Un parc naturel marin pour la Nouvelle-Calédonie

26362253Voilà, c’est officiel : le Parc naturel marin de la Mer de Corail englobant la Nouvelle-Calédonie et les îles périphériques vient de voir le jour ce 14 avril 2014.
Le périmètre retenu couvre la totalité de la zone économique exclusive (ZEE) ainsi que les eaux territoriales et les îles et îlots dont la gestion est assurée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Près de 1,3 million de  km². Cette surface considérable équivaut à 3 fois les eaux métropolitaines.
Le parc naturel a pour ambition de protéger l’environnement marin, œuvrer au maintien des services rendus à l’homme par les différents écosystèmes, et contribuer au développement durable des activités maritimes.
Un comité de gestion va être mis en place, il aura pour mission d’élaborer et de proposer le plan de gestion du parc ; il sera coprésidé par le haut-commissaire de la République, représentant de l’État, et par le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Le Parc naturel de la mer de Corail compte désormais parmi les plus grandes aires marines protégées du monde. Cocorico ..? Oui, cocorico !

« Gyptis », une barque de pêche de 25 siècles…

Belle initiative qui réjouira tous les amateurs d’archéologie maritime : la présentation du projet Prôtis (conférence/projection) ce soir à 18 h à Arles.
De quoi s’agit-il ? D’une initiative expérimentale consistant en la réalisation par les meilleurs spécialistes d’une grande barque de pêche côtière, du 6e siècle avant notre Ère. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le projet est baptisé « Prôtis » en mémoire aux fondateurs de Marseille.
Comme le délai est extrêmement court, sachez que le bateau « Gyptis » sera de nouveau présenté en Arles le 26 juillet de 14 h à 18 h 30 et le 27 de 14 h à 17 h.
• Entrée gratuite, renseignements au 04 13 31 51 48.
A ne pas manquer, aujourd’hui… ou en juillet !
• Musée départemental « Arles antique » Presqu’île-du-cirque-romain – 
13 635 Arles.

Le naufrage du quatre-mâts barque « Pamir »

image001image003Ce fut le dernier voyage commercial d’un grand voilier. Le 21 septembre 1957, le Pamir, un quatre-mâts barque, sombrait en moins d’une demi-heure au Sud Ouest des Açores emportant avec lui 80 marins dont une cinquantaine de jeunes cadets. Ce navire marchand était aussi un navire école pour la formation des futurs officiers de la marine allemande. Deux canots de sauvetage vides furent trouvés à la dérive, un troisième le lendemain avec 5 hommes à bord puis un autre avec un seul. C’est de leur témoignage que l’on tient les circonstances du naufrage.
• La cause des grandes catastrophes maritimes est rarement unique, pour le Pamir, il y en eut deux. La première fut le croisement de sa route avec un ouragan au parcours erratique né dans le golfe de Guinée. Et la seconde, le déplacement de sa cargaison qui modifia l’assiette du navire. L’imprécision de la position du naufrage lors du lancement du SOS a sans doute aggravé le bilan humain retardant l’arrivée des secours. A l’époque, entre les points faits au sextant, on la déterminait encore à l’estime.
• Le drame du Pamir s’est noué au moment du chargement à Buenos Aires, avant son ultime appareillage. Sur un grand voilier de commerce, l’arrimage de la cargaison est la clef de sa sécurité et de ses performances. Il conditionne son équilibre sous voiles et sa stabilité. La cargaison n’est pas autre chose que du lest.
Sur les quais de Buenos Aires ce jour là, les dockers sont en grève. Il faut appareiller. Chaque jour d’immobilisation supplémentaire du navire coûte de l’argent aux armateurs. Ce sont des hommes inexpérimentés qui effectuent le chargement et l’arrimage. Lire la suite ‘Le naufrage du quatre-mâts barque « Pamir »’

