D’aucuns en parlaient depuis longtemps mais sans vraiment y croire.
- Un jour, tu verras, on nous fera payer simplement pour mouiller notre ancre…
Eh ! bien c’est en train de se faire. Ange Santini président du Conseil exécutif de Corse vient de demander à l’Assemblée de Corse de faire payer les plaisanciers qui mouilleront leur bateau dans les Bouches de Bonifacio et de Scandola du 1er juin au 30 septembre. Et cela la main sur le cœur, pour financer la gestion des réserves naturelles et la création de « brigades bleues » comme le recommande le Grenelle de la Mer. On croit rêver, mais c’est vrai. Tout bateau ne justifiant pas d’un titre de stationnement dans un port de plaisance ou une zone de mouillage organisée en Corse sera taxé d’une redevance de 20 € par mètre à partir du 1er juin 2010 ! Sachez-le…
Notre commentaire : de deux choses l’une, ou bien l’environnement maritime est vraiment menacé par la sur-fréquentation (ce qui est probable) et dans ce cas on interdit tout mouillage ; ou bien on organise le racket et on continue comme avant. En d’autres mots, on fait payer le droit de saccager les fonds. C’est la « solution » proposée.
Sans préjuger de l’utilisation des sommes collectées (pourquoi riez-vous ?) on peut se demander comment on peut régénérer des espèces animales ou des herbiers avec de l’argent ; passons…
Ange se frotte les mains de sa trouvaille, et défend avec acharnement le principe pollueur-payeur. Ouais… Mais en même temps il ouvre la porte à une pratique détestable qui pourrait être reprise, voire généralisée, par d’autres, sur le Continent cette fois…
Plaisanciers, mes frères, vous voilà prévenus.
Portos
Archive pour la catégorie 'Coup de gueule'
Incroyable ! Payer pour mouiller son ancre…
Publié 17 novembre 2009 Coup de gueule , Environnement , Initiative , Littoral , Législation , Marine Plaisance 2 CommentairesScooter des mers : assez !
Publié 8 août 2009 Coup de gueule , Législation , Sécurité Laissez a un commentaire
Drame. Une fois de plus un scooter des mers chevauché par la connerie humaine a causé un accident mortel. Ca suffit ! Ces engins abbérants, dangereux, aux mains d’amateurs de défonce, ont déjà fait bien du mal. Mais là, l’irresponsabilité des adultes, en a rajouté une louche ; leur infinie bêtise a trans formé un enfant en meurtrier… d’un autre enfant. C’est atroce. C’est inadmissible. Il faut absolument juguler ces forcenés de la pétarade et faire en sorte qu’ils se plient aux exigences de la loi (qu’il faut durcir), des codes de bonne conduite… et du respect des autres. Partout, sur mer, sur rivière ou sur étang. Assez !
M. Duron
Ça y est, juillet est à peine commencé, qu’ils sont déjà là, insolents, bruyants, puants, dangereux. Tous les ans il y a des accidents corporels (nombreux), parfois des morts. Qu’importe, rien n’arrêtera les addictifs de la pétarade, ils aiment ça, si ça vous déplaît vous êtes prié d’aller voir ailleurs. Trois nœuds dans le chenal, c’est pas pour eux ; les Véhicules Nautiques Motorisés (Scooter des mers, Jet ski et autres marques) sont faits pour la défonce, à la différence des teuf-teuf tranquilles réservés aux poireaux qui mouillent du fil. Mais, qu’est-ce que j’apprends ? Il paraît que ces beaux engins sont de plus en plus convoités par les assoiffés de vitesse. On les vole. Oui, oui, on les vole ! D’autres acharnés (pardon, passionnés) piquent les engins des copains ! C’est très vilain mais ça me fait bien rire. Les heureux propriétaires doivent donc assurer leur machine au prix fort. (Comptez pour ça sur les compagnies d’assurance !). Bien sûr, ça énerve. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà que les mêmes compagnies se sont aperçues que ces engins s’usent très vite, du coup elles leur appliquent un coefficient annuel de vétusté de 20 à 25% en moyenne. Cette fois, ça craint. Si les mufles ne peuvent plus s’amuser gentiment pour un prix raisonnable, où va-t-on ? Ils ne vont tout de même pas se mettre à la voile…
