Archive pour septembre 2009

Les mots insolites ou méconnus : Le Goguelin

• Le Goguelin est un personnage mythique et fantômatique de la tradition maritime. Il hantait les grands voiliers du XIXe siècle.
C’est une sorte d’esprit farceur et malfaisant. C’est lui qui chaparde la chique des uns, la pipe des autres, est responsable de soupes froides, des maux de dents ou de la mauvaise humeur du bosco. Mais c’est lui aussi qu’on entrevoit dans les coups de torchons nocturnes, lui qui apparaît au chevet d’un mourant, lui encore qui déchire les basses voiles ou boute le feu à la  cambuse… Le Goguelin est redoutable, ses facéties sont imprévisibles, parfois plaisantes, parfois dangereuses. Personne ne l’a jamais vu (on ne peut le décrire) mais nombre de matelots ont entrevu sa silhouette furtive par les nuits sans lune ou au fond des cales les plus sombres. C’est un mauvais génie qu’il vaut mieux ne pas avoir à bord. Si toutefois c’est possible…

Les bateaux de la mémoire (24)

pecheurs +treport carte 3 bon okScène de la vie maritime. Bien alignées en bordure du chenal, à basse mer, les chaloupes débarquent leur poisson ; sur la grève des femmes attendent. S’agit-il de commerçantes, venues s’approvisionner ? ; de préposées, mandatées par les conserveries ? ; ou tout simplement de mères de famille venant prendre leur godaille ? En y regardant de plus près (et malgré le flou du bas de la carte) on voit que la plupart des femmes portent une hotte, ce qui laisse supposer une activité  professionnelle. L’une d’elles, lourdement chargée, remonte les galets ; un petit groupe, à gauche, a posé sa hotte à terre et attend sagement de se faire servir ; à bord, les pêcheurs s’affairent. Le tableau pourrait sembler un peu morose, mais ce n’est sûrement pas le cas ; on devine les plaisanteries et les quolibets verdoyants, que ce petit monde échange…

Le Grand Pavois peut-il pavoiser ?

C’est parti pour le 37e «Grand Pavois » de La Rochelle, jusqu’au 28 septembre. Beaucoup de bateaux, (700) beaucoup de visiteurs attendus (100 000) et beaucoup de nouveautés (150) d’après les organisateurs. Sempiternelle question : combien d’acheteurs et combien de curieux ? Qu’on le veuille ou non, la crise est toujours là – et bien là – et il n’y a pas, pour le nautisme, de « prime à la casse ». Malgré les communiqués rassurants il n’est pas certain que les acheteurs moyens (vous et moi) soyons au rendez-vous. On se demande d’ailleurs si les renouvellements de gammes annoncés ici et là, peuvent y changer grand chose. La Plaisance n’en finit pas de panser ses plaies même si certains font semblant de ne pas s’en apercevoir.
Aramis

Coup de cœur : la jangada brésilienne

DSCN1711Voici le voilier le plus rustique et le plus attachant que l’on puisse imaginer. La Jangada est originaire du Nordeste du Brésil et fut durant des siècles l’embarcation à tout faire de cette région particulièrement pauvre ; il en existe de très nombreuses variantes de 3 à 8 m  environ. (Jules Verne en imagine une, beaucoup plus grande, dans un roman justement intitulé « La jangada » ; c’est une autre histoire…)
L’embarcation est minimale, issue du radeau, que chaque pêcheur pouvait fabriquer sans autre outil que sa machette. Dans sa version primitive l’embarcation consiste en un assemblage de trois ou quatre troncs de balsa, liés et chevillés sans aucune pièce métallique ;  le mât, long et souple, (son emplanture est un simple trou) porte une voile bermudienne (triangulaire) tenue sur un long gui que l’on pourrait appeler wishbone à une seule branche. Cette voile était surnommée cutinga, c’est-à-dire « langue blanche ». Une simple lame de bois enfoncée entre deux poutres tient lieu de dérive. Il se dit que les pêcheurs s’enhardissaient fort loin sur ces bateaux plus que sommaires et vulnérables. En effet, l’équipage (deux ou trois hommes) ne possède aucun abri. Mais, traditionnellement, la Jangada est munie d’une sorte de banc à 4 pieds fixé sur la « coque » et sur lequel s’accroupit le timonier  pour ne pas être constamment mouillé ; devant le banc se trouve un petit portique où l’on accroche le sac de manioc et la calebasse d’eau douce.
Un auteur, Ferdinand Denis, (1839) dit que les Jangadas sont rapides et chavirent rarement ; si cela arrive, l’équipage détache le gréement et les superstructures  qu’il ré-implante à l’envers, sur le radeau retourné…
Depuis le milieu du XXe siècle les Jangadas ont sensiblement évolué ; leur principe Continuer la lecture ‘Coup de cœur : la jangada brésilienne’

