Archive pour la catégorie 'Course'

Ces requins qui aiment tellement les bateaux…

Bon, je vais encore me faire des amis…
Je lis dans Ouest France du 28 octobre dernier, un papier gentiment acidulé, qui m’a fait hausser un sourcil. On sait l’estime que je porte au sponsoring et à la pub, tous deux grands manipulateurs du croc à phynance de l’inimitable Jarry. Je trouve qu’entre les lignes cet article en dit beaucoup. Quelques extraits.
Aller plus loin dans le domaine de la com’ et des relations publiques c’était un peu aussi l’objectif de « Groupama 3», explique Franck Cammas, skipper de ce trimaran taillé pour les records. Mon métier est aussi de passer la journée à faire naviguer des gens de Groupama. Ah bon ?
Un peu plus loin, Dominique Granado, en charge du sponsoring sportif déclare, le doigt en l’air  : Pour un collaborateur ou un client, naviguer sur un bateau unique est extrêmement apprécié.
Tant mieux pour eux, mais est-ce vraiment en jouant les promène-nigauds Continuer la lecture ‘Ces requins qui aiment tellement les bateaux…’

Les voiles du sud ne perdent pas le nord

T2C 2009 v3 PRINos amis Corses n’amusent pas le terrain… maritime. Deux belles manifestations viennent encore de le montrer.
• Le « Tropheo di mezzo passo », une régate réservée aux voiles latines. Douze voiliers (du petit gozzetti de 5 m au veliero de 13 m) ont tenté de s’expliquer entre la Corse et la Sardaigne. Malheureusement une pétole quasi totale a quelque peu perturbé l’épreuve qui fut finalement remportée par le sarde Maestro d’Ascia Angiulin. Mais quoi, ce furent tout de même de bons moments sur l’eau. Un regret pourtant, une seule barque corse le Saint-Joseph, (Sauvaire, Decherchi, Pilorget) a participé à l’épreuve. On espère mieux l’an prochain, grâce notamment à l’action de Latina Mora dont le noble but est de faire naviguer notre patrimoine.
• Le “Tour de Corse” sans escale, par l’est, alignant  47 concurrents dont pas mal de bêtes de course. L’édition 2009 leur a offert le grand jeu, ils ont tout eu, de la pétole nocturne  au vent frais, plutôt physique. Ça a conduit les skippers à jouer finement de leur savoir-faire, entre le près serré et le grand largue, en gardant un œil sur une nav souvent délicate. Une sacrée empoignade, orchestrée par une météo sournoise qui n’a pas fait dans la fioriture.
On n’a pas assez de place ici pour reproduire la relation succulente d’Alex Rolet  (classé 5e sur Ti Fermi Maï, skipper Nicolas Fauroux) et nous le regrettons ; mais on est tout prêt à vous l’envoyer si cela vous intéresse.
Finalement, ces gars du sud sont plutôt exemplaires dans leur façon de vivre la voile. Qu’ils continuent !
Maurice Duron
• Photo : un bord de près, grand voile arisée, au vent de la côte. Ça pulse…

Crowhurst et Moitessier étaient-ils dans le même bateau ?

Lors du premier tour du monde à la voile réellement sans escales et sans assistance en 1968/69, deux personnages  totalement opposés se sont trouvés en concurrence.  Je parle de Donald Crowhurst et Bernard Moitessier.
Tout les sépare.
Leur passé d’abord ; Crowhurst est britannique, ingénieur, père de famille (deux enfants), directeur d’une petite société d’électronique. Ambitieux aussi. Il n’est pas de la gentry mais en rêve ; il fait tout pour réussir.
Moitessier est Français, touche à tout, sans profession déclarée, un peu vagabond, indifférent aux modes et aux honneurs. Son but est de vivre sur l’eau, c’est-à-dire là où il se sent bien. Le reste, il s’en tape…
Leur motivation ensuite ; Crowhurst  est un théoricien ; son bateau, un trimaran de la série Victress, va plus vite que les monocoques, il est sûr de gagner, il a tout calculé, tout mis en équation.  S’il prend le départ sur Teignouth Electron c’est pour renflouer sa boîte qui connaît quelques difficultés financières. C’est un coup de pub…
Moitessier est un praticien ; son bateau est un solide ketch en acier, indestructible, Continuer la lecture ‘Crowhurst et Moitessier étaient-ils dans le même bateau ?’

