Selon Le Marin d’aujourd’hui, la Commission internationale pour la conservation des thonidés (ICCAT) a réduit de 40 % le tonnage de captures de thon rouge en Atlantique pour 2010. Il passe à 13 500 tonnes. Les pêcheurs considèrent qu’il s’agit d’un nouveau tour de vis, lourd de conséquences, tandis que les organisations écolos pensent au contraire que c’est très insuffisant. Selon elles, seul un moratoire immédiat aurait permis de sauver le thon rouge.
Ainsi les décisions de l’ICCAT se mettent-elles à dos les deux parties qui lui refusent – ensemble – toute crédibilité. A vouloir ménager les uns et les autres on risque de ne faire que des mécontents.
• Notre photo : au débarquement, un vétérinaire prélève des échantillons de thon congelé pour analyses sanitaires.
Athos
Archive pour la catégorie 'Ecologie'
Tous mécontents…
Publié 20 novembre 2009 Ecologie , Législation , Marine Pêche , Non classé Laissez a un commentaireComment s’en débarrasser
Publié 20 novembre 2009 Ecologie , Environnement , Marine Plaisance , Pollution 1 CommentEntendu à la porte d’une déchetterie de Bretagne sud :
- Tu sais ce qui est arrivé ?
- Ouais, je sais… Mal mouillé le bateau, sans doute ?
- Sais pas, en tout cas il est allé se fracasser sur les roches de Toul Bihan. Perdu, quoi.
- C’est con.
- Oui c’est con… Obligé de ramasser les morceaux ; vous prenez ça ici ?
- Non, on prend pas le polyester… trop polluant. Mais il paraît qu’il y a une usine de retraitement dans le nord qui le prend.
- Ah bon, où ça ?
- Sais pas… Gaffe, tout de même, ils vont te faire payer le transport, aller-retour, et puis le démontage, le découpage, le traitement d’élimination, ça se paye au poids. Finalement ça va te coûter dans les…
- Attends, c’est plus cher que le bateau !
- C’est bien possible.
- Qu’est-ce que je peux faire ?
- Ma foi… (un temps)… écoute, t’amène ça un soir, près du tas de bois, derrière les déchets verts, on cramera le tout dans huit jours…
Je n’invente pas un mot.
Au fait, où en est l’opération « Bateaux de plaisance hors d’usage » ?
D’Artagnan
Le premier vrai navire électrique du monde !
Publié 6 novembre 2009 Construction navale , Ecologie , Initiative , Navires Laissez a un commentaire
C’est un scoop. Attention, il ne s’agit pas d’un vague projet comme il en existe tant, mais d’une réalisation bien concrète, comme le montre la photo. Le PlanetSolar (dont nous avons déjà parlé) est en cours d’achèvement au chantier Kniering à Kiel, en Allemagne. Ce sera le premier navire du monde à être propulsé par l’énergie solaire. Pour mémoire rappelons qu’il s’agit d’un trimaran très design dont la coque centrale, (30 m x 15 m) sera recouverte de cellules photovoltaïques ; deux flaps latéraux complémentaires permettront de disposer d’une surface « solaire » de 470 m². L’énergie ainsi captée alimentera deux moteurs de 100 ch, donnant une vitesse de 10 nœuds environ.
En février 2010 le navire devrait effectuer une tournée en Europe, avec peut-être une escale à Paris et en avril 2011 effectuer un tour du monde démonstratif. Pour l’heure une intense campagne de communication est en cours et même si ce n’est pas notre genre, on peut s’en féliciter. On n’en fera jamais trop pour sensibiliser nos sociétés aux énergies de l’avenir. (Voir aussi nos billets du 24 mars 2008 et 27 avril 2009)
• La photo montre l’état, déjà très avancé, du navire qui doit encore recevoir ses flotteurs ; ceux-ci sont prêts, il reste à les assembler.
Cyrano
Pêche plaisance et pêche déplaisante
Publié 21 octobre 2009 Ecologie , Législation , Marine Plaisance , Marine Pêche 1 CommentLa pêche amateur pose deux problèmes. Le premier pratique : c’est un loisir. Son impact sur la ressource globale est effectivement faible. Ce ne sont pas les plaisanciers qui mettent en danger les espèces pélagiques (thon rouge ou requin par exemple), mais leurs prélèvements sur les espèces côtières sont certainement bien supérieurs à 2%. Et puisqu’il s’agit d’un loisir ce n’est pas le volume du tableau de chasse qui compte. Alors ? Si l’on réduit le matériel autorisé (je répète qu’il est trop important) on prendra moins de poisson… mais autant de plaisir. Et, on préservera la biodiversité.
