Pseudo-Quiz n° 144 – Testez vos connaissances

Quel type d’activité les marins de la Marine en bois appelaient les ragagas ? Visiblement, ils n’aimaient pas trop ça…
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
• Réponse au pseudo-Quiz n° 143  : le candidat acheteur était Nicolas Fouquet, surintendant des finances ; il ne fut jamais propriétaire de l’archipel, car en 1665, abattu par Colbert, il fut condamné à la prison perpétuelle et le contrat de vente annulé. Nota : c’est notre excellent confrère d’Artagnan (le vrai) qui procéda à son arrestation…
Premiers bons répondants : Pierre Livory, Gil  Salata, Jacques Larrouy.

Port Haliguen, une jetée en or massif

678Pour les écraseurs de crabes que nous étions en 1969, la fameuse tempête du 6 juillet restera dans les mémoires comme un avertissement ; la mer, c’est sérieux et les coups de temps imprévisibles (en l’occurrence 150 km/h) peuvent frapper n’importe où.
Personnellement, j’étais en mer, avec mes enfants et j’ai pu (en catastrophe) me ramasser à temps à La Trinité. Tout le monde n’a pas eu cette chance, nombre de plaisanciers (et professionnels) l’ont payé de leur vie (1).
• A Port Haliguen où était basé mon Muscadet, le coup de torchon fit pas mal de dégâts, pontons (en plastique) disloqués ou détruits, bateaux coulés ou endommagés, gréements arrachés. La Satmor, ancêtre de la Sagémor actuelle, comprit vite que son port était une passoire, mal protégée ; elle entreprit donc des travaux de prolongation de la jetée Est.
Or, pour poursuivre le quai, il fallait que les camions transportant les remblais atteignent son extrémité, ce qui était impossible : pas assez large. Elle décida donc de doubler la jetée d’un nouvel enrochement, parallèle, courant à sa base sur toute sa longueur. Vaste programme. Pendant des semaines, une noria de camions constituèrent, à prix d’or, les fondations du nouveau quai qui se prolongeait vers le large. Il y est encore…
Aujourd’hui tout cela est oublié, mais il aura fallu un drame pour que le port devienne un abri sûr. Mais au fait, qui a payé ces travaux pharaoniques ?
(1) Au total 30 personnes y ont perdu la vie.
• Image – Le baro : une chute de pression qui se passe de commentaire…

