

Petites questions perfides : où, ont bien pu être prises ces photos un peu énigmatiques ? En quoi ont-elles un caractère maritime ? Quelle est la signification de ces drôles d’étoiles de mer ?
Pas fastoche…
Réponse : à Plymouth, en Grande-Bretagne. Ces étoiles en cuivre (ou en laiton) sont posées le long d’un mur proche de Milbay Docks. Elles rappellent aux passants le nom des stars du jazz et du spectacle ayant débarqué dans le grand port. Sous chaque nom, celui du paquebot qui les a transportées. La taille de l’étoile semble proportionnelle à la célébrité de l’intéressé ; la plus grande est, je crois, celle de Charlie Chaplin venu à bord du Mauretania en 1931. C’est un peu naïf mais bien sympa tout de même.
Archive pour la catégorie 'Divertissement'
Ces stars, venues par la mer…
Publié 10 novembre 2009 Divertissement , Généralité Laissez a un commentaireL’histoire dingue d’un skipper un peu fou…
Publié 2 novembre 2009 Construction navale , Curiosité , Divertissement , Marine Plaisance 1 Comment
De Pidgeon à Rebell la littérature maritime nous a familiarisés avec ces originaux qui courent la mer sur des engins fragiles. Eh bien ! en voici un nouveau - et non des moindres – qui mérite toute sa place au panthéon des joyeux fous navigants. Je parle ici de Eugeny Gvozdev natif du Daghestan ; on connaît peu son histoire. Et pourtant… Il a construit son voilier – faut le faire – dans son appartement ! Oh, un petit bateau de 3,70 m de long sur 1,40 de large, ni plus ni moins. En fait il l’a fabriqué sur son balcon (2e étage), ou plutôt à l’extérieur de son balcon tenu par un système de cordages… Il est ingénieur mécanicien et a décidé d’aller sur la mer jolie…
Avant de partir, en mai 1999, il s’explique : je n’ai pas un grand bateau. A grand bateau grands problèmes. Peu d’eau et peu de nourriture, pas d’électricité, de radio ou de GPS, pas de moteur non plus. Pas de femme, pas de sexe… Mais pas de problème.
A 66 ans, il appareille du port de Makhachkala sur la Caspienne et gagne on ne sait comment la mer Noire. Il emporte 250 litres d’eau et 3 mois de vivres, c’est tout. Mais il embarque bien d’autres choses. Le voilier est tellement chargé de pièces de rechange et d’outillage qu’Eugeny ne peut dormir que les jambes dehors dans le minuscule cockpit. J’en vois qui sourient : il n’ira pas bien loin…
Eh bien si figurez-vous ! Le gaillard fait tout simplement Continuer la lecture ‘L’histoire dingue d’un skipper un peu fou…’
Peut-être aimerez-vous « Quai des sirènes »…
Publié 16 septembre 2009 Bibliographie , Divertissement , Images , Littérature , Marine Plaisance , Marine Pêche , Marine de Guerre , Marine marchande Laissez a un commentaire
Avec mon ami Christophe Verdier nous avons construit ce bouquin dont le sujet central sent la marée, les épices et le gasoil ; bien entendu, il parle de bateaux, d’escales et de rencontres interlopes. Cent vingt aquarelles de Christophe sur lesquelles j’ai plaqué une vingtaine de pochades, un peu désinvoltes. Il semble que le résultat sonne plutôt juste, l’osmose textes-images fonctionnant naturellement comme l’amitié des deux auteurs. Bref, Quai des sirènes est globalement conforme à notre projet…
Si, comme nous, vous aimez les ambiances portuaires, les escapades océaniques, et les belles images de mer, ça pourrait vous plaire. Il y a de tout, du cap Nord aux Kerguelen, de Recouvrance à Hong Kong avec, en permanence, une certaine émotion du regard et du commentaire. Un patchwork de rouille, d’écume, de glaces et de crépuscules ; une fresque d’engins industrieux, de ferrailles contorsionnées, de cuves et de silos ; des instantanés de la vie maritime, en mer ou au port. Et tant d’autres choses…
Précision. Pas question ici, de faire de la retape pour notre bouquin mais simplement d’en signaler la sortie aux amis d’Escales Maritimes, qui pourraient en apprécier l’esprit et la couleur…C’est tout. (Et c’est bien comme ça !)
