous aideront à entrevoir l’univers secret, parfois mystérieux, que cet homme discret a toujours si bien gardé. Bien entendu, la mer sera au centre du débat. Nous irons…
• Voir aussi l’annonce de la manifestation de Douarnenez en juin prochain.
t_dohollau_exposition_abraham.htm
Portos
Abraham, l’Homme d’Ar-Men
Publié 1 février 2011 Culture maritime / Patrimoine , Littérature / Bibliographie , Témoignage Laissez un commentaire
La médiathèque Georges Perros de Douarnenez (Place de l’Enfer) prépare pour le mois de juin un hommage à Jean-Pierre Abraham. Durant tout le mois, une exposition présentera au public des objets personnels de l’écrivain, carnets de notes, manuscrits, livres rares, photographies…
Deux films où intervient notre ami, seront projetés à l’auditorium le 4 juin à 17h30 ; une séquence des « Coulisses de l’exploit » (1963) – déjà diffusée sur notre site – et « Ar-Men, les gardiens de phare » (1977). La projection sera suivie d’un échange public avec les proches et les copains de Jean-Pierre.
Le 7 juin, à 20h30, toujours à l’auditorium, se déroulera une lecture de « Ar-Men » par Eric Ruf, sociétaire de la Comédie française, accompagné au piano par Vincent Leterme et aux pinceaux par Vonnick Caroff. Que les anciens des Glénans, et pas seulement eux, se donnent le mot.
Une belle réunion en perspective d’où émergeront avec chaleur, l’amitié, l’émotion, le souvenir…
M. D.
• www.mediatheque-douarnenez.fr/





