Archive pour mai 2008

Piqûre de rappel

Plusieurs amis nous ont fait remarquer que « Maritimes » passait sous silence des questions parfois brûlantes, comme le détournement du « Ponant » ou le sursaut actuel des marins- pêcheurs. Leur observation est juste. Mais nous leur rappelons que notre  profession de foi  formulée ici-même en février 2008 précise bien que nous ne sommes pas un net-magazine d’actualité. Il en existe d’excellents qui disent tout et le disent bien. Il n’est pas question de les piller ou d’entrer en concurrence, ce qui serait aussi déplacé qu’immodeste ; ce n’est pas notre façon de voir.
Nous nous positionnons comme un organe centré sur les petits événements, le local, le classique, le méconnu et le clin d’oeil… Privilègiant au passage le culturel, l’insolite, l’historique, l’écologique. Voilà notre vraie place. Privilégier les petites choses qu’on ne trouve pas ailleurs.
Cela devait être (re) dit ; voilà qui est fait.

Maurice Duron

Un voilier (de croisière) microscopique

Alors là, on tombe à la renverse. On connaissait déjà les croiseurs hauturiers, les croiseurs moyens, les mini-croiseurs et les micro-croiseurs, mais voilà un “nano-croiseur”, franchement révolutionnaire… Plus petits qu’un dériveur !
Ca a l’air d’une blague mais ce bateau ultra-minimal est prodigieusement astucieux. Et ce n’est pas une plaisanterie ! Il  mérite qu’on s’y arrête.

D’abord ses mensurations :  2, 44 m de long environ (vous avez bien lu : 2,44 m : 10 cm de plus qu’un Optimist !), 1,52 de large, 3 m2 de voilure (estimée), 80 cm de tirant d’eau. Un bouchon…
Sa conception ensuite. Il est strictement réservé à un navigateur solitaire. Couples ou bons copains s’abstenir… Cabine unique, couchage spartiate mais complet (ne pas trop se retourner la nuit, tout de même). On peut y dormir… mal, mais y dormir.

Il est doté de (presque) tous les équipements nécessaires à la croisière. Voyez le dessin : -1 : Lampe à gaz – 2 : Panneau solaire – 3 : Dôme d’observation – 4 : Sac de couchage – 5 : Dôme de rechange – 6 : Réservoir de carburant – 7 dévidoir de ligne de pêche – 8 : Sucreries – 9 : Sac à voiles – 10 : mât de rechange – 11 : ligne de mouillage de 100 m – 12 : lest de plomb 250 kg – 13 : 185 litres d’eau potable – 14 : 100kg de conserves. Et aussi un gilet de sauvetage, un dinghy gonflable de 2 m, deux ancres, un safran de rechange, une pharmacie d’urgence, VHF, radio FM et lecteur de cassettes, probablement un GPS, 2 batteries, balise et feux de détresse et 100 bouquins pour passer le temps…
Tout ce qu’il faut. Indiscutablement, une formule qui se veut adaptée à un long voyage maritime ; tout a été pensé. Seul bémol : il n’est pas fait mention d’un réchaud, pourtant indispensable ; à moins que la bouteille de gaz pour l’éclairage puisse recevoir un bruleur … ou tout simplement qu’il ait été omis sur le dessin.

Reste à savoir comment ce voilier microscopique se comporte à la mer, par brise un peu fraîche. Peut-être pas si mal, grâce à son lest, très bas, et proportionnellement important ; grâce aussi  à  sa forme générale qui se rapproche des engins de survie qu’on trouve sur tous les cargos modernes. Dans le mauvais temps, il bouchonne…
D’ailleurs, en 1988  Ashley Coulston (photo) parti d’Australie sur ce voilier de 8 pieds (qu’en dis-tu Bob ?)  baptisé “G’Day 88″,  a rallié la Nouvelle Zélande, traversant des mers réputées pour leur extrême sévérité .

Alors ?
Alors, on a le droit de sourire mais pas de se moquer. Moi, je tire mon chapeau… mais je n’irais pas !

Athos

http://www.microcruising.com/famoussmallboats.htm

La Rochelle, capitale du yacht classique

Le Yacht Club Classique, présidé par François Frey présente en ce mois de juin le numéro 1 d’une publication destinée à valoriser le yacht classique et à promouvoir son action dans tous ses domaines d’intervention. Titre : « Chalenge Classique Atlantique ». Heureuse initiative qui s’inscrit dans un large cadre, à la fois sportif, touristique, professionnel, culturel et patrimonial et qui  s’est assuré le concours de grands noms de la plaisance. Notamment du Musée Maritime de La Rochelle dirigé par Patrick Schnepp. Elle s’annonce comme une publication ouverte mais délibérément centrée sur les bateaux prestigieux, historiques, dont certains représentants (magnifiques) restent pourtant méconnus.
Le sommaire de ce premier numéro confirme cette ambition ; on y relève entre autres, une rencontre avec les Fife, les 100 ans de Viola, les plans de Kraken II et les projets yachting du Musée Maritime de La Rochelle.
Nous ne pouvons que souhaiter mer belle et bon vent à « C.C.A ».

www.yachtclubclassique.com

Merci Bernard.

