Archive pour la catégorie 'Curiosité'

La nef de table de monsieur Ferdinand

L’été dernier, nous avons publié un billet sur les nefs de table que les nobles et riches bourgeois plaçaient devant eux au moment des repas. Ils y enfermaient jadis leurs propres couverts, de peur d’être empoisonnés. Elles fermaient à clé comme des coffres-forts. Depuis les choses ont évolué, et l’assassinat par poison n’est plus guère d’actualité. Mais la tradition de la nef a perduré à travers les temps en devenant purement décorative. Témoin cette nef offerte par l’impératrice Eugénie à Ferdinand de Lesseps à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez le 17 novembre 1869. Le bateau a perdu son gréement mais s’est enrichi de symboles glorieux. Le motif, un peu pompier, célèbre la gloire du grand ingénieur avant ses déboires dans l’affaire du canal de Panama. Le percement du canal de Suez fut un événement considérable qui allait modifier profondément le commerce par voie de mer. D’où la nef
• Image -  La nef de table de ce vieux Ferdinand ; un peu surchargée, tout de même… (Photo F. Viader)  

Le vrai-faux Titanic de monsieur Palmer

Je ne sais si vous l’avez lu dans les grands quotidiens d’hier, mais tous annoncent un projet stupéfiant : reconstruire une réplique exacte du Titanic ! Même silhouette et mêmes dimensions. Enfin, pas tout à fait exacte car il faudra répondre aux normes techniques et règlements actuels qui sont tout de même fort différents de ceux de 1912. Concept de carène, motorisation, équipement et règles de sécurité, aides à la navigation, niveau de confort, chaîne de restauration, etc. la liste est longue… Ce ne sera, semble-t-il qu’une copie d’apparence conforme, sans plus. Nuance…
Ce vrai-faux Titanic sera construit en Chine (évidemment !) et si tout va bien, il pourrait prendre la mer dans quatre ans.
• Alors, on peut croire à un coup de pub sans lendemain, (cela s’est déjà vu) mais Clive Palmer, l’auteur du projet, a les moyens de ses ambitions. Sa fortune, assez rondouillarde, tournerait autour des 5 milliards de dollars. Cerise sur le gâteau, son idée serait de faire une traversée inaugurale de Southampton à New York en 2016 comme le vrai Titanic, pour affirmer encore la similitude des deux paquebots.
Et pourquoi pas un appareillage le 10 avril (1) comme en 1912 ?
On en reparlera.
Athos
(1) Date de départ du vrai Titanic, qui devait sombrer dans la nuit du 14 au 15.

Le second Titanic n’était pas un canular

Alors là, on n’en revient pas ! Renseignement pris, le Titanic breton aurait bel et bien existé et l’info du 15 avril serait authentique… Avouez qu’on avait de quoi douter, mais il faut reconnaître que ce n’était pas un canular. Etrange, mais c’est comme ça. N’empêche que le Conseil général du Finistère est hors de cause. Annie avait raison. De leur côté, Athos et Porthos ont droit l’un à un carton jaune, l’autre rouge.
Y en a qui voient le mal partout… 

1921, le Titanic se perd dans les eaux bretonnes…

Si l’on en croit une info relatée par le très sérieux archives-finistère.fr – et si ce n’est pas un Poisson d’avril – le Titanic aurait bel et bien navigué dans les eaux bretonnes avant de disparaître tragiquement…
Seulement voilà, ce n’est pas le même Titanic.
• Citation : «  Celui-ci (le Titanic) est mis à l’eau treize jours exactement après le naufrage du paquebot éponyme. C’est un sloop en bois à cul carré construit par Jean Le Got, charpentier de marine à Plouguerneau, pour le compte d’Ambroise Magueur, marin-pêcheur. Son dossier de francisation, qui nous est parvenu, révèle notamment qu’il s’agit d’une petite unité d’environ 3 tonneaux, mesurant 6,30 mètres de long pour 2,45 mètres de large et 1 mètre de creux.
Armé à la pêche, il sillonnera les houles de la mer d’Iroise durant neuf années et se perdra dans la nuit du 25 au 26 avril 1921 près de l’île Bannec, dans l’archipel de Molène, causant la mort de Jean-Marie Magueur, inscrit maritime au Conquet, et âgé de vingt-neuf ans.» (Fin de citation)
• Athos, toujours prudent dit que l’image du Titanic ressemble plus à un goémonier qu’à un canot de pêche. Aramis, sceptique, hausse un sourcil. Porthos penche franchement pour un Poisson d’avril.
Une galéjade ? Est-ce possible dans une publication du Conseil général du Finistère ? Le débat est ouvert…
• En tout cas merci à Annie qui nous a déniché cette info.

