Le fait est passé à peu près inaperçu en France, mais ce 2 août 2008 marque peut-être une date dans l’histoire de la Marine marchande. Ce jour-là, la Société allemande Enercon a lancé à Kiel un cargo d’un nouveau genre, propulsé partiellement par l’énergie éolienne. C’est nouveau. En fait, pas tellement nouveau car le navire (130 m de long, 22,50 m de large) utilise l’effet Magnus, développé par Anton Flettner dans les années 20. Le principe est assez complexe à décrire (je ne suis pas sûr d’avoir tout compris) mais ça marche. Il utilise l’énergie du vent circulant dans un cylindre en rotation, énergie qui est transmise au bateau lui-même. Ce n’est pas une voile au sens classique du mot, mais une technologie produisant une dépression « tirant » le bateau vers l’avant. Cousteau avait, en son temps, utilisé ce même principe sur l’Alcyone muni de turbovoiles (voir ici), et avant lui le Buckau, en 1926 avait traversé l’Atlantique avec un équipement similaire. Mais en ce temps-là, le pétrole était abondant et peu coûteux…
Cette fois c’est plus sérieux . L’E-Ship 1 (c’est son nom) est muni de deux moteurs de 3,5 MW et de quatre cylindres rotatifs verticaux de 25 m de haut ; deux à l’avant, deux à l’arrière (bâbord et tribord). Les deux sources énergétiques se combinent, s’accompagnent, se complètent et devraient donner une vitesse maximale de 17,5 nœuds, ce qui est très honorable. En plus, et surtout, elles pourraient économiser de 30 à 50% la consommation de gasoil, sur de longues distances ! C’est du moins ce que dit Enercon. C’est donc un cargo hybride (comme il existe déjà des automobiles) qui va faire prochainement (fin 2008) sa première traversée.
On va suivre ça de très près, car, à vrai dire, ça nous intéresse.
Et vous ?
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