Archive pour août 2009

A bord de l’ « Arctic Sea » : bons baisers de Russie…

Le feuilleton continue. (Voir nos derniers billets). Ca se précise peu à peu ; les pirates sont enfermés dans la prison de Lofortovo (ex-prison KGB), le bateau fait route vers Novorosiilsk (mer Noire), les Russes s’occupent de tout et Malte, Etat du pavillon, n’a pas droit à la parole. Détail important : le navire pourrait être confisqué car considéré comme « pièce à conviction ». Tiens, tiens… ç’est probablement que dans ses flancs se terrent des choses un peu particulières. Et à partir de là, les rumeurs se mettent en branle ; on parle avec insistance de trafic d’armes, plus précisément de missiles de croisière russes X55 (moyenne portée) destinés à l’Iran… comme par hasard. Du coup, il se dit que l’attaque dans les eaux suédoises pourrait être un coup des services secrets israéliens (N’oublions pas que l’Iran veut effacer Israël de la carte). Du coup, tout se mélange : pirates ? terroristes ? grand (très grand) banditisme ? guerre secrète ?… Ho là là !, ça fait beaucoup tout ça, et ce n’est pas fini… On nage en plein polar. D’ici que le Docteur No surgisse à la passerelle, avant que notre bon vieux James (OSS 117) ne l’envoie au tapis dans la soute à charbon, il n’y a plus qu’un pas ; il sera  franchi bientôt par Nikolaï Makarov, Chef d’état-major des forces russes qui nous promet toute la lumière sur la cargaison du navire. Ouf !

Aramis

Les bateaux de la mémoire (22)

32chili9Deux images insolites. A gauche, voici le paquebot Chili des Messageries Maritimes (longueur 148 m, largeur 14,6 m, déplacement 7725 t, 967 passagers) lancé le 14 octobre 1894 à La Ciotat. On le voit ici à Bordeaux, pimpant,lorsdel’embarquement des passagers à destination de l’Amérique du Sud. L’événement ne semble pas banal, de nombreux parents, amis ou badauds sont venus accompagner les passagers jusqu’à la coupée. C’était le bon temps…A droite, le même Chili , échoué à Bordeaux le long du même quai (!) en avril 1903. En triste posture, il est devenu une attraction que les élégantes viennent considérer avec candeur. Les habitués du port, eux, restent perplexes sur le niveau d’envasement de l’estuaire…Le bâtiment sera pourtant renfloué, réparé (intérieurs entièrement refaits) et placé en 1912 sur les lignes de l’Extrême-Orient, puis de la Méditerranée. Devenu transport de troupes pendant la Première Guerre, il sera vendu pour démolition en 1927.

On a bien aimé « Rôle de plaisance »

C’est un vieux bouquin… Mais c’est le genre de bouquin qu’on ne raconte pas parce que tout le sel qu’il contient apparaît à chaque ligne. Et pour tous ceux qui aiment la mer, autant que l’humour, il y a de quoi faire… C’est un grand classique que tout voileux digne de ce nom, je le dis sans ambage, a l’obligation absolue de dévorer. Tout est bon, il y a rien à jeter aurait dit le poète catalan.
C’est l’histoire de deux mecs qui s’offrent quelques jours de voile à destination (incertaine) du Zipangu… En copains. Bon bateau, bon marins ils ne craignent rien du coup de torchon qui leur tombe dessus dès le départ, (Cherbourg) si ce ne sont les aléas habituels de la navigation à la voile. Tout le bouquin est là ; une chronique au plus près serré d’une balade en mer. Une balade agitée…
Même s’il ne faut pas déflorer les surprises, en voici une parmi d’autres.
Ils sont donc dans le mauvais temps, voilure minimale, ancre flottante gréée, le nez dans la plume. Ils bouchonnent. Continuer la lecture ‘On a bien aimé « Rôle de plaisance »’

Les pirates du Golfe (…du Morbihan)

Golfe été 09Rien n’arrêtera donc les bateaux pirates ? En voici un, peu discret et plutôt aimable, photographié au printemps dernier dans le Golfe du Morbihan. Il ne semble pas bien méchant mais ses peintures de guerre annoncent clairement la couleur : ses concurrents n’ont qu’à bien se tenir…. C’est une sorte de trimaran râblé, dont les flotteurs en lame de rasoir, lui donnant l’allure d’un gros insecte aquatique.On n’en sait pas plus, son nom lui-même (merci Jules Verne !) étant énigmatique : en grec, Nemo veut dire « personne ». Mais que fait la police ?