La marée, comme un cheval fou…

Curieux sauvetage, révélé par Ouest-France. Un groupe de scolaires (16 enfants et 7 adultes) effectuant une promenade s’est trouvé isolé par la marée (1) sur la plage de Gouville-sur-mer (50). Les jeunes promeneurs se trouvaient à bord de deux calèches tirées par des chevaux !  Immobilisés sur l’estran, entourés d’eau, leur situation se révèlait bientôt critique.
La SNSM de Gouville a alerté le CROSS (Centre Régional opérationnel et de Sauvetage) de Jobourg qui a déclenché une opération de sauvetage inédite : envoyer des bateaux porter secours à des voitures à cheval…
Tout s’est bien terminé ; l’une des calèches a regagné la terre par ses propres moyens, l’autre fut remorquée par un bateau sauveteur… (imaginez la scène). Les enfants et leurs accompagnateurs n’ont subi aucun dommage sinon une certaine frayeur.
La gendarmerie s’interroge tout de même sur l’origine de l’affaire. A juste titre, les choses auraient pu tourner tout autrement.
(1) Marées 84/87.

Petit plaidoyer pour relancer les quilles en l’air

Ce n’est pas une mode, c’est un renouveau. Jadis, le pêcheur en fin de carrière avait peu de choix pour offrir une sépulture au bateau de sa vie. Soit il l’abandonnait par un triste jour dans une vasière, soit il le calcinait sur une grève à l’écart du port. (Je passe sous silence les « océanisations » sauvages). Cela n’allait pas toujours assez vite au gré des autorités locales qui voyaient d’un mauvais œil s’étendre les cimetières à bateaux ou déploraient les restes carbonisés des carcasses pathétiques. Le touriste n’aimait pas ça et les promoteurs encore moins. Plus récemment, on a vu pire : la casse à la pelleteuse de ces vieilleries inutiles, réduites en quelques heures en buchettes recyclables. Il faut dire que derrière cette pratique violente, il y avait la fameuse prime dont il y aurait beaucoup à dire. C’est une autre histoire…
• Et puis, au milieu de ce gâchis patrimonial, quelques rares sentimentaux transformaient leur outil de travail en un frais cabanon où, entre vieux potes,  il faisait bon boire un coup. Ils refaisaient à l’âge de la retraite  la cabane de leur enfance, bouclant ainsi le cycle de leur existence. Ils étaient peu nombreux, critiqués à la fois par les productivistes et les (respectables) nostalgiques pour qui le bateau devait se décomposer tout seul, paisiblement, avant de disparaître définitivement. Les choses s’arrêtaient là.
Puis, comme pour les grands voiliers, dont on s’aperçut trop tard qu’ils pouvaient être autre chose qu’une cible pour la marine, quelques francs- tireurs ont relancé l’idée qu’une deuxième vie était possible. Ils ont raflé quelques carènes encore valides pour en faire des sortes de gloriettes maritimes fleurant bon le « black » et le goudron de Norvège. Le premier, je crois, fut Bernard Lagny à Locquéran, puis Yves Dussin qui s’installa devant l’Ile aux Vaches, Christophe Verdier à Plestin ; chacun à leur façon, ils ont transformé leur épave en monument. D’autres vont venir, dans des versions parfois inattendue ; un restaurant a transformé une barque en un abri – côtier comme il se doit – où le chaland peut consulter le menu bien au sec, Georges Cornou, en recouvre sa réserve de bois, Jean-Noel Duchemin a déjà le bateau, et je ne serais pas étonné que Jean-Louis Dauga, nous fasse la surprise un de ces jours…
Ces quelques exemples pour montrer que tout n’est pas joué. Les quilles en l’air peuvent encore avoir de beaux jours devant elles, pour peu qu’on comprenne leur valeur patrimoniale et qu’on soit prêt à retrousser ses manches…
 • Images – De gauche à droite : 1/ L’arrivée d’un “gros ventre” qui sera bientôt habité. 2/ Discret, caché par la futaie, on dirait une maison de poupée. 3/ Ce qu’on ne voit pas, c’est la mer, à deux pas, et l’étrave pointée vers l’Amérique. 4/ Le bateau d’un perfectionniste : tout est nickel… 5/ Qui prétendrait que ceux-là ne vivent pas un instant heureux ? 6/ Sur le quai, à l’abri, on peut choisir entre les langoustines et un filet de barbue à l’oseille… (Photos Escales Maritimes.)
M. D.