Pas si barges, ces Anglais…

Encore une petite vidéo pleine de charme… De quoi s’agit-il ? D’un rassemblement de barges de la Tamise, magnifiques chalands de charge, qui se réunissent ici pour une prétendue régate. En fait, c’est un prétexte pour recréer l’ambiance de la célèbre rivière du temps où tout se faisait à la voile. Et nous offrir du même coup de bien belles images… Les barges de la Tamise, apparues vers 1830, sont de forts bâtiments de 20 à 25 m, transportant plus de 100 tonnes de marchandises et manœuvrés par deux hommes seulement ; pour la « régate » ils sont plus nombreux à bord car le plaisir se partage. Autre observation, les barges sont lèges, c’est-à-dire non chargées. Reste que leur superbe voilure à livarde (grand voile et tapecul) donnent bien l’impression de leur redoutable efficacité. Et comme elles ont un faible tirant d’eau, les Anglais ont l’habitude de dire qu’elles étaient capables de flotter sur une bonne rosée… Ceux qui souhaiteraient en voir une de près peuvent se rendre au Port-Musée de Douarnenez où l’une d’elles, North Down, est conservée à flot.

Je me souviens des voiliers…

vache-qui-rit21L’image pourrait s’intituler : le ridicule ne tue plus…
Je me souviens du temps où à la radio, la télé, il n’était pas question de citer une marque commerciale sans s’attirer les foudres du directeur d’antenne. Ça ne se faisait pas ; il y avait la pub d’un côté, l’info de l’autre, c’était clair. Quand on parlait plaisance, on mentionnait le skipper, l’architecte, le chantier (qui ne sont tout même pas pour rien dans l’affaire) mais jamais les sponsors. Heureux temps, aujourd’hui, c’est tout le contraire. Le héros c’est la « marque » , Continuer la lecture ‘Je me souviens des voiliers…’

Suite du petit brûlot sur le Vendée Globe

Vos témoignages nous aident, on se sent moins seuls. En voici un qui fait plaisir même si notre modestie en prend un coup…
Bravo Maurice !
J’aurais voulu écrire ton billet sur le Vendée Globe…
Je pense exactement la même chose, mais je n’aurais peut-être pas osé heurter la pensée conformiste sur ce sujet. L’exploit à tout prix, le “dépassement de soi” (ben voyons… ), l’affrontement avec les éléments, les 40e, 50e, ou pourquoi pas les 60e rugissants, hurlants, vitupérants, braillants, etc…
En tant qu’ancien navigant qui, parfois par nécessité du métier,  a dû serrer les fesses dans les Pacifique  ou Atlantique du nord ou du sud et sur des navires  10 ou 20 fois plus gros que ceux de ces messieurs,  je trouve ce cirque presque indécent.
Cela n’enlève rien, bien sûr, à tous ceux, y compris leurs compagnons de galère, qui se dévouent pour porter assistance à ces héros du sport nautique qui l’ont bien cherché…
Bien amicalement, et meilleurs vœux.

Henri

Ce « cher » Vendée Globe…

Jean Le Cam est sauvé, on ne peut que s’en réjouir. Chapeau à Vincent Riou pour son sens de la  solidarité.

Pendant ce temps-là, le grand cirque continue. 17 abandons sur 30 partants (56%) c’est beaucoup. De façon prémonitoire  Le Cam avait annoncé la couleur avant sa mésaventure : “il y aura encore de la casse”.  Ca n’a pas manqué. D’où la polémique qui s’enfle dans la presse et la radio sur l’opportunité de telles courses, les devoirs des Etats concernés et le prix à payer pour sauver les concurrents malchanceux ; j’y ajouterai la responsabilité des organisateurs. Le public et les médias britanniques s’interrogent ; l’Etat  australien et son opinion sont plutôt opposés. Le Chili (qui a déployé d’importants moyens) s’attend à une addition salée ; en France, on discute…

Quid des risques et des coûts ?

Dans son édition d’aujourd’hui (8 janvier 2009) le journal suisse « Le Temps », sous la plume d’Isabelle Musy lance le débat : est-il normal que des hommes risquent leur vie pour sauver des navigateurs qui ont choisi de jouer avec le feu dans les eaux les plus hostiles ? Il suffit de lire certains commentaires sur les blogs concernant le coût (490 000 € pour le sauvetage d’Eliès !) pour comprendre que ça ne va pas de soi. Quant aux risques, voici ce que déclarait Derek Hattfield, concurrent canadien, « je me suis fait violence pour ne pas appeler au secours. Nous sommes toujours conscients que nous mettons la vie d’autres personnes en jeu ». Continuer la lecture ‘Ce « cher » Vendée Globe…’


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