Archive pour mars 2008

Ça décoiffe .. !

Une amie de Maritimes a repéré cette vidéo de Sailing News TV sur YouTube ; nous vous l’offrons sans commentaire sinon nos compliments au caméraman Jean René Keruzoré qui n’a pas froid aux yeux.
http://fr.youtube.com/watch?v=m2LeNBY_5gk
http://www.sailingnews.tv/

Quelques “dérives” sémantico-maritimes

Notre copain est capitaine au long cours ; il en a le grade, le titre, la compétence. Son seul défaut, il n’aime pas le charabia. Ça tombe bien, nous non plus. Ecoutez-le.

L’encablure… Ah ! l’encablure…!
Quel joli mot désuet, évocateur des lampes à huile et des grands voiliers, adoré des chroniqueurs en tout genre qui l’ont adopté pour mesurer des distances aussi variées qu’improbables.
On a entendu un journaliste politique qui, pour bien marquer la proximité de deux personnes, d’un ministre avec l’un de ses conseillers, a précisé que leurs bureaux n’étaient séparés que de quelques encablures…
Lors d’une émission de télévision, se disant maritime, on a appris que les Îles du Cap Vert étaient situées, elles aussi, à quelques encablures de la côte d’Afrique…
Entre ces deux extrêmes, quelques mètres et quelques centaines de miles, tout est possible, en donnant à cette satanée mesure de distance toutes les valeurs imaginables. Pouvons-nous seulement rappeler que l’encablure, qui, bien entendu, n’est plus en usage dans le monde maritime, valait 120 brasses ; la brasse servait à mesurer la profondeur et valait 5 pieds en France et 6 pieds en Grande Bretagne… Simple. Mais allons, au pif, en revenant à notre système métrique ça fait plus ou moins deux cents mètres. Bon. Ainsi notre ministre était séparé de son conseiller par, peut-être, 400, 600, ou même 800 mètres… Décidément la République offre vraiment de vastes locaux à ses serviteurs… Quant aux Îles du Cap Vert même pas besoin de jumelles pour les voir depuis Dakar…

Boeing, Boeing…
Il y a l’aviation civile ou marchande – quel vilain mot passé à la trappe pour cette noble activité – et il y a la marine marchande ou de commerce. Mais la deuxième activité étant un peu méconnue de nos concitoyens, qui ne savent pas que 70% du commerce mondial passe par voie maritime, il s’est effectué un transfert du vocabulaire aérien vers le maritime. C’est ainsi que le capitaine d’un navire est le commandant de bord et qu’il est non pas sur sa passerelle mais dans son poste de pilotage… A quand le second capitaine devenant co-pilote, ces deux là officiant dans le cockpit de leur pétrolier de 200 000 tonnes, le manche à bala i bien en main…

Portrait de bateau

BARGE de la TAMISE, Chaland de la Tamise (F). Version à voile et fluvio-maritime de la barge classique (bateau de charge) apparue vers 1830 ; elle est spécifique à la Tamise, entre Londres et la mer. C’est d’abord une grande embarcation de bois qui connaîtra des développements en fer et en acier ; son mode de construction, complexe, lui permet de s’échouer “en souplesse” sans déformer la coque. Son élégance farouche dissimule une robustesse à toute épreuve.
Elle mesure 20 à 30 mètres (parfois plus), sur 5 à 8 m environ de large pour un tirant d’eau de 1,80 à 2,50 m en charge ; la quille est large et plate, la coque (à dérives latérales) est volumineuse comme l’exige sa fonction ; elle transporte aisément 150 tonnes de marchandises. Le gréement de ketch consiste en un grand mât portant une immense voile à livarde ainsi qu’un hunier triangulaire ; foc, clin foc, trinquette, sur un impressionnant bout-dehors, et un mât de tapecul également à livarde. L’ensemble est réputé d’une redoutable efficacité, mais délicat à maîtriser…
• Un exemplaire de ces robustes bateaux – le Northdown – est visible à flot, au Musée du bateau de Douarnenez. (29,70 x 7,65 m, capacité 250 m3). Construit en 1924, coulé accidentellement, puis renfloué, il a été intelligemment restauré en 2000.
• L’un des grands atouts de ces bateaux étant leur faible tirant d’eau, les Anglais prétendaient « qu’une barge de la Tamise pouvait flotter sur une bonne rosée »

Coup de gueule – Rendez-nous la mer !