Une image pour le plaisir

77_JPEG_1_1DMVoilà une image qui n’est sûrement pas posée, il y a trop de monde… Elle dut être prise dans les années trente, quelque part du côté de Deauville ou Trouville durant la marée montante.
• Elle est délicate à interpréter. S’il y a de nombreux nageurs, ils ne se mouillent gère au-delà de la taille ; plus loin, ce serait dangereux. Pourtant la mer est bien paisible.
L’intérêt principal se trouve dans les personnages du premier plan où seul un jeune homme porte une tenue blanche ; les autres – tous les autres – sont en costume de bain noir qui ne célèbre guère la beauté du corps ; plus prude, tu meurs… En fait, tout se concentre sur le groupe de marmots, au centre,  juchés sur leur château de sable, guettant le flot qui va inexorablement le dévorer. Ça nous rappelle à tous quelque chose, n’est-ce pas ?
Et puis, il y a ces deux personnages en tenue de ville sur la gauche (chapeau cloche et feutre noir), calés dans leur chaise longue, complètement incongrus parmi les baigneurs, et qui vont inévitablement mouiller leur beau costume s’ils ne déménagent pas au plus vite. Enfin, cette étrange estivante, au tout premier plan, dans une position de lassitude qui assiste à la scène avec un détachement boudeur. Au final, une saynète spontanée, que chacun interprétera comme il voudra, mais qui laisse une impression de nostalgie bien paisible. Dans le genre de celle des Vacances de monsieur Hulot.
• Image : Gallica.bnf.fr

Le drame du ferry coréen : c’est de sa faute !

La presse tout entière a parlé récemment du terrible drame du ferry sud coréen qui a fait près de 300 victimes, pour la plupart des lycéens en voyage scolaire. Nous l’avons fait aussi avec respect et émotion. A présent, la  justice coréenne enquête ; elle a déjà lancé un mandat d’arrêt contre le capitaine et deux membres de l’équipage ; elle devra se prononcer à l’issue du procès.
• On sait à présent que le troisième lieutenant remplaçait le capitaine au moment de l’accident. Il y aurait eu un grand choc (entendu par les passagers), puis le navire  aurait rapidement accusé une gîte importante. On présume que c’est un changement de cap brutal qui aurait désarrimé un nombre indéterminé des 150 véhicules  embarqués et provoqué l’inclinaison rapide du bâtiment.
• Néanmoins, certains médias insistent sur le fait que le troisième lieutenant est une jeune femme de 26 ans, ayant peu d’expérience de ce type de bâtiment (un ferry n’est pas un paquebot) et qu’il n’y avait que 5 mois qu’elle était entrée à la Compagnie.
• Eh bien excusez-moi, mais il me semble inconvenant de désigner en pointillé (sans le faire tout à fait) un bouc émissaire dans une affaire aussi grave. Surtout que la justice ne s’est encore nullement prononcée sur le fonds.
Une femme, jeune, officier, nouvellement affectée, (qui n’a peut-être qu’obéi aux ordres) et de surcroît en Corée ou moins de 5 % des cadres sont féminins… Quel régal pour les machos, les badernes, les anti-jeunes,  les donneurs de leçon, et tout ça dans un pays où le sexisme n’est pas vraiment un vain mot.
Aramis

Pseudo-Quiz n° 132 – Testez vos connaissances

Lorsqu’un capitaine de galère, du temps heureux où elles existaient, ordonnait de mettre à la fringue, les matelots obéissaient sans se soucier de leur tenue vestimentaire. Que signifiait cet ordre ?
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
• Réponse au pseudo-Quiz n° 131. D’après les auteurs, un gabier premier brin devait être franc : direct et sans malice ; leste : agile, adroit, prompt ; dégagé : libre, souple, à l’aise ; faraud : d’esprit vif et élégant.
Aucune vraie bonne réponse ! Oh, les champions, on se relâche ?

La semaine littéraire d’Escales Maritimes (fin)

 CLAP DE FIN

Ainsi s’achève la Semaine littéraire d’Escales Maritimes.
Le choix des auteurs est strictement personnel. Je l’assume entièrement. A part Rachilde (que, bien entendu, je n’ai pas connu) tous sont des amis. Je leur dois beaucoup d’émotions, de plaisirs…
Je les remercie tous en bloc : Rachilde et Jean-Pierre Abraham qui voguent sur d’autres mers, et aussi Alain Boucher, Henri Bourdereau, Pierre Livory, Guy Quiesse, et mon vieux complice Christophe Verdier, l’aquarelliste de Plestin-les-Grèves.
Je souhaite vraiment que vous ayez apprécié.
Maurice Duron

••••••

EXTRAIT DE « LETTRES DU PACIFIQUE »

