Archive pour novembre 2009

Les « quilles en l’air » sont… dans l’air du temps

Après les bateaux de Yves et de Bernard, dans le Finistère, voici que Christophe, se construit l’abri de ses rêves dans les Côtes d’Armor. Un bateau retourné bien entendu. Nous applaudissons.
Commentaire des photos. A gauche, la jolie carène du MX 114 121 a été livrée ; Christophe a préparé la dalle et monté les murets ; reste à la mettre en place… ; au centre, après retournement, la coque est présentée, au centimètre près, sur son nouveau support ; il faut viser juste ; à droite, la coque est en place prête pour de nouvelles aventures. Christophe va découper la porte et percer une ou deux fenêtres. Ses enfants (et lui-même ?) auront ainsi la plus belle et la plus prestigieuse des cabanes. A cent mètres de la mer…
Résultat de l’opération, cette vénérable embarcation ne va pas finir lamentablement sur un rond-point ou tout simplement incendiée. En prime, la commune compte un monument maritime de plus… Elle est pas belle la vie ?
(Voir aussi notre billet du 12 janvier 2009).
Portos
• PS. Si vous connaissez d’autres initiatives de ce genre, dites-le nous. Et si vous souhaitez vous lancer vous-même, nous vous mettrons en contact.

Spécial Salon nautique

Avis aux fidèles d’Escales Maritimes.
• Nous avons publié le 25 novembre un billet sur le contexte économique dans lequel va se dérouler le Salon 2009.
• Dès le lendemain de l’ouverture, nous donnerons les impressions de deux visiteurs moyens, plaisanciers confirmés et bons observateurs.
• A l’extinction des lampions (le 13 ou le 14), nous tirerons un premier bilan de cette réunion aux multiples conséquences.
Tout cela, sans langue de bois, en totale objectivité, puisque notre indépendance nous protège de toutes les pressions, quelles qu’elles soient. Eloges et critiques en vue…
• Salon nautique, Porte de Versailles, Paris, du 5 au 13 décembre 2009.

Coup de vent en mer d’Iroise

Il y a quelques jours, les 13 et 14 novembre, un sérieux coup de vent s’est abattu sur la Bretagne ; 110 km/h à Penmarc’h. N’écoutant que ma curiosité maladive, j’ai fait ces quelques images, qui valent ce qu’elles valent. Pas de vague géante, mais du fort mauvais temps quand même ; au début, ça n’a l’air de rien, mais patientez, au bout d’un moment ça s’anime sévère ; les oiseaux de mer ne savent plus où se planquer. Quant à moi j’ai pris l’une des plus belles douches de ma vie, trempé jusqu’aux os…
Décidément, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour vous ?
Aramis

Salon nautique (2) : la profession serre les fesses

En dépit des communiqués de presse survitaminés de l’organisateur (le géant anglais Reed Exposition) le prochain Salon nautique de Paris (5 au 13 décembre) sera celui de la dernière chance pour plus d’un exposant. C’est que, derrière les paillettes d’une fête artificielle se profile le spectre de la catastrophe économique pour plusieurs d’entre eux et pas seulement les plus petits. Nombreux sont ceux qui réalisent au Salon de 20 à 50% de leur chiffre d’affaires annuel ; si le Salon « marche » ils tiendront le coup, s’il ne marche pas… Les paillettes n’y changeront rien.
D’où l’incertitude prévisible et la prudence des responsables du Salon (à distinguer des organisateurs) en matière de résultat. Ils croisent les doigts et attendent…
Tout se ramène à une affaire de gestion. Crise ou pas, il y a ceux qui étaient déjà gravement malades… et les autres. Amel chantier sérieux de taille modeste affiche de bons résultats parce que sagement géré. Plastimo, grande marque, tout feu tout flammes, qui à une dette égale à  un an de chiffre d’affaires ( ! ), n’est pas en très bonne position… La crise n’y est pour rien.
Quoi qu’il en soit, si le Salon est bon, il ne fera qu’apporter une bouffée d’oxygène aux entreprises, leur permettant de tenir jusqu’à la mi-2010 date à laquelle on attend la reprise… Il ne pourra en aucun cas éviter les regroupements obligatoires que la crise va accélérer.
Comme il faut bien se raccrocher à une bouée de sauvetage, les experts disent que les derniers Salons de l’automne (Cannes et La Rochelle) ayant été « acceptables » (euphémisme ?) ils espèrent que celui de Paris le sera aussi. Ce qui incite Tibor Sillinger, Président du Salon à reprendre à son compte la célèbre réplique : nous vivions dans la crainte, nous vivons dans l’espoir.
•  Dans notre prochain billet, nous donnerons le point de vue du visiteur.
Maurice Duron

