Le bouquin, assez ancien, (1971), reste époustouflant.
C’est l’histoire d’un mec… que la mer a rendu fou. Une histoire qui se lit comme un thriller. On en a tiré un mauvais film, c’est bien regrettable, le sujet méritait mieux.
C’est donc l’histoire d’un chef d’entreprise en quasi faillite qui s’aligne dans la plus extraordinaire des compétitions maritimes : le tour du monde à la voile, en solitaire, sans escale et sans assistance. Il est persuadé qu’il va gagner et empocher le paquet de fric promis au vainqueur. Il va se refaire.
Ca se passe en 1968/69 et si ça n’a pas fait trop de bruit à l’époque, c’est qu’au mois de mai nous pensions à tout autre chose… Mais écoutez-ça.
Donc Donald Crowhurst, c’est son nom, se lance sur la mer jolie et se rend compte assez vite qu’il ne pourra jamais gagner la course. Il n’est pas prêt, son bateau (un trimaran) n’est pas au point. Or, il faut qu’il gagne, ses contrats de pub l’exigent. Alors après bien des tergiversations, il prend une décision incroyable : il va tricher. Et pas qu’un peu !
Tandis que ses concurrents luttent sur tous les océans, lui, fait des ronds dans l’eau devant le Brésil. Il attend. Quoi ? Que le peloton surgisse du Cap Horn pour s’y intégrer, frais et dispos, et triompher à peu de frais. Ce qu’il fait.
Malheureusement, il subodore que sa fraude risque d’être démasquée ; le jury se pose des questions sur son compte, les experts vont analyser son livre de bord, l’interroger, les radios et la télé vont l’interviewer, etc. Il a peur de craquer. Il opte alors pour la place de second, juste honorable mais plus sûre. Il gagnera moins d’argent, mais du moins son « honneur » sera sauf. Il se place délibérément derrière le premier et remonte vers l’arrivée. Tous les medias le savent et l’attendent. Seulement voilà, Tetley, le leader de la course, casse son bateau et fait naufrage ; il abandonne. Coup dur pour Crowhurst qui se retrouve – malgré lui – en position de vainqueur obligatoire. Là, il prend peur, s’affole ; il ne peut ni abandonner (les contrats) ni gagner (les experts). Le drame. Empêtré dans son propre piège, il cherche une solution introuvable. Son comportement dérape. Peu à peu sa raison s’égare, il délire, sombre dans une paranoïa extrême qui le conduit tout droit à la démence. Finalement, en pleine crise, exténué, désespéré, il se suicide, au milieu de Atlantique…
L’histoire est scrupuleusement racontée, en détail, par des auteurs qui ont mené une enquête remarquable. Si vous trouvez le bouquin, jetez-vous dessus, vous ne vous endormirez pas… Je vous dis : un thriller.
Aramis
« L’étrange voyage de Donald Crowhurst » par Nicholas Tomalin et Ron Hall – 335 pages – Stock Editeur (1971)






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