Maurice Duron
Coup de gueule : le voilier et les pirates
Publié 7 avril 2009 Coup de gueule , Marine Plaisance , Sécurité 1 CommentComme vous, nous avons appris la prise en otage d’un voilier (français) dans les eaux somaliennes. C’est évidemment insupportable. Mais, sachant ce que l’on sait de ces parages nauséabonds, est-il raisonnable de se balader en plaisance dans ces eaux-là ? Avec un enfant à bord ? Nous n’avons pas de détails particuliers sur l’affaire ; on peut espérer que, comme d’habitude, l’équipage du Tanit ne sera pas maltraité et libéré contre une rançon. Mais quelle responsabilité porterait le skipper si ça tournait mal ? Et même si ça tourne bien (enfin, pas trop mal) on aura mobilisé des moyens considérables, pour l’inconscience de quelques risque-tout, qui paiera ? Le jeu est pourtant clair : il ne faut pas y aller ! Même avec de bonnes raisons. Il est déjà assez poignant que les gens de métier, les marins, s’y risquent par nécessité ; pas la peine d’en rajouter une louche pour faire le malin. Faut jamais jouer avec les allumettes, surtout dans une poudrière.
Cela devait être dit, c’est fait.
L’équipe « Maritimes »
Je me souviens des voiliers…
Publié 26 janvier 2009 Coup de gueule , Course , Marine Plaisance , Voile 1 Comment
L’image pourrait s’intituler : le ridicule ne tue plus…
Je me souviens du temps où à la radio, la télé, il n’était pas question de citer une marque commerciale sans s’attirer les foudres du directeur d’antenne. Ça ne se faisait pas ; il y avait la pub d’un côté, l’info de l’autre, c’était clair. Quand on parlait plaisance, on mentionnait le skipper, l’architecte, le chantier (qui ne sont tout même pas pour rien dans l’affaire) mais jamais les sponsors. Heureux temps, aujourd’hui, c’est tout le contraire. Le héros c’est la « marque » , Continuer la lecture ‘Je me souviens des voiliers…’
Suite du petit brûlot sur le Vendée Globe
Publié 12 janvier 2009 Coup de gueule , Course , Marine Plaisance , Témoignage , Voile Laissez a un commentaireVos témoignages nous aident, on se sent moins seuls. En voici un qui fait plaisir même si notre modestie en prend un coup…
Bravo Maurice !
J’aurais voulu écrire ton billet sur le Vendée Globe…
Je pense exactement la même chose, mais je n’aurais peut-être pas osé heurter la pensée conformiste sur ce sujet. L’exploit à tout prix, le “dépassement de soi” (ben voyons… ), l’affrontement avec les éléments, les 40e, 50e, ou pourquoi pas les 60e rugissants, hurlants, vitupérants, braillants, etc…
En tant qu’ancien navigant qui, parfois par nécessité du métier, a dû serrer les fesses dans les Pacifique ou Atlantique du nord ou du sud et sur des navires 10 ou 20 fois plus gros que ceux de ces messieurs, je trouve ce cirque presque indécent.
Cela n’enlève rien, bien sûr, à tous ceux, y compris leurs compagnons de galère, qui se dévouent pour porter assistance à ces héros du sport nautique qui l’ont bien cherché…
Bien amicalement, et meilleurs vœux.
Henri
Coup de gueule
Publié 6 décembre 2008 Coup de gueule , Environnement , Littoral , Patrimoine Laissez a un commentaireFigurez-vous que j’habite une maison de pêcheur à deux pas de la mer. Le long de la côte, circule une route qui longe l’estran. Sagement, nos anciens avaient limité leurs constructions au côté “terre” ; rien entre eux et la mer. De leur fenêtre, ils pouvaient se régaler de visions océanes ; ni trop loin, ni trop près.
Ils partageaient ce privilège avec les promeneurs de l’été, les baigneurs, amateurs de nature, campeurs et autres.