Excusez-moi, mais merde, comme disait Coluche, y en a marre !
Ce matin je tombe sur un article sur ces sacrées saloperies de marées noires. Ecoutez-ça : 119 000 t. de brut rejetées à la mer par le Torrey Canyon en 1967 ; 223 000 t. par l’Amoco Cadiz en 1978, 280 000 t. par la collision de l’Empress et l’Agean Captain en juillet 1979 ; 8 000 t. par le Tanio en 1980, 40 000 t. par l’Exxon Waldez en 89, 20 000 t. par l’Erika en 99, 20 000 t. par le Prestige en 2002, 10 000 t. par le Hebei Spirit en 2007… et il y en a d’autres, beaucoup d’autres. En sept ans, de 1992 à 1999 on compte 77 pétroliers disparus. Et depuis, ça continue…
On a froid dans le dos.

Et je m’interroge. Nous qui sommes nés de la mer, qui allons dans la mer, sur la mer, au fond de la mer par métier ou par plaisir, qui respectons la vie des plantes et des bêtes, allons-nous perdre l’objet de notre reconnaissance ? Et pour quoi ? Pour des profits vertigineux, dévastateurs, suicidaires. Qu’allons-nous laisser à nos enfants ? Une mer puante, polluée, inanimée ?
Allons-nous encore une fois nous faire rejeter comme des archaïques, rêveurs, utopistes ? Nous faudra-t-il renier la civilisation maritime, l’oublier ? Et oublier avec elle le bonheur de tirer des bords, l’élégance d’une jolie carène, le superbe langage de la marine, au motif que la mer nous aurait été confisquée.
J’en ai marre, je vous dit…

Une prodigieuse machine à-détruire-tout-ce-qui-vit s’est mise en branle et personne ne sait (ne veut ?) l’arrêter. Il y a de quoi flipper, tout de même.
Pourtant l’alerte ne date pas d’hier, voilà ce que disait dans les années trente (!) Anita Conti la grande dame de la mer, océanographe et photographe :
Nous sommes les gérants fugacement passagers de terres, d’airs, et d’eaux qui serviront à nourrir les foules de l’avenir. En conséquence, il nous faut léguer un domaine correctement entretenu.
Nous en sommes loin les amis, et nous ne voyons rien venir, sinon le pire.
Alors, je sais, je n’ai rien réglé en rappelant tout ça, mais je peux quand même dire aux puissants qui jonglent avec la planète, et vous pouvez le dire aussi : rendez-nous la mer, que diable !

Aramis

Festival Livres et mer : la fête du printemps maritime

On y revient encore une fois, et croyez-moi ce n’est pas par hasard. Du 11 au 13 avril Concarneau accueille une jolie brochette d’auteurs maritimes pour son traditionnel Festival Livre et Mer.
Une large palette de styles et de personnalités réunies pour une rencontre de quatre jours face au vieil Atlantique. Ce n’est pas si courant… Bouquins, lectures, rencontres, expositions, autour d’un thème unique, (la mer, bien entendu) avec de nombreuses innovations, dont le Festival des mousses et un débat à bord du Notre Dame des Vocations  spécialement venu du Port-Musée de Douarnenez, à cette occasion.
Une vraie fête maritime, tous azimuts, et fortement personnalisée. Pour preuve : plusieurs animateurs de « Maritimes » seront sur place pour y présenter leur travail, graphique ou littéraire.
Un grand moment de chaudes amitiés maritimes se prépare dans le vent salé de Concarneau ; ne manquez pas l’occasion…
Renseignements :  http://www.salondulivremaritime.fr

Voyez-vous ça…

artemis.jpgUn ami, un proche, un vrai, a envoyé à « Maritimes » une image qu’on s’empresse de reproduire ici, simplement pour un petit plaisir esthétique ou documentaire.
Michel propose ce coup d’œil insolite sur l’Artémis (devenu celèbre en quelques heures) aux Sables d’Olonnes, avant qu’on ne le sorte de sa fâcheuse position. Le cliché (de Presse Océan) vaut son pesant de surprise ; là où les élégantes font d’ordinaire de la bronzette, cet insecte bedonnant se repose de ses tribulations… Etonnant, non ? aurait dit l’excellent Pierre Desproges.

Le coin des érudits (3)

A – Que faisait le matelot occupé à cueillir une manœuvre ?
B – Quel animal marin est à la base de l’alimentation des tortues luth ?
C – Quelle est la particularité du nœud de chaise ?
D – Qui a peint la vague verte (auteur hypercélèbre)
E – Que s’est-il passé à Cherbourg le 12 février 1808 ?

Réponses aux questions n° 2
A – L’histiodromie est l’art de la navigation à la voile. B – L’îlot Clipperton appartient à la France. C – Le porte avions « Béarn ». D  – Une estrette est une embuscade dans le langage des galères. E – Vincent Van Gogh.

