Pseudo-Quiz n° 95 – Testez vos connaissances

Un peu de météorologie appliquée. Les capitaines de grands voiliers se méfiaient particulièrement de ces nuages d’altitude, sombres, solitaires, qui occasionnaient des grains subits et dévastateurs, mais de courte durée. Willaumez précise « l’officier de quart doit toujours veiller les voiles à son approche. » Comment les appelait-on ? (le nom est bizarre, un peu inquiétant, mais non dénué de poésie…). A vous de jouer.
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
• Réponse au pseudo-Quiz n° 94 : il s’agit de Jean-Alexis Moncorgé, acteur populaire, plus connu sous le nom de Jean Gabin. (Beaucoup de bonnes réponses ; première :  Denis Delisle ; la plus détaillée : Jean-Pierre Thereau)

Pour un beau geste, c’est un beau geste…

fortunaFigurez-vous que pour montrer sa solidarité avec le petit peuple d’Espagne qui souffre des mesures d’autérité (1), le roi Juan Carlos vient de décider de se séparer de son yacht Fortuna. Il sagit d’un engin de 41 mètres de long, très luxueux et plutôt confortable, estimé à 21 millions d’Euros.
Le roi a demandé au Service du patrimoine national de prendre les dispositions nécessaires lui  permettant de vendre ce mouille-cul  bien ordinaire. Notez que si le bateau appartient encore au roi (pour combien de temps ?), celui-ci ne l’a pas acheté ; la babiole  lui fut offerte par un groupe d’hommes d’affaires qui en espéraient des retombées publicitaires pour les Iles Baléares. Un investissement, quoi.
Les mavaises langues disent que le beau geste du souverain est plutôt une sorte de contre-feu pour contenir les scandales de la Maison royale qui indignent la population. Les gens sont si méchants…
Cyrano
(1) 27,16 % de chomeurs début 2013.

Si par hasard, le « Lyubov Orlova »…

Dans la dernière livraison du bulletin « A la casse » (n° 31) publié par  Robin des Bois, l’Association confirme que personne (enfin, presque personne) ne sait, aujourd’hui, où se trouve l’incroyable épave du Lyubov Orlova qui erre sur l’Atlantique depuis le 24 janvier 2013.  Et, bien entendu, nous ne le savons pas plus que les autres. En revanche, une étude de Marie Bourrel (1) citée par l’Association dit clairement que si (par hasard) l’épave du bateau était retrouvée, le Canada pourrait être tenu par l’obligation de le « réimporter » et de procéder à son démantèlement.  Voilà qui peut nourrir une réflexion, spécialement celle des autorités maritimes d’un grand pays (ami) d’Amérique du Nord…
(1) Centre de droit maritime et océanique – Université de Nantes. Etude publiée dans Droits de l’Environnement n° 211.