Mais quoi ? Un dernier coup d’œil sur l’eau salée, en douce, après les vacances, ça ne peut faire de mal à personne…
Maurice Duron
• Quai des sirènes – Christophe Verdier et Maurice Duron – Marines Editions – Septembre 2009 – 29 €.
Rien n’arrêtera donc les bateaux pirates ? En voici un, peu discret et plutôt aimable, photographié au printemps dernier dans le Golfe du Morbihan. Il ne semble pas bien méchant mais ses peintures de guerre annoncent clairement la couleur : ses concurrents n’ont qu’à bien se tenir…. C’est une sorte de trimaran râblé, dont les flotteurs en lame de rasoir, lui donnant l’allure d’un gros insecte aquatique.On n’en sait pas plus, son nom lui-même (merci Jules Verne !) étant énigmatique : en grec, Nemo veut dire « personne ». Mais que fait la police ?
Entre nous, savez-vous prendre une bonne bitture ?
Publié 3 août 2009 Divertissement , Langage 3 CommentairesPetites subtilités de langage autour d’un mot bien innocent… Quand un bâtiment prend ses bittures c’est qu’il se prépare à mouiller son ancre. Pour cela, les matelots disposent la chaîne sur le pont, d’un bord à l’autre, en « S » successifs, pour que la ligne de mouillage file sans à-coup. La bitture est dite parée, puis, engagée, et enfin prise. Hum… Evidemment, le mot porte à sourire car dans le langage populaire (et non marin) prendre une biture (un seul T) évoque tout autre chose qu’une manœuvre conventionnelle. Pourtant, quelques esprits pervers (dont nous) se demandent s’il existe un lien quelconque entre les deux expressions. Pour Alain Rey, dans le Petit Robert, biture pourrait être une altération de boiture qui s’entend comme boisson, ou débauche de boisson. C’est un indice. D’autres disent que la disposition de la chaîne en zigzag fait penser à la démarche d’un pochard roulant bord sur bord comme s’il installait une bitture imaginaire. C’est un autre indice. Enfin, le très sérieux Dictionnaire de la Marine à voile de Bonnefoux et Paris décrit la manœuvre et ajoute, avec une délicate circonvolution de langage, « bitture est encore un terme d’argot maritime par lequel on entend une dose de liqueur ou boisson spiritueuse prise avec abondance. » (En bon français : prendre une cuite). Troisième indice, qui semble établir un lien argotico-maritime entre les définitions, même si leur orthographe diffère un peu et que, sémantiquement, leur point de rencontre est difficile à fixer. CQFD.
Le torpilleur fantôme de Pertusato
Publié 24 juillet 2009 Divertissement , Environnement Laissez a un commentaire
Nos amis Corses nous ont adressé un ouvrage dédié à Bonifacio et ses alentours. Il s’appelle Libertas, de la devise de la ville. Un excellent boulot, tout en élégance, (en photos), ou de nombreux regards se croisent sur la Ville-merveille de Corse du Sud. Saluons ses promoteurs Frédéric Verrons et Alex Rolet, ainsi que les photographes. Parmi les clichés (tous de qualité) j’ai retenu celui-ci, pour le mystère qu’il contient. C’est la pointe Saint-Antoine devant le Cap Pertusato ; elle évoque je ne sais quel torpilleur maudit, condamné à rester immobile, jusqu’à ce qu’il perde ses oripeaux, emportés par le sel et l’embrun. Il y a du pathétique dans cette image et sans doute un peu d’effroi, lorsqu’on l’entrevoit au crépuscule. L’angle de prise de vue y est sûrement pour quelque chose, mais justement, c’est l’art du photographe. En tout cas, une étrange et bien belle image que tout amateur de Mer appréciera.
Aramis
L’escorteur perd son tréma… et change de nom (!)
Publié 24 juillet 2009 Divertissement Laissez a un commentaireAllez, c’est l’été, on peut bien rire un peu… Dans son livre pathétique « Le lièvre de Patagonie » Claude Lanzmann parle de l’intervention de marins français lors du tragique tremblement de terre d’Agadir. Certes, ce n’est pas drôle, mais ça le devient à cause d’un correcteur négligent – ou facétieux – qui a oublié un tréma sur le nom d’un bâtiment de la Royale. Ainsi, à la page 370 on constate que l’escorteur La Baïse (du nom d’un affluent de la Garonne) est devenu tout simplement… La Baise ! Ce qui n’est pas exactement la même chose.
