La semaine littéraire d’Escales Maritimes (fin)

 CLAP DE FIN

Ainsi s’achève la Semaine littéraire d’Escales Maritimes.
Le choix des auteurs est strictement personnel. Je l’assume entièrement. A part Rachilde (que, bien entendu, je n’ai pas connu) tous sont des amis. Je leur dois beaucoup d’émotions, de plaisirs…
Je les remercie tous en bloc : Rachilde et Jean-Pierre Abraham qui voguent sur d’autres mers, et aussi Alain Boucher, Henri Bourdereau, Pierre Livory, Guy Quiesse, et mon vieux complice Christophe Verdier, l’aquarelliste de Plestin-les-Grèves.
Je souhaite vraiment que vous ayez apprécié.
Maurice Duron

••••••

EXTRAIT DE « LETTRES DU PACIFIQUE »

Alors, il chantait, car personne ne pouvait l’entendre. Pourquoi se souvenait-il toujours d’une seule chanson alors qu’il devait bien en chanter d’autres ? Elle parlait des condamnés qu’on exécutait toujours à l’aube « C’est à l’aube… c’est à l’aube… ». Peut-être parce que c’était plutôt les quarts blèmes du lever du jour qui l’inspiraient ? Mais maintenant, en dehors de ce refrain il ne retrouvait plus d’autres paroles.
Dupuis, lui, fredonnait quelque chose de plus gai. Une rengaine à la mode qui devait beaucoup se jouer dans les bals de Paimpol. Servier se souvint que lors d’une autre traversée, il l’avait trouvé muet mais se trémoussant sans arrêt avec parfois de curieux glissements de pied ; il pensa qu’il avait envie de pisser et l’avait invité aimablement à descendre.
- Non merci Cap’taine…
- Alors qu’est-ce que vous avez à vous remuer comme ça… vous avez mal quelque part ?
- Mais non, Cap’taine…
Il hésita :
- Y a qu’on est dimanche et à l’heure qu’il est là-bas, y a p’tit bal du samedi soir à Paimpol… alors vous comprenez…ben…  je m’imagine en train de guincher. Là-bas.
C’est vrai qu’on était dimanche 5 heures du matin à bord, mais samedi 7 heures du soir à Paimpol. A bord, ils étaient tous très rodés aux changement de fuseaux horaires.
Et il dansait ; son imagination fonctionnait à plein régime. Il était là-bas, probablement dans le Hangar à sel qui, inutilisé depuis qu’il n’y avait plus de terre-neuvas, avait été transformé en salle des fêtes. Et il dansait…
• Lettres du Pacifique, Henri Bourdereau, MDV Editeur 1998.

 

La semaine littéraire d’Escales Maritimes (suite 2)

UN EXTRAIT DE « FORT CIGOGNE »

Il s’agit bien sûr, du bouquin de Jean-Pierre Abraham.
Seul sur l’île de Fort Cigogne durant l’hiver, il a mouillé ce matin un filet qu’il récupère à la nuit.

• J’ai agi en un éclair, remis aussitôt l’aviron en place et commencé à godiller frénétiquement vers le bord. La poche du filet est évidemment venue sur l’arrière, elle me gênait dans mon mouvement et la pelle de l’aviron se prenait dans les mailles: le temps que je la dégage, j’avais perdu plusieurs mètres. En me retournant pour apprécier la distance, j’ai aperçu une lumière sur la grève. Elle semblait bien lointaine. Un instant, encore, j’ai pensé à tout remettre à l’eau en catastrophe mais non, je finissais tout de même par gagner du terrain. Je distinguais maintenant sa silhouette immobile là-bas. Elle avait enfilé un gros ciré par-dessus sa chemise de nuit.
J’étais surpris de ne pas progresser plus vite, à l’abri du vent désormais. A dix mètres du bord, j’ai préféré sauter à l’eau pour finir de tirer le canot à la main. Alors j’ai vu que, dans ma panique, j’avais mal calé le deuxième galet à bord, il était retombé et je le traînais depuis dix minutes.
Je suis tombé à genoux sur le sable, hors d’haleine, sanglotant peut-être. Elle est venue lentement s’accroupir près de moi, a ouvert le col de son ciré, sa chemise, a pris mes mains glacées, les a posées sur seins.
• Fort-Cigogne, Jean-Pierre Abraham, Le Temps qu’il fait Editeur, 1995

Comment peuvent-ils dormir tranquilles ?