Nouveau témoignage sur les vagues scélérates

Ça  se passe en 1974, à la fin de juillet, à bord du pétrolier Aldébaran de la Compagnie Navale des Pétroles. Le bâtiment de 200 000 t a été chargé aux marques au golfe Persique, il est en route vers le cap de Bonne-Espérance. A la hauteur de Gardafui (débouché du golfe d’Aden), la nuit est noire, mousson de sud-ouest, force 3 à 4 presque dans le nez.
La passerelle de navigation est à plus de vingt mètres au-dessus de l’eau. C’est là que se trouve René de Cayeux, vers 22 h 30 ; il est attentif dans la pénombre, et scrute l’opacité de la nuit. Ecoutez-le.
-  Tout à coup, sans rien voir venir le navire encaisse un coup énorme, je prends la lisse de la passerelle dans l’estomac, un torrent d’eau monstrueux recouvre tout le château, une vague énorme le submerge… Ma surprise est totale. Le bâtiment est ébranlé, l’eau s’évacue mal, d’autres lames (moindres) le secouent encore. La machine appelle « abattez », nous abattons babord ; pas de roulis ni mer démontée, la machine ralentit. L’eau embarquée fait pas mal de dégâts ; au niveau du pont principal une porte étanche tribord (verrouillée) a disparu, partie à la mer… L’eau entre par la coursive qui est longitudinale, elle enfonce des portes et emplit certaines cabines de mécaniciens qui doivent monter sur leur couchette. De l’eau descend par l’ascenseur… Une échelle (escalier extérieur) de dimension imposante, elle aussi a disparu.
- Il faut un instant pour reprendre ses esprits.
- On fait les réparations nécessaires et l’on remet en route. Au jour on constatera que porte et échelle sont montées à plus de 15 m pour tomber à l’eau de l’autre côté, à babord…
- Quand nous arriverons au Havre, le 30 août, nos familles seront étonnées de voir le bel
Aldébaran, quasi neuf, pisser la rouille comme un vieux bouchon gras à bout de souffle…
Merci René pour ce témoignage.
• La photo : l’Aldébaran tout neuf, qui n’a pas encore sa peinture.

Les bateaux de la mémoire (27)

Construite pour la Compagnie Générale Transatlantique en 1890, La Touraine était à cette époque le plus grand paquebot français ; 157,45 m de long sur 17,05  au maitre bau, 12 000 ch, vitesse 19 nœuds. Affecté à la ligne Le Havre/New York il traversa l’Atlantique en 6 jours , 17 heures et 30 minutes. Un record, à l’époque.
Sa carrière fut plutôt cahotique. Un abordage avec le trois mâts français Sully qu’il coule au large de Terre Neuve en 1894. Pas mal d’avatars par la suite qui contraignent à des modernisations successives entre 1897 et 1902. En 1903, au Havre, un incendie détruit une grande partie des installations de première classe. Nouvel accident en 1909 à New York (rupture de cylindre) ; ses passagers sont transférés sur La Bretagne.
En 1913 le navire se porte au secours du paquebot Volturno en feu en plein Atlantique. Durant la guerre de 14 il sert de croiseur auxiliaire et en 1920 sauve l’équipage de la goélette canadienne Associated en perdition.
Une carrière bien remplie qu’il terminera moins glorieusement, à Göteborg, comme hôtel flottant durant la foire exposition de 1923… A la fin de cette même année il sera démoli à Dunkerque.
La photographie ci-dessus dut être prise après 1902, date à laquelle le navire fut refondu ; à l’origine il comportait trois mâts.