L’ « Arctic Sea » blanc comme neige…

Eh ben voilà… Tout est bien qui finit bien. D’après  L’Antenne , les autorités russes n’ont rien trouvé de suspect. Le navire aurait été examiné sous toutes ses coutures (intérieur et extérieur) par des moyens très sophistiqués. Rien d’anormal. Ça rassure ; sauf qu’il s’agit seulement du « contenant », pas du « contenu », et là …
Sur les hommes masqués, les systèmes de contrôle hors d’usage, les missiles (si missiles il y avait), le silence radio, le changement de destination, la fuite de l’ingénieur etc., on ne sait rien de neuf. Mais si l’Arctic Sea ne transportait que du bois, rien que du bois, on peut penser que tout ça n’est que le fruit de quelques imaginations très inflammables.
Allons, à quoi pensiez-vous ?
Les petites marionnettes ayant fait leurs trois petits tours, à présent elles s’en vont…
Athos

Peut-être aimerez-vous « Quai des sirènes »…

sirène okAvec mon ami Christophe Verdier nous avons construit ce bouquin dont le sujet central sent la marée, les épices et le gasoil ; bien entendu, il parle de bateaux, d’escales et de rencontres interlopes. Cent vingt aquarelles de Christophe sur lesquelles j’ai plaqué une vingtaine de  pochades, un peu désinvoltes. Il semble que le résultat sonne plutôt juste, l’osmose textes-images  fonctionnant naturellement comme l’amitié des deux auteurs. Bref, Quai des sirènes est globalement conforme à notre projet…
Si, comme nous, vous aimez les ambiances portuaires, les escapades océaniques, et les belles images de mer, ça pourrait vous plaire. Il y a de tout, du cap Nord aux Kerguelen, de Recouvrance à Hong Kong avec, en permanence, une certaine émotion du regard et du commentaire. Un patchwork de rouille, d’écume, de glaces et de crépuscules ; une fresque d’engins industrieux, de ferrailles contorsionnées, de cuves et de silos ; des instantanés de la vie maritime, en mer ou au port. Et tant d’autres choses…
Précision. Pas question ici, de faire de la retape pour notre bouquin mais simplement d’en signaler la sortie aux amis d’Escales Maritimes, qui  pourraient en apprécier l’esprit et la couleur…C’est tout. (Et c’est bien comme ça !)
Mais quoi ? Un dernier coup d’œil sur l’eau salée, en douce, après les vacances, ça ne peut  faire de mal à personne…
Maurice Duron
• Quai des sirènes – Christophe Verdier et Maurice Duron – Marines Editions – Septembre  2009 – 29 €.

Les passionnés de la mer à Marseille

Très sympa. Pour leur 10e édition « Les Rencontres des passionnés de la mer » ont choisi pour devise : « Nettoyons la mer ; Clean-up the world ». Elles se dérouleront du 18 au 20 septembre à Marseille, bien entendu. L’initiative est due à Cap Marseille qui propose une animation éco-citoyenne et sportive sous le regard bienveillant de N-D de la Garde. Ça se passera sur le Vieux Port (face à la Mairie) et en mer vers le Frioul, les Calanques, la Corniche et la rade de Marseille. Imaginez le décor…
En particulier, les 10e Régates internationales de Yoles de Bantry, à la voile et l’aviron, à bord de ces magnifiques embarcations qui n’ont pas changé depuis le XVIIIe siècle .
Prévus également  Les Greniers de la Mer (puces nautiques), des activités éco-citoyennes  et une opération d’écorécupération dans le Vieux Port.
Bref, un moment riche de chaleur humaine et de responsabilités. Nous apprécions.
Athos

