Archive pour la catégorie 'Environnement'

Comment s’en débarrasser

Entendu à la porte d’une déchetterie de Bretagne sud :
- Tu sais ce qui est arrivé ?
- Ouais,  je sais… Mal mouillé le bateau, sans doute ?
- Sais pas, en tout cas il est allé se fracasser sur les roches de Toul Bihan. Perdu, quoi.
- C’est con.
- Oui c’est con…  Obligé de ramasser les morceaux ; vous prenez ça ici ?
- Non, on prend pas le polyester… trop polluant. Mais il paraît qu’il y a une usine de retraitement dans le nord qui le prend.
- Ah bon, où ça ?
- Sais pas… Gaffe, tout de même, ils vont te faire payer le transport, aller-retour, et puis le démontage, le découpage, le traitement d’élimination, ça se paye au poids. Finalement ça va te coûter dans les…
- Attends, c’est plus cher que le bateau !
- C’est bien possible.
- Qu’est-ce que je peux faire ?
- Ma foi… (un temps)… écoute, t’amène ça un soir, près du tas de bois, derrière les déchets verts, on cramera le tout dans huit jours…
Je n’invente pas un mot.
Au fait, où en est l’opération « Bateaux de plaisance hors d’usage » ?

D’Artagnan

Incroyable ! Payer pour mouiller son ancre…

D’aucuns en parlaient depuis longtemps mais sans vraiment y croire.
- Un jour, tu verras, on nous fera payer simplement pour mouiller notre ancre…
Eh ! bien c’est en train de se faire. Ange Santini président du Conseil exécutif de Corse vient de demander à l’Assemblée de Corse de faire payer les plaisanciers qui mouilleront leur bateau dans les Bouches de Bonifacio et de Scandola du 1er juin au 30 septembre. Et cela la main sur le cœur, pour financer la gestion des réserves naturelles et la création de « brigades bleues » comme le recommande le Grenelle de la Mer. On croit rêver, mais c’est vrai. Tout bateau ne justifiant pas d’un titre de stationnement dans un port de plaisance ou une zone de mouillage organisée en Corse sera taxé d’une redevance de 20 € par mètre à partir du 1er juin 2010 ! Sachez-le…
Notre commentaire : de deux choses l’une, ou bien l’environnement maritime est vraiment menacé par la sur-fréquentation (ce qui est probable) et dans ce cas on interdit tout mouillage ; ou bien on organise le racket et on continue comme avant.  En d’autres mots, on fait payer le droit de saccager les fonds. C’est la « solution » proposée.
Sans préjuger de l’utilisation des sommes collectées (pourquoi riez-vous ?) on peut se demander comment on peut régénérer des espèces animales ou des herbiers avec de l’argent ; passons…
Ange se frotte les mains de sa trouvaille, et défend avec acharnement le principe pollueur-payeur. Ouais… Mais en même temps il ouvre la porte à une pratique détestable qui pourrait être reprise, voire généralisée, par d’autres, sur le Continent cette fois…
Plaisanciers, mes frères, vous voilà prévenus.
Portos

Requiem pour une épave

Epave Locquirec oct 09 0219Regardez cette image, regardez-là bien… La photo a été prise le mois dernier, dans l’embouchure du Douron, à la limite du Finistère et des Côtes d’Armor, plus précisément à Toul an Hery. L’épave est superbe, posée là comme une sculpture abandonnée, témoin d’un autre temps. Eh ! bien vous ne la verrez plus. Le 10 novembre des engins mécaniques sont venus la détruire à la sauvage, la transformant sans vergogne en petit bois… Avec de bonnes raisons, bien entendu. C’est un petit morceau du patrimoine maritime (un de plus) qu’on assassine, à la sauvette. Pas vrai Job ?
- Oui mais maintenant, ça fait prop’
Pauvre Job…
Aramis

Vous avez dit « bateau-poubelle » ?