Les escales du banc des menteux

image001La case doudou - Le Souarn ayant été repêché après avoir chuté à la baille, nous étonna par le récit de sa vie dans la case de Noémie, féticheuse de profession. 
Pendant plus d’une semaine, je ne suis pas sorti. Je reprenais mes esprits, (en même temps que ma tête fêlée), suite à ma glissade sur les billes de bois de la pontée, se réparait. Je restais allongé sur une sorte de paillasse d’herbe sèche. Noémie préparait la nourriture dans sa hutte annexe, et donnait des consultations à sa clientèle, assise à même le seuil. Je n’avais de contacts humains qu’avec elle. Elle m’avait mis en garde : les esprits maléfiques de l’extérieur pouvaient entrer dans mon cerveau par la cassure. Par contre, ils ne se risquaient pas à pénétrer par la porte de la hutte, le seuil aux signes magiques les aurait immanquablement tués. La seule visite que j’avais, était celle d’une mangouste apprivoisée, qui venait chercher des miettes de pain, et se laissait caresser comme un chat. La visite des poulets était intéressante, car ils picoraient les miettes oubliées, ainsi que les grosses blattes, des cafards qui pénétraient par les interstices entre les palmes. Les lézards mangeurs de moustiques, mouches et autres insectes, se cantonnaient sous le faîtage, ils craignaient trop le bec de ces volatiles. Les curieux et voisins, y compris ceux qui m’avaient repêché, n’avaient pas le droit de me visiter,  j’étais tabou en quelque sorte, et ils craignaient trop la puissance de ma bonne hôtesse, pour s’aventurer dans les parages. Ils venaient offrir du poisson par gentillesse, et pour s’attirer ses bonnes grâces. Le sourire qu’elle leur adressait alors, avait sans aucun doute une sorte de charme, car c’était pour eux plus riche qu’une pièce de monnaie. Depuis la mort de sa mère mystérieusement maraboutée par un sorcier maléfique, qui d’ailleurs par retournement d’envoûtement paya de sa propre vie ce crime, la magie de Noémie se révéla du même coup la plus forte du district. Pendant une dizaine de jours, elle me prodigua soins et amour, remplaçant régulièrement le pansement d’herbes, qui coiffait ma tête, mélangeant de façon subtile piment et aphrodisiaques à base de plantes pour toujours « avoir la force » et répondre à son désir… hélas! insatiable, je le voyais bien. Enfin, je pus soulever la natte obturant la porte, et sortir, non pas fixer le soleil, ce qui eût été à la fois imprudent et irrespectueux envers les anciens… me dit-elle, mais le ciel souvent bleu, malgré les chutes de pluie qui pouvaient durer plusieurs jours, lorsqu’il se plombait, et que les anciens… pleuraient. Les averses nous étaient annoncées par le cri d’une sorte de pluvier, les sifflements affolés d’une espèce de martin pêcheur, et les cris ou hurlements presque humains des perroquets gris à queue rouge. Les poules  picoraient indifférentes, se mettant à l’abri dans la cuisine, ou en passant sous la natte servant de porte, lorsqu’elles étaient trop mouillées. La poule en liberté, évite les vipères, elle va dans leurs nids bouffer les œufs, ou bien  mangent les jeunes comme des vers ; même les mambas verts et jaunes y passent, lorsque ces serpents sont petits, ainsi, ils n’ont pas le temps de grossir pour te piquer.
- La magie de Noémie devait se faire sentir à distance et dans le temps… car personne du banc des menteux n’interrompit la péroraison de Kerdubon !
- Tel est beaux Messieurs mon rapport.
Signé : Planchet

Des cargos en plastique et sans marins à bord !

Douarn 2011 DSCN1515Une trentaine de personnalités du transport et de la construction navale ont été invitées par un journal économique britannique à exprimer leur vision du transport maritime de l’avenir. Il n’a pas été déçu… Des idées, pour le moins audacieuses, ont été avancées. Parmi elles, le quotidien Le Marin d’hier en a relevé deux qui laissent perplexes.
• Selon Gerry Wang (1), l’ère de la construction en acier pourrait être révolue, au profit de la construction en composites. Le bateau en  métal est trop lourd, il transporte son propre poids qui ne rapporte rien ; avec un matériau plus léger son rendement serait bien supérieur. Il est vrai que le plastique est plus léger, ne rouille pas, nécessite un entretien minimal. Mais quid de la déconstruction puisqu’on ne sait pas encore se débarrasser proprement de ces matériaux de synthèse ?
• Il y a mieux… Pour Oskar Levander (2), l’avenir est dans l’automatisation. Les officiers devraient se trouver à terre et non à bord. Depuis leur bureau, ils pourraient téléopérer une dizaine de bâtiments simultanément sans prendre la mer ! Même chose pour l’équipage qui, au moyen de capteurs multiples, surveillerait les machines à distance, comme n’importe quel point du navire ! Ici, on se demande même à quoi servirait un équipage complet, puisqu’un ou deux opérateurs pourraient suffire. Argument massue d’Oskar : la vie humaine ne serait plus exposée en haute mer…
Qu’est-ce que vous dites de ça ? J’attends avec impatience les réactions de mes bons amis de la Marmar en espérant qu’ils ne s’étrangleront pas d’indignation en lisant ces mots.
M. D.
(1) Directeur de Seaspan,  regroupement canadien de compagnies de transport et service maritime.
(2) Responsable de l’innovation chez Rolls Royce Marine.

• Photo Escales Maritimes. Sa légende pourrait être : – Y a quelqu’un..?

Le beau langage : le canon de 75

La scène se passe vers 1930, à la sortie de l’arsenal de Lorient.
- Dis donc, toi, le novice, t’es arrivé hier, il serait bon que tu ramènes demain quelques canons de 75  pour les anciens…
- Canon de 75 ? C’est pas la guerre, non ?
- T’as rien compris, un canon c’est une bouteille…
- Ah, bon mais pourquoi canon de 75 ?
- De 75 centilitres, imbécile !
Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à enrichir nos connaissances…

