Je ne suis pas critique cinématographique, mais je vais vous parler d’un film… Et pas de n’importe quel film, un film de mer, un grand film d’animation, un volcan esthétique, riche et épuré à la fois. Il vous emportera sans vous laisser le temps de souffler. C’est un conte fantastique, dont l’argument est irracontable, trop compliqué, mais dont les images de mer sont une splendeur. L’inventivité, la connaissance maritime, la tendresse, la vision onirique de Miyasaki sont proprement époustouflantes ; le rêve vous transporte dès la première image, il ne vous lâche qu’à la dernière, en vous laissant la tête dans les étoiles… Entre temps vous avez dégusté des trouvailles, des rythmes et des couleurs comme vous n’en avez jamais vu. Bateaux, tsunami, plages et profondeurs, tout y passe, même des animaux préhistoriques… Un pur chef-d’œuvre, à mon avis. Miyasaki a dû naviguer jadis ou tout au moins fréquenter de près l’eau salée ; tout est juste, précis, mais interprété (sans effets spéciaux) avec une maîtrise renversante. Allez le voir (pub intentionnelle), il n’est jamais niais ou grossier mais n’y menez pas vos petits enfants, car il est parfois impressionnant. La promotion dit « pour enfants à partir de six ans », attendez plutôt dix ans, c’est mieux…
La grande majorité des critiques est enthousiaste, seuls quelques-uns font la fine bouche. Sacrés terriens ! Évidemment, ils n’ont rien compris à la mer…
Aramis
• Réalisateur : Hayao Miyazaki , producteur : Toshio Suzuki. Durée 1h55. Actuellement en salles.
Archive pour avril 2009
On a (vraiment) bien aimé « Ponyo sur la falaise »
Publié 30 avril 2009 Bibliographie , Divertissement , Images Laissez un commentaireLes bateaux de la mémoire (15)
Publié 30 avril 2009 Marine Plaisance , Navires , Patrimoine 1 Comment
Voici une bien belle image… Il serait hasardeux d’en fixer la date, probablement dans les années 30. Elle présente une gracieuse silhouette, caractéristique de la plaisance d’avant-guerre. C’est un dériveur de promenade (et non de compétition) ayant une carène un peu ventrue (donc stable) une voile au tiers à bordure libre, une barre d’écoute sur le tableau arrière et un boute-hors permettant d’établir un ou deux focs. La photo est avantageuse (3/4 arrière), voilure pleine, parfaitement établie, et couleurs nationales en évidence. L’homme tranquille navigue en solitaire mais on comprend mal son attitude : que fait-il ? Où est la barre ? À tribord, un chien indifférent à nos questions, semble apprécier sa situation… Le propriétaire du voilier ne manque pas d’humour puisqu’il a baptisé son bateau « Paon d’Or » (la source de bien des ennuis, pour ceux qui n’auraient pas compris…).
La plaisance souffre toujours
Publié 30 avril 2009 Construction navale , Marine Plaisance Laissez un commentaireAprès Guy Couach, Yachts Rodriguez, Poncin Yachts et Bénéteau c’est au tour de Fountaine Pajot (catamarans de croisière) de réduire la voilure. Son chiffre d’affaires du premier trimestre 2009 est en recul de 32 % par rapport à celui de 2008. Mi-avril, son carnet de commandes était de 18,5 millions €. Les contrats d’intérim ont été stoppés et l’entreprise de Charente Maritime, prévoit déjà des mesures de chômage technique pour cet été. En gros, Jean-François Fountaine s’attend à un repli des ventes de 25 à 33% sur l’année. Il espère que son nouveau modèle, plus économique, l’aidera à traverser le mauvais temps qui persiste… Il reste que si les « majors » souffrent à ce point, les « petits » eux…
Une Journée nationale de la Mer (suite)
Publié 27 avril 2009 Animation , Initiative , Mer , Patrimoine Laissez un commentairePlusieurs amis de « Maritimes » nous ont fait savoir que l’idée de créer une Journée nationale de la Mer, suggérée au ministre Borloo, risquait de se superposer à celles (locales) qui existent déjà. Elle pourrait, par ailleurs, venir en concurrence avec la Journée mondiale de l’Océan (issue du Réseau Océan Mondial). Je crois donc utile de rappeler ce que nous avons écrit en toutes lettres dans notre billet du 7 avril. La proposition consiste à coordonner les initiatives locales et les programmer pour une date fixe qui pourrait être le 8 juin, date de la Journée mondiale de l’Océan. C’est tout. En aucun cas il ne s’agissait de créer une nième manifestation franco-française sur l’eau salée, mais tout au contraire, d’organiser (et d’accroître) l’impact des initiatives existantes, qu’elles soient locales ou planétaires (il semble qu’il existe aussi une journée européenne de la Mer !). Plus précisément, nous proposons de fédérer les manifs actuelles dans une Journée nationale elle-même associée (ou mieux intégrée) à la Journée Mondiale que nous soutenons absolument. C’est simple et c’est logique. Notre équipe maintient donc intégralement sa proposition, d’autant qu’il n’est pas dans ses habitudes d’enfoncer une porte déjà largement ouverte.
