Indépendamment du drame purement nucléaire, la catastrophe de Fukushima a déclenché une pollution massive des eaux marines. Une étude de l’excellente association Robin des Bois l’explique clairement. En voici quelques extraits.
• Le tsunami a dévasté environ 300 km de linéaire côtier, de villes, de serres agricoles et d’installations industrielles. La vague est rentrée jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres. La catastrophe à double détente a laissé environ 25 millions de tonnes déchets à terre mais quand le tsunami a reflué vers l’océan Pacifique, il a emporté des quantités considérables (et inchiffrables) de déchets de toutes natures.
• Les débris les plus lourds ou les plus détériorés ont coulé et seront un danger pour la pêche côtière et les équipages quand les activités reprendront.
• D’autres déchets ont été « absorbés » par la mer sous des formes diverses : avions, bateaux, voitures, motos… dont les réservoirs vont progressivement rejeter en mer les hydrocarbures et autres liquides toxiques, qu’ils contiennent. De même pour les fûts, jerrycans, bombes aérosols qui vont répandre dans l’océan, des solvants, acides, pesticides, médicaments, bois traités, etc.
• Les macro-déchets flottant à fleur d’eau, sont entraînés par le courant du Pacifique Nord. Des collisions entre les plus gros, (billes de bois, poutres, conteneurs…) et des navires sont potentiellement possibles. Une partie des déchets sera captée et piégée par un courant circulaire dont le tour complet se fait en dix ans (voir schéma). Ils s’ajouteront au fameux Eastern Garbage Patch (1), une zone d’accumulation préférentielle où la densité des déchets est statistiquement très élevée.
Ces débris, voyagent à une vitesse moyenne de 5 à 10 milles marins par jour. Une petite fraction sera entraînée par le courant de l’Alaska. Le gros de la marée mettra deux ans pour traverser l’océan Pacifique avant d’être repris par le courant de Californie. Deux ans de dérive lui seront à nouveau nécessaires pour longer du Nord au Sud les côtes californiennes.
• Les déchets les plus légers propulsés par les courants, les vents et les vagues sont attendus dès le printemps prochain sur les plages au nord de l’archipel d’Hawaï ; les bouteilles vides et sacs plastiques, barquettes, petit pots et emballages sous blister seront les premiers à débarquer.
• Conclusion : La catastrophe nucléaire est loin d’être terminée ; la méga-pollution, elle, vient juste de commencer.
(1) Approximativement : entre 135°W et 155°W, et 35°N et 42°N.
Athos
Le grand voyage des déchets de Fukushima
Publié 9 juin 2011 Environnement / Pollution 2 Commentaires2 Réponses vers “Le grand voyage des déchets de Fukushima”
- 1 Rétrolien dans 17 novembre 2011 à 12:07






Ce ne sont pas de bonnes nouvelles…et cela va durer des années.
J’espère que les générations futures ne vont pas payer les conneries des anciens. ..
L’océan est en train de dégueuler toutes les merdes du monde moderne et de la surconsommation….