Ces stars, venues par la mer…

Plymouth Charlie Chaplin DSCN0237Plymouth Duke Ellington DSCN0239Plymouth Sarah Vaugan DSCN0238Petites questions perfides : où, ont bien pu être prises ces photos un peu énigmatiques ? En  quoi ont-elles un caractère maritime ? Quelle est la signification de ces drôles d’étoiles de mer ?
Pas fastoche…
Réponse : à Plymouth, en Grande-Bretagne. Ces étoiles en cuivre (ou en laiton) sont posées le long d’un mur proche de Milbay Docks. Elles rappellent aux passants le nom des stars du jazz et du spectacle ayant débarqué dans le grand port. Sous chaque nom, celui du paquebot qui les a transportées. La taille de l’étoile semble proportionnelle à la célébrité de l’intéressé ; la plus grande est, je crois, celle de Charlie Chaplin venu à bord du  Mauretania en 1931. C’est un peu naïf mais bien sympa tout de même.

On a bien aimé « Quarante ans aux Glénans »

Ce livre devait être fait ; il devait être fait comme ça, par lui, et pas autrement. Lui, il a tout connu, tout vécu, c’est une mémoire vivante. Sous sa plume, l’histoire de la prestigieuse école de voile s’anime, se dévoile ou se reconstruit. Pas l’histoire dite officielle, non, l’autre, celle du côté cour, là où les idées fusent où l’expérience se cherche où l’esprit souffle…
Sans flagornerie, Jean-Louis Goldschmid, directeur technique du Centre Nautique des Glénans fut l’interprète virtuose (et inspiré) de la « partition Vianney ».  Avec son irréductible volonté de comprendre, et de transmettre, il a ouvert à des milliers de jeunes gens  le sens de la responsabilité et de l’effort ; cela va bien au-delà de l’apprentissage basique de la voile, bien au-delà… Simplement la voile fut, pour lui, l’instrument élégant de son message. Allez Jean-Louis, t’avais vu ça depuis le début, on le sait, tu y as consacré ta vie, jusqu’à ta retraite, avec un réel bonheur. Chapeau Goldo !
Le bouquin est pointilliste, truffé de clins d’œil multicolores qui peu à peu s’assemblent et se constituent  en fresque ébouriffante ; ça sonne juste, et c’est parfumé d’humanisme. Du solide, quoi.
Alors, je ne vais pas vous raconter l’histoire, trop riche, vous verrez bien. Si vous avez le goût de l’anecdote – et de l’humour – , vous allez vous régaler, soyez-en prévenus ! Pisse-froid s’abstenir…
Finalement, on débouche sur un constat inoxydable : malgré le temps qui passe, tu restes, Jean-Louis, conforme à ta légende, que tu n’as sûrement pas cherchée. Pour nous, c’est ce qui pouvait  nous arriver de mieux.
M. D.
• Quarante ans aux Glénans – Octobre 2009 - Ouest-France Editeur

Portrait de bateau : le « Corsaire »

Corsaire 1Corsaire 2bapteme Corsaire DSCN0505Le Corsaire. Voilà le voilier le plus important de l’après-guerre. Conçu en 1954 par Jean-Jacques Herbulot ; il marque le basculement de la Plaisance élitiste vers la Plaisance accessible dont il fut l’indiscutable pionnier. C’est une réussite technique incomparable, fondée sur un concept simple et utilisant un matériau sûr et peu coûteux, le contreplaqué, facile à mettre en œuvre (construction à bouchains vifs). Au surplus, ses volumes de flottabilité (258 litres) en font un bateau pratiquement insubmersible.
Sa formule  permet  à deux personnes de vivre convenablement à bord (deux couchettes + une micro cuisine) et de naviguer dans de bonnes conditions de sécurité. Ce phénomène devait se révéler d’une excellente tenue à la mer, capable d’encaisser des grains vigoureux, et ne pas poser de problème de mouillage grâce à son faible tirant d’eau (dériveur lesté). Cerise sur le gâteau, ses lignes épurées lui donnent une silhouette racée, jamais ringardisée. Bref, vous l’avez compris, c’est un bateau qui me plaît beaucoup…
• Caractéristiques : 5, 50 m de long, 1,92 de large, lest 150 kg, tirant d’eau 0,55/1,00m, voilure standard 16 m².
Depuis sa création, le Corsaire a été dupliqué à quelque 3000 exemplaires sans compter la construction amateur difficile à estimer. Sa notoriété et sa réputation  ne furent jamais démenties. Aujourd’hui encore on en rencontre de superbes (comme neufs !) soutenus par une Association de passionnés, dynamiques et  volontaires. Signe qui ne trompe pas, d’anciens Corsaires, sont restaurés avec soin, et s’ouvrent à une seconde vie.
Non content d’être un précurseur, le Corsaire affiche une carrière d’une incroyable longévité et qui n’est pas près de s’éteindre. Pour preuve, l’AS Corsaire organise le 5 décembre prochain, à 17 h, au Salon Nautique, une manifestation pour le centenaire de la naissance de son concepteur, Jean-Jacques Herbulot (né en 1909 à Charleville-Mézières). On y attend beaucoup de monde et pas seulement des « corsairistes »; en tout cas, moi, j’y serai…
Maurice Duron
• Photos : à gauche, le Corsaire n° 5, à Hyères en 1954 ; à bord, Hélène, Jean-Jacques et Florence Herbulot (collection Florence Herbulot) ; au centre, en 2003 deux “Corsairistes” qui n’ont pas l’air franchement malheureux… (photo M. Gerber) ;  à droite : baptême d’un Corsaire entièrement rénové à Audierne en 2008.

