Archive pour juin 2008

Portrait de navire

Padouhan ou padouacann. Joli voilier à trois mâts des côtes malaises, se livrant au cabotage dans les Iles de la Sonde et les Moluques ; ils y naviguent du XVIIIe au XXe siècle et peut-être encore aujourd’hui.
La coque, assez massive est basse sur l’eau, longue de 15 à 20 m selon les cas. Elle porte des mâts inclinés sur l’avant, gréant des voiles de dimensions décroissante et donnant un plan vélique bien équilibré. Jadis nattée, par la suite en toile, la voilure est constituée de voiles au tiers  de forme identique mais de surfaces différentes ; elles sont établies sur de longues  vergues, légères  et souples (bambou). Un foc sur un fin bout-dehors complète la voilure.
Ces voiliers traditionnels étaient réputés bons marcheurs et sûrs à la mer ; ils furent construits en grand nombre. Mais leur zone de navigation étant infestée de pirates, ils portaient tous une petite artillerie, en cas de mauvaise rencontre.

Athos

Coup de gueule : Je frime, tu frimes… et les autres ?

Les VNM, vous connaissez ? Ils viennent de la planète « Sans-gêne » ; ce sont les Véhicules Nautiques à Moteur, plus souvent appelés « Jet Ski », « Jet bike » ou « Scooter des mers » selon leur marque commerciale.
Mais si, vous les connaissez…

Vous êtes benoîtement installé sur la plage tout occupé à déguster un polar. Eh bien c’est raté. Surgit brusquement un VNM qui se livre à une démonstration de saut de vagues dans un bruit de tronçonneuse en folie. Allez donc voir ailleurs.
Même situation, mais cette fois ce sont les Optimists de l’école de voile qui se trouvent pris dans un rodéo de quelques accros de la pétarade. Mais quoi, c’est amusant d’effrayer les enfants, non ?
La même chose pour les pêcheurs, qui apprécient modérément.
Cette fois, c’est moi qui sort du port ; la passe est étroite, il faut y aller doucement (3 nœuds), mais pour les cow-boys il n’est pas question  de ralentir. Ils foncent. J’ai vu ça cent fois !

En fait, ils confisquent la mer (les bords de mer) à leur seul profit.
Oh je sais, il y a une réglementation spécifique pour ces engins qui ne peuvent s’ébattre qu’entre 300 m du rivage et 2 milles marins vers le large, ne doivent pas dépasser 3 ou 5 nœuds dans les chenaux, ne pas naviguer de nuit, etc. La réglementation française est bien faite et plus contraignante que celle d’autres pays , je sais tout cela.  Je sais aussi que les  accidents graves  sont plutôt rares (un mort par an, tout de même) mais que les accidents légers sont assez fréquents. Dans la région de Bastia en juillet 2006 on a compté trois accidents en quatre jours. Plus récemment un amuseur de la télé s’est cassé les deux bras en jouant « Charlot va sur l’eau » et la vogue du VNM ne fait que commencer. Il ne s’agit pas de ça.

Il s’agit de l’irrespect et de l’insolence des pratiquants qui, dans 80% des cas n’ont rien à cirer de la loi et de la quiétude de leurs contemporains. Sortir du port à pleine gomme, frôler les dériveurs, faire hurler leur machine, frimer un max, et confisquer le plan d’eau (personne n’est vraiment rassuré) voilà leur joie de vivre. Et je ne parle pas du gros cinglé faisant du slalom entre les baigneurs, ça s’est vu … Bien sûr il y a la gendarmerie maritime qui fait ce qu’elle peut, et c’est très bien ; mais est-elle capable de mesurer le niveau des nuisances sonores ? Non.  D’estimer la distance d’évolution ? Très difficile reconnaissent les instances de sécurité. D’apprécier les comportements dangereux, tout le temps et partout ? Impossible. Alors, chevauchant leur bourrique qui dépasse souvent les 50 CV, et jouissant de l’incroyable droit à une vitesse illimitée (!) ils y vont bille en tête. Le plan d’eau est à moi, accroche-toi Jeanneau…
C’est nul.