Je sais bien que tous les visiteurs de « Maritimes » ont lu Moitessier. Bien sûr, moi aussi je l’ai lu. Mais ce diable d’homme, immense marin, était aussi un écrivain. Et quel écrivain ! Il aimait tant la mer qu’il éblouit encore ceux qui aiment la mer… Alors, de temps en temps, j’en reprends une petite rasade, comme ça, pour le plaisir. Et ce soir, je ne peux résister à l’envie de vous en faire profiter.
Encore…
Ecoutez-le.
Minuit passé. Le vent ne mollit pas. Les lames sont hautes, très hautes. La présence de la lune accentue probablement cette impression de hauteur, en laissant dans l’ombre leur face d’attaque qui reste sombre en regard de tout le blanc qui les entoure. Je devrais amener le reste de la grand voile, et peut-être aussi la trinquette. Joshua marcherait encore très bien et se maintiendrait en deçà de la bordure du trop. Mais les coups de surf sont là, stupéfiants parfois, et le loch a déjà marqué quarante-neuf milles en six heures. La vitesse limite de la carène est dépassée. Et puis je ne sais pas, réduire la toile en ce moment, non. Quelque chose serait rompu… Le Horn est trop près pour se permettre de réduire la toile tant que les choses vont encore, même si ça ne va plus tout à fait.
Des surventes force neuf durent quelques secondes à chaque lame, pendant le dernier tiers du versant d’attaque. Alors, tout devient blanc autour, le bateau lofe d’une dizaine de degrés pendant la rafale et je serre plus fort la drisse de grand voile. Ce dernier tiers du versant d’attaque provoque toujours cette rafale qui refuse d’une dizaine de degrés, remplit les voiles à bloc, et déclenche le coup de surf. J’ai une terrible envie d’aller sur le balcon du bout-dehors… Je n’ose pas dépasser la trinquette. Elle marque l’extrême limite de la sagesse. L’eau, dans un coup de surf, ce n’est plus de l’eau, c’est de la roche.
On s’y croirait. Merci Bernard.

Portos

Extrait de « La longue route » – Bernard Moitessier. Arthaud Editeur.

Portrait de navire

Le Chebec
Voilier méditerranéen, fin et rapide, apparu au XVIIe siècle chez les raïs barbaresques.
Il existe en version commerciale (caboteur marchand) et en navire de combat où ses qualités marines et sa vitesse sont exploitées avec succès.
Le Chebec est un bâtiment de 15 à 40 mètres (100 à 400 tx) portant trois mâts : trinquet (misaine), mestre (grand mât) méjane (arimon) et gréant des voiles latines, c’est-à-dire triangulaires. Sa coque (construite sans plan) s’inspire de celle de la galère qu’il a peu à peu remplacée. Il peut d’ailleurs, et éventuellement, marcher à la rame, l’aviron passant par de petits sabords prévus à cet effet ; les rameurs nagent debout, face à l’avant. Armé en guerre il porte de 10 à 29 canons et se montre un redoutable navire de course, servi par sa rapidité peu commune.
Sa formule à été mise à profit par plusieurs pays, dont la France, jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Les plus petits d’entre eux sont appelés « demi-chebecs »
Caractéristiques d’un Chebec-type relevée dans « L’Encyclopédie des bateaux » : longueur
36 m, largeur 8,8 m, creux sur quille 2,2 m Grand-mât 20,6 m, misaine 18,68 m, artimon
9,84 m. Voilure 662 m2. Douze avirons maniés chacun par deux hommes

Le coin érudits (8)

A – Sur les vaisseaux du XVIIIe siècle quelle était la fonction principale du “maître valet” ?

B – Dans la Marine marchande, et plus précisément sur les porte-conteneurs, à quoi correspond le sigle EVP ?

C – Il y a 50 milligrammes d’or dans un mètre cube d’eau de mer. Si l’on récupérait tout l’or de l’océan planétaire pour le distribuer à chacun des 6,5 milliards d’habitants, quel joli magot reviendrait à chacun d’entre nous ?

D – Je suis un superbe vaisseau du XVIIe siècle, orgueil de mon pays. Par malheur j’ai sombré le jour même de mon appareillage, en plein port, devant la foule… Qui suis-je ? (indice : ça se passait à Stockholm)

E – Comment s’appelle la plus grande mer fermée du monde ? C’est-à-dire sans communication avec les autres mers. (Fastoche !)

