La « Calypso » : chronique d’une mort annoncée

Repassé ces jours-ci à Concarneau pour visiter quelques amis et prendre des nouvelles de la Calypso. Rien n’a changé, le glorieux navire est dans le même état que lors de ma dernière visite, c’est-à-dire à l’abandon.
Sans vouloir en rajouter une louche, voici – pour ceux qui n’ont pas suivi les chapitres précédents – les étapes d’une fin de carrière peu glorieuse.
• 1996, à Singapour, la Calypso est abordée par une barge qui l’envoie par le fond. On croit le navire perdu.
• Le 25 juin 1997 l’homme au bonnet rouge tire sa révérence et s’en va au paradis musulman des hommes-poissons. Sa seconde épouse, Francine, devient l’héritière du commandant ; le fils de ce dernier, Jean-Michel Cousteau n’a rien… Francine préside désormais The Cousteau Society (société à but non lucratif) créée en 1974 par son Jacques-Yves de mari.
•  L’ancien dragueur – pas le mari, le bateau – est renfloué et traîné à bout de souffle (quel voyage !) jusqu’aux eaux françaises et plus précisément à La Rochelle où il arrive en juin 98. Quelques travaux sont faits sur place, mais l’état du bateau est tel  que personne ne s’engage sur sa remise en état. Il devient vite une patate chaude dont les Rochelais souhaitent se débarrasser. Mais ça dure…
• En 2007 un accord est enfin trouvé avec les chantiers Piriou de Concarneau où le navire arrive peu après (voir la photo). Coût de la transaction commerciale acceptée en 2008 par The Cousteau Society : 1 737 000 €.
• Les travaux commencent et The Cousteau Society lance dans une campagne de communication où elle expose en détail les magnifiques installations, modernes, écolos et tout, dont va être doté le mythique bâtiment. (Ces précisons figurent toujours sur son site, allez voir…). Tout le monde espère que la Calypso est sauvée.
A tort…
• Début 2009 The Cousteau Society n’a encore effectué aucun des règlements auxquels elle s’était engagée. Silence dans les rangs. Manquent 850 000 €, une broutille…
• Devant cette situation, en février de cette même année, Piriou Naval Service arrête le chantier puis engage une action en justice ; la Calypso, elle, reste en l’état, dans un fond de hangar où ses membrures dressées vers le ciel, implorent la clémence. Elle y est encore.
• Nos commentaires – D’après nos informations, le procès serait au point mort, l’expert judiciaire commis par The Cousteau Society étant absent… dès la première réunion !
Curieusement, le site de The Cousteau Society, ne fait aucune allusion à ses tribulations juridiques ; ses communiqués sont frais et joyeux et pas très à jour. Allez voir si vous ne me croyez pas…

Vergogne !
Aramis

1 Réponse vers “La « Calypso » : chronique d’une mort annoncée”



  1. 1 Où l’on reparle de la Calypso (suite du feuilleton) « Escales Maritimes Rétrolien dans 15 juin 2010 à 16:39

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