Archive pour juillet 2009

Accrochez-vous, ça décoiffe (encore !)

Attention, ça va vite, très vite… On est assez loin du célèbre Moth, créé en 1929, et qui est une célébrité de la voile légère ; celui-ci est sa version australienne, revue et corrigée en hydroptère. On en devine facilement le principe. Super voilé, léger, doté d’une dérive à ailette, il déjauge comme un malade… Mais la grande astuce réside, semble-t-il, dans le safran qui, lui aussi, comporte une ailette mobile permettant de modifier l’assiette de l’engin selon la vitesse ou l’état de la mer. Quant au résultat, vous l’avez sous les yeux. Quel pied !

Retour de pêche à la voile, ça marche ! (de mieux en mieux)

Julian 30 juin 2009 017Julian 30 juin 2009 028Ceux qui connaissent bien « Maritimes » ont pu suivre l’évolution de l’ami Jean-Luc, pêcheur douarneniste, qui a équipé son bateau P’tit Mousse d’une voilure de plus en plus élaborée. D’abord deux génois à enrouleurs en 2006/07, puis un foc sur boute-hors au début 2009 et tout récemment une trinquette et un tape-cul sur l’arrière. Il a ainsi transformé son petit chalutier en un véritable ketch ; les voiles d’avant et du centre (dans le rôle de la grand voile) lui donnant de la puissance, le tape-cul de l’équilibre. C’est alors qu’il s’est aperçu que son bateau de 20 tonnes (+ trois ou quatre de matériel) remontait à 40° du vent ! Incroyable mais vrai ! Et le jour où je l’ai rencontré (c’est toujours un plaisir) il venait de débouler dans la baie à 6 nœuds, sous voiles seules, moteur arrêté. (20 nœuds de vent et 80 m² de voilure ).

Jean-Luc est un visionnaire et un précurseur ; il a fait cela tout seul, petit à petit, avec la complicité d’Olivier, et les bons conseils de Jean-Louis. Moi, je trouve ça formidable, mais tout le monde ne pense pas comme ça. Tenez, après avoir étudié, financé, installé, testé (en situation), son projet, Jean-Luc s’est dit que les Pouvoirs Publics (très  énergies douces , vous l’avez remarqué) pourraient peut- être lui donner un petit coup de main ; il a déposé un dossier en ce sens. Eh bien ! l’administration a trouvé l’idée fort intéressante mais réglementairement il fallait déposer le dossier avant le début des travaux. Donc c’était trop tard… Désabusé, mais beau joueur, Jean-Luc en sourit encore. Dire que pendant ce temps-la, des chasseurs de primes se gavent de subventions…

Maurice Duron

(Voir nos précédents billets du 3 septembre 08 et 22 avril 09)

Le torpilleur fantôme de Pertusato

pointe st-antoineNos amis Corses nous ont adressé un ouvrage dédié à Bonifacio et ses alentours. Il s’appelle Libertas, de la devise de la ville. Un excellent boulot, tout en élégance, (en photos), ou de nombreux regards se croisent sur la Ville-merveille de Corse du Sud. Saluons ses promoteurs Frédéric Verrons et Alex Rolet, ainsi que les photographes. Parmi les clichés (tous de qualité) j’ai retenu celui-ci, pour le mystère qu’il contient. C’est la pointe Saint-Antoine devant le Cap Pertusato ; elle évoque je ne sais quel torpilleur maudit, condamné à rester immobile, jusqu’à ce qu’il perde ses oripeaux, emportés par le sel et l’embrun. Il y a du pathétique dans cette image et sans doute un peu d’effroi, lorsqu’on l’entrevoit au crépuscule. L’angle de prise de vue y est sûrement pour quelque chose, mais justement, c’est l’art du photographe. En tout cas, une étrange et bien belle image que tout amateur de Mer appréciera.

Aramis

L’escorteur perd son tréma… et change de nom (!)

Allez, c’est l’été, on peut bien rire un peu… Dans son livre pathétique « Le lièvre de Patagonie » Claude Lanzmann parle de l’intervention de marins français lors du tragique tremblement de terre d’Agadir. Certes, ce n’est pas drôle, mais ça le devient à cause d’un correcteur négligent – ou facétieux – qui a oublié un tréma sur le nom d’un bâtiment de la Royale. Ainsi, à la page 370 on constate que l’escorteur La Baïse (du nom d’un affluent de la Garonne) est devenu tout simplement… La Baise ! Ce qui n’est pas exactement la même chose.

Les bateaux de la mémoire (21)

26Ce fier paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique qui fait son entrée au Havre fut lancé en 1896. C’est La Champagne, un bâtiment en acier de 150 m de long, 15,76 de large, vitesse 17,5 nœuds. Il a belle allure, mais il trompe bien son monde : il a le mauvais œil. Le 7 mai 1897 il éperonne et coule le paquebot Ville de Rio de Janeiro (des Chargeurs Réunis) devant Barfleur puis s’échoue sur un banc de sable. Pas de victime. On le répare, mais, en février 1898 il dérive pendant cinq jours dans l’Atlantique nord suite à une avarie de machine ; il sera pris en remorque par un autre paquebot. C’est déjà beaucoup, mais ce n’est pas fini. En 1912 il entre en collision avec le Desna de la Royal Mail Line à Lisbonne. Dégâts légers. Enfin le 28 mai 1915 il s’échoue en pleine tempête devant Saint-Nazaire et se casse en deux. Là, c’est trop, on le vendra pour démolition.

