Oh ! là, là ! fallait pas…
Ce déferlement de compliments pour le prix attribué au Quai des sirènes, que Christophe et moi avons mis à l’eau récemment, ne justifie pas une telle avalanche… Mollo sur l’égo les gars.
Mais bon, comment vous en remercier ? Vous êtes trop nombreux (mais si !) et nous trop paresseux pour le faire individuellement. Alors je vais vous dire, on vous embrasse tous bien fort, les proches, les copains, les inconnus, les femmes et les enfants d’abord, bien entendu.
Maurice Duron
Archive pour octobre 2009
Vous avez dit « bateau-poubelle » ?
Publié 29 octobre 2009 Environnement , Généralité , Langage , Navires Laissez un commentaire
L’expression bateau-poubelle est maintenant bien imprimée dans les esprits et prononcée ou écrite sans désemparer, aussi bien par les journalistes que par les hommes politiques. Or, c’est une erreur, et je suis heureux de constater que Alain Rey (linguiste et lexicographe bien connu) l’a récemment fait remarquer sur une radio nationale.
Pauvre monsieur Eugène Poubelle qui aura été un bienfaiteur de l’humanité citadine en imposant des réceptacles, théoriquement en bon état, pour recevoir les ordures ménagères ; il doit se retourner dans sa tombe en voyant utiliser son nom pour des navires qui, compte tenu de leur état de vétusté ou d’entretien, ne devraient plus naviguer. Les navires incriminés ne sont donc pas des « navires-poubelles » mais des « navires pourris » , ce qui n’est pas la même chose. Sur notre photo, où est le bateau-poubelle ?
Les seuls bateaux pouvant à la rigueur être qualifiés de poubelle sont des chalands ou des barges qui, dans les ports, sont chargés de collecter, ordures, déchets ou sables et vases de dragage. Pour l’anecdote, et au risque de nous faire morigéner par les féministes, signalons que les marins donnent à ces ces bateaux, en bon état, le nom de « Marie-salope »…
H. B.
Une occasion de se taire a été perdue, prière de la rapporter…
Publié 29 octobre 2009 Non classé 1 CommentDans notre série « faut bien rire un peu » (et pour ne pas en pleurer), cette simple question : qui a dit en octobre de l’année dernière : Ces épisodes de prolifération d’algues sont aujourd’hui en phase de stabilisation voire de décroissance, grâce aux actions de régularisation des élevages intensifs et à la limitation de la fertilisation azotée ?
Ne cherchez pas : Jean-Louis Borloo, ministre (entre autres) de l’Environnement.
Ce sont les habitants de Saint-Michel-en-Grève qui doivent être contents… (Relisez aussi notre billet du 12 mars 2008).
Youpi ! un prix pour « Quai des Sirènes »
Publié 24 octobre 2009 Bibliographie , Littérature 1 CommentDans l’équipe d’ Escales Maritimes, j’en connais deux qui vont bientôt sabler le champagne, Christophe Verdier et Maurice Duron. Ils viennent de se voir attribuer le prix « Place de Fontenoy » pour leur bouquin « Quai des Sirènes » dont on a déjà parlé. Ce prix décerné par l’Association des Administrateurs des Affaires Maritimes récompense chaque année un ouvrage célébrant, par la plume ou par l’image, la vie maritime sous ses multiples aspects. Qui mieux que cette éminente institution (officiers de la Marine Marchande et de la Marine Nationale) pouvait juger de la qualité profonde de leur travail ?
Nos deux compères sont donc particulièrement honorés par cette distinction à laquelle ils ne s’attendaient guère… Ils ajoutent à leur gratitude le sentiment que ce témoignage est – aussi – une invitation à récidiver…
Portos
• Quai des Sirènes – Marines Editions – septembre 2009.
Buvons un coup, buvons-en deux …
Publié 24 octobre 2009 Environnement , Marine marchande , Navires , Voile Laissez un commentaire
C’est un beau projet, éthique, intelligent et respectueux de l’environnement, mais qui a du mal à démarrer. Il s’agit de créer tout une flotte de voiliers qui devraient transporter… devinez quoi ? des vins du sud ouest, Médoc, Graves, Sauternes, etc. Nous qui n’avons rien contre le jus de la treille (mais alors rien du tout), vous pensez bien que ça nous a fait réagir. Voici donc ce que nous avons appris.
L’idée en revient à Frédéric Albert qui a décidé un beau jour qu’il devait faire quelque chose pour la planète aussi bien que pour le vin de Bordeaux. Bonne idée…
Passons sur les détails ; il a donc créé la Compagnie de Transport Maritime à la Voile (CTMV) et a confié au bureau Ship Studio le soin d’en étudier un prototype. C’est lui que vous pouvez voir ci-contre.