L’ « Arctic Sea Ghost » et ses mystères…

 
Allez, une petite info, comme ça, histoire d’alimenter les conversations d’apéro. On lit dans le Marin de cette semaine que l’Arctic Sea  était muni de tous les systèmes d’information de suivi de navires. Entre autres (il y en a plusieurs) du SSAS (Ship Security Alert System) prévu contre la piraterie. Ce système (obligatoire depuis 2004) envoie des émissions par satellite. Il est muni d’une alimentation électrique indépendante et ne peut être déclenché que par deux boutons, l’un en passerelle, l’autre en un lieu secret, connu du seul commandant. En principe le cargo fantôme devait en être équipé. Alors ?
Athos

Léopoldine et le mascaret

 
Contrairement à ce qu’on m’a appris à l’école, Léopoldine Hugo, la fille du grand Victor, n’a pas perdu la vie, emportée par un mascaret à Villequier. Elle est morte dans un banal accident de voilier, comme hélas il s’en produit parfois. En 1843 il n’existait pas de ponts entre Rouen et Le Havre ; pour chaque traversée, il fallait soit emprunter le bac soit passer avec une embarcation. Le 4 septembre, Léopoldine et son époux Charles vont consulter leur notaire à Caudebec ; par grand beau temps, ils traversent le fleuve sur un petit dériveur lesté, il y a peu de vent. Au retour, du côté du « Dos d’Ane », ils sont surpris par une brusque survente qui  couche le voilier. Ils n’ont pas le temps de s’installer au rappel, le bateau chavire. Prisonnière sous la voile Leopoldine se débat, son mari tente de lui porter secours, en vain. Ils périssent ensemble, noyés. Elle n’avait que 19 ans.
Deux autres passagers, l’oncle et le neveu, périssent dans l’accident.
Telle est la vérité sur ce tragique événement, dénaturé par une légende aussi tenace qu’incompréhensible.

(Source : Bernard Rousse, ancien pilote major au pilotage de la Seine ; merci à lui).

La mort du petit cheval (suite)

François Fillon, grand écolo devant l’Eternel (son sport préféré est la course automobile) a répondu à notre appel lancé en mars 2008 de venir à Saint-Michel-en-Grève mesurer les dégâts des algues vertes* ; on avait invité Borloo, c’est le patron qui est venu… Bon, le sort du petit cheval l’a sûrement ému, car voici qu’il explique aujourd’hui ce qu’on sait depuis longtemps : les algues vertes sont dangereuses pour la santé humaine et animale. Il annonce que l’Etat va prendre en charge le ramassage des algues tueuses, et qu’une commission interministérielle va, dans les 3 mois, faire des propositions de lutte contre le fléau. Alors, devant d’aussi bonnes intentions nous nous permettons de lui rappeler 1/ que le ramassage est une compresse sur une jambe de bois, ça ne sert à rien ; 2/ qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir, c’est-à-dire intervenir en amont ; 3/ que les fameux nitrates proviennent essentiellement des élevages industriels de porcs et de poulets ; 4/  tant que les éleveurs ne produiront pas moins et mieux rien ne sera résolu ; faute de mesures énergiques à ce niveau, ça va continuer*.
A bon entendeur… et avec nos respects monsieur le Premier ministre.
Aramis
*Voir nos billets des 12 mars 2008 et 17 août 2009.

Il était un petit navire, l’« Arctic Sea »…

Eh bien ça y est, l’Arctic Sea est retrouvé, les pirates capturés, le bateau sous contrôle de la marine russe. On va passer maintenant aux explications de texte pour comprendre les très étonnantes circonstances de l’équipée. Pour l’heure on sait que ce sont les bâtiments de guerre et l’aviation russes qui ont pisté et neutralisé les 8 pirates estoniens, lettons et russes, sans que soit tiré le moindre coup de feu…
Bon, faudra voir, mais pour les détails reportez-vous à votre journal habituel qui ne va sûrement pas être avare de détails. Jadis, en été, on avait le serpent de mer, maintenant on a les pirates. Tout change.