Maurice Duron

Fortune de mer rarissime (fin)

… Enfin, pas si rarissime que ça, en « bonus » en voici une autre du même genre, transmise par l’ami Gilles que nous remercions. Ca se passe en Chine au voisinage du port de Ningbo dans le Zhejiang. Le 27 mars dernier à 1h15 du matin ce cargo entre en collision avec le tablier d’un pont apparemment hors-service. La travée centrale de 60 m de long s’effondre sur le bâtiment qu’elle « coiffe » et dévaste littéralement. On pourrait en sourire, sauf qu’à la différence du précédent, l’événement est dramatique, puisque 4 membres de l’équipage sont portés disparus. Les causes de l’accident nous sont inconnues.

Athos + Aramis

(www.daylife.com/photo/04qU8R6bA8eK2).

Fortune de mer rarissime (suite)

On s’en doutait. L’accident du Windoc (c’est son nom) est due à une erreur humaine. Pas à un mauvais calcul de marée, ou l’ignorance du tirant d’air, et pas davantage à un pétage de plombs du capitaine . Le coupable c’est le pontier, un terrien par définition… Le pont n°11 sur le canal de Welland est en effet un pont métallique à travée unique dont chaque extrémité repose sur un pylône ; au passage des grands bâtiments, le préposé élève la travée (qui reste horizontale) de la hauteur nécessaire, puis la fait redescendre. Ce 11 août 2001 il a entrepris cette dernière manœuvre avant que le vraquier, dont le château est à l’arrière, ne soit entièrement passé… C’est ce qu’on voit sur la vidéo.
On se pose immédiatement la question : pourquoi diable, le préposé a-t-il commis une telle erreur ? L’enquête du Bureau de la Sécurité des Transports du Canada (remarquablement menée) établira que ce jour-là, le bonhomme, avait enchaîné plusieurs services de suite (en principe interdits), se sentant fatigué, il aurait pris quelques médicaments pour tenir le coup, et pour finir consommé un peu d’alcool histoire de se remonter le moral… D’où son élocution laborieuse au téléphone, remarquée par plusieurs de ses collègues.
Ca fait beaucoup… en tout cas suffisamment pour provoquer la perte réputée totale du malheureux Windoc ainsi que le montrent les images. (Voir les photos)

Tous nos remerciements au Bureau de la Sécurité des Transports du Canada pour ses infos et ses images

Le coin des érudits (11)

A – Pour un capitaine, que signifiait l’expression « avoir le cul au plain » ?

B – Combien de navires porte-conteneurs (répertoriés) naviguent actuellement sur la mer jolie ?

C – Le fameux « sous-marin à voile » est-il un mythe ou une réalité ?

D – Joshua Slocum, Alain Colas, Eric Tabarly, Bernard Moitessier. L’un de ces quatre géants de la voile  se distingue par un destin différent des autres. Qui, pourquoi ?

E – Quel est l’auteur des somptueux recueils  publiés à la fin du XIXe siècle, sous le titre « Souvenirs de Marine » ; leur délicat sous-titre étant « Collection de plans ou dessins de navires et bateaux, anciens ou modernes, existants ou disparus « ?

Réponses aux questions n° 10
A : La « France » – B : Jean-Jacques Herbulot (Vaurien) – C : Praslin (Seychelles)- D : Jamais – E : Au moyen de pavillons conventionnels il signale à toute l’escadre la mauvaise manœuvre de tel ou tel bâtiment ; s’il est très contrarié il appuie sa réprimande d’un coup de canon… à blanc.

Ça bouge à La Rochelle…

Le Musée maritime de La Rochelle prépare la 6e édition des journées  « Alors, raconte »  des 20 et 21 septembre 2008. L’objectif de cet événement ( qui se déroulera dans le cadre des journées européennes du patrimoine) est de valoriser la mémoire des gens de mer, favoriser les rencontres et les échanges , collecter des témoignages. Exactement ce que nous apprécions à « Maritimes » .
Au programme, beaucoup d’animations, débats, visites à bord  et de dialogues :
Dès à présent le Musée lance un appel à témoins pour rechercher des marins ayant navigué sur le « Saint Gilles » (remorqueur de haute mer) « l’Angoumois » (chalutier de pêche arrière) le « Manuel Joël » (chalutier classique) « France 1 » (frégate météo) et drague à vapeur TD 6. Nous relayons bien volontiers cette annonce en invitant les intéressés à prendre contact avec le Musée, préciément avec Véronique Barbereau au 05 46 28 03 00 ou :
Veronique.barbereau@museemaritimelarochelle.fr