La « Calypso » de Cousteau peut-être sauvée des eaux…

800px-La_calypso,_vue_d'ensembleancienne + nelle étraveNelle étrave CC 09
La célèbre Calypso du commandant Cousteau est en réfection à Concarneau. En fait, il s’agit d’une refonte complète du bâtiment dont l’état de délabrement était tel qu’on a cru pour un temps à sa disparition pure et simple… Il faut dire que son naufrage à Singapour (éperonné par une barge en 1996) avait fait craindre le pire.
La Calypso est un ancien dragueur de mines de la dernière guerre, en bois, construit en 1942 à Seattle (USA) pour la marine britannique (HMS J 826). Longueur 42,35 m, largeur 7,47 m., 402 t., vitesse 10 nœuds.  Devenu propriété de Cousteau en 1950 il fut  transformé  en bâtiment océanographique. C’est à son bord que furent produits les grands films sous-marins qui ont fait la célébrité de son propriétaire.
Après la disparition de Cousteau en 1997 et après de nombreux avatars juridico-financiers un procès attribua la propriété du bâtiment à « The Cousteau Society ».
Entrée aux Chantiers Piriou en octobre 2007 (en piteux état) la Calypso a fait l’objet de travaux très importants. Pourtant, le chantier n’a fonctionné que par à-coups ; cet été il était arrêté mais devait reprendre prochainement nous a-t-on déclaré. Tant mieux. Pour l’heure, seule l’étrave (entièrement refaite) émerge des hangars du Chantier Piriou où l’on peut mesurer l’énorme travail déjà réalisé et estimer celui qui reste à faire. Le chantier est soigneusement masqué et interdit au public comme s’il s’agissait d’un sous-marin nucléaire… La « fausse étrave » (ajoutée naguère pour permettre les prises de vues) a été démontée – on la voit sur nos photos – et remplacée par une étrave « normale ». Les membrures (au moins dans la partie visible) ont été refaites en mélèze. Les superstructures devraient également faire l’objet d’une refonte quasi totale. C’est donc une nouvelle Calypso qui est en train de naître (renaître ?) en secret à Concarneau. Malheureusement, le plan de charge a pris un retard important et l’impression qui prévaut est qu’il reste probablement des problèmes à régler…
Aramis
• Photos : à gauche la Calypso à son arrivée aux Chantiers Piriou en 2007 ; au centre : la proue du bâtiment avec l’ancienne et nouvelle étrave ; à droite : les nouvelles membrures.

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Les contrebandiers sont toujours à Bonifacio

Avec un patronage prestigieux (Latina Mora, ville de Bonifacio, l’Office du tourisme et la Ligue Corse de voile) ainsi que des intervenants de premier ordre, la Route des contrebandiers menace de faire un tabac…  Un programme de conférences-débats, tous azimuts, des animations variées, (maritimes, écolos, culturelles, citoyennes)  et une régate furibonde dans les Bouches, vont en illustrer la 4e édition, du 24 au 27 septembre.
Le programme est trop copieux pour entrer dans les détails. Sachez simplement qu’il y sera question de biologie subaquatique, de tradition orale et de linguistique corses, de gens de mer, etc., le tout entrecoupé de concerts et d’animations diverses. Un superbe programme auquel il n’est pas impossible que nous assistions.
Aramis

Les bateaux de la mémoire (23)

Carte P - CreteUn joli document, enrichi de la correspondance détaillée de « Naine » (rédigée dans un français parfait) qui nous montre le port de La Canée (Chania) tel qu’il était il y a plus d’un siècle. Ce port est la capitale de la Crète de l’ouest.  Au premier plan, à droite, une forte embarcation (une felouque ?) sur laquelle on a gréé un taud ; au centre deux vapeurs au mouillage derrière lesquels on distingue plusieurs voiliers, ainsi que le phare;  dans les lointains, à gauche, deux bâtiments de guerre assez imposants. L’ensemble constitue une scène un peu confuse mais bien typée, l’impression finale étant celle d’une certaine nostalgie maritime.

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