


Alors là, on tombe à la renverse. On connaissait déjà les croiseurs hauturiers, les croiseurs moyens, les mini-croiseurs et les micro-croiseurs, mais voilà un “nano-croiseur”, franchement révolutionnaire… Plus petits qu’un dériveur !
Ca a l’air d’une blague mais ce bateau ultra-minimal est prodigieusement astucieux. Et ce n’est pas une plaisanterie ! Il mérite qu’on s’y arrête.
D’abord ses mensurations : 2, 44 m de long environ (vous avez bien lu : 2,44 m : 10 cm de plus qu’un Optimist !), 1,52 de large, 3 m2 de voilure (estimée), 80 cm de tirant d’eau. Un bouchon…
Sa conception ensuite. Il est strictement réservé à un navigateur solitaire. Couples ou bons copains s’abstenir… Cabine unique, couchage spartiate mais complet (ne pas trop se retourner la nuit, tout de même). On peut y dormir… mal, mais y dormir.
Il est doté de (presque) tous les équipements nécessaires à la croisière. Voyez le dessin : -1 : Lampe à gaz – 2 : Panneau solaire – 3 : Dôme d’observation – 4 : Sac de couchage – 5 : Dôme de rechange – 6 : Réservoir de carburant – 7 dévidoir de ligne de pêche – 8 : Sucreries – 9 : Sac à voiles – 10 : mât de rechange – 11 : ligne de mouillage de 100 m – 12 : lest de plomb 250 kg – 13 : 185 litres d’eau potable – 14 : 100kg de conserves. Et aussi un gilet de sauvetage, un dinghy gonflable de 2 m, deux ancres, un safran de rechange, une pharmacie d’urgence, VHF, radio FM et lecteur de cassettes, probablement un GPS, 2 batteries, balise et feux de détresse et 100 bouquins pour passer le temps…
Tout ce qu’il faut. Indiscutablement, une formule qui se veut adaptée à un long voyage maritime ; tout a été pensé. Seul bémol : il n’est pas fait mention d’un réchaud, pourtant indispensable ; à moins que la bouteille de gaz pour l’éclairage puisse recevoir un bruleur … ou tout simplement qu’il ait été omis sur le dessin.
Reste à savoir comment ce voilier microscopique se comporte à la mer, par brise un peu fraîche. Peut-être pas si mal, grâce à son lest, très bas, et proportionnellement important ; grâce aussi à sa forme générale qui se rapproche des engins de survie qu’on trouve sur tous les cargos modernes. Dans le mauvais temps, il bouchonne…
D’ailleurs, en 1988 Ashley Coulston (photo) parti d’Australie sur ce voilier de 8 pieds (qu’en dis-tu Bob ?) baptisé “G’Day 88″, a rallié la Nouvelle Zélande, traversant des mers réputées pour leur extrême sévérité .
Alors ?
Alors, on a le droit de sourire mais pas de se moquer. Moi, je tire mon chapeau… mais je n’irais pas !
Athos
http://www.microcruising.com/famoussmallboats.htm