Maurice Duron
Il s’en prépare de belles à La Rochelle… et ça va faire du bruit. Du 7 au 10 mai vont avoir lieu quatre jours de fête, sur le port, où il ne sera question que voir, écouter et chanter en chœur les chansons de marins. Ça promet… Et pour donner du corps aux festivités les participants, vous, moi, sont invités à revêtir le traditionnel tricot rayé des matelots. En fait, c’est une réunion bien sympa qui se prépare, où l’on pourra réserver une table à l’office du tourisme pour le point culminant : le dîner chantant du samedi 9 mai.
Juste une question : OK pour la musique, mais les paroles seront-elles juste un peu édulcorées ?
Le premier « vrai » bateau électrique bientôt à flot
Publié 27 avril 2009 Construction navale , Environnement , Navires Laissez un commentaireLa construction de PlanetSolar, le plus grand bateau solaire au monde, progresse au chantier naval de Knierim à Kiel (Allemagne). Les premières coques latérales viennent d’être terminées et le bateau devrait sortir du chantier d’ici à la fin de l’année ; il pourrait naviguer dès le mois de janvier 2010, en mer Baltique, sous pavillon suisse, pour effectuer des tests en conditions réelles. PlanetSolar SA vient de signer un accord de partenariat avec la marque horlogère helvétique Candino Swiss Watch. Le départ du tour du monde a, quant à lui, été déplacé au mois d’avril 2011 dans une ville méditerranéenne qui sera sélectionnée dans les prochaines semaines. Cette date a été fixée suite aux résultats de tests en bassin de carène et en soufflerie, non prévus initialement. Bizarre. À suivre…
Pas si barges, ces Anglais…
Publié 22 avril 2009 Course , Images , Marine Plaisance , Voile Laissez un commentaireEncore une petite vidéo pleine de charme… De quoi s’agit-il ? D’un rassemblement de barges de la Tamise, magnifiques chalands de charge, qui se réunissent ici pour une prétendue régate. En fait, c’est un prétexte pour recréer l’ambiance de la célèbre rivière du temps où tout se faisait à la voile. Et nous offrir du même coup de bien belles images… Les barges de la Tamise, apparues vers 1830, sont de forts bâtiments de 20 à 25 m, transportant plus de 100 tonnes de marchandises et manœuvrés par deux hommes seulement ; pour la « régate » ils sont plus nombreux à bord car le plaisir se partage. Autre observation, les barges sont lèges, c’est-à-dire non chargées. Reste que leur superbe voilure à livarde (grand voile et tapecul) donnent bien l’impression de leur redoutable efficacité. Et comme elles ont un faible tirant d’eau, les Anglais ont l’habitude de dire qu’elles étaient capables de flotter sur une bonne rosée… Ceux qui souhaiteraient en voir une de près peuvent se rendre au Port-Musée de Douarnenez où l’une d’elles, North Down, est conservée à flot.