La CTMV devrait fonctionner avec une cinquantaine de producteurs ; son capital de 50 millions € est détenu à 70% par des « investisseurs privés » (importateurs irlandais et britanniques). L’un de ses premiers objectifs est d’être agréée par Ecocert-Ecopass comme Première flotte européenne de Marine Marchande à voile ! Ça paraît sérieux. Et de surcroît écolo… Pourquoi pas ?
Mais revenons au voilier ; c’est un ketch de 45 m sur 10, construit en acier coque à bouchains vifs, biquille, portant une voilure classique (bermudienne) de 1 000 m² (!) ; sa capacité d’emport est de 208 tonnes de bons crus. À votre santé ! Continuer la lecture ‘Buvons un coup, buvons-en deux …’
1999/2009, une décennie d’acquisitions du Musée de la Marine
Publié 21 octobre 2009 Initiative , Média , Patrimoine Laissez un commentaire
Idée bien sympathique du Musée national de la Marine qui consacre une exposition à ses acquisitions des dix dernières années (achats, cessions, donations, legs et dations). Un vaste rassemblement de pièces très différentes n’ayant de commun qu’appartenir « à la Marine », mais qui montrent bien la volonté du Musée d’enrichir sans cesse ses collections déjà fort riches. C’est donc un peu hétéroclite mais c’est ce qui en fait le charme. Quelques exemples : un casque de scaphandre, une briquette de charbon du temps des vapeurs (voir la photo), une paumelle de voilier, une boîte à gâteaux au nom évocateur… (voir l’autre photo), une maquette de porte-conteneurs, un chapeau d’élève de l’Ecole navale (XIXe siècle), etc. Une exposition très variée donc, et originale. Il faut en féliciter les promoteurs, Marjolaine Mourot, conservateur en chef du patrimoine et Agnès Mirambet-Paris conservateur du patrimoine.
• Palais de Chaillot, à Paris du 28 octobre 2009 au 10 janvier 2010. (10 à 18 heures sauf le mardi) – Photos © Musée national de la Marine/A. Fux et P. Dantec.
www.musee-marine.fr
Pêche plaisance et pêche déplaisante
Publié 21 octobre 2009 Ecologie , Législation , Marine Plaisance , Marine Pêche 1 CommentLa pêche amateur pose deux problèmes. Le premier pratique : c’est un loisir. Son impact sur la ressource globale est effectivement faible. Ce ne sont pas les plaisanciers qui mettent en danger les espèces pélagiques (thon rouge ou requin par exemple), mais leurs prélèvements sur les espèces côtières sont certainement bien supérieurs à 2%. Et puisqu’il s’agit d’un loisir ce n’est pas le volume du tableau de chasse qui compte. Alors ? Si l’on réduit le matériel autorisé (je répète qu’il est trop important) on prendra moins de poisson… mais autant de plaisir. Et, on préservera la biodiversité.
Le second problème est celui des faux plaisanciers, ces pêcheurs semi-professionnels qui passent leurs journées sur l’eau (et pas 15 jours par an !) prélevant sans retenue sur la ressource. Pour leur consommation familiale disent-ils, mais ils doivent avoir une grande, très grande famille… (Je ne parle pas ici de la traditionnelle godaille). En réalité, certains pêcheurs-plaisanciers (pas tous, bien sûr) vendent leur poisson aux restaurateurs et hôteliers locaux, à prix défiant toute concurrence. Je connais plusieurs petits ports où cela se pratique. Ceux-la ne payent aucune taxe, aucun impôt, et ne contribuent en rien au salut de notre économie, tout est « au noir »… Et en prime ils accaparent le travail des pêcheurs pros. Vous trouvez ça normal ?
Aramis (pêcheur occasionnel)
Les voiles du sud ne perdent pas le nord
Publié 21 octobre 2009 Course , Marine Plaisance , Patrimoine Laissez un commentaire
Nos amis Corses n’amusent pas le terrain… maritime. Deux belles manifestations viennent encore de le montrer.
• Le « Tropheo di mezzo passo », une régate réservée aux voiles latines. Douze voiliers (du petit gozzetti de 5 m au veliero de 13 m) ont tenté de s’expliquer entre la Corse et la Sardaigne. Malheureusement une pétole quasi totale a quelque peu perturbé l’épreuve qui fut finalement remportée par le sarde Maestro d’Ascia Angiulin. Mais quoi, ce furent tout de même de bons moments sur l’eau. Un regret pourtant, une seule barque corse le Saint-Joseph, (Sauvaire, Decherchi, Pilorget) a participé à l’épreuve. On espère mieux l’an prochain, grâce notamment à l’action de Latina Mora dont le noble but est de faire naviguer notre patrimoine.