Réponses aux questions 7
A :  Terre-neuva : le marin, Terre-neuvier : le bateau,  Terre-neuvien : l’habitant de Terre Neuve. – B : 2027 km – C :  Lautréamont (1846 – 1870) – D :  Il tire sur l’ordre de l’amiral (ouaf, ouaf !) – E : La voile  latine

Faites vous-même votre île…

Jusqu’à présent on se contentait des Iles de Glénan, du Levant, de Capri ou des Seychelles. Aujourd’hui on fait beaucoup mieux ; là où il n’y a pas d’îles on en fabrique.
Et pas n’importe lesquelles, des îles fastueuses où les touristes (fortunés) profiteront du soleil et de la mer dans ces paradis artificiels.
A Dubaï on édifie de toutes pièces des îles factices qui, vues du ciel, ressemblent à des palmiers. Elles ont été entièrement gagnées sur la mer au prix de travaux à faire pâlir un pharaon. 32 millions de tonnes de pierre et 326 millions de tonnes de sable sont en cours de placement. Trois îles, Palm Island, Palm Jumeirah et Palm Jebel Ali abriteront 500 appartements, 25 hôtels, 2000 villas… dans un complexe résidentiel dédié aux grands (très grands) de ce monde.
En complément, un archipel enserré par une immense digue circulaire et baptisé The World (rien que ça !), sera composé de 300 îles artificielles reconstituant la carte du monde. Rien de moins.
La raison de ce chantier titanesque ? Très simple. Le pétrole s’épuise et les émirs préparent l’avenir ; ils investissent dans le tourisme pharaonique pour standing vertigineux. Ce n’est pas un rêve, ni un projet, la fin des travaux est annoncée pour décembre 2008. La télé ne va pas manquer de nous infliger l’inauguration, les plages de rêve, l’excentricité des “people” ; la mer, elle, est priée de s’adapter aux exigences des milliardaires. Les poissons aussi.
Ce n’est pas tout. Dans la Russie de Vladimir, on fait aussi dans le grandiose, ah mais ! . Baptisé Ile de la Fédération, un projet un peu plus modeste mais tout aussi mégalo, se réalise dans la mer Noire sur la côte de Sotchi, futur site des J.O. d’hiver de 2012. Là, on va créer un archipel artificiel de 330 ha derrière un brise-lame géant protégeant de la houle. Trois îles vont voir le jour, elles affecteront le contour des Etats de la Fédération de Russie. Suivez mon regard. Leur vocation sera un peu différente puisque, d’après ce qu’on en sait, les constructions devraient se limiter à des hôtels (de luxe ?) des installations culturelles, équipements de loisirs, aucun gratte-ciel.
Roulez tambours, s’ils ne sont pas contents, les chevaux de la mer n’ont qu’à retourner à Ostende.

Aramis

Bonjour les dégâts !

Attention, la vidéo ne dure qu’un instant. Avant de la voir, il faut savoir que ce gros cargo a été guidé par le petit bateau lamaneur jusqu’à son point d’ancrage. Et là… bonjour les dégâts !
(Emprunté sur Fr.Youtube.com)

Emotion à Ajaccio

Il y aura sûrement beaucoup d’émotion sur le vieux port d’Ajaccio ce mercredi 28 mai.
En effet, la « Jeanne » sera mise à l’eau en présence de tous les amis du patrimoine maritime Corse. « Jeanne » vient d’être l’objet d’une rénovation complète – et réussie – menée par « L’Atelier des bateaux en bois » qui lui redonnera toute sa fougue juvénile.
Ce devrait donc être jour de fête.
Pourtant, ce jour-là sera nuancé de tristesse. La mise à l’eau de « Jeanne » marquera aussi la fermeture de l’Atelier, dont les nobles buts ont toujours été l’insertion par le renouveau de la charpente maritime, au service du patrimoine corse. La restauration de la « Jeanne » sera le dernier de ses chantiers et Simon Berner, ainsi que de nombreux autres acteurs, auront certainement un pincement au cœur lorsque la porte se refermera.
Nous, à Maritime nous sommes toujours heureux quand un bateau prend la mer, et nous sommes toujours tristes quand un chantier naval cesse ses activités.
Bon vent à la « Jeanne ».

Portos

• mercredi 28 mai 2006, 11heures, Port de la Citadelle, Ajaccio.

Portraits de marins des années 80

Si vous pensez qu’un regard contient toute une humanité, si vous croyez que la mer imprime sa marque sur le visage des marins, si vous êtes un brin nostalgique, et si vous passez par la pointe Bretagne avant le 15 juin, ne manquez pas l’expo de photos de Jean-Noël Vinter au Nautilus (Quai Général de Gaulle à Kérity Penmarc’h).
Sous le titre de « Portraits des années 80 », Jean- Noël propose une galerie de portraits d’hommes de mer fort bien photographiés. Emouvants. Allez-y, vous ne regretterez pas…

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