Archive pour février 2008

Comme « Chez Léo »

ll n’y a pas si longtemps, existait à Douarnenez, un bistrot tenu par Léo ; ça s’appelait « Chez Léo » tout simplement. Léo était aussi extravagant, que son estaminet. Sur la porte, un écriteau rappelait les horaires de la maison : « Ouvert de temps en temps » pouvait-on lire… Eh bien, Maritimes s’inspirera de la sagesse de Léo et sera mis à jour de temps en temps, selon l’humeur de ses animateurs. Vous verrez, tout le monde s’y fera très bien.
Nous, on espère que Léo, sur son petit nuage, appréciera.
Athos

Tartuffe et Ubu sont dans un bateau…

Alors là, pardonnez-moi, mais j’en tombe sur le cul ! Je savais bien que la muflerie pouvait pousser le bouchon très loin, mais à ce point là. !
Figurez-vous que des plaisanciers ont engagé plusieurs procès contre la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en mer) accusée d’avoir maltraité leur bateau pendant une opération de sauvetage consécutive à un appel de détresse. On croit rêver. Voilà une institution plus qu’honorable, exemplaire, dont les sauveteurs bénévoles risquent leur vie à chaque sortie, sommée de rendre des comptes à quelques goujats (et à leurs compagnies d’assurances) pour avoir maltraité leur joujou pendant qu’on leur sauvait la vie !
Ces gens considèrent que la mer est un espace de loisir comme un autre (?), et que le service de sauvetage est compris dans l’addition. C’est un dû, comme le pourboire du bistrotier. Et s’ils ne sont pas satisfaits (le client est roi) ils portent plainte. Ben voyons…

Comment s’étonner, après cela, que les sauveteurs considèrent les plaisanciers (je suis plaisancier) avec un petit sourire ? 65 % de leurs interventions concernent la plaisance. Et comment ne pas comprendre que les volontaires de la SNSM hésiteront, désormais, à sortir pour risquer à la fois le mauvais temps et le procès ?
Merci messieurs les plaignants, vous avez rendu un fier service à la communauté plaisancière…

Heureusement ces braves gens sont des exceptions exceptionnelles, l’immense majorité des quelque 600 « sauvés d’une mort certaine» chaque année, par la SNSM, vouent une reconnaissance éternelle à leurs sauveteurs. (Ce qui, soit dit au passage, est la moindre des choses). Mais ces comportements, aberrants, montrent qu’après avoir déniché des lessives qui lavent plus blancs, des écrans de home-cinéma grands comme ça, des choucroutes garnies en granulés, nous en sommes réduits à consommer des secours comme des savonnettes.
Au secours !
Portos

Les deux ou trois choses que je connais

La mer dans tous ses états…
Si nous avons bien compris les astrophysiciens, les géologues et les biologistes la mer n’a pas toujours été telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elle n’a cessé de se transformer depuis la nuit des temps ; des phénomènes de toutes sortes en ont modifié la nature, les limites, la faune et la flore…

Elle a déjà beaucoup vécu la mer, beaucoup changé. Nous ne connaissons d’elle que son visage d’aujourd’hui, instantané, fugitif, tel que nous l’autorise notre condition, passagère elle aussi.

Son caractère principal tient à son immensité, au sentiment d’infini qu’il inspire aux poètes, mais que les savants lui reconnaissent aussi. Immensité dans le temps, immensité dans l’espace ; tout ici, est immense… .
Il faut faire un effort pour se représenter les dimensions de la mer, ses 1300 millions de kilomètres cubes d’eau, ses horizons sans limites, ses abysses effarants, ses mouvements grandioses. Environ les 3/4 de la surface du globe sont occupés par les océans. Les forces qui l’ ont façonnées – et qui la gouverne encore – sont de nature cosmique, elles ne sont pas à l’échelle humaine ; tout ce que nous pouvons faire, c’est de nous en accommoder.

