Archive pour mai 2009

Ouest-France reprend le Chasse Marée

D’accord, « Maritimes » n’est pas un magazine d’actualité ; mais que voulez-vous, quand on tient une info, on ne peut pas la garder pour nous…
Nous avons appris, de bonne source, que le prestigieux Chasse Marée - une référence en matière d’ethnologie maritime – serait sur le point d’être acquis par le Groupe Ouest-France. Les pourparlers sont très avancés et il ne resterait que des questions de détails à régler avant l’annonce officielle. Ainsi après être passé par les Editions Glénat, le magazine douarneniste tomberait dans l’escarcelle du grand quotidien de l’Ouest et rejoindrait d’autres publications maritimes dont  Le Marin .

A suivre.
Aramis

Situation délicate par fort coup de vent

On ne sait rien de cette vidéo ; on la suppose prise à Larache au Maroc, c’est tout. La qualité est médiocre et la première minute sans grand intérêt, mais après… Les images parlent d’elles-mêmes, pas besoin de commentaire. Elles montrent que l’entrée de certains ports peuvent se révéler hasardeuses par vents forts, même si l’on en est pratique. Elles montrent surtout la maîtrise du patron de ce petit chalutier, qui fait une démonstration de son art de la manœuvre en situation délicate. Il s’esquive sous les lames dangereuses, fait tête aux plus hautes, évite de se faire prendre par le  travers, et attend le moment favorable pour tenter sa chance. Passera, passera pas ? Regardez et vous saurez…

Haliotika, l’incontournable du Guil…

Les vacances…
Si d’aventure vous passez par le Pays Bigouden et que vous avez mare de la stupide bronzette, faites donc un détour par Le Guilvinec où Haliotika, la Cité de la pêche, propose des activités utiles et intelligentes. Il y en a pour tous.
• Des visites de jour et de nuit de la célèbre criée où vous découvrirez la face cachée du métier de pêcheur.
L’Atelier Cuisine de la mer où le chef Bruno Matignon enseigne comment (bien) préparer le poisson, démonstration à l’appui.
L’atelier Tout sur le poisson pour éviter de consommer idiot et bien choisir ces délicats animaux (fraîcheur, saisonnalité, préparation).
Les Recettes du pêcheur ; des tours de mains simples pour préparer (et réussir) les mets traditionnels ; coquillages et crustacés pour mieux connaître les demoiselles du Guil (appelées aussi langoustines).
Et puis la surprise de Scarlette Le Corre qui explique dans l’atelier Algues marines comment récolter et le cuisiner ce végétal méconnu.
Et encore, des ballades en bateau pour découvrir le port et l’estran ou mieux, l’embarquement sur un chalutier pour une marée avec un patron pêcheur.
Et bien d’autres animations que nous ne pouvons détailler…
Notre avis : une animation qui ne prend pas le touriste pour un gogo  à qui on peut vendre n’importe quoi ; au contraire, Haliotika cherche à instruire et partager … dans la bonne humeur, bien entendu.
Nous, on aime bien…
Aramis
haliotika@wanadoo.fr

Trois-mâts : barque ou carré ?

3 mats ok3 mtas ok 2Jean-Marc, nous demande la différence entre un trois-mâts barque et un trois-mâts carré. Voici.
A la fin du XIXe siècle et début XXe on donne le nom de trois-mâts aux grands voiliers parce qu’ils portent trois mâts pour la plupart : un mât de misaine à l’avant, un grand mât au milieu, un mât d’artimon à l’arrière.   Leur voilure est, pour l’essentiel, composée de voiles dites « carrées » (en fait trapézoïdales) tenues sur des vergues. La différence : sur un trois-mâts carré les voiles d’artimon sont carrées. Sur un trois-mâts barque l’artimon  ne porte aucune voile carrée mais une brigantine (voile aurique établie sur une corne et non sur une vergue). C’est tout. Pas compliqué… Cette classification reste valable pour les autres types de voiliers à quatre, voire cinq mâts ; La France (le plus grand voilier du monde, construit à Bordeaux en 1911) était un cinq-mâts barque.
Nos images représentent les deux types de bâtiments que Jean Marc devrait aisément identifier.  Les fameux clippers de la laine et du thé étaient pour la plupart des trois-mâts carrés ; le célèbre Belem qui navigue toujours est un trois-mâts barque. (En cas de problème, voir le Dico).
Cyrano

Les bateaux de la mémoire (16)

cornou AOn voit ici une compagnie de débarquement de fuscos (fusiliers  marins) à l’exercice, en tenue réglementaire,  dans des chaloupes à moteur ; il n’y a pas d’avirons. Les embarcations sont  commandées par un second maître ou maître principal.
La carte est datée du 5 octobre 1915, rédigée à bord du navire-école Tourville, (précédemment Gironde) et adressée au frère de l’expéditeur qui doit, lui-même, être sous les drapeaux. Au verso, la correspondance dit, entre autres, ceci : on doit partir pour les Dardanelles le 8 ; je commence à me faire chier à Malte où je suis sur un bateau de corvées.  Tu es bien peinard d’aller en permission de six jours, quelle ration elle va prendre Marie-Jeanne ! (Honni soit qui mal y pense).