La fête de l’aquarelle à Locquirec

Ils sont cinq. Cinq aquarellistes-voyageurs qui exposeront leurs œuvres à « L’Ère du Large » à Locquirec du 12 juillet au 14 août prochains.
L’exposition baptisée « Rose des Vents à Locquirec » n’est pas tout à fait comme les autres ; les cinq compères ont choisi de montrer leur vision personnelle des points forts de cette Bretagne qu’ils aiment tant, Le Golfe du Morbihan, Quiberon, Lorient, Concarneau, le Pays Bigouden, les Abers, Locquirec bien sûr, la Côte de Granit Rose et Paimpol. Excusez du peu …
Comme ce sont aussi de grands voyageurs, ils complèteront leur prestation par quelques images rapportées de leurs pérégrinations de globe-trotters. C’est donc au rendez-vous de la Bretagne et du monde entier qu’ils nous convient cet été.
Séduit par la formule, « Le Télégramme » leur consacrera une page entière chaque dimanche, sous le titre « A pas de peintres »
Mais au fait, qui sont donc ces lascars de talent ? François Bihorel, Jean Claude Crosson, Bruno Marca, Bruno Pillorget et Christophe Verdier.

Est-ce un hasard ? Tous des amis de « Maritimes »…

Aramis

Extravagante et rarissime fortune de mer

Ne regardez pas cette vidéo ! Enfin, pas tout de suite…

Au préalable, vous devez savoir ceci : ça se passe au Canada en 2001 ; un vraquier de 219 m de long emprunte le canal maritime de Welland ; au pont n°11 il s’engage sous la travée, et là…
A présent regardez !


Convenez que l’accident n’est pas banal ; mais, comme il ne fit pas de victimes, on peut bien s’amuser un peu. Qu’est-ce qui d’après vous peut expliquer ce désastre ? Que s’est-il vraiment passé au pont n°11 ? Un coup de fatigue du timonier, un capitaine un peu (trop) désinvolte ? Une marée folle qui n’était pas à l’heure ? Autre chose ?
Nous gardons une médaille en chocolat pour le premier qui donnera la bonne explication. Et pour les petits curieux qui mettraient en doute l’authenticité de l’événement nous leur proposerons bientôt d’autres images qui en disent long sur ses conséquences. Enfin, l’explication de cette fortune de mer peu courante, sera exposée ici même dans quelques jours.
En attendant : à vos claviers !

Coup de cœur

Ce voilier, le Fyne, dont l’élégance n’échappera à personne a été dessiné par Fife III en 1889 ; il vient d’être restauré (reconstruit ?) avec un soin d’orfèvre par les frères Stagnol dans leur chantier de Bénodet. C’est un bijou. On pourra l’admirer à Brest et Douarnenez où il fera une démonstration de ses capacités à la mer, pour saluer le départ de la Transat Classique.
Caractéristiques de l’œuvre d’art : coque en bois moulé (pin d’Orégon et acajou) membrures en orme lamellé-collé, longueur 18 m hors-tout, (coque 13 m) pour une voilure de 135 m2 ; accastillage bronze, silhouette exceptionnelle des bateaux signés Fife.
Cerise sur le gâteau (j’allais écrire « sur le bateau » !) ce prestigieux travail est l’œuvre d’un petit chantier de 10 charpentiers, tous amoureux du savoir-faire manuel et de la qualité. Chapeau aux frères Stagnol ! et chapeau aussi à toute leur équipe…
Avec nos compliments à l’heureuse marraine Anne Le Cam, qui apprécie visiblement l’honneur qui lui est fait.
M. D.

Les marins

« Les marins ». C’est le titre d’un poème de Georges Perros dont Michel nous rappelle l’existence. Un texte superbe, qui prends ces temps-ci des accents pathétiques. Vous le trouverez en pièce jointe. Lisez-le. Jusqu’au bout. Même si vous le trouvez un peu long, même si la poésie n’est pas votre tasse de thé, ne vous privez pas de cette musique toute moite de chaleur humaine. Et laissez-vous aller à la nostalgie d’un métier – un vrai – désormais en perdition. La mer nous réunit…

Les marins

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