En vingt ans de temps, tout cela a bien changé ; pas côté terre, de l’autre… Le mitage s’est installé, timide d’abord, puis forcené comme aujourd’hui. Les villas « Sam suffit » et « Maisons-Machin » ont tout colonisé, accrochées les unes aux autres comme des chenilles processionnaires. Côté mer bien entendu. Si bien qu’il ne reste que quelques trouées pour apercevoir le vieil océan.
Comme bien souvent ailleurs, monsieur le maire signe les permis de construire à la chaîne, et sans état d’âme, même si certains sont à l’extrême limite (au-delà?) des obligations de la loi littorale. Et grâce à lui (qui fait tout pour sa commune, c’est juré !) l’aimable chaussée est devenue une rue morose, urbanisée, une sorte de couloir bordé de constructions, néo-banlieusardes.
C’est pitoyable. Et aussi, d’une vanité sans limite… Continuer la lecture ‘Coup de gueule’
Pavillons ouverts ou complaisants… La différence, c’est quoi ?
Publié 18 novembre 2008 Coup de gueule , Législation , Marine marchande , Sécurité Laissez a un commentaireLa sémantique est une science miraculeuse. Voici que les pavillons de complaisance, de façon politiquement plus correcte, se déclarent officiellement registres ouverts. L’expression est d’un emploi plus élégant et laisse entendre qu’il existe une différence entre l’un et l’autre.
Or, braves gens, sachez-le, c’est la même chose.
Chaque fois qu’un armateur y recourt, il peut s’affranchir des règles sociales de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), enfreindre les justes pratiques commerciales et mettre en cause la sécurité maritime.
Continuer la lecture ‘Pavillons ouverts ou complaisants… La différence, c’est quoi ?’
Les phares ? Laisse tomber…
Publié 1 octobre 2008 Coup de gueule , Environnement , Patrimoine 1 CommentTout à fait par hasard, je consulte cette vidéo qui me consterne. Regardez-là d’abord, puis revenez au texte.
Si j’ai bien compris (et j’ai bien compris) on va allègrement laisser se ruiner les phares en mer, hauts lieux d’humanité et d’architecture, au motif simplet que ça coûte trop cher ! Et tout ça avec une belle désinvolture ; vous avez entendu dans la vidéo, les laisser mourir de leur belle mort ! Leur belle mort… On croit rêver, ou plutôt cauchemarder. Notre monde où le cynisme a tous les droits au nom d’une rentabilité aveugle, est prêt à sacrifier ces grands témoins de notre civilisation maritime, parce que les sous, c’est les sous…
Mais qui sommes-nous devenus, pour en arriver là ? Mépriser nos monuments historiques les plus fragiles…
Automatisées et désertées les grandes tours tombent en morceaux, on s’alarme ; mais comme elles ne rapportent rien on les laisse aux chiens. Qu’elles crèvent aurait dit le professeur Choron.
Mon ami Jean-Pierre Abraham, qui fut gardien d’Armen et grand écrivain de surcroît, disait au moment de l’automatisation : les phares vont s’écrouler… Et nous étions plusieurs à répondre, mais non, tout de même pas… c’est notre patrimoine… « ils » ne vont pas faire ça… Eh bien si ; tu avais raison Jean-Pierre et aujourd’hui tout le monde s’en fout puisque le GPS fait le boulot . Alors, tu penses, quelques vieilles pierres…
Et j’imagine mon copain Loïc partant à la daurade autour de la Chaussée de Sein et découvrant dans le petit jour, une grande tour décapitée pendant la nuit. Engageant, non ? Parce que ça va vite. On a vu ici même l’assaut des vagues sur les grands phares, ils ne vont pas durer longtemps. (voir « Maritimes », mot-clé « Mer » : Ça décoiffe….)