Cargos en Manche 3 DSCN0299L’expression bateau-poubelle est maintenant  bien imprimée dans les esprits et prononcée ou écrite sans désemparer, aussi bien par les journalistes que par les hommes politiques. Or, c’est une erreur, et je suis heureux de constater que Alain Rey (linguiste et lexicographe bien connu) l’a récemment fait remarquer sur une radio nationale.
Pauvre monsieur Eugène Poubelle qui aura été un bienfaiteur de l’humanité citadine en imposant des réceptacles, théoriquement en bon état, pour recevoir les ordures ménagères ; il doit se retourner dans sa tombe en voyant utiliser son nom pour des navires qui, compte tenu de leur état  de vétusté ou d’entretien, ne devraient plus naviguer. Les navires incriminés ne sont donc pas des « navires-poubelles » mais des « navires pourris » ,  ce qui n’est pas la même chose. Sur notre photo, où est le bateau-poubelle ?
Les seuls  bateaux pouvant à la rigueur être qualifiés de poubelle sont des chalands ou des barges qui, dans les ports, sont chargés de collecter, ordures, déchets ou sables et vases de dragage. Pour l’anecdote, et au risque de nous faire morigéner par les féministes,  signalons que les marins donnent à ces  ces bateaux, en bon état, le nom de « Marie-salope »…
H. B.

Buvons un coup, buvons-en deux …

Voilier de charge CTMV-1C’est un beau projet, éthique, intelligent et respectueux de l’environnement, mais qui a du mal à démarrer. Il s’agit de créer tout une flotte de voiliers qui devraient transporter… devinez quoi ? des vins du sud ouest, Médoc, Graves, Sauternes, etc. Nous qui n’avons rien contre le jus de la treille (mais alors rien du tout), vous pensez bien que ça nous a fait réagir. Voici donc ce que nous avons appris.
L’idée en revient à Frédéric Albert qui a décidé un beau jour qu’il devait faire quelque chose pour la planète aussi bien que pour le vin de Bordeaux. Bonne idée…
Passons sur les détails ; il a donc créé la Compagnie de Transport Maritime à la Voile (CTMV) et a confié au bureau Ship Studio le soin d’en étudier un prototype. C’est lui que vous pouvez voir ci-contre.
La CTMV devrait fonctionner avec une cinquantaine de producteurs ; son capital de 50 millions € est détenu à 70% par des « investisseurs privés » (importateurs irlandais et britanniques). L’un de ses premiers objectifs est d’être agréée par Ecocert-Ecopass comme Première flotte européenne de Marine Marchande à voile ! Ça paraît sérieux. Et de surcroît écolo… Pourquoi pas ?
Mais revenons au voilier ; c’est un ketch de 45 m sur 10, construit en acier coque à bouchains vifs, biquille, portant une voilure classique (bermudienne) de 1 000 m² (!) ; sa capacité d’emport est de 208 tonnes de bons crus. À votre santé ! Continuer la lecture ‘Buvons un coup, buvons-en deux …’

Le plus grand navire jamais construit…

Si l’on en croit le Figaro, la Compagnie Shell envisage de construire un gigantesque bâtiment de 600 000 t. (vous avez bien lu : 600 000 !) de près de 500 m de long ! Deux fois la longueur du Charles-de-Gaulle… Il aura la forme d’un navire mais sera surtout une usine capable, grâce à un procédé inédit, de liquéfier en mer, le gaz naturel prélevé au large de l’Australie. S’affranchissant ainsi d’infrastructures à terre et de gazoducs vulnérables et coûteux. On ne sait si l’on doit s’en réjouir, mais on sait déjà que le budget sera de quelque 5 milliards de dollars. Jusqu’à présent le plus grand pétrolier du monde le Batillus et son sister ship Pierre Guillaumat, mesuraient 414,22 m (cargaison de 677 000 m³).

Vive les vieux pétroliers ?

plaque Erika DSCN1247Allez, une question bête et méchante : je lis dans Le Figaro que Guiseppe Savarese l’armateur du sinistre Erika, a déclaré au procès en cours (en appel et 10 ans après les faits !) qu’il n’est absolument pas vrai qu’un navire de 20 ans d’âge présente plus de risque qu’un bateau de 5 ans. Nous, on a des doutes… Qu’en pensent nos amis marins et officiers de la Marine Marchande ?
A vos claviers …
• Notre photo : panneau placardé dans le Finistère juste après le naufrage ; ah les veinards !