Plaisance : Wauquiez rattrapé par la crise

Wauquiez n’en a pas fini avec ses soucis. Racheté par Bénéteau puis, revendu au fonds d’investissement américain Verdoso Industry, l’entreprise vient d’être placée en procédure de sauvegarde. Le célèbre chantier n’est pas en cessation de paiement dit-on, l’opération n’ayant pour but qu’anticiper les risques et réserver des liquidités pour livrer les clients. Mais au-delà des mots, il faut comprendre que les affaires ne sont pas fameuses. Aucun licenciement ne serait envisagé, mais lorsqu’on connaît les mœurs des boîtes américaines spécialisées dans le rachat de PME en difficulté, on peut se poser des questions. Nous en saurons plus avant le prochain Salon Nautique.

Athos

Mais oui, c’est bien “Joshua”…

 

image001Demain, 19 juillet aura lieu à La Rochelle un appareillage pas tout à fait comme les autres. Joshua, le bateau mythique du grand Bernard larguera ses amarres à destination de Vannes. Ceci à l’occasion de l’inauguration dans cette ville du Quai Bernard Moitessier, juste en face du Quai Eric Tabarly. Une occasion rare de voir l’illustre ketch sous voile, barré par Jacques Hilken . Peu après, le 28 juillet, Joshua gagnera Paimpol pour le Festival des chants de marins. Si vous êtes par là, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Cyrano

Une usine à gaz dans le port de plaisance

DSCN1651Je sais bien que la formule est à la mode, le « Grenelle » est l’occasion de tout mettre sur la table comme le dit le ministre Borloo. On peut donc trouver dans celui de la Mer aussi bien des idées de génie que des âneries monumentales. Parmi ces dernières voici celle d’un éminent spécialiste qui, pour éviter la construction de nouveaux ports de plaisance (très vilains dans le décor), préconise de mutualiser les places de ports actuels.  L’économie de fonctionnalité où l’usage l’emporterait sur l’objet. Bigre. Les places de port ne seraient plus attribuées à titre privatif mais allouées en temps partagé entre plusieurs usagers. Un peu comme les parkings en zone bleu ; sympa, non ?

Sur le papier tout  s’explique, mais dans la réalité des choses, on voit mal comment gérer une telle usine à gaz même avec un bon ordinateur (plannings, facturations, contretemps, contestations, aléas maritimes, etc.) Et surtout, on voit encore plus mal les heureux possesseurs d’une place au ponton, la céder  à heure dite, sans pouvoir l’utiliser à leur gré et quand ça leur chante. C’est en opposition totale avec les comportements actuels, qu’on peut regretter, mais qui sont ce qu’ils sont. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, je dis que c’est tout bonnement impossible. Pas sérieux.

Ce n’est pas  avec des idées comme ça, qu’on fera avancer le schmilblick-en-eau-salée qui  risque simplement de se faire dépasser par les bigorneaux. 

Maurice Duron

Source : le colloque Nautisme et développement durable tenu à Lorient le 11 juin dernier.

Boîtes à histoires… maritimes

 

Anne-Emmanuelle Marpeau expose au Port-Musée de Douarnenez un travail d’une extrême originalité : Boîtes à histoires. Personnellement je n’ai jamais rien vu de comparable : mode d’expression, traité, inspiration. Ces œuvres s’apparentent  par certains de ses aspects aux dioramas, par d’autres aux ex-voto, et par d’autres encore  aux germaines maritimes. Imaginez de petites châsses murales, sous verre, où sont représentées en volume (genre santons miniatures)  des saynètes maritimes, réelles ou imaginaires. Les sujets sont à la fois oniriques et descriptifs mais tous marqués par une vision personnelle, elle-même restituée avec une grande délicatesse.

On ne sait rien des matériaux utilisés (sans doute nombreux), mais qu’importe, l’émotion est là, l’œuvre chante et c’est ce qui compte.  

Il y a  dans ce travail tant d’innovations, de raffinement, d’inventions, que cela suppose un voyage imaginaire qui n’existe que dans l’enfance. Avec, en prime, une audace plastique et un souci du détail proprement époustouflants.

On ne peut guère en dire plus ; il faut lâcher son regard sur ce monde d’étonnement, un peu comme  on entre dans  un roman de Jules Verne ou de Melville. L’esprit souffle et le rêve s’éveille… 

Si vous êtes en Bretagne et que vous ne pouvez voir qu’une seule expo cet été, c’est celle-là qu’il faut voir !

Aramis

 Port-Musée de Douarnenez – Jusqu’au 4 octobre 2009 -

 www.port-musee.org

Les bateaux de la mémoire (20)

dardanelles okPetit travail de propagande comme seules les guerres savent en produire. De quoi s’agit-il ? De la célèbre expédition franco-anglaise aux Dardanelles en 1915 représentée ici par un peintre naïf. Ce devait être une promenade de santé, ce fut un cuisant échec ; les alliés ne purent forcer le passage et durent se retirer, sous le feu des canons turcs. La France y perdit le cuirassé Bouvet, les Anglais les croiseurs de bataille Ocean et Irresistible, entre autres. En bas à droite de la carte, on voit la bouée du Gaulois qui, sérieusement endommagé, faillit ne pas revenir de l’aventure…

L’homme qui fut l’instigateur de cette désastreuse affaire est le Premier Lord de l’Amirauté, un certain Wiston Churchill.

Cette petite pochade (éditée pour la circonstance) témoigne d’une fanfaronnade bien imprudente et presque risible… si elle ne s’était soldée par une hécatombe.

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