Alors, il chantait, car personne ne pouvait l’entendre. Pourquoi se souvenait-il toujours d’une seule chanson alors qu’il devait bien en chanter d’autres ? Elle parlait des condamnés qu’on exécutait toujours à l’aube « C’est à l’aube… c’est à l’aube… ». Peut-être parce que c’était plutôt les quarts blèmes du lever du jour qui l’inspiraient ? Mais maintenant, en dehors de ce refrain il ne retrouvait plus d’autres paroles.
Dupuis, lui, fredonnait quelque chose de plus gai. Une rengaine à la mode qui devait beaucoup se jouer dans les bals de Paimpol. Servier se souvint que lors d’une autre traversée, il l’avait trouvé muet mais se trémoussant sans arrêt avec parfois de curieux glissements de pied ; il pensa qu’il avait envie de pisser et l’avait invité aimablement à descendre.
- Non merci Cap’taine…
- Alors qu’est-ce que vous avez à vous remuer comme ça… vous avez mal quelque part ?
- Mais non, Cap’taine…
Il hésita :
- Y a qu’on est dimanche et à l’heure qu’il est là-bas, y a p’tit bal du samedi soir à Paimpol… alors vous comprenez…ben…  je m’imagine en train de guincher. Là-bas.
C’est vrai qu’on était dimanche 5 heures du matin à bord, mais samedi 7 heures du soir à Paimpol. A bord, ils étaient tous très rodés aux changement de fuseaux horaires.
Et il dansait ; son imagination fonctionnait à plein régime. Il était là-bas, probablement dans le Hangar à sel qui, inutilisé depuis qu’il n’y avait plus de terre-neuvas, avait été transformé en salle des fêtes. Et il dansait…
• Lettres du Pacifique, Henri Bourdereau, MDV Editeur 1998.

 

La semaine littéraire d’Escales Maritimes (suite 2)

UN EXTRAIT DE « FORT CIGOGNE »

Il s’agit bien sûr, du bouquin de Jean-Pierre Abraham.
Seul sur l’île de Fort Cigogne durant l’hiver, il a mouillé ce matin un filet qu’il récupère à la nuit.

• J’ai agi en un éclair, remis aussitôt l’aviron en place et commencé à godiller frénétiquement vers le bord. La poche du filet est évidemment venue sur l’arrière, elle me gênait dans mon mouvement et la pelle de l’aviron se prenait dans les mailles: le temps que je la dégage, j’avais perdu plusieurs mètres. En me retournant pour apprécier la distance, j’ai aperçu une lumière sur la grève. Elle semblait bien lointaine. Un instant, encore, j’ai pensé à tout remettre à l’eau en catastrophe mais non, je finissais tout de même par gagner du terrain. Je distinguais maintenant sa silhouette immobile là-bas. Elle avait enfilé un gros ciré par-dessus sa chemise de nuit.
J’étais surpris de ne pas progresser plus vite, à l’abri du vent désormais. A dix mètres du bord, j’ai préféré sauter à l’eau pour finir de tirer le canot à la main. Alors j’ai vu que, dans ma panique, j’avais mal calé le deuxième galet à bord, il était retombé et je le traînais depuis dix minutes.
Je suis tombé à genoux sur le sable, hors d’haleine, sanglotant peut-être. Elle est venue lentement s’accroupir près de moi, a ouvert le col de son ciré, sa chemise, a pris mes mains glacées, les a posées sur seins.
• Fort-Cigogne, Jean-Pierre Abraham, Le Temps qu’il fait Editeur, 1995

Comment peuvent-ils dormir tranquilles ?

La tragédie du ferry qui a sombré au large de la Corée du Sud nous concerne tous ; recueillons-nous.  Probablement plus de 300 morts, des étudiants en voyage scolaire pour la plupart. L’état du navire ne semble pas en cause,  ni meilleur ni pire qu’un autre ; en revanche  quelque chose  ou quelqu’un a provoqué la catastrophe, on le saura bientôt.
• Ce que je veux rappeler c’est qu’un bâtiment de 146 m transportant 475 passagers (dont 325 lycéens) peut aujourd’hui, en dépit de tous les dispositifs de sécurité, sombrer dramatiquement. Qu’en serait-il pour un navire bien plus grand,  300 m et plus, avec 5 000 personnes à bord ? Il est étonnant (et pas seulement étonnant) que les marchands de croisières poursuivent leurs programmes comme si de rien n’était. Comment peuvent-ils dormir tranquilles ?
Ce drame – un de plus –  sonne comme un avertissement, il peut se reproduire partout et à tout moment. C’est un peu comme le cancer : bah ! c’est pour les autres… Moi, je continue de fumer. Les pleurs à venir n’y changent rien.
Athos

La semaine littéraire d’Escales Maritimes (suite)