Je suis contre la Loi Littoral !

hotel Dolce Vita Ajaccio oct 09 DSCN0127Baie Ajaccio oct 09 DSCN0132Je vais en étonner plus d’un : je suis contre la Loi Littoral ! Eh oui… C’est pourtant une loi juste, raisonnable, mais je suis contre.
Pourquoi ? Parce que cette loi est aussi une farce. La Puissance Publique a accouché d’un texte mais seulement d’un texte. Des mots, rien que des mots, et peut-être quelques bonnes intentions, mais c’est tout.
Un exemple : concernant les constructions en bord de mer, je serais capable de vous citer dix cas, sur nos deux façades maritimes où les petits arrangements, les tolérances voire les complicités bafouent régulièrement – et au vu de tous -  cette honorable loi. Depuis les villas pieds dans l’eau jusqu’aux paillotes sur la dune, en passant par les plages privées (c’est dit en toutes lettres dans les dépliants touristiques) le cancer ronge nos côtes de Zuydcoote à Bonifacio. Silence dans les rangs, les promoteurs et les petits mafieux sont à l’œuvre. Figurez-vous que des gens osent poser des questions sur le Net pour savoir comment construire en contournant la loi ! En d’autres mots, j’emmerde les gendarmes…
Ça se passe au beau pays de France, là où, par endroits, on voit encore danser la mer le long des golfes clairs…
Alors, quitte à avoir un littoral dévasté – il l’est déjà pas mal -autant que ce soit en l’absence de règlement plutôt qu’au prix du viol répété de la Loi, au nez et à la barbe des autorités qui ferment les yeux pour ne pas assister au crime. Ce serait moins hypocrite.
Aramis
Légendes photos – A gauche : l’article L 160–6 du Code de l’Urbanisme garantit la continuité du cheminement des piétons ou leur libre accès aux plages. A droite : L’article L 321 du Code de l’Environnement stipule que la concession de plage doit réserver le libre usage au public d’un espace d’une largeur significative (!!!)

Les contrebandiers sont toujours à Bonifacio

Avec un patronage prestigieux (Latina Mora, ville de Bonifacio, l’Office du tourisme et la Ligue Corse de voile) ainsi que des intervenants de premier ordre, la Route des contrebandiers menace de faire un tabac…  Un programme de conférences-débats, tous azimuts, des animations variées, (maritimes, écolos, culturelles, citoyennes)  et une régate furibonde dans les Bouches, vont en illustrer la 4e édition, du 24 au 27 septembre.
Le programme est trop copieux pour entrer dans les détails. Sachez simplement qu’il y sera question de biologie subaquatique, de tradition orale et de linguistique corses, de gens de mer, etc., le tout entrecoupé de concerts et d’animations diverses. Un superbe programme auquel il n’est pas impossible que nous assistions.
Aramis

N’en jetez plus, la mer suffoque…

DSCN1689Quand on jette des saloperies à la mer, on se dit que tôt ou tard elles finiront bien par se dégrader. Bien sûr, mais en combien de temps ? Voici quelques chiffres extraits de la brochure « Les poissons alertent les humains ».Edifiants. 
Allumettes (3 à 14 mois) – Bois peints* (13 ans) – Boîtes carton (1 à 5 mois) – Boîtes de boisson (alu) (200 ans) – Boîtes de conserve (50 ans) – Bouteilles plastique (400 à 450 ans) – Briques de lait (1 à 5 mois) – Compresses et tampons hygiéniques (400 à 450 ans) – Cordages en chanvre (3 à 14 mois) – Couches biodégradables (1 à 3 ans) – Couches jetables (400 à 450 ans) – Emballages plastique **(3 à 14 mois) – Fils de pêche et filets (nylon) (600 ans) – Gants de laine (1 à 3 ans) – Journaux (6 semaines) – Mégots de cigarettes (1 à 3 ans) – Papier toilette (2 à 4 semaines) – Photos dégradables (3 à 14 mois) – Piles électriques (200 ans) – Récipients polystyrène (50 ans) – Trognons de pommes (1 à 5 mois) – Le verre, non classé, est quasi éternel …
Commentaire : nous pensions que les piles électriques mettaient bien plus longtemps pour se dégrader.
Athos
* Sans précision sur la nature de la peinture.
** Le type d’emballage n’est pas indiqué.

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