Avis de recherche pour bateaux perdus

Escales a reçu l’appel d’un marin qui a vécu une histoire maritime exceptionnelle, et parfois  tragique. (Impossible à résumer ici). Soucieux de mettre à jour sa documentation, et donner un coup de pouce à sa mémoire, ce correspondant cherche à se documenter dans le détail sur le Mordicus (plan Brix 1928), construit par différents chantiers jusqu’au début des années 60. Il écrit : Je pense qu’il se construisit une vingtaine de ces bateaux (en dehors de quelques Mordicus Viking signé par Brix), mais je voudrais compléter ces connaissances et savoir, en particulier, quels chantiers les réalisèrent et combien naviguent encore. J’en connais quatre ou cinq dont le mien « Astragale » et ceux de la Rochelle (le Mordicus d’origine et un Viking).
Si, parmi les amis d’Escales quelqu’un peut l’aider dans sa recherche, (infos ou références) je pense que ce bourlingueur au destin maritime époustouflant appréciera. Il le mérite bien.
Ses coordonnées : dominique.lebsohn@sfr.fr
Porthos

Pseudo-Quiz n° 94 – Testez vos connaissances

Quel est le vrai nom de l’acteur français, authentique marin, bien connu du public, qui demanda que ses cendres soient dispersées en mer à son décès. Ce fut fait en mer d’Iroise par un bâtiment de la Marine nationale.
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
• Réponse au pseudo-Quiz n° 93 : Pas mal de réponses, mais beaucoup de réponses partielles. Il s’agit bien d’un charnier que François Renault, Hélène Fallard, Georges Cornou ont été les premiers à reconnaître (il y en a d’autres), mais personne n’a précisé l’origine du mot. Voici ce qu’en dit notre complice Maurice Duron dans son bouquin « Des mots de voile et de vent » (Autrement, Editeur). Il (le charnier)  doit son nom, semble-t-il, au fait que l’eau qu’il contient est rouge… Rouge ? Eh oui, parce que les matelots y jettent des clous, et les clous rouillent… Ils colorent l’eau. Et pourquoi jettent-ils des clous ? Parce que les clous sont en fer voyons, et le fer, ça rend fort !

Le voilier qui vole… 40 nœuds au compteur !

L’été approche… Les régates à la voile vont se multiplier, et la plus célèbre d’entre elles, la 34e America Cup, se  déroulera dans la Baie de San Francisco, du 7 au 22 septembre, malgré le terrible accident survenu le 9 mai dernier.
Le club defender sera le Golden Gate Yacht Club (vainqueur de la précédente édition) ; il alignera un drôle de bolide, ultra-sophistiqué, qui ressemblera beaucoup à celui-ci…
• Voici les images d’un monstre qui pousse à l’extrême ses capacités véliques et hydrodynamiques pour survoler la mer.
• Même si la compétition n’est pas tellement notre cup of tea et si la pub omniprésente nous lève le cœur, profitons quand même de ce spectacle rare.
Athos

Quand Bacchus envoie la toile…

mil-pat-2-c-13-soleils_0« Il est plus facile de mettre une bouteille dans un bateau, que mettre un bateau dans une bouteille »… C’est peut-être cet adage marin, bien connu, qui a inspiré les responsables de TOWT (TransOceanic Wind Transport) d’armer un voilier pour transporter des échantillons de vins français vers le Salon londonien Real Artisan Wine (RAW).
• Leur bateau, le Michel-et-Patrick appareillera de Fécamp, demain 12 mai, pour atteindre Saint-Katharine’s Dock, sous Tower Bridge pour livrer ses 6 tonnes de précieux spiritueux made in France. La traversée durera une cinquantaine d’heures.
Le bateau est un ancien langoustinier, lancé en 1962, à Lesconil, transformé en une sorte de voilier bâtard (coque de malamok, voilure de ketch !) en 2006. Longueur 15,04 m (1), largeur 5,35, tirant d’eau 3 m.
• Une conférence est prévue à l’arrivée, durant laquelle Isabelle Légeron MW, créatrice de RAW, décrira les bienfaits de la navigation à la voile sur les vins, Michael Emmett parlera de l’histoire du transport à la voile au Royaume-Uni, et Guillaume Le Grand évoquera les perspectives d’avenir de la propulsion vélique dans les transports maritimes.
• Rappelons que l’objectif de TOWT est de multiplier les expériences de transports de marchandises à la voile en anticipant la transition énergétique, de prouver leur viabilité et de développer un label de transport maritime propre. Avec, en perspective, la construction de cargos modernes à propulsion vélique.
Voilà des initiatives qui ne nous laissent pas indifférents, pour trois bonnes raisons : elles sont maritimes, écolos, et pinardières…
Porthos
(1) Devenue 22 m avec le bout dehors.
• Image – Tout dessus, le Michel-et-Patrick se prépare à livrer sa précieuse cargaison…


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