La tragédie du ferry qui a sombré au large de la Corée du Sud nous concerne tous ; recueillons-nous.  Probablement plus de 300 morts, des étudiants en voyage scolaire pour la plupart. L’état du navire ne semble pas en cause,  ni meilleur ni pire qu’un autre ; en revanche  quelque chose  ou quelqu’un a provoqué la catastrophe, on le saura bientôt.
• Ce que je veux rappeler c’est qu’un bâtiment de 146 m transportant 475 passagers (dont 325 lycéens) peut aujourd’hui, en dépit de tous les dispositifs de sécurité, sombrer dramatiquement. Qu’en serait-il pour un navire bien plus grand,  300 m et plus, avec 5 000 personnes à bord ? Il est étonnant (et pas seulement étonnant) que les marchands de croisières poursuivent leurs programmes comme si de rien n’était. Comment peuvent-ils dormir tranquilles ?
Ce drame – un de plus –  sonne comme un avertissement, il peut se reproduire partout et à tout moment. C’est un peu comme le cancer : bah ! c’est pour les autres… Moi, je continue de fumer. Les pleurs à venir n’y changent rien.
Athos

La semaine littéraire d’Escales Maritimes (suite)

A LIRE BIENTOT : « LA MER DE COCAGNE  »

Boucher_CommMerCocagneParutionPetite friandise de notre Semaine littéraire. Escales est heureux de vous présenter, en avant-première, l’un des rares romans maritimes du Québec. Son titre : La mer de Cocagne. Il est l’œuvre de notre talentueux complice Alain Boucher qui tient ici-même la déjà célèbre Chronique du Québec.
• Roman maritime donc, mais plus que cela. Richement documenté (l’Histoire, les lieux, les usages, les événements ) il nous emporte à la découverte du Saint-Laurent en 1541, à travers les aventures du Babordais, un breton de France qui ne connaît jusqu’alors que la mer et la faim. Celui-ci posera ses bottes à Boytus en Terra de Labrador pour faire la morue sèche, puis deviendra harponneur de baleines sur l’Ile au Basque, avant de s’éprendre de la belle Laurence. Entre-temps, il aura découvert les mers et terres mélangées du Nouveau Monde, la couleur des eaux du Saint-Laurent, les enchantements d’un pays prodigue et généreux…
• Halte ! Ici, je m’arrête. Je ne vais pas déflorer toute l’histoire, qui caracole de surprises en surprises ; c’est à vous de les découvrir. Sachez simplement que tout amoureux de la mer – pour le bon motif –  voguera avec un plaisir constant  sur les houles de La mer de Cocagne. Rien à ajouter.
Si, pourtant : un ton savoureux, un style nerveux, des ambiances qui craquent de justesse, toutes choses qui révèlent un vrai écrivain maritime. Ce n’est pas si courant…
La mer de Cocagne est édité aux Editions Hurtubise, Montréal ; l’ouvrage devrait sortir le 22 avril au Québec et disponible à la Librairie du Québec 30 rue Gay Lussac, Paris (www.librairieduquebec.fr/) au début de l’été. Ne le manquez pas !
Aramis

•••••••

UN EXTRAIT DE « QUAI DES SIRÈNES »