Un bateau fou… contre le chômage

Avertissement. Cette vidéo est de la pub (1), elle vante la marchandise. Ce n’est pas notre genre. Mais l’engin, pardon, le bateau, est tellement extravagant (et peut-être très innovant) qu’on ne peut pas l’ignorer.
• Attachez vos ceintures, et découvrez Eoseas le voilier fou que STX Europe (ancien Chantiers de l’Atlantique) a dans ses cartons. Un « produit » français (cocorico !) bien dans l’air du temps. Il vous donnera peut-être envie de faire de la voile… ou d’éclater de rire. En tout cas le projet semble sérieux.
• Alors, même si les grandes bétaillères flottantes, ne sont pas notre tasse de thé, on se dit que si cela procure du travail aux ouvriers de Saint-Nazaire, pourquoi pas ? C’est tout ce qui nous intéresse dans cette affaire.
Pour le reste, nous verrons bien.
• Bientôt d’autres précisions si vous le souhaitez.
Aramis
(1) Qui ne rapporte pas un centime à Escales, bien entendu.

Dominique et Catherine sont dans un bateau…

« À se faire payer » ! C’est l’ordre donné à l’équipage de venir toucher sa solde quand le bâtiment n’est pas en mer (fin XIXᵉ, début XXᵉ). Les fonds destinés à cet usage sont pieusement déposés par le commissaire dans une malle spéciale, renforcée de ferrures et soigneusement cadenassée ; elle est placée sous le contrôle direct du commandant. Inexplicablement, raconte l’érudit maritime Armand Hayet,  la précieuse caisse porte le surnom de Dominique, pas « la » Dominique mais Dominique tout court. Pourquoi ? Personne ne l’a jamais su. Mais tous les marins de l’Etat, et pas seulement eux, en connaissent le sens, le contenant et le contenu. D’ailleurs, par un transfert assez courant, la solde elle-même est devenue  Dominique. Si bien que sur certains bâtiments l’ordre « À se faire payer ! » est tout simplement remplacé par « Dominique ! ». Tout le monde comprend.
• Du temps que je fréquentais le Centre nautique des Glénans, l’argent du bord était confié à un(e) équipier(e) et tenu dans une bourse à part appelée mystérieusement « Catherine ». Origine inconnue ; peut-être une tradition…
• Extrait de « Des mots de voile et de vent »  commis par votre serviteur, Autrement Editeur,  2003.
M. D.

Surtout pas de vagues (suite)

Notre dernier clin d’œil sur les vagues et les lames a suscité plusieurs réactions, certaines plaisantes, d’autres plus sérieuses (voir les commentaires de ce billet). Sans douter un seul instant de l’autorité du travail du baron Pierre-Marie-Joseph de Bonnefoux (prodigieux érudit de la chose maritime), nous avons consulté le Dictionnaire de la Marine du vice amiral Jean-Baptiste Willaumez qui introduit une petite différence dans la définition. Pour lui, vagues et lames sont synonymes et s’appliquent, aussi bien, aux eaux douces que salées. Mais il précise que seul le mot  lame est  réservé à la mer, et encore,  lorsqu’elle est agitée. Il y a donc des vagues et des lames sur la mer, mais jamais de lames sur les rivières, CQFD. Définition subtile montrant combien les marins de la voile avaient le sens de la nuance, comme celui de la précision. Mais ça, on le savait déjà…

Le beau langage maritime: surtout pas de vague !

Je vais vous en apprendre une belle : il n’y a pas de vague sur la mer ! Si, si… Du moins pour des érudits comme Bonnefoux et Paris dont le fameux Dictionnaire de Marine à voile fait autorité.
Si vous regardez au mot « vague » vous trouvez cette définition plutôt méprisante : Les marins disent lames au lieu de vagues ou de flots. Vlan ! Onze mots, même pas une ligne… Par contre, si vous allez à « lames », vous en avez quarante lignes. Quasiment une page entière.
Franchement, autant je me vois bien parler de lames puissantes ou tempêtueuses, autant je me vois mal traiter de petites lames de 80 centimètres…
Alors, lame ou vague  ? Un débat houleux…
Athos

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