Une nouvelle interlocutrice à la SNSM

Nous apprenons l’arrivée de Bénédicte Caillé-Malpel à la direction de la Communication de la SNSM. Professionnelle, dynamique et déterminée elle entend poursuivre l’action d’Alexis A. Beresnikoff qui, après 10 ans passés au service des sauveteurs,  vogue désormais vers d’autres eaux.
Il ne semble pas nécessaire de rappeler l’estime que nous portons  à la noble Société que nous avons vue à l’œuvre à plusieurs reprises. Notre message à Bénédicte Caillé-Malpel : bienvenue. Nous souhaitons maintenir les liens existants, voire les développer…
Athos

Le premier vrai navire électrique du monde !

planet Solar DSCN6185_LC’est un scoop. Attention, il ne s’agit pas d’un vague projet comme il en existe tant, mais d’une réalisation bien concrète, comme le montre la photo. Le PlanetSolar (dont nous avons déjà parlé) est en cours d’achèvement au chantier Kniering à Kiel, en Allemagne. Ce sera le premier navire du monde à être propulsé par l’énergie solaire. Pour mémoire rappelons qu’il s’agit d’un trimaran très design dont la coque centrale, (30 m x 15 m) sera recouverte de  cellules photovoltaïques ; deux flaps latéraux complémentaires permettront de disposer d’une surface « solaire » de 470 m². L’énergie ainsi captée alimentera deux moteurs de 100 ch, donnant une vitesse de 10 nœuds environ.
En février 2010 le navire devrait effectuer une tournée en Europe, avec peut-être une escale à Paris et en avril 2011 effectuer un tour du monde démonstratif. Pour l’heure une intense campagne de communication est en cours et même si ce n’est pas notre genre, on peut s’en féliciter. On n’en fera jamais trop pour sensibiliser nos sociétés aux énergies de l’avenir. (Voir aussi nos billets du 24 mars 2008 et 27 avril 2009)
• La photo montre l’état, déjà très avancé, du navire qui doit encore recevoir ses flotteurs ; ceux-ci sont prêts, il reste à les assembler.
Cyrano

Ces requins qui aiment tellement les bateaux…

Bon, je vais encore me faire des amis…
Je lis dans Ouest France du 28 octobre dernier, un papier gentiment acidulé, qui m’a fait hausser un sourcil. On sait l’estime que je porte au sponsoring et à la pub, tous deux grands manipulateurs du croc à phynance de l’inimitable Jarry. Je trouve qu’entre les lignes cet article en dit beaucoup. Quelques extraits.
Aller plus loin dans le domaine de la com’ et des relations publiques c’était un peu aussi l’objectif de « Groupama 3», explique Franck Cammas, skipper de ce trimaran taillé pour les records. Mon métier est aussi de passer la journée à faire naviguer des gens de Groupama. Ah bon ?
Un peu plus loin, Dominique Granado, en charge du sponsoring sportif déclare, le doigt en l’air  : Pour un collaborateur ou un client, naviguer sur un bateau unique est extrêmement apprécié.
Tant mieux pour eux, mais est-ce vraiment en jouant les promène-nigauds Continuer la lecture ‘Ces requins qui aiment tellement les bateaux…’

Happy end pour le vaisseau fantôme

Eh bien ça y est. Le bateau qui venait du froid a cessé de faire des ronds dans l’eau. L’Arctic Sea vient d’être autorisé à gagner un port pour y faire de menues réparations. Et vous savez lequel ? La Valette, Malte ! Ça vous rappelle rien ?
Les autorités maltaises, dont on a pu apprécier la rigueur maritime, ont visité le navire à la recherche d’éventuelles substances radioactives. Elles n’ont rien trouvé ; que des copeaux de bois. Il n’y a donc plus d’obstacle à l’entrée du vaisseau fantôme en… Europe. Voilà qui rassure.