QUAI * Deux compères (Christophe Verdier et Maurice Duron) ont publié sous le titre Quai des sirènes un bouquin couronné par l’Académie de Marine. C’est une manière de kaléidoscope maritime découpé entre mots et couleurs. On le trouve assez réussi…
• Les incertitudes de la nuit - Les nuits en mer, ce n’est pas seulement la nuit. C’est un autre temps, un autre espace.
S’il fait beau, le regard se perd dans toutes les directions ; c’est le seul moment et le seul endroit où l’on embrasse le brasillement du cosmos dans son entier ; sur tout le cercle de l’horizon. La condition humaine paraît insignifiante et le retour sur soi-même obligatoire.
S’il fait moins beau, en cabine, à la passerelle, on perçoit l’énormité du bâtiment, sa masse, sa vitesse, sa tripaille de machines. Rassurantes. En y réfléchissant un peu, il est troublant qu’on soit ici, entre ciel et mer, écrasé par deux immensités proprement incommensurables. Et que l’on continue le voyage, comme si de rien n’était. Il y a un certain mystère à se trouver en plein océan…
S’il fait franchement mauvais, c’est encore autre chose. C’est de nuit que l’on prend conscience de la lutte qui oppose  l’outil mécanique – le bateau -  à d’autres forces, elles aussi mécaniques, mais d’une tout autre ampleur. Le roulis, le cri du vent, le crachat des embruns, les chocs des lames sont là pour nous le rappeler.
Paradoxalement, la nuit, nous sommes aussi au royaume de la lumière ; les projecteurs éclaboussent le pont, crûment, l’œil brillant des hublots observe, et l’on devine à leur halo, les feux verts et rouges qui nous signalent. Les navires qu’on croise ressemblent d’abord à quelque ville flottante, mais de près, ce seraient plutôt des arbres de Noël.
La moindre pâleur du ciel, détectée au loin, excite l’imagination. Qui pourrait oublier ce que les anciens appelaient joliment l’emblondie d’un phare ? Cette tache laiteuse, diffuse mais visible, bien avant le feu proprement dit. Comme l’annonce d’une révélation : prenez garde, la terre est proche.
Et que dire de l’impression ressentie à l’instant d’un réveil nocturne, au bout de la course, lorsqu’on s’aperçoit que le navire est à quai, immobile, assoupi au milieu de la ville illuminée ?
Eh oui ! un autre temps, un autre espace.
Quai des Sirènes , Marines Editions, 2009

La semaine littéraire d’Escales Maritimes

Comme vous l’avez sans doute constaté, Escales se consacre cette semaine à la littérature. Maritime bien entendu…Pourquoi ? Tout simplement parce que ça nous fait plaisir.

UN EXTRAIT DE « TRAITS DE JUPITER »

05 Mon IleAprès le petit poème du frère de lait de Kerdubon (devenu frère de tafia par la suite), voici que Pierre Livory met à l’eau un petit ouvrage superbement titré « Traits de Jupiter ». Des textes ciselés, sertis comme des aigues-marines, tous imbibés d’eau salée. Dans sa présentation, Xavier Jaillard nous avertit du mystère : Méfie-toi, lecteur : il y a des petites phrases anodines qui sentent le port, le chenal, la haute mer et le grand large. Nous voilà prévenus.
Ajoutons la belle  illustration de Alice Laverty qui soutient le texte avec élégance et maîtrise du trait. Beau boulot.
Donc, un brave petit canot’ que ce bouquin en route pour son neuvage…
Et pour vous mettre l’eau à la bouche, voici dans l’image, un court poème  intitulé tout simplement « Mon Île » extrait du recueil. Il donne le ton…
• Le lancement de Traits de Jupiter aura lieu le samedi 19 avril à la médiathèque de Saint-Pierre-Quiberon (56) (Centre culturel) de 10 à 12 heures et 14 à 16 heures.
Traits de Jupiter : format 10 x 16, Armoricaines Editions, collection Poémiers en accordéon.

•••••••

 UN EXTRAIT DE « LA TOUR D’AMOUR »

- Quoi que t’as, Le Maleux, à me moucharder ?
Je pris le parti de me moquer de lui.
Voyons père Barnabas, je ne moucharde personne ici, vous avez le délire du vent.
Le délire du vent est un mal bien connu des gardiens de phare, surtout quand ils débutent. On finit par s’entendre appeler du haut en bas