
De Pidgeon à Rebell la littérature maritime nous a familiarisés avec ces originaux qui courent la mer sur des engins fragiles. Eh bien ! en voici un nouveau - et non des moindres – qui mérite toute sa place au panthéon des joyeux fous navigants. Je parle ici de Eugeny Gvozdev natif du Daghestan ; on connaît peu son histoire. Et pourtant… Il a construit son voilier – faut le faire – dans son appartement ! Oh, un petit bateau de 3,70 m de long sur 1,40 de large, ni plus ni moins. En fait il l’a fabriqué sur son balcon (2e étage), ou plutôt à l’extérieur de son balcon tenu par un système de cordages… Il est ingénieur mécanicien et a décidé d’aller sur la mer jolie…
Avant de partir, en mai 1999, il s’explique : je n’ai pas un grand bateau. A grand bateau grands problèmes. Peu d’eau et peu de nourriture, pas d’électricité, de radio ou de GPS, pas de moteur non plus. Pas de femme, pas de sexe… Mais pas de problème.
A 66 ans, il appareille du port de Makhachkala sur la Caspienne et gagne on ne sait comment la mer Noire. Il emporte 250 litres d’eau et 3 mois de vivres, c’est tout. Mais il embarque bien d’autres choses. Le voilier est tellement chargé de pièces de rechange et d’outillage qu’Eugeny ne peut dormir que les jambes dehors dans le minuscule cockpit. J’en vois qui sourient : il n’ira pas bien loin…
Eh bien si figurez-vous ! Le gaillard fait tout simplement Continuer la lecture ‘L’histoire dingue d’un skipper un peu fou…’
Archive pour la catégorie 'Curiosité'
L’histoire dingue d’un skipper un peu fou…
Publié 2 novembre 2009 Construction navale , Curiosité , Divertissement , Marine Plaisance 1 CommentIls ont des bateaux ronds… (air connu)
Publié 14 octobre 2009 Construction navale , Curiosité , Marine de Guerre Laissez a un commentaire
L’idée est anglaise mais sa réalisation russe… Au XIXe siècle un certain John Elder de Glasgow émet l’idée de faire des navires de guerre circulaires, très bas sur l’eau, quasi invisibles mais fortement armés. L’Amirauté britannique ne s’y intéresse guère, mais le vice-amiral Popov (russe, bien entendu) lui, est séduit. Le Congrès de Paris (1856) interdit à la marine russe de construire des navires de guerre d’un tirant d’eau supérieur à 4 m. Or, la formule permet de rester en deçà de cette profondeur.
Deux unités seront construites. La première à Saint-Pétersbourg en 1873, baptisée Novgorod ; 31 m de diamètre, 2706 t, 6 machines à vapeur horizontales donnant 2000 ch., propulsée à 6,5 nœuds par six hélices. Armement deux pièces de 280. Elle devait être envoyée en pièces détachées Continuer la lecture ‘Ils ont des bateaux ronds… (air connu)’
Les « méduses à voile » plus dangereuses que les requins ?
Publié 8 octobre 2009 Curiosité , Mer , Nature , Sécurité 2 CommentairesUn fidèle d’Escales Maritimes, René de Cayeux, visiblement marin d’expérience, nous transmet cette contribution à propos des « Méduses qui mettent les voiles » (voir billet du 4 octobre). Pertinente et utile, nous la reproduisons dans son entier, en remerciant chaleureusement son auteur.
Cela m’a tout l’air d’être de la famille des Argonautes.
Celles que nous côtoyions par milliers dans les mers chaudes étaient plus grosses : 25 cm de long en moyenne.
Elles dérivaient par leur prise au vent, nous les appelions des pines à la voile, pourquoi ?
Les anciens qui avaient fait la guerre et subi des torpillages nous disaient qu’elles étaient plus dangereuses que les requins.
Des filaments sinusoïdaux fins de parfois plusieurs mètres peuvent pendre sous elles, chaque courbe au contact d’un poisson ou d’un homme… pénètre dans la peau et un toxique… donne de la fièvre. Pour la méduse c’est sa façon de capturer pour se nourrir, sans doute les trop grosses pièces ne sont pas retenues ! mais ces filaments doivent se recréer en continu.
J’ai subi cela au Cap Manuel à Dakar, il faut sortir de l’eau vite, impossible d’ôter les centaines d’inclusions, seul moyen se badigeonner de vinaigre et à défaut d’urine, ce qui fut mon cas.
