Je sais bien que la formule est à la mode, le « Grenelle » est l’occasion de tout mettre sur la table comme le dit le ministre Borloo. On peut donc trouver dans celui de la Mer aussi bien des idées de génie que des âneries monumentales. Parmi ces dernières voici celle d’un éminent spécialiste qui, pour éviter la construction de nouveaux ports de plaisance (très vilains dans le décor), préconise de mutualiser les places de ports actuels. L’économie de fonctionnalité où l’usage l’emporterait sur l’objet. Bigre. Les places de port ne seraient plus attribuées à titre privatif mais allouées en temps partagé entre plusieurs usagers. Un peu comme les parkings en zone bleu ; sympa, non ?
Sur le papier tout s’explique, mais dans la réalité des choses, on voit mal comment gérer une telle usine à gaz même avec un bon ordinateur (plannings, facturations, contretemps, contestations, aléas maritimes, etc.) Et surtout, on voit encore plus mal les heureux possesseurs d’une place au ponton, la céder à heure dite, sans pouvoir l’utiliser à leur gré et quand ça leur chante. C’est en opposition totale avec les comportements actuels, qu’on peut regretter, mais qui sont ce qu’ils sont. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, je dis que c’est tout bonnement impossible. Pas sérieux.
Ce n’est pas avec des idées comme ça, qu’on fera avancer le schmilblick-en-eau-salée qui risque simplement de se faire dépasser par les bigorneaux.
Maurice Duron
Source : le colloque Nautisme et développement durable tenu à Lorient le 11 juin dernier.