Vieux comme le monde, mais extraordinaire…
Déjà entrevue par Marco Polo en 1298, la Jonque est un bâtiment très différent des navires occidentaux. Sous ce nom générique sont regroupées plusieurs familles de voiliers traditionnels chinois aux multiples variantes ; chaque province et chaque activité a le sien.
Leurs caractéristiques communes sont les suivantes :
• La carène est conçue davantage pour glisser sur l’eau (façon canard) que pour passer dans l’eau (façon poisson) ; fond plat, pas de quille, maître-bau reculé.
• Coque à tonture marquée, cloisonnée intérieurement, bordée à clins inversés ou à franc-bord. Construction principalement en pin, cyprès, camphrier ; calfatage au chunam (chaux, huile, fibres végétales).
• Gréement à plusieurs mâts (jusqu’à 5) portant des voiles au tiers, lattées, en tissu, natte de jonc, lames de bambou. Cette formule permet à un seul homme de prendre des ris très rapidement, simplement en mollissant la drisse. Sur un trois-mâts, la misaine est très avancée, le grand mât au centre et le tapecul sur l’extrême arrière.
• Sur certaines Jonques des dérives latérales et un large safran (ajouré) jouent un rôle antidérive, compensant ainsi l’absence de quille.
• Peintes de couleurs vives elles portent sur l’avant un œil en amande, soit pour éloigner les mauvais esprits ou guetter les dangers, soit pour signaler leur port d’appartenance.
Si vous êtes intéressé par ce bateau passionnant, vous pourrez en voir de superbes reproductions à l’exposition « Tous les bateaux du monde » qui se tient actuellement au Musée de la Marine.
Le capitaine de frégate Hennique (voir dessin) décrit en 1885 la Jonque de commerce Couang-Dzoui-Hann dont le nom signifie « Qui gagne beaucoup d’argent ». Ah, les Chinois, déjà…
Aramis






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