Dans les postes de secours de nos plages maintenant les sauveteurs disposent de vinaigre blanc contre tout type de méduses. Avec le réchauffement climatique …
Incroyable ! Une méduse qui met les voiles…
Publié 4 octobre 2009 Curiosité , Mer , Nature 1 Comment
Notre ami Loïc Dauga nous adresse cette contribution remarquable et inattendue. Lisez-là ! vous y apprendrez des choses surprenantes…
Il y a bien des années, sur une plage du Finistère, je découvrais cet animal étrange, échoué ici avec de nombreux semblables. 3 ou 4 cm de cartilage bleuté, dont tout l’intérêt réside dans sa forme : un flotteur, et… une voile !
Difficile de trouver des informations sur cette «bête».
Un récent déclic me remettant en tête cette découverte, je décide de récolter des informations et d’étudier un peu l’animal. Moteur de recherche Web, mots-clés «animal à voile», «animal naviguant», «poisson à voile», «méduse à voile», «voilier animal», etc. Rien. Aucun résultat. Ai-je imaginé ce spécimen ? N’intéresse-t-il personne ? Ou bien ne mérite-t-il qu’un nom scientifique ? Résolu à redécouvrir cet animal, je me lance dans le domaine des classifications des espèces marines, dont je ne connais pas beaucoup plus que les mollusques. En vrac, Bilatériens, Protostomiens, Eumétazoaires, Acœles, de merveilleux noms mais difficiles à exploiter ! Alors par un cheminement labyrinthique d’une bonne heure, éliminant les bivalves, les vers divers, autres espèces fascinantes, je tombe sur les cnidaires (du grec, ortie): coraux, anémones, méduses… Et parmi les sous-branches, «les Siphonophores, formes de colonies libres et flottantes», dont la vélelle. Ah ! Un nom qui en dit long ! Vélelle : du latin velella, dérivé de velum, la voile.
Une fois le nom velella connu, pas mal d’information sur le Web.
Parfois appelée la vélette, la vélelle ressemble à une méduse flottante. En réalité, et ce qui est fascinant, c’est qu’elle est composée par une colonie d’organismes (cnidaires hydraires), comme les coraux, habitant un support cartilagineux. Plus fascinant encore, Continuer la lecture ‘Incroyable ! Une méduse qui met les voiles…’
Coup de cœur : la jangada brésilienne
Publié 23 septembre 2009 Construction navale , Curiosité , Marine Plaisance , Marine Pêche , Navires 1 Comment
Voici le voilier le plus rustique et le plus attachant que l’on puisse imaginer. La Jangada est originaire du Nordeste du Brésil et fut durant des siècles l’embarcation à tout faire de cette région particulièrement pauvre ; il en existe de très nombreuses variantes de 3 à 8 m environ. (Jules Verne en imagine une, beaucoup plus grande, dans un roman justement intitulé « La jangada » ; c’est une autre histoire…)
L’embarcation est minimale, issue du radeau, que chaque pêcheur pouvait fabriquer sans autre outil que sa machette. Dans sa version primitive l’embarcation consiste en un assemblage de trois ou quatre troncs de balsa, liés et chevillés sans aucune pièce métallique ; le mât, long et souple, (son emplanture est un simple trou) porte une voile bermudienne (triangulaire) tenue sur un long gui que l’on pourrait appeler wishbone à une seule branche. Cette voile était surnommée cutinga, c’est-à-dire « langue blanche ». Une simple lame de bois enfoncée entre deux poutres tient lieu de dérive. Il se dit que les pêcheurs s’enhardissaient fort loin sur ces bateaux plus que sommaires et vulnérables. En effet, l’équipage (deux ou trois hommes) ne possède aucun abri. Mais, traditionnellement, la Jangada est munie d’une sorte de banc à 4 pieds fixé sur la « coque » et sur lequel s’accroupit le timonier pour ne pas être constamment mouillé ; devant le banc se trouve un petit portique où l’on accroche le sac de manioc et la calebasse d’eau douce.
Un auteur, Ferdinand Denis, (1839) dit que les Jangadas sont rapides et chavirent rarement ; si cela arrive, l’équipage détache le gréement et les superstructures qu’il ré-implante à l’envers, sur le radeau retourné…
Depuis le milieu du XXe siècle les Jangadas ont sensiblement évolué ; leur principe Continuer la lecture ‘Coup de cœur : la jangada brésilienne’
La bulle rouge
Publié 4 septembre 2009 Curiosité , Images , Marine Plaisance Laissez a un commentaire
C’est la photo de l’été, ou, si vous préférez, un souvenir de vacances… Pour le plaisir, voici un bel instantané pendant une régate au large. L’image vaut par sa qualité graphique et sa couleur, son cadrage parfait, mais aussi par l’instant particulier que représente une manœuvre de spi. On pense ici à la récupération de cette voile très spéciale et on s’interroge sur les choix de l’équipier de gauche : s’il lâche, la voile part en torche, s’il ne lâche pas, il risque de prendre un bon bain…
En tout cas la situation nous vaut ce drapé saisissant, éphémère, modelé par le caprice du vent. (Photo Alberto Saiz).