Le Canal de Panama victime du dérèglement climatique ?

panamaCeux qui n’ont pas eu l’occasion de visiter la superbe exposition sur le Canal de Panama organisée par la Corderie Royale, ne le savent peut-être pas, mais la célèbre voie d’eau est en cours d’élargissement. Ses vieilles écluses de 33,50m de large sur 305 m de long et 12 m de profondeur n’étant plus en mesure d’accueillir les grands porte-conteneurs actuels dits « post Panamax », ceux-ci sont obligés de passer par le Cap Horn comme les voiliers de jadis. D’énormes travaux, entrepris en 2007, visent à ouvrir le Canal à des navires beaucoup plus gros comme les porte-conteneurs de 12000 boîtes ; ils portent sur  :
• La construction d’un double jeu d’écluses à trois niveaux entre Pacifique et Atlantique.
• L’élargissement et approfondissement des chenaux d’approche et de navigation.
• La surélévation du niveau d’exploitation du Lac Gatun (côté Atlantique).
Les dimensions adoptées pour les écluses sont de 427 m de long, 55 m de large, 18,3 m de profondeurs ce qui convient aux plus gros mastodontes actuels. Cela oblige à des travaux gigantesques, compliqués, coûteux, (5,25 milliards de $) impliquant un retour sur investissement aussi rapide que possible. (Fin des travaux prévue en 2014).
C’est là que les choses se gâtent…
L’avenir du Canal est peut-être menacé. Le dérèglement climatique – lié principalement aux activités humaines – pourrait tout remettre en question. En effet, la fonte accélérée des glaces polaires, due au réchauffement des océans,  laisse penser qu’à moyen terme (entre 2040 et 2070) la route du Nord Ouest pourrait être entièrement  libre, donc ouverte à la circulation maritime. Plusieurs Etats (dont la Russie, les Etats-Unis et le Canada) s’y préparent activement. Ils aménagent  leurs stations de contrôle, de guidage et leurs ports dans une telle perspective. La liaison entre New York et Shanghai par exemple serait écourtée de quelque 4000 km. Pour les armateurs, c’est une aubaine, il n’y a pas photo. Pour nous, il y a peut-être là matière à réflexion.

Spécial Journées de la Mer : lancement dans 15 jours

Dans deux semaines vont s’ouvrir les premières Journées de la Mer, en même temps que les Journées Mondiales de l’Océan. Deux bonnes raisons pour témoigner notre estime à notre amie la Mer, passablement malmenée comme chacun sait.
Les Journées Mondiales de l’Océan ont une certaine avance sur l’initiative nationale qui est, pour nous, une nouveauté ; c’est une sorte de baptême, un lancement.
Ainsi, du 8 au 14 juin nous allons consommer du comportement responsable, du témoignage, de l’économie, écologie, métier, sport, etc. tout cela « de la Mer » bien entendu. Nous allons écouter, voir, prendre plein de bonnes résolutions. Ce sera bien.
Mais à mon avis, pour que la fête soit complète il serait mieux encore que les gens (vous et moi) s’en emparent et créent eux-mêmes, spontanément et sur place, des échanges avec les humbles connaisseurs de la mer, les pêcheurs, marins de métier (y compris la Royale), dockers, sauveteurs, plongeurs, et tous ces pratiques qui savent mais ne passent jamais à la télé.  Chacun le ferait à son niveau, selon ses goûts et ses compétences. C’est un peu ce que disait Gérard  d’Aboville : que les Français s’aperçoivent par eux-mêmes qu’ils font partie d’un grand pays maritime.
Parce que – nos élus doivent le savoir – si c’est pour entendre une fois de plus la jactance des notables (pas de noms, il y en a trop !) porter la bonne parole « la mer je connais, je vais vous expliquer… », plastronner, et se livrer en même temps à la contemplation de leur propre nombril, ça ne marchera pas.
Si c’est pour voir aussi, les marchands, les sponsors – tous passionnés de mer, bien entendu – exhiber leurs banderoles, sigles de banques, logos fromagers, marques de bagnole… (puisque toutes les occasions sont bonnes pour vanter la marchandise), ça ne marchera pas.
Pourquoi ? Tout simplement parce que ça ne marche jamais, en tout cas, jamais comme ça.
Oui, je pense que nos dirigeants (comme les participants au futur Grenelle de la Mer) sont avertis de cela et en prennent garde.
C’est donc avec espoir et un maximum de bienveillance que nous accueillons ces journées historiques. Et puisque ce sera aussi jours de fête, nous irons saluer ensemble le Vieil Océan et trinquer à la santé des Journées de la Mer.
Maurice Duron
Reseau Ocean Mondial – www.worldoceannetwork.org – Journées de la Mer www.lesjourneesdelamer.fr