• Le “Tour de Corse” sans escale, par l’est, alignant 47 concurrents dont pas mal de bêtes de course. L’édition 2009 leur a offert le grand jeu, ils ont tout eu, de la pétole nocturne au vent frais, plutôt physique. Ça a conduit les skippers à jouer finement de leur savoir-faire, entre le près serré et le grand largue, en gardant un œil sur une nav souvent délicate. Une sacrée empoignade, orchestrée par une météo sournoise qui n’a pas fait dans la fioriture.
On n’a pas assez de place ici pour reproduire la relation succulente d’Alex Rolet (classé 5e sur Ti Fermi Maï, skipper Nicolas Fauroux) et nous le regrettons ; mais on est tout prêt à vous l’envoyer si cela vous intéresse.
Finalement, ces gars du sud sont plutôt exemplaires dans leur façon de vivre la voile. Qu’ils continuent !
Maurice Duron
• Photo : un bord de près, grand voile arisée, au vent de la côte. Ça pulse…
Le plus grand navire jamais construit…
Publié 14 octobre 2009 Construction navale , Environnement , Evénement , Marine marchande Laissez un commentaireSi l’on en croit le Figaro, la Compagnie Shell envisage de construire un gigantesque bâtiment de 600 000 t. (vous avez bien lu : 600 000 !) de près de 500 m de long ! Deux fois la longueur du Charles-de-Gaulle… Il aura la forme d’un navire mais sera surtout une usine capable, grâce à un procédé inédit, de liquéfier en mer, le gaz naturel prélevé au large de l’Australie. S’affranchissant ainsi d’infrastructures à terre et de gazoducs vulnérables et coûteux. On ne sait si l’on doit s’en réjouir, mais on sait déjà que le budget sera de quelque 5 milliards de dollars. Jusqu’à présent le plus grand pétrolier du monde le Batillus et son sister ship Pierre Guillaumat, mesuraient 414,22 m (cargaison de 677 000 m³).
Plus que les pirates, les « narcos » infectent la mer
Publié 14 octobre 2009 Histoire , Sécurité Laissez un commentaire
Il faut bien se mettre dans la tête que le trafic de stupéfiants est beaucoup plus dangereux pour nos sociétés que le piratage dont on parle si souvent. On peut aussi, sans approuver le moins du monde les pirates somaliens, penser que la plupart d’entre eux cherchent tout bonnement à survivre dans une économie en ruine. On ne peut pas dire la même chose des narcotrafiquants, qui ne sont motivés que par le profit colossal généré par leur activité criminelle. Celle-ci tue beaucoup plus que le piratage ordinaire… Il paraît donc normal que nos Etats procurent aux instances de répression du trafic, des moyens à l’échelle de leur mission. Renseignements, douanes, gendarmerie maritime, agents de la répression des fraudes, etc., voire la Marine nationale. Car la drogue vient pour l’essentiel de Colombie, Bolivie, Pérou, Venezuela, Brésil et l’ensemble de l’arc des Caraïbes, elle doit donc traverser l’immense Atlantique. Son flux reste difficile à contrôler.
On estime qu’environ 200 tonnes de cocaïne traversent l’océan chaque année pour arriver en Afrique de l’ouest ; la coke est ensuite « distribuée » dans les pays de la vieille Europe par des passeurs discrets (les mules). Ils livrent les grossistes qui revendent aux dealers… qui assassinent nos enfants. Ce sont des criminels.
Sur mer, comment procèdent ces tueurs ? Un rapport du Sénat dit que la traversée se fait surtout par voiliers (de plaisance) qui sont à la fois nombreux et a priori non suspects. Quelques kilos bien dissimulés dans les fonds peuvent rapporter gros. Pour les malfaiteurs, il suffit d’avoir beaucoup de complices pour fractionner les risques. Les narcos ne dédaignent pas pour autant les bâtiments plus conséquents ; ils s’approchent des côtes africaines, à la limite des eaux territoriales et transbordent leur cargaison dans de petits bateaux très rapides qui foncent vers la terre. Un débarquement discret et le tour est joué. Ça ne marche pas toujours ; en juillet 2004 par exemple, le remorqueur Togolais Pitéa Continuer la lecture ‘Plus que les pirates, les « narcos » infectent la mer’