Ça s’est passé dans les premiers jours de juillet, alors que le Port Musée du bateau inaugurait ses nouvelles installations pour la visite des cinq navires mouillés dans le bassin du Port Rhu. Tout allait bien, beaucoup de monde. Jusqu’au moment où le maire de Douarnenez, Philippe Paul, annonçait à l’assistance médusée que la ville ne disposait plus des moyens nécessaires à l’entretien des bateaux à flot. Surprise, puis stupeur dans les rangs, où l’annonce tombe comme un délicat missile.
Que souhaite le maire ? C’est la première question, il y en a d’autres…
• L’argument financier ? Voyons les chiffres.
Le Port Musée (musée municipal) est subventionné par quatre partenaires, la ville, le département, la région, l’Etat, qui ont signé une convention d’objectif de cinq ans, valable pour deux ans encore (2010). L’Etat fournit environ 20 000 € , le Conseil régional 40 000, le Conseil général 166 000.
L’Etat et la Région subventionnent en outre de 30 à 40% des restaurations, essentiellement des bateaux à flot. La part de la Commune de Douarnenez n’est donc qu’un élément du puzzle même si elle n’est pas négligeable. En 2008, les magistrats de la Chambre régionale des comptes ont mis en évidence que « les dépenses de fonctionnement du Musée représentent 6% des dépenses totales du budget principal de la commune en 2005 » !
Le « ça coûte trop cher » ne tient pas.
• L’utilité du Port Musée ? Voyons encore les chiffres.
L’audience a considérablement évolué ces dernières années, au point que sa fréquentation se compare désormais à celle des musées de Quimper ou de Rennes…
Ses visiteurs sont passés de 27 000 en 2000 à 51 600 en 2007 pour 8 mois d’ouverture, ce dernier chiffre représentant une progression de 11,10% par rapport à 2006. Il faut ici préciser que la visite des bateaux à flot constitue une puissante incitation à la visite du Port Musée dans son ensemble.
Le « ça ne sert à rien » est fallacieux.
Alors, que veut vraiment le pétulant élu de Douarnenez ?
Cette dernière question reste – jusqu’à présent – sans réponse. Au point que l’Etat, la Région et le Conseil général du Finistère, fidèles à l’esprit d’origine, pourraient s’interroger sur les engagements de la municipalité vis-à-vis de la convention .
Les choses en sont là. Il y aura sûrement une suite que « Maritimes » rendra publique dès que possible.
Il reste qu’aucun marin professionnel, aucun plaisancier, aucun « Honnête Homme » épris de culture, ne pourrait comprendre une telle amputation faite au patrimoine maritime, qui est, rappelons-le, un patrimoine commun, appartenant à tous et non la propriété privée de tel ou tel…
Maurice Duron
Précision : tous les chiffres cités sont publics et facilement vérifiables.
Le site du Port Musée de Douarnenez