Courrier perso

Go-Elan nous fait remarquer, sémantiquement parlant, que l’éolien n’est pas – loin de là – une exclusivité marine. Il a raison. Mais il est vrai, par ailleurs,  qu’ installer des éoliennes en mer reste une activité particulière, différente de l’éolien terrestre et que, par facilité on en parle parfois comme d’une énergie  marine. A tort, au moins en partie. Allez, il ne faut pas en vouloir à ce bon Portos qui a dû se laisser emporter par le vent de l’enthousiasme…

Alain dit aussi une chose qui paraît juste. Le lapin de Locquirec semble avoir trouvé refuge (?) sur un bateau en réparation. Il y a longtemps qu’il est à quai et très probablement pour des raisons d’entretien. (C’est ce qu’affirment nos correspondants sur place). Quant au voilier lui-même il fait penser, en effet, à un plan Fife mais nous supposons pourtant que ce n’est pas un Fife. Cela dit, nous ne l’affirmerions pas…

Conséquences inattendues du dérèglement climatique

carteactuelleIl y a peu nous parlions du cas des Maldives qui risquent de disparaître à court terme. Mais l’inéluctable montée des océans nous concerne, nous aussi. Car figurez-vous, la Zone Economique Exclusive (ZEE) française définie par la convention internationale « Droit de la Mer » de 1982 est considérable : plus de 10 millions de km² pour toute la planète. Cela vient des nombreuses îles éparses sous administration française, (notamment la Polynésie) disséminées un peu partout. Beaucoup ne sont qu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Bassas de India, Europa, Juan de Nova par exemple. Or, la ZEE de 200 milles de large est mesurée à partir des laisses de basse mer donc, toute augmentation du niveau de la mer repousserait cette limite et réduirait la portée de l’actuelle ZEE. Quand on sait que la seule Île de la Passion (territoire français appelé aussi Îlot Clipperton) de 2 km² dans le Pacifique est entouré d’une ZEE de 435 000 km² ( !) on peut s’interroger sur la perte de territoire consécutive à la montée des océans. Et rien ne dit en effet, que cet ilot ne va pas partiellement disparaître… Un expert, Yann Rambuteau du Réseau Allegans, s’est penché sur la question et a conclu à une réduction considérable des zones sous souveraineté française… et en même temps des ressources marines et sous-marines qui leurs sont associées.

www.envmar.blogspot.com

Petit aide-mémoire sur les énergies marines

samsoevindebyl-1Il est probable que le futur « Grenelle de la Mer » abordera entre autres la question des ressources énergétiques de l’Océan mondial et plus spécialement les énergies renouvelables (exploitables à partir des deux ou trois décennies à venir). En attendant, il n’est pas inutile de rappeler quelles filières de production sont concernées.
L’énergie éolienne – Elle est déjà en service à terre ; on la connaît : tirer profit du vent qui souffle sur les étendues marines. Les éoliennes, ces grands moulins à vent, installées en mer et en zone côtière (moins de 20 km au large et moins de 20 m de fond), produisent de l’électricité qui est ensuite distribuée par câbles sous-marins.
L’énergie thermique – Il s’agit de mettre à profit les différences de température (au moins 20°) entre l’eau de surface et celle des profondeurs pour produire de l’électricité ; intéressante surtout outre-mer. En variante, l’utilisation de l’eau proche de la surface comme fluide primaire pour les pompes à chaleur destinées au chauffage des bâtiments terrestres.
L’énergie des courants – Très en vogue en ce moment, il s’agit de produire de l’électricité au moyen d’hydroliennes qui ne sont rien d’autre que des éoliennes sous-marines (l’hélice est entraînée par le courant). Plusieurs sites sont étudiés dont le Raz de Sein, le Fromveur, les Héaux de Bréhat, le Raz Blanchard… Des essais sont en cours à Bénodet. Continuer la lecture ‘Petit aide-mémoire sur les énergies marines’

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