Le second problème est celui des faux plaisanciers, ces pêcheurs semi-professionnels qui passent leurs journées sur l’eau (et pas 15 jours par an !) prélevant sans retenue sur la ressource. Pour leur consommation familiale disent-ils, mais ils doivent avoir une grande, très grande famille… (Je ne parle pas ici de la traditionnelle godaille). En réalité, certains pêcheurs-plaisanciers (pas tous, bien sûr) vendent leur poisson aux restaurateurs et hôteliers locaux, à prix défiant toute concurrence. Je connais plusieurs petits ports où cela se pratique. Ceux-la ne payent aucune taxe, aucun impôt, et ne contribuent en rien au salut de notre économie, tout est « au noir »… Et en prime ils accaparent le travail des pêcheurs pros. Vous trouvez ça normal ?
Aramis (pêcheur occasionnel)
Les passionnés de la mer à Marseille
Publié 16 septembre 2009 Animation , Ecologie , Initiative , Marine Plaisance , Pollution Laissez a un commentaireTrès sympa. Pour leur 10e édition « Les Rencontres des passionnés de la mer » ont choisi pour devise : « Nettoyons la mer ; Clean-up the world ». Elles se dérouleront du 18 au 20 septembre à Marseille, bien entendu. L’initiative est due à Cap Marseille qui propose une animation éco-citoyenne et sportive sous le regard bienveillant de N-D de la Garde. Ça se passera sur le Vieux Port (face à la Mairie) et en mer vers le Frioul, les Calanques, la Corniche et la rade de Marseille. Imaginez le décor…
En particulier, les 10e Régates internationales de Yoles de Bantry, à la voile et l’aviron, à bord de ces magnifiques embarcations qui n’ont pas changé depuis le XVIIIe siècle .
Prévus également Les Greniers de la Mer (puces nautiques), des activités éco-citoyennes et une opération d’écorécupération dans le Vieux Port.
Bref, un moment riche de chaleur humaine et de responsabilités. Nous apprécions.
Athos
La Pêche-Plaisance va dérouiller
Publié 4 septembre 2009 Ecologie , Législation , Marine Plaisance 2 Commentaires On se doutait bien que ça allait arriver, eh bien ça y est, la Pêche de Plaisance est sur la sellette.
L’Europe, d’abord, qui planche sur une réforme globale de la pêche incluant la pêche récréative. L’idée dominante (pour l’instant) pourrait être un droit de pêche soumis à un accord préalable de chaque pays, donc réglementé (il l’est déjà en France) ; mais on parle aussi de quota, gros mot qui fait bondir d’indignation les passionnés de l’hameçon et du filet.
Le Grenelle de la Mer ensuite. Dans l’engagement n° 27 de son Livre bleu il souhaite une évolution de l’idée de « pêche pour la consommation familiale » formulation bien floue, qui mériterait d’être précisée ; en fait, elle ne veut rien dire. Surtout, il insiste sur la nécessité d’une gestion basée sur le nombre et les poids capturés, ce qui est entièrement nouveau et plus contraignant. Bien entendu, les associations de pêcheurs plaisanciers ne l’entendent pas de cette oreille ; elles annoncent déjà leur intention de se battre bec et ongles contre le principe.
Il est clair, pourtant, que l’impact des prises de plaisanciers sur la ressource est loin d’être négligeable. Le matériel de pêche autorisé est trop important : avec un canot immatriculé de 3,50 m vous avez droit Continuer la lecture ‘La Pêche-Plaisance va dérouiller’
François Fillon, grand écolo devant l’Eternel (son sport préféré est la course automobile) a répondu à notre appel lancé en mars 2008 de venir à Saint-Michel-en-Grève mesurer les dégâts des algues vertes* ; on avait invité Borloo, c’est le patron qui est venu… Bon, le sort du petit cheval l’a sûrement ému, car voici qu’il explique aujourd’hui ce qu’on sait depuis longtemps : les algues vertes sont dangereuses pour la santé humaine et animale. Il annonce que l’Etat va prendre en charge le ramassage des algues tueuses, et qu’une commission interministérielle va, dans les 3 mois, faire des propositions de lutte contre le fléau. Alors, devant d’aussi bonnes intentions nous nous permettons de lui rappeler 1/ que le ramassage est une compresse sur une jambe de bois, ça ne sert à rien ; 2/ qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir, c’est-à-dire intervenir en amont ; 3/ que les fameux nitrates proviennent essentiellement des élevages industriels de porcs et de poulets ; 4/ tant que les éleveurs ne produiront pas moins et mieux rien ne sera résolu ; faute de mesures énergiques à ce niveau, ça va continuer*.
A bon entendeur… et avec nos respects monsieur le Premier ministre.
Aramis
*Voir nos billets des 12 mars 2008 et 17 août 2009.