Brest 2008 : le grand rendez-vous

On en reparlera, mais sachez déjà que les plus grandes fêtes nautiques de l’année auront lieu du 11 au 17 juillet à Brest et du 17 au 20 juillet à Douarnenez. Inutile d’insister sur la grandiose parade qui nous attend, diurne et nocturne, ainsi que sur l’habituelle régate entre les deux ports (le 17 juillet) ; un vrai régal …
A Brest, l’invité d’honneur sera la Norvège, à Douarnenez, le Pays basque ; ce qui présage d’une belle diversité de cultures et traditions maritimes.
Des centaines de bateaux, modernes, récents et anciens réunis sur l’eau, pour notre seul plaisir. Nous irons.
Vous irez ?
Contact : www.brest2008.fr

Où s’arrêtera la mise en boîte ?

Eh, les gars, je crois qu’on n’a pas encore tout vu… Je vous explique.  Pour le moment les plus grosses constructions flottantes sont de gigantesques porte-conteneurs dont la capacité tourne autour de 13 000 EVP (Equivalent Vingt Pieds : 20 pieds de long, 2 de haut, 2,6 de large donc volume d’environ 104 m3) . Si je sais bien compter ça leur donne une capacité d’emport de 1 300 000  mètres cubes !
Eh bien, on peut faire mieux. On va faire mieux.

D’abord on va monter jusqu’a 15 000 EVP et d’avantage si on peut, mais ça pose de tels problèmes de dragage pour le tirant d’eau astronomique, de ces monstres qu’on a des doutes. Très peu de ports pourront les accueillir. Aussi pense-t-on à des solutions radicalement différentes. Par exemple on compte améliorer (rentabiliser) les flux de chargement et déchargement en disjoignant contenant et contenu.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe ? On charge les précieuses “boîtes” dans les cales et sur le pont, on les transporte et à l’arrivée il faut les décharger et les stocker puis les recharger sur camions, wagons, ou péniches. C’est compliqué, c’est cher, c’est long. L’ idée du capitaine Tornqvist (aujourd’hui décédé) consiste à faire des barges géantes dites JBC (Jumbo Barge Carier) de plus de 400 m de long, qui contiendraient… des péniches !  Celles-ci (dites barges Fo-Fo pour Float on-Float off) seraient chargées une à une, et gagneraient seules la barge-mère pour se placer dans un radier mis en eau pour la circonstance ; un peu comme les navires de débarquement. Après assèchement de la cuve elles voyageraient sagement appuyées sur le fond. A  l’escale, le radier serait remis en eau, et le tour serait joué. Les péniches gagnant toutes seules comme des grandes, leur lieu de destination, par mer ou par rivière. Et scouisant au passage le travail des grues, des camions ou du chemin de fer. Comme le tirant d’eau des JBC serait “faible” (13 m environ) elles pourraient accoster dans de nombreux ports, voire se décharger en rade. En prime, sitôt leurs péniches à flot, elles pourraient repartir plus vite que leurs concurrents, pour une nouvelle rotation.
Bon, d’accord, facile à dire, mais on y pense depuis des années. Et un beau jour…
Aramis

Portrait de bateau

BRAGOZZO (M). Embarcation traditionnelle et typique de la Haute Adriatique et spécialement de la région de Chioggia (XVIIIe au XXe siècle). C’est un fort voilier de pêche, de 8 à 15 m de long, 2 à 4 m de large déplaçant de 6 à 20 tx. ; il est ponté et porte un ou deux mâts selon sa dimension (jusqu’à  9 m environ, un seul mât). Il est construit en chêne, sapin, mélèze, hêtre, selon des procédés très anciens ; les maîtres charpentiers qui le fabriquent travaillent sans plan et selon des principes transmis oralement de père en fils…  La coque est à fond plat (un bateau de 15 m ne cale pas plus de 0,5 m) ; elle est relevée à ses extrémités, avec un très grand safran qui augmente sensiblement le tirant d’eau, mais qui est réglable pour les eaux peu profondes ; du fait de ses dimensions, le safran joue également le rôle de “plan anti-dérive”. Le Bragozzo porte une voilure au tiers ; la plus petite des voiles (en cas de mâts doubles) se porte à l’avant ; la voilure comporte rarement un foc, mais si tel est le cas, elle exige un long bout-dehors. L’embarcation peut aussi marcher à l’aviron par temps calme ou dans les ports ; à cet effet, elle porte quatre à six tolets particuliers, comparables aux forcoles  des gondoles. Enfin, le fort caractère du bateau est encore accentué par sa décoration traditionnelle ; voiles et coque sont ornées de grands motifs héraldiques ou religieux, d’emblèmes, diagrammes, etc. toujours très colorés.

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