Voici la reproduction de la “une“ du grand quotidien que vous connaissez tous, daté du 15 avril 2009. En bas à gauche du cliché, vous ne pourrez peut-être pas lire la légende. Dommage, elle dit ceci : deux membres de l’équipage du Jean de Vienne, protègent un paquebot au large des côtes somaliennes. Drôle de paquebot en l’occurrence qui est à l’évidence un vraquier quelconque et certainement pas un transport de passagers. Certes, on ne peut pas tout savoir mais tout de même, un grand quotidien national… Un simple coup de fil à Armateurs de France aurait tout arrangé.
Allez, pas grave, il y a longtemps que le ridicule ne tue plus. Nous prenons ici la liberté de sourire (et non de blâmer) puisque c’est ce qui donne du prix à l’éloge flatteur. N’est-ce pas ?
On a (vraiment) bien aimé « Ponyo sur la falaise »
Publié 30 avril 2009 Bibliographie , Divertissement , Images Laissez a un commentaireJe ne suis pas critique cinématographique, mais je vais vous parler d’un film… Et pas de n’importe quel film, un film de mer, un grand film d’animation, un volcan esthétique, riche et épuré à la fois. Il vous emportera sans vous laisser le temps de souffler. C’est un conte fantastique, dont l’argument est irracontable, trop compliqué, mais dont les images de mer sont une splendeur. L’inventivité, la connaissance maritime, la tendresse, la vision onirique de Miyasaki sont proprement époustouflantes ; le rêve vous transporte dès la première image, il ne vous lâche qu’à la dernière, en vous laissant la tête dans les étoiles… Entre temps vous avez dégusté des trouvailles, des rythmes et des couleurs comme vous n’en avez jamais vu. Bateaux, tsunami, plages et profondeurs, tout y passe, même des animaux préhistoriques… Un pur chef-d’œuvre, à mon avis. Miyasaki a dû naviguer jadis ou tout au moins fréquenter de près l’eau salée ; tout est juste, précis, mais interprété (sans effets spéciaux) avec une maîtrise renversante. Allez le voir (pub intentionnelle), il n’est jamais niais ou grossier mais n’y menez pas vos petits enfants, car il est parfois impressionnant. La promotion dit « pour enfants à partir de six ans », attendez plutôt dix ans, c’est mieux…
La grande majorité des critiques est enthousiaste, seuls quelques-uns font la fine bouche. Sacrés terriens ! Évidemment, ils n’ont rien compris à la mer…
Aramis
• Réalisateur : Hayao Miyazaki , producteur : Toshio Suzuki. Durée 1h55. Actuellement en salles.
Zen, la plaisance…
Publié 11 mars 2009 Curiosité , Divertissement , Images , Marine Plaisance Laissez a un commentaire
Voici une petite curiosité extraite de l’Encyclopédie des Bateaux ; c’est la reproduction d’une toile, d’après nature, présentée au Salon de Paris de 1872. (Auteur inconnu).
L’image vaut qu’on s’y arrête. Il s’agit (probablement) d’une princesse orientale, d’un raffinement exquis comme il se doit, profitant à sa façon des joies de la Plaisance.
Confortablement installée sur l’avant de son embarcation, entourée de domestiques attentives, elle conduit son attelage de nageurs cravatés, vers je ne sais quelle pagode silencieuse. C’est peut-être l’épouse d’un seigneur de la guerre, à moins que ce ne soit une courtisane voguant vers un lointain bateau de fleurs, terré dans les bambous…
Le bateau est une sorte de catamaran, dont chaque flotteur porte une figure de proue éléphantesque ; sur sa plate-forme, trône la Dame qui s’évente gracieusement tandis qu’une suivante la protège du soleil. Les proues sont préservées des souillures du port par une sorte de grillage, souillures que ne peuvent éviter les sept nageurs à fleur d’eau. (Après tout, ils sont payés pour ça !). Sur l’arrière du « yacht », on distingue une mystérieuse queue de poisson et, en rêvant un peu, on peut croire que deux servantes s’activent à la cérémonie du thé…
Tout n’est que luxe, calme et raffinement. Zen, quoi.
Portos (en toute liberté)