La malédiction du lapin : si on en parlait sérieusement…
Publié 22 avril 2009 Histoire , Patrimoine , Témoignage Laissez un commentaire
Aujourd’hui on a l’habitude de sourire quand on évoque le sujet, mais il n’y a pas si longtemps personne n’aurait pris le risque d’en plaisanter. Le tabou du lapin a bel et bien existé, respecté à des degrés divers dans les milieux de la pêche, du commerce et même de la Marine de l’Etat. D’ailleurs, rien ne dit qu’en 2009, ici ou là… Tenez, il y a peu, j’ai rencontré à Rouen un marin professionnel, parfaitement équilibré, qui avait vu l’un de ses confrères tué par la foudre… après avoir mangé du lapin, bien sûr. Bref, la croyance a la vie dure et il semble bien qu’elle dépasse la simple superstition pour distraire les touristes. Même Alice – au pays des merveilles – nous a appris à nous en méfier. (Voir l’image).
Comme tout le monde je me suis amusé des contournements de langage inventés par les marins, mi-plaisantins mi-craintifs, qui parlaient du cousin du lièvre, de la bête aux longues oreilles, de la bête à poils, de tu-sais-qui, etc. De l’interdiction d’en manger (pâté, gibelotte, fricassée, en gelée ou autrement), de porter des vêtements faits de sa fourrure, et bien sûr d’en avoir à bord, vivant ou mort. Les anecdotes foisonnent. Du folklore, sympathique, mais du folklore…
Pourtant la tenacité de la croyance donne à penser qu’il peut ne pas y avoir que cela. Personne ne s’étonne que certaines communautés ne consomment pas de porc, que d’autres ne mangent pas d’huîtres les mois sans « R », ne sifflent pas la nuit, touchent du bois pour avoir de la chance, ne séparent pas le pain avec un couteau, etc. Derrière ces habitudes – ces préceptes – se cachent évidemment des raisons méconnues, certaines superficielles, d’autres bien plus profondes.
Si, par exemple, le tabou du lapin s’appuyait sur des fondements autrement solides mais dont nous avons perdu la trace, symbolique ou réaliste ?
Bonne question. Il y a bien longtemps, je l’ai posé à Maurice Yvart, érudit maritime, alors conservateur du Musée de la grande pêche de Fécamp. Sa réponse, autorisée, conduit vers des chemins qu’on ne soupçonne nullement… Lisez plutôt : Continuer la lecture ‘La malédiction du lapin : si on en parlait sérieusement…’
La voile repart en pêche… de plus belle ! (suite)
Publié 22 avril 2009 Initiative , Marine Pêche , Voile Laissez un commentaire


En septembre 2008, nous avions découvert Jean-Luc Pelloquin ce marin-pêcheur de Douarnenez qui a gréé des voiles sur son coquiller P’tit Mousse. Nous sommes retournés le voir ces jours-ci, histoire de savoir si son innovation (unique à notre connaissance) lui donnait toujours satisfaction. Eh ! bien sachez-le, il en est enchanté. Tellement, même, qu’il a installé une quatrième voile comme il l’avait prévu. Celle-ci est amurée sur un boute-hors coulissant (en acier) et travaille comme un foc devant la trinquette (sur enrouleur). Le résultat est remarquable. C’est ma meilleure voile dit-il, au vent de travers c’est une locomotive… Mais notre homme (qui est devenu un ami) est un perfectionniste ; il veut mieux faire. Le boute-hors coulissant est une bonne solution poursuit-il, mais on peut faire plus simple donc plus pratique. J’étudie un système relevable où je n’aurais pas à rentrer et sortir ce long tube de ferraille ; ce serait plus facile dans le clapot. Au repos l’espar pivoterait jusqu’à venir le long de l’étai et en mer il basculerait en avant retenu par une sous- barbe ; je conserverais la même voile car elle est excellente. Voilà, vous savez tout. Sauf qu’en douce, Jean-Luc ajoute : …et tu sais, mes économies de gasoil sont loin d’être négligeables… Nos photos montrent, à gauche, l’essai au port du nouveau foc ; au centre, le système coulissant actuel en position « rentrée » (l’homme est Olivier le matelot de P’tit Mousse) ; à droite, le coquiller en route-pêche (le foc dans sa « chaussette » pret à servir). Au-dessous, l’ami Jean-Luc, maître du bord. Et puisque vous êtes nombreux à suivre l’expérience, nous reviendrons bientôt, pour voir fonctionner le futur système basculant. D’accord, Jean-Luc ?
Maurice Duron