Algues vertes : c’est la mort du petit cheval…
Publié 17 août 2009 Ecologie , Généralité , Littoral 1 CommentCa y est, la polémique est lancée. Du côté de Saint-Efflam (Côtes d’Armor) la mort du petit cheval soulève les passions. Les uns disent que la bête a été victime d’émanations d’hydrogène sulfuré, très toxique, provoquées par la décomposition d’algues dites vertes ; les autres affirment que ces même algues s’accumulent dans les trous vaseux (genre sables mouvants) que leur seule présence indique ; suffit de ne pas y aller. Les thèses s’affrontent dans les conversations de comptoirs, communiqués plus ou moins officiels, analyses vétérinaires, élucubrations de mauvaise foi, voire chausse-trappes politiques…
Nous, on a beau se croire écolos, le sort (regrettable) de l’ongulé ne nous préoccupe que moyennement. La chose primordiale est que les algues maudites prolifèrent partout , y compris, bien entendu, sur cette superbe plage de Saint-Michel-en-Grève. Elles sont invasives, puent abominablement, et sont peut-être dangereuses. Mais pourquoi sont-elles là ? C’est ça le vrai problème, et pas la mort du petit cheval. Eh bien on le sait, tout le monde le sait, ce sont les tenants de l’agriculture intensive qui souillent de nitrate et depuis des decennies (merci la FNSEA !) notre bonne terre de France. Ces déjections polluantes, mal contrôlées (incontrôlées ?) gagnent la mer tôt ou tard où elles font les choux gras de l’algue qui s’en délecte. C’est en amont que ça se passe. Tant qu’on gorgera de lisier nos terres cultivées, ça continuera… Ce n’est pas en ramassant chaque matin le végétal incriminé (au moyen d’engins polluants eux aussi) qu’on règlera la question. Le gouvernement annonce (déjà !) une étude pour vérifier la toxicité des algues. Ca me fait sourire. Si vous avez une seconde, jetez donc un coup d’œil sur notre billet du 12 mars 2008.
Aramis
N’en jetez plus, la mer suffoque…
Publié 3 août 2009 Ecologie , Environnement , Mer , Pollution 1 Comment
Quand on jette des saloperies à la mer, on se dit que tôt ou tard elles finiront bien par se dégrader. Bien sûr, mais en combien de temps ? Voici quelques chiffres extraits de la brochure « Les poissons alertent les humains ».Edifiants.
Allumettes (3 à 14 mois) – Bois peints* (13 ans) – Boîtes carton (1 à 5 mois) – Boîtes de boisson (alu) (200 ans) – Boîtes de conserve (50 ans) – Bouteilles plastique (400 à 450 ans) – Briques de lait (1 à 5 mois) – Compresses et tampons hygiéniques (400 à 450 ans) – Cordages en chanvre (3 à 14 mois) – Couches biodégradables (1 à 3 ans) – Couches jetables (400 à 450 ans) – Emballages plastique **(3 à 14 mois) – Fils de pêche et filets (nylon) (600 ans) – Gants de laine (1 à 3 ans) – Journaux (6 semaines) – Mégots de cigarettes (1 à 3 ans) – Papier toilette (2 à 4 semaines) – Photos dégradables (3 à 14 mois) – Piles électriques (200 ans) – Récipients polystyrène (50 ans) – Trognons de pommes (1 à 5 mois) – Le verre, non classé, est quasi éternel …
Commentaire : nous pensions que les piles électriques mettaient bien plus longtemps pour se dégrader.
Athos
* Sans précision sur la nature de la peinture.
** Le type d’emballage n’est pas indiqué.
Conséquences inattendues du dérèglement climatique
Publié 15 mai 2009 Ecologie , Environnement , Littoral , Législation , Mer Laissez a un commentaire
Il y a peu nous parlions du cas des Maldives qui risquent de disparaître à court terme. Mais l’inéluctable montée des océans nous concerne, nous aussi. Car figurez-vous, la Zone Economique Exclusive (ZEE) française définie par la convention internationale « Droit de la Mer » de 1982 est considérable : plus de 10 millions de km² pour toute la planète. Cela vient des nombreuses îles éparses sous administration française, (notamment la Polynésie) disséminées un peu partout. Beaucoup ne sont qu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Bassas de India, Europa, Juan de Nova par exemple. Or, la ZEE de 200 milles de large est mesurée à partir des laisses de basse mer donc, toute augmentation du niveau de la mer repousserait cette limite et réduirait la portée de l’actuelle ZEE. Quand on sait que la seule Île de la Passion (territoire français appelé aussi Îlot Clipperton) de 2 km² dans le Pacifique est entouré d’une ZEE de 435 000 km² ( !) on peut s’interroger sur la perte de territoire consécutive à la montée des océans. Et rien ne dit en effet, que cet ilot ne va pas partiellement disparaître… Un expert, Yann Rambuteau du Réseau Allegans, s’est penché sur la question et a conclu à une réduction considérable des zones sous souveraineté française… et en même temps des ressources marines et sous-marines qui leurs sont associées.