Trop cher disent les grands argentiers ? Trop cher, vraiment ? Ne dites pas de sottises, braves gens. Combien coûte la restauration de châteaux privés généreusement financée par l’Etat, par nous ? Trop cher ? Et quelques kilomètres d’autoroutes supplémentaires ? Trop cher ? Vous voulez rire. Et une « tranche » de réacteur nucléaire, le renflouement d’une banque faillie. Trop cher ? Les Rafales de feu tonton Marcel… Combien d’Armen, de Kéréon , de Birvideaux sauvés pour un seul avion ? Un seul…
Alors on se tourne vers les sponsors privés, ceux qui se font de la pub sous le couvert d’une bonne action. Je pense que Marc Pointud, l’infatigable animateur de la SNPB (Société pour le patrimoine des phares et balises) n’est pas dupe mais faute de mieux, il voit là, la seule possibilité d’arrêter le désastre. Probablement a-t-il raison. Mais, on ne m’empêchera pas de penser que ce
transfert au privé de responsabilités publiques est une chose exécrable. Notre patrimoine maritime appartient à tous, c’est à nos élus de le gérer, et pas seulement à ceux qui payent pour en profiter.
Maurice Duron
Coup de gueule : Je frime, tu frimes… et les autres ?
Publié 26 juin 2008 Coup de gueule 2 CommentairesLes VNM, vous connaissez ? Ils viennent de la planète « Sans-gêne » ; ce sont les Véhicules Nautiques à Moteur, plus souvent appelés « Jet Ski », « Jet bike » ou « Scooter des mers » selon leur marque commerciale.
Mais si, vous les connaissez…
Vous êtes benoîtement installé sur la plage tout occupé à déguster un polar. Eh bien c’est raté. Surgit brusquement un VNM qui se livre à une démonstration de saut de vagues dans un bruit de tronçonneuse en folie. Allez donc voir ailleurs.
Même situation, mais cette fois ce sont les Optimists de l’école de voile qui se trouvent pris dans un rodéo de quelques accros de la pétarade. Mais quoi, c’est amusant d’effrayer les enfants, non ?
La même chose pour les pêcheurs, qui apprécient modérément.
Cette fois, c’est moi qui sort du port ; la passe est étroite, il faut y aller doucement (3 nœuds), mais pour les cow-boys il n’est pas question de ralentir. Ils foncent. J’ai vu ça cent fois !
En fait, ils confisquent la mer (les bords de mer) à leur seul profit.
Oh je sais, il y a une réglementation spécifique pour ces engins qui ne peuvent s’ébattre qu’entre 300 m du rivage et 2 milles marins vers le large, ne doivent pas dépasser 3 ou 5 nœuds dans les chenaux, ne pas naviguer de nuit, etc. La réglementation française est bien faite et plus contraignante que celle d’autres pays , je sais tout cela. Je sais aussi que les accidents graves sont plutôt rares (un mort par an, tout de même) mais que les accidents légers sont assez fréquents. Dans la région de Bastia en juillet 2006 on a compté trois accidents en quatre jours. Plus récemment un amuseur de la télé s’est cassé les deux bras en jouant « Charlot va sur l’eau » et la vogue du VNM ne fait que commencer. Il ne s’agit pas de ça.
Il s’agit de l’irrespect et de l’insolence des pratiquants qui, dans 80% des cas n’ont rien à cirer de la loi et de la quiétude de leurs contemporains. Sortir du port à pleine gomme, frôler les dériveurs, faire hurler leur machine, frimer un max, et confisquer le plan d’eau (personne n’est vraiment rassuré) voilà leur joie de vivre. Et je ne parle pas du gros cinglé faisant du slalom entre les baigneurs, ça s’est vu … Bien sûr il y a la gendarmerie maritime qui fait ce qu’elle peut, et c’est très bien ; mais est-elle capable de mesurer le niveau des nuisances sonores ? Non. D’estimer la distance d’évolution ? Très difficile reconnaissent les instances de sécurité. D’apprécier les comportements dangereux, tout le temps et partout ? Impossible. Alors, chevauchant leur bourrique qui dépasse souvent les 50 CV, et jouissant de l’incroyable droit à une vitesse illimitée (!) ils y vont bille en tête. Le plan d’eau est à moi, accroche-toi Jeanneau…
C’est nul.
Maurice Duron