La Mer se caractérise aussi par d’autres aspects, dont le plus surprenant est son aptitude au maintien de la vie. La vie est née dans la Mer. Le milieu marin lui-même s’est révélé un extraordinaire bouillon de culture ou se sont diversifiées des quantités incalculables d’êtres vivants.
On recense aujourd’hui quelque 500 000 espèces différentes vivant dans la mer et l’on ne cesse d’en trouver de nouvelles ; on y rencontre des foraminifères minuscules, invisibles à l’oeil nu, et des géants comme le rorqual bleu de 160 tonnes, la plus grosse bête du monde… des morses polaires parfaitement à l’aise dans leur habitat glaciaire à moins 50°C et des vers étranges vivant près des sources hydrothermales, ou l’eau sourd à quelque 250°C… des algues géantes, véritable reptile végétal de 80 m de long, dans les canaux de Patagonie…des poissons abyssaux aux formes cauchemardesques, et d’autres moins extravagants dans leur apparence, mais tout aussi étranges : aveugles, lumineux, électriques, venimeux, mimétiques…Darwin avait raison. Comme si la nature avait décidé de tout essayer, pour voir, pour tester la vie, donner une chance aux plus extravagants…

Sachons-le cependant, la nature est bonne fille, mais ne sonne jamais deux fois ; ce que notre conduite de dingues met en péril aujourd’hui n’aura aucune chance de revenir à la case départ pour un nouveau tour de piste. Ce qui sera perdu, le sera à tout jamais. Sans le moindre espoir de retour.
Allez, bonne nuit quand même.
Aramis

On a bien aimé… « Rendez-vous aux Ecréhous »

C’est une manière de polar maritime qui se déroule dans les eaux rebelles du pied du Cotentin. L’argument est original, le style alerte, le récit bien mené. On y rencontre les gens du cru, des trognes rudes et carrées – pêcheurs bulotiers, sauveteurs de la SNSM – confrontés à une situation qu’on ne souhaite à personne. On ne soufflera pas un mot de l’intrigue, mais l’auteur a bien raison : il est des conversations qu’il vaut mieux ne pas entendre.
Vous verrez bien…
Surtout, ce bouquin montre l’extraordinaire documentation du narrateur (un enfant du pays) qui a mené l’enquête sur place (et en mer) avant de prendre sa plume. Les descriptions sont d’une grande précision, riches de détails, presque méticuleuses ; on devine le passé journalistique de l’auteur qui nous précipite dans une histoire qui ne nous lâchera plus. .
Tout cela donne au bouquin un ton d’authenticité qui rehausse le plaisir de la lecture… si toutefois on n’a pas le mal de mer.
Du bon boulot, quoi, et qui nous a bien plu.
Aramis
(Rendez-vous aux Ecréhous, Jean Legastelois, Editions Charles Corlet, 9,50 Euros)

Branle bas de combat

Oui branle bas de combat ; à ne pas manquer le 24e Festival Livre & Mer qui se déroulera comme à son habitude à Concarneau ville maritime emblématique ; il aura lieu cette année: du 10 au 13 avril et sera placé sous la présidence de H. Mignarelli.
Le Festival est reconnu comme un rendez-vous majeur du monde littéraire et maritime ; chaque année s’y retrouvent nombre d’auteurs et illustrateurs travaillant tous sur un seul et même sujet, la Mer. Une belle occasion pour les rencontrer, dialoguer, et échanger dans une ambiance festive et amicale. Nous, ça nous plait tellement que nous y serons.. !
Renseignements : www.salondulivremaritime.fr

Le coin des érudits

Portrait
Je suis un joli trois-mâts de la fin du XIXe siècle, fin, rapide, très voilé ; dans ma famille on mesure de 60 à 80 mètres environ ; je rapporte le thé de Chine, la laine d’Australie, le nitrate du Chili. La vie à bord n‘est pas de tout repos, mais je suis rapide et tiens la dragée haute aux premiers vapeurs.
Qui suis-je ?

Quizz
A- Sur les grands voiliers la réserve d’eau était appelée « charnier » ; pour quelle raison ?
B – Qu’appelle-t-on un cartahu ?
C – Quelle tâche – dangereuse – était réservée aux mousses, pendant le combat, sur les vaisseaux du roi ?

Qui a dit :
Le soleil dans les flots avait noyé ses flammes
La ville s’endormait au pied des monts brumeux.
Sur de grands rocs lavés d’un nuage écumeux
La mer sombre en grondant versait ses hautes lames

… Assez fastoche finalement. Attention, les prochains seront plus durs.

Solutions
Portrait : il s’agit d’un Clipper, bien évidemment. Quiz : A – L’eau du charnier est rouge ; pourquoi rouge ? parce que les matelots y jettent des clous, qui rouillent. Et pourquoi des clous ? parce qu’ils sont en fer et le fer, ça rend fort… B – C’est un palan très banal servant à lever de petites charges. C – Ils étaient chargés de transporter la poudre, depuis la soute du même nom, jusqu’aux batteries. Qui à dit ? : c’est le poète un peu pompier José Maria de Heredia (1842- 1905).


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