Les arsenaux au fil du pinceau

« Les arsenaux vus par les peintres ». C’est le thème retenu pour le 41e Salon de la Marine où, selon leurs disciplines,  les artistes célèbreront leur vision personnelle de ce vaste sujet. Au total 105 exposants dont 44 peintres officiels, présenteront leurs œuvres, huiles, gouaches, pastels, bien sûr, mais aussi sculptures, estampes et photographies. Eclectisme dans l’expression, œcuménisme dans le motif : des usines en mouvement…
Cela promet une exposition variée, bien cadrée, d’autant que des œuvres issues des collections du Musée viendront enrichir la présentation d’artistes contemporains, amateurs ou professionnels.
• Paris, Place du Trocadéro, Musée de la Marine du 24 novembre 2009 au 4 janvier 2010.

Tous mécontents…

Selon Le Marin d’aujourd’hui, la Commission internationale pour la conservation des thonidés (ICCAT) a réduit de 40 % le tonnage de  captures de thon rouge en Atlantique pour 2010. Il passe à 13 500 tonnes. Les pêcheurs considèrent qu’il s’agit d’un nouveau tour de vis, lourd de conséquences, tandis que les organisations écolos pensent au contraire que c’est très insuffisant. Selon elles, seul un moratoire immédiat aurait permis de sauver le thon rouge.
Ainsi les décisions de l’ICCAT se mettent-elles à dos les deux parties qui lui refusent – ensemble – toute crédibilité. A vouloir ménager les uns et les  autres on risque de ne faire que des mécontents.
• Notre photo : au débarquement, un vétérinaire prélève des échantillons de thon congelé pour analyses sanitaires.
Athos

Comment s’en débarrasser

Entendu à la porte d’une déchetterie de Bretagne sud :
- Tu sais ce qui est arrivé ?
- Ouais,  je sais… Mal mouillé le bateau, sans doute ?
- Sais pas, en tout cas il est allé se fracasser sur les roches de Toul Bihan. Perdu, quoi.
- C’est con.
- Oui c’est con…  Obligé de ramasser les morceaux ; vous prenez ça ici ?
- Non, on prend pas le polyester… trop polluant. Mais il paraît qu’il y a une usine de retraitement dans le nord qui le prend.
- Ah bon, où ça ?
- Sais pas… Gaffe, tout de même, ils vont te faire payer le transport, aller-retour, et puis le démontage, le découpage, le traitement d’élimination, ça se paye au poids. Finalement ça va te coûter dans les…
- Attends, c’est plus cher que le bateau !
- C’est bien possible.
- Qu’est-ce que je peux faire ?
- Ma foi… (un temps)… écoute, t’amène ça un soir, près du tas de bois, derrière les déchets verts, on cramera le tout dans huit jours…
Je n’invente pas un mot.
Au fait, où en est l’opération « Bateaux de plaisance hors d’usage » ?

D’Artagnan

Salon Nautique : première piqûre de rappel

D’accord, ce sera le grand cirque, comme d’habitude, mais il est incontournable. Le 49e  Salon Nautique devenu bêtement Nautic, (causons français !) sera au mouillage à la Porte de Versailles à Paris du 5 au 13 décembre prochain. On y annonce comme toujours, beaucoup de nouveautés,  affirmation qui prend cette année un sens particulier pour cause de tangage économique. Pour les organisateurs, il s’agit de dépasser le chiffre de l’an dernier : 252 000 visiteurs. Etant entendu que les curieux ne sont pas forcément les acheteurs.
Nous verrons bien…
En attendant ce qui se passe en coulisse, quand les bateaux arrivent, ne manque pas d’allure, comme le montre la photo ; du beau spectacle, et en plus, c’est gratuit !

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