Naufrage sur Arte : un voilier sombre dans le ridicule

hatchepsoute2881696,property=imageData,maxWidth=634,scale=unproportional,templateId=scaled,v=1,CmPart=com.arte-tv.wwwSi j’avais vu ça sur TF 1 j’aurais haussé les épaules, mais là, sur Arte…
Samedi 17 octobre, 20h45, un docu sur une expérience archéologique. Le but : reconstruire à l’identique et faire naviguer un voilier en usage sous la reine Hatchepsout, il y a 3500 ans. Pourquoi pas ? Sous le regard d’égyptologues distingués on assiste alors à la reconstruction, phase par phase. Intéressant. Mais peu à peu on s’aperçoit que les savants n’ont aucune idée du vocabulaire maritime ce qui donne au commentaire des allures surréalistes. Les bordés deviennent des planches de côté, les coutures des joints entre les planches, l’emplanture le trou du mât, le lest du ballast et les haubans des cordes accrochées de part et d’autre du mât, etc. En souriant un peu on arrive à comprendre, mais on se dit que la rigueur scientifique n’aurait rien perdu à appeler les choses par leur nom ; quitte à en donner une courte définition.
Pilote de l’émission, et spécialiste de « nautique ancienne » (?) Cheryl Ward aurait peut-être intéret à consulter, (la prochaine fois)  Les mots de la mer de l’ami Christophe Hardy (Bellin Editeur) ou Les mots de voile et de vent (Autrement Editeur) que j’ai personnellement commis, il y a quelques années.
M. D.

L’histoire dingue d’un skipper un peu fou…

kpt00472_4kpt00472_1De Pidgeon à Rebell la littérature maritime nous a familiarisés avec ces originaux qui courent la mer sur des engins fragiles. Eh bien ! en voici un nouveau -  et non des moindres – qui mérite toute sa place au panthéon des joyeux fous navigants. Je parle ici de  Eugeny Gvozdev natif du Daghestan ; on connaît peu son histoire. Et pourtant… Il a construit son voilier – faut le faire – dans son appartement ! Oh, un petit bateau de 3,70 m de long sur 1,40 de large, ni plus ni moins. En fait il l’a fabriqué sur son balcon (2e étage), ou plutôt à l’extérieur de son balcon tenu par un système de cordages… Il est ingénieur mécanicien et a décidé d’aller sur la mer jolie…
Avant de partir, en mai 1999, il s’explique : je n’ai pas un grand bateau. A grand bateau grands problèmes. Peu d’eau et peu de nourriture, pas d’électricité, de radio ou de GPS, pas de moteur non plus. Pas de femme, pas de  sexe…  Mais pas de problème.
A 66 ans, il appareille du port de Makhachkala sur la Caspienne et gagne on ne sait comment la mer Noire. Il emporte 250 litres d’eau et 3 mois de vivres, c’est tout. Mais il embarque bien d’autres choses. Le voilier est tellement chargé de pièces de rechange et d’outillage qu’Eugeny ne peut dormir que les jambes dehors dans le minuscule cockpit. J’en vois qui sourient : il n’ira pas bien loin…
Eh bien si figurez-vous ! Le gaillard fait tout simplement Continuer la lecture ‘L’histoire dingue d’un skipper un peu fou…’

Les sirènes vous saluent bien !

Oh ! là, là ! fallait pas…
Ce déferlement de compliments pour le prix attribué au Quai des sirènes, que Christophe et moi avons mis à l’eau récemment, ne justifie pas une telle avalanche… Mollo sur l’égo les gars.
Mais bon, comment vous en remercier ? Vous êtes trop nombreux (mais si !) et nous trop paresseux pour le faire individuellement. Alors je vais vous dire, on vous embrasse tous bien fort, les proches, les copains, les inconnus, les femmes et les enfants d’abord, bien entendu.
Maurice Duron

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