Mousqueton

« Le Médecin de Papier » pour navires sans toubib

Le Médecin de Papier - couvertureCafé à haute dose pour soigner une hernie étranglée ; émétique, gomme arabique et eau sucrée dans les fluxions de poitrine fréquentes chez les marins cap-horniers toujours mouillés à la manœuvre dans les mers australes ; sel de nitre pour la jaunisse ; teinture de cannelle en cas de congélation suite à une immersion prolongée dans l’eau glaciale ; savon dissous dans du tafia comme liniment pour les entorses, foulures et rhumatismes ; essence de térébenthine mélangée avec de l’huile d’olive pour la sciatique ; clous rouillés macérés dans un litre d’eau bouillante pour l’anémie… ce n’est là qu’un aperçu des vieilles recettes recommandées par ce qui deviendra « Le Médecin de Papier » ou manuel d’hygiène et des premiers secours à l’usage des navires sans médecin.
• Les règlements maritimes fluctuants de cette époque n’imposaient un chirurgien qu’à partir de 100 personnes à bord passagers compris, si les traversées dépassaient 48 heures (1). Ce n’est qu’en 1906 qu’une loi imposa, sur les navires de commerce, un médecin breveté de la Marine Marchande en remplacement du chirurgien dont la compétence était plus ou moins évidente.
• Bible de l’officier chargé du coffre à pharmacie, « Le Médecin de Papier » devait, en principe, permettre de soigner un grand nombre de cas avec ce qui nous paraît être aujourd’hui des remèdes de rebouteux. En cas d’aggravation du mal, il fallait consulter un docteur en médecine à la première escale… qui pouvait être dans 3 ou 4 mois si on venait de débuter la traversée d’Europe au Chili ou à la Nouvelle Calédonie pour les cap-horniers du nickel. L’aspirine sortait seulement des laboratoires quant à la pénicilline, il n’en était pas encore question. Les « médicaments » du coffre étaient essentiellement des produits permettant de préparer tisanes et décoctions, des baumes, des onguents, pommades, emplâtres, sinapismes à la farine de moutarde, etc. Paradoxalement, on aurait pu parler de médecine douce faisant largement appel aux plantes et produits naturels que l’officier responsable, improvisé préparateur en pharmacie, pouvait éventuellement trouver aux escales en cours de voyage.
• En cas d’asphyxie ou de syncope, l’alcali était prescrit pour exciter les mouvements respiratoires. Le scorbut était devenu rare mais pas encore complètement éradiqué en raison des trop longues traversées et faute de chambre froide à bord, aussi le coffre à pharmacie contenait-il encore de l’acide tartrique qu’il fallait administrer au malade, dilué dans de l’eau. Ce remède était prescrit également pour la fièvre typhoïde. La tuberculose sévissait mais les prescriptions du « Médecin de Papier » étaient bien entendu inopérantes. Quant à la hernie étranglée, on pensait que l’usage intensif du café à raison d’un demi-verre toutes les demi-heures facilitait sa réintégration dans la cavité.
Claude Briot
(1) Des dérogations étaient prévues pour les navires baleiniers dont les campagnes de pêche pouvaient durer plus de deux ans ainsi que pour les navires terre-neuviers.
Illustration : Couverture de l’ouvrage « Le Médecin de Papier » du Docteur A.J. Monnier. Editions Maritimes et Coloniales. Paris 1957. Pour l’époque évoquée dans ce billet, les navires sans toubib avaient à leur disposition « Le Médecin du bord » du Docteur Launay. Arthus Bertrand. Paris 1864.
• NDLR – Voir aussi nos billets du 12 juillet 2011 (Quand le capitaine était – aussi – chirurgien…) et du 25 juillet 2011 (Les vicissitudes du capitaine-chirurgien).

Quand les requins s’en prennent au Requin…

Google est en alerte rouge. Le géant de la communication est menacé par des requins qui s’en prennent aux 160 000 km de ses câbles sous-marins. Les prédateurs attirés par les ondes émises par les câbles les testent comme une proie éventuelle. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls.
D’où l’émoi du colossal moteur de recherche qui va contre-attaquer en enrobant ses câbles d’un nouveau revêtement protecteur.
Requin contre requins, en quelque sorte…
Voyez plutôt cette vidéo mise en ligne par France Info.
Etonnant, non ? aurait dit ce bon Desproges…
(Virez la pub débile..)

Le camouflage extravagant des navires de 14-18

S.S._Allowaydazzle4bateau-furtif-dazzle-painting-wold-war-guerre-01Pendant la Première Guerre mondiale, les Marines Anglaise puis Américaine ont étudié, et appliqué une technique de camouflage pour leurs bateaux qu’ils ont appelée Dazzle Painting. (1)
Elle fut employée par les Britanniques en août 1917, pour protéger les navires marchands, cible privilégiée des sous-marins allemands. Le camouflage fut ensuite étendu à l’ensemble des navires de guerre ; à la fin 1917, plus de 400 navires avaient été grimés en « choses » plus ou moins extravagantes. L’imagination ne faisait pas défaut. (voir les photos)
• L’inventeur en est Norman Wilkinson qui fit appel à Edward Wadsworth, artiste réputé du courant cubiste, pour imaginer des combinaisons de formes et de couleurs qui, reproduites sur la coque et superstructures des bâtiments, saturaient la perception visuelle des sous-mariniers allemands. Ce principe conduisit à des « peintures de guerre » plutôt étonnantes. Un commandant s’en plaignit à l’amirauté en ces termes : vous me faites ressembler à une meule de foin et désormais à un perroquet !  
C’était un peu vrai. Les cargos peints de couleurs très inhabituelles, dessinaient des motifs abstraits apparemment délirants, comme le montrent les images, le but étant évidemment de tromper leurs prédateurs.
• Le concept ne devait rien au hasard. Les motifs jouaient sur la fatigue visuelle du sous-marinier qui, soudainement, aperçoit des formes et des couleurs vives, comme le rouge vermillon, que les lentilles du périscope monoculaire ne pouvaient, en principe, percevoir. Au moyen d’ombres simulées et subtilement disposées, on parvenait à modifier l’angle de vue apparent du bateau. On pouvait même, et fort simplement, inverser la proue et la poupe ou l’inclinaison des cheminées de sorte que le commandant du sous-marin ne savait plus à quel type de bateau il avait affaire, ni surtout, dans quel sens il se déplaçait (!). Ou bien encore, en peignant une forte vague d’étrave faisant croire à une grande vitesse alors que le cargo se traînait à 6 noeuds (l’estimation de la vitesse étant déterminante pour le torpillage) et autres choses du même genre.
• A l’issue du conflit, on s’est interrogé sur l’efficacité réelle de la formule ; combien de torpillages ont échoué grace au Dazzle Painting ? Impossible à savoir. Il semble qu’elle ne fut pas sans utilité. Ses défenseurs précisent que deux navires identiques, le Mauretania et le Lusitania chassés par les U-Boots n’ont pas eu le même destin. Le premier (multicolore) a échappé à ses poursuivants, le second (classique) fut torpillé sans merci.
Aujourd’hui, avec les navires furtifs le Dazzle Painting est obsolète depuis l’invention du radar, capteurs divers, peintures absorbantes, etc. Seuls quelques pays continuent à maquiller leurs navires de guerre, surtout de petites unités.
Mais regardez les images, elles sont surprenantes et visuellement déconcertantes. Et encore, elles ne sont pas ici en couleurs…
Jussac
(1) Peinture à embrouille…