Bon rouleur, mais pas forcément bon marcheur
Publié 15 mai 2009 Construction navale , Curiosité Laissez a un commentaire
Ce truc extravagant, devait révolutionner la construction navale, du moins dans l’esprit de son inventeur. Hélas… Ernest Bazin imagine en 1880/83 un engin constitué d’une plate- forme métallique longue de 38 m et propulsée par des machines à vapeur actionnant huit énormes roues devant servir à la fois de flotteurs et de propulseurs ; leur diamètre de 10 m plaçait la plate-forme et les superstructures à 6 m au-dessus de la flottaison. Le bâtiment, roulant littéralement sur l’eau, (tirant d’eau de 2 m), devait atteindre d’impressionnantes vitesses en raison de son faible déplacement ; on en espérait 30 nœuds …
Il est essayé en Seine, à Saint-Denis, en 1896 puis au Havre l’année suivante. Les résultats s’avèrent pitoyables, il est instable, volage, sa vitesse est décevante. Par deux fois on dut faire appel à un remorqueur pour le ramener au port… Finalement, il fut mis en vente à Liverpool ; la mise à prix ne dépassait pas la valeur des matériaux de construction, Personne ne s’est présenté à l’adjudication…
Cyrano
Mariage improbable d’un petit voilier avec… une forteresse volante !
Publié 7 avril 2009 Curiosité , Histoire , Images , Marine Plaisance , Marine de Guerre , Sécurité Laissez a un commentaire
Deux photos insolites. On voit très bien sous la carlingue de l’avion un petit bateau accroché au fuselage comme un poisson-pilote… De quoi s’agit-il ? L’avion est un B 17 Forteresse volante très employée durant la Seconde Guerre mondiale, ici rattaché à l’United States Coast Guard (longueur 22,66 m, envergure 31,62m) ; le bateau est une embarcation de sauvetage que le bombardier parachutait à proximité des naufragés (coulés ou abattus en mer). Nous ignorons si la formule a été beaucoup exploitée durant le conflit, (un pneumatique est quand même plus pratique) mais en 1955, elle aurait inspiré Alan Vines et le célèbre Uffa Fox lors de la conception de l’Atlanta 26, un sloop de 7,93 m gréant 22,30m² de voilure. La ressemblance est frappante. On peut donc se demander si l’architecte (qui avait peut-être l’Atlanta dans ses cartons) n’aurait pas déjà contribué à la mise au point de sa version militaire. Possible en tout cas… Par un juste retour des choses, une association de plaisanciers britanniques s’efforce actuellement de faire revivre cette paisible série.
Athos
Quand le génie maritime porte bien son nom
Publié 7 avril 2009 Curiosité , Histoire , Littoral Laissez a un commentaire
Attendez ! Avant de dire que l’image est moche (ce qui est vrai, mais il n’y en a pas d’autre), attardez-vous un instant sur ce document un peu bizarre. Vous allez comprendre.
Ça se passe à l’Ile Bourbon (La Réunion, pour les ignorants) au début du XVIIIe siècle. À Saint-Denis, une barre intraitable brise près du rivage. Elle complique terriblement les embarquements et débarquements ; en fait elle les interdit deux jour sur trois… À l’époque construire une digue ou un wharf est pratiquement impossible, pourtant la ville est en plein développement. Que faire ?
Eh bien ! en 1738 Mahé de la Bourdonnais (1699-1753) a une idée : il va construire une sorte de passerelle suspendue au-dessus de l’eau qui va dépasser la barre et permettre le débarquement en eau calme. Regardez son dessin (d’époque) et écoutez ce qu’il en dit «L’utilité du pont suspendu que je fis construire au quartier Saint-Denis, à L’île Bourbon, est généralement reconnue. Lorsque la mer brise avec force, il est impossible aux bâtiments de décharger sur la côte. Ce pont, soutenu par quatre mâts ou fourches de hunes de soixante pieds de longueur, a cent trente pieds de portée sur la mer ; vers son extrémité est placé un escalier qui s’élève et s’abaisse à volonté et auprès duquel viennent aborder les chaloupes, qu’on charge ou décharge ainsi sans difficulté. Une rampe est d’ailleurs pratiquée sur le rivage, et au moyen de palans fixés aux fourches principales, on peut tirer à terre les fardeaux les plus lourds, et même les chaloupes qui ont besoin de radoub. »
Vous ne trouvez pas ça génial ?
Le pont volant est assemblé à terre, loin des assauts de la mer, tenu par des cordages et des chaînes, puis dressé ainsi que la mâture d’un voilier : à coups de palans. Les textes de l’époque disent qu’il remplit parfaitement son office.
Malin, ce Mahé malouin…
Aramis
