Les VNM, vous connaissez ? Ils viennent de la planète « Sans-gêne » ; ce sont les Véhicules Nautiques à Moteur, plus souvent appelés « Jet Ski », « Jet bike » ou « Scooter des mers » selon leur marque commerciale.
Mais si, vous les connaissez…
Vous êtes benoîtement installé sur la plage tout occupé à déguster un polar. Eh bien c’est raté. Surgit brusquement un VNM qui se livre à une démonstration de saut de vagues dans un bruit de tronçonneuse en folie. Allez donc voir ailleurs.
Même situation, mais cette fois ce sont les Optimists de l’école de voile qui se trouvent pris dans un rodéo de quelques accros de la pétarade. Mais quoi, c’est amusant d’effrayer les enfants, non ?
La même chose pour les pêcheurs, qui apprécient modérément.
Cette fois, c’est moi qui sort du port ; la passe est étroite, il faut y aller doucement (3 nœuds), mais pour les cow-boys il n’est pas question de ralentir. Ils foncent. J’ai vu ça cent fois !
En fait, ils confisquent la mer (les bords de mer) à leur seul profit.
Oh je sais, il y a une réglementation spécifique pour ces engins qui ne peuvent s’ébattre qu’entre 300 m du rivage et 2 milles marins vers le large, ne doivent pas dépasser 3 ou 5 nœuds dans les chenaux, ne pas naviguer de nuit, etc. La réglementation française est bien faite et plus contraignante que celle d’autres pays , je sais tout cela. Je sais aussi que les accidents graves sont plutôt rares (un mort par an, tout de même) mais que les accidents légers sont assez fréquents. Dans la région de Bastia en juillet 2006 on a compté trois accidents en quatre jours. Plus récemment un amuseur de la télé s’est cassé les deux bras en jouant « Charlot va sur l’eau » et la vogue du VNM ne fait que commencer. Il ne s’agit pas de ça.
Il s’agit de l’irrespect et de l’insolence des pratiquants qui, dans 80% des cas n’ont rien à cirer de la loi et de la quiétude de leurs contemporains. Sortir du port à pleine gomme, frôler les dériveurs, faire hurler leur machine, frimer un max, et confisquer le plan d’eau (personne n’est vraiment rassuré) voilà leur joie de vivre. Et je ne parle pas du gros cinglé faisant du slalom entre les baigneurs, ça s’est vu … Bien sûr il y a la gendarmerie maritime qui fait ce qu’elle peut, et c’est très bien ; mais est-elle capable de mesurer le niveau des nuisances sonores ? Non. D’estimer la distance d’évolution ? Très difficile reconnaissent les instances de sécurité. D’apprécier les comportements dangereux, tout le temps et partout ? Impossible. Alors, chevauchant leur bourrique qui dépasse souvent les 50 CV, et jouissant de l’incroyable droit à une vitesse illimitée (!) ils y vont bille en tête. Le plan d’eau est à moi, accroche-toi Jeanneau…
C’est nul.
Maurice Duron