Ceux qui trinquent au bal des lampistes…

Humeur – Maritimes ou pas, il y a parfois des rapprochements qui frappent.
Ainsi, deux affaires très dissemblables, le naufrage du Concordia et les mésavantures de la Société Générale, montrent une certaine similitude. D’un côté, la banque flingue son ex-trader au motif qu’elle ne savait pas à quoi jouait Jérôme Kerviel avec son bon argent (comme si c’était possible) ; de l’autre, Costa Croisières a trouvé en Francesco Schettino un bouc émissaire tout désigné pour expliquer le naufrage imputable en premier lieu à la ridicule et bien connue « révérence » que faisaient ses bateaux.
Seulement, l’improbable s’est produit.
• Dans les deux cas, les hauts décideurs devaient trouver un lampiste pour masquer leur responsabilité et dormir tranquilles. Aujourd’hui, le tour de passe-passe est en train de réussir, les moutons noirs vont trinquer.
Je n’ai aucune sympathie pour le jeune manipulateur de fric pas plus que pour le capitaine courageux (qui a quitté son bateau avant sa totale évacuation !) mais, en l’occurrence, ils sont bien partis pour être les dindons d’une farce qui les dépasse. Elle est pas belle, la vie ?
Porthos

Trois images pour le plaisir ? Hum…

DSCN3971DSCN3966DSCN3976Ces trois images ont été prises hier dans un petit port de Bretagne sud  vers 19 heures ; coefficient 113, pas de vent, donc pas de vagues.
Il n’y a pas grand chose à en dire sinon que 113 ce n’est pas 120, et s’il y avait eu un peu de clapot, je vous laisse imaginer… On peut aussi remarquer que la municipalité n’a pas jugé utile de mettre en place des déviations qui auraient évité aux voitures de rouler dans l’eau salée. (L’une des deux voies est totalement submergée). Enfin, les deux jeunes mères de famille, en bordure du quai, semblent bien audacieuses, d’autant que le trottoir d’en face était sec.
Comme dirait l’ami Planchet, telles sont, beaux messieurs, mes observations vacancières d’hier soir.
Cyrano