A LIRE BIENTOT : « LA MER DE COCAGNE  »

Boucher_CommMerCocagneParutionPetite friandise de notre Semaine littéraire. Escales est heureux de vous présenter, en avant-première, l’un des rares romans maritimes du Québec. Son titre : La mer de Cocagne. Il est l’œuvre de notre talentueux complice Alain Boucher qui tient ici-même la déjà célèbre Chronique du Québec.
• Roman maritime donc, mais plus que cela. Richement documenté (l’Histoire, les lieux, les usages, les événements ) il nous emporte à la découverte du Saint-Laurent en 1541, à travers les aventures du Babordais, un breton de France qui ne connaît jusqu’alors que la mer et la faim. Celui-ci posera ses bottes à Boytus en Terra de Labrador pour faire la morue sèche, puis deviendra harponneur de baleines sur l’Ile au Basque, avant de s’éprendre de la belle Laurence. Entre-temps, il aura découvert les mers et terres mélangées du Nouveau Monde, la couleur des eaux du Saint-Laurent, les enchantements d’un pays prodigue et généreux…
• Halte ! Ici, je m’arrête. Je ne vais pas déflorer toute l’histoire, qui caracole de surprises en surprises ; c’est à vous de les découvrir. Sachez simplement que tout amoureux de la mer – pour le bon motif –  voguera avec un plaisir constant  sur les houles de La mer de Cocagne. Rien à ajouter.
Si, pourtant : un ton savoureux, un style nerveux, des ambiances qui craquent de justesse, toutes choses qui révèlent un vrai écrivain maritime. Ce n’est pas si courant…
La mer de Cocagne est édité aux Editions Hurtubise, Montréal ; l’ouvrage devrait sortir le 22 avril au Québec et disponible à la Librairie du Québec 30 rue Gay Lussac, Paris (www.librairieduquebec.fr/) au début de l’été. Ne le manquez pas !
Aramis

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UN EXTRAIT DE « QUAI DES SIRÈNES »

QUAI * Deux compères (Christophe Verdier et Maurice Duron) ont publié sous le titre Quai des sirènes un bouquin couronné par l’Académie de Marine. C’est une manière de kaléidoscope maritime découpé entre mots et couleurs. On le trouve assez réussi…
• Les incertitudes de la nuit - Les nuits en mer, ce n’est pas seulement la nuit. C’est un autre temps, un autre espace.
S’il fait beau, le regard se perd dans toutes les directions ; c’est le seul moment et le seul endroit où l’on embrasse le brasillement du cosmos dans son entier ; sur tout le cercle de l’horizon. La condition humaine paraît insignifiante et le retour sur soi-même obligatoire.
S’il fait moins beau, en cabine, à la passerelle, on perçoit l’énormité du bâtiment, sa masse, sa vitesse, sa tripaille de machines. Rassurantes. En y réfléchissant un peu, il est troublant qu’on soit ici, entre ciel et mer, écrasé par deux immensités proprement incommensurables. Et que l’on continue le voyage, comme si de rien n’était. Il y a un certain mystère à se trouver en plein océan…
S’il fait franchement mauvais, c’est encore autre chose. C’est de nuit que l’on prend conscience de la lutte qui oppose  l’outil mécanique – le bateau -  à d’autres forces, elles aussi mécaniques, mais d’une tout autre ampleur. Le roulis, le cri du vent, le crachat des embruns, les chocs des lames sont là pour nous le rappeler.
Paradoxalement, la nuit, nous sommes aussi au royaume de la lumière ; les projecteurs éclaboussent le pont, crûment, l’œil brillant des hublots observe, et l’on devine à leur halo, les feux verts et rouges qui nous signalent. Les navires qu’on croise ressemblent d’abord à quelque ville flottante, mais de près, ce seraient plutôt des arbres de Noël.
La moindre pâleur du ciel, détectée au loin, excite l’imagination. Qui pourrait oublier ce que les anciens appelaient joliment l’emblondie d’un phare ? Cette tache laiteuse, diffuse mais visible, bien avant le feu proprement dit. Comme l’annonce d’une révélation : prenez garde, la terre est proche.
Et que dire de l’impression ressentie à l’instant d’un réveil nocturne, au bout de la course, lorsqu’on s’aperçoit que le navire est à quai, immobile, assoupi au milieu de la ville illuminée ?
Eh oui ! un autre temps, un autre espace.
Quai des Sirènes , Marines Editions, 2009


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