Algues vertes : c’est la mort du petit cheval…

Ca y est, la polémique est lancée. Du côté de Saint-Efflam (Côtes d’Armor) la mort du petit cheval soulève les passions. Les uns disent que la bête a été victime d’émanations d’hydrogène sulfuré, très toxique, provoquées par la décomposition d’algues dites vertes ; les autres affirment que ces même algues s’accumulent dans les trous vaseux (genre sables mouvants) que leur seule présence indique ; suffit de ne pas y aller. Les thèses s’affrontent dans les conversations de comptoirs, communiqués plus ou moins officiels, analyses vétérinaires, élucubrations de mauvaise foi, voire chausse-trappes politiques…
Nous, on a beau se croire écolos, le sort (regrettable) de l’ongulé ne nous préoccupe que moyennement. La chose primordiale est que les algues maudites prolifèrent partout , y compris, bien entendu, sur cette superbe plage de Saint-Michel-en-Grève. Elles sont invasives, puent abominablement, et sont peut-être dangereuses. Mais pourquoi sont-elles là ? C’est ça le vrai problème, et pas la mort du petit cheval. Eh bien on le sait, tout le monde le sait, ce sont les tenants de l’agriculture intensive qui souillent de nitrate et depuis des decennies (merci la FNSEA !) notre bonne terre de France. Ces déjections polluantes, mal contrôlées (incontrôlées ?) gagnent la mer tôt ou tard où elles font les choux gras de l’algue qui s’en délecte. C’est en amont que ça se passe. Tant qu’on gorgera de lisier nos terres cultivées, ça continuera… Ce n’est pas en ramassant chaque matin le végétal incriminé (au moyen d’engins polluants eux aussi) qu’on règlera la question. Le gouvernement annonce (déjà !) une étude pour vérifier la toxicité des algues. Ca me fait sourire. Si vous avez une seconde, jetez donc un coup d’œil sur notre billet du 12 mars 2008.
Aramis

« L’Arctic Sea » ne répond plus…

RUSSIA-MALTA-BRITAIN-TRANSPORT-SHIPPINGQu’est-ce que c’est que cette histoire ? Le cargo Arctic Sea, battant pavillon maltais se serait volatilisé après avoir été attaqué entre la Suède et le Portugal, par des pirates très spéciaux. Si cela se confirme ce serait une première dans les eaux européennes. Il était armé par un équipage russe de 15 hommes et transportait du bois à destination de l’Algérie. Mais pour autant qu’on peut le savoir aujourd’hui 14 août, l’affaire présente plusieurs aspects extravagants.
1/ Le bâtiment aurait été attaqué le 24 juillet par 10 hommes armés (selon l’Agence Tass) déguisés en policiers au large de l’Ile d’Öland. (Suède)
2/ L’alerte n’a été donnée que 10 jours plus tard par l’armateur finlandais.
3/ Le bâtiment, contrôlé par radio dans la Manche n’aurait nullement fait état de l’attaque.
4/ Selon les autorités espagnoles le navire n’a pas franchi le Détroit de Gibraltar ; on peut donc supposer qu’il a été détourné vers l’Atlantique sud ou ouest.
5/ Le dernier contact automatique (AIS) avec le cargo aurait eu lieu le 30 juillet alors qu’il se trouvait au large de Brest. (Il fut par la suite repéré par un avion au large du Portugal).
6/ Les informations officielles émanant de l’Europe sont floues, imprécises, et les rumeurs parfois contradictoires. (Suffit de lire la presse). Voilà donc une bien étrange histoire qui peut être une extension de la piraterie, une affaire de grand banditisme (trafic de drogue ou d’armes), un « coup » terroriste, autre chose encore… ou tout simplement un pétard mouillé. Bien bizarre tout de même…
(La photo a été chapardée au Figaro)
Athos

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