Un vrai croiseur minimal made in USA

sailg2daveonLCLC&ZOEexuma2-0022Coup de cœur – A plusieurs reprises Escales a présenté des embarcations à voile, plus ou moins excentriques, capables de mener à bien (?) des croisières en mer ouverte. Il s’agissait surtout de curiosités, menées en solitaire, très inconfortables, conçues dans un esprit de course à la petitesse. Sur l’un d’eux, le skipper ne pouvait dormir qu’assis…
Ce n’est pas le cas de Little Cruiser, dessiné par Matt Layden (1) qui représente un bateau de croisière minimal et vivable, pour un couple ou une paire de copains. Nous avons peu d’infos sur ce bateau, et nous le regrettons, car il semble remarquablement pensé.
•  Petit, simple, astucieux ce micro-croiseur, construit en 1988, a permis à deux personnes de naviguer longuement (à partir de 1992) dans la Baie de Fundy au Canada aussi bien qu’aux îles Bahamas, sans problèmes majeurs.
Il mesure 4,62 m de long sur 1,40 de large, avec un tirant d’eau de 0,23 ; il peut s’échouer partout. Gréement en cat boat, mât court, voilure de jonque très pratique. Le franc bord est assez haut, avec un rouf discret, ce qui donne pas mal d’espace intérieur. Le mât, que nous supposons rabattable, est tenu sur le pont par deux arcs-boutants qui renforcent sa rigidité et dispensent de haubanage. Sa stablité est assurée par quatre ballasts d’eau dont nous ignorons la contenance ; il ne comporte ni quille ni dérive. Son poids est de 726 kg, vide. Le matérau est du contreplaqué qualité AC, le fond ayant une épaisseur d’un pouce (!). Par sécurité, il possède un petit moteur hors-bord mais se manœuvre aussi à l’aviron.
Nous y voyons un petit phénomène, très marin, simplifié à l’extrême et parfaitement adapté à la croisière côtière. Malheureusement, nous ne savons rien de son prix mais ses composants laissent supposer qu’il n’est pas délirant.
• Les quelques photos que nous avons chapardées décrivent mieux sa formule qu’un long bavardage. Tout juste peut-on remarquer que son architecte a dessiné un bateau aussi petit que possible (plus petit qu’un Corsaire ou un Belon), pratique et confortable. Un vrai petit (très petit) croiseur
Un doute subsiste : notre information dit que ce modèle ne comporte ni dérive ni quille (!), mais évoque « un arc monté en dérive ». Nous n’avons pas pu traduire. Dérive latérale ? Peu probable, on n’en voit pas sur les images. Quoi ?
Jussac
(1) Architecte américain non conformiste, spécialiste des micro-croiseurs.
• Images – De gauche à droite : 1/ La voile de jonque, comme une aile de papillon… 2/  Au mouillage dans 30 cm d’eau . 3/ Little Cruiser et Zoé, version avec voile au tiers 4/ –  On vous le dit : un bateau très séduisant… 

Pseudo-Quiz n° 143 – Testez vos connaissances

Image 2Un petit pseudo-Quiz qui pourrait intéresser le anciens des Glénans. Vers le milieu du XVIIᵉ siècle un trouble personnage entreprit d’acheter l’archipel des Glénan et, pour faire bonne mesure, les îles de Houat et Hoedic. Le contrat de vente ne fut jamais honoré. 1/ Pourquoi ? 2/ Qui était ce personnage gaillardement contesté ?
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
Réponse au pseudo-Quiz n° 142. C’est évidemment ce vieux Samuel Langhorne alias Mark Twain, écrivain-aventurier qui signait ses bouquins de ce peudo inattendu. « Mark twain ! » est en effet le cri poussé par les pilotes du Mississipi signifiant « deux brasses de fond ».
Vous avez tous trouvé mais les deux premiers sont Pierre Livory et Jacques Larrouy. Pas de médaille en chocolat, vous êtes trop nombreux…

• Image – Centre Nautique de Glénans

L’anagramme maritimo-arboricole et fruitière

Allez, on ne va pas se mettre à recycler nos vieux clins d’œil, mais celui-ci nous fait encore sourire (surtout Athos). Nous l’avons déjà publié en 2011 ; comme vous étiez moins nombreux qu’aujourd’hui, nous n’hésitons pas à vous l’offrir de nouveau. Le voici donc.
Il s’agit d’une anagramme de deux mots bien terriens « prunier sauvage » dont les lettres astucieusement mélangées donnent un vocable franchement marin.
Ne cherchez pas trop, contre toute attente, et si l’on s’y prend bien, l’anagramme, donne « naviguer au pres »… Vérifiez, vous allez voir. Marrant, non ?
À resservir un soir au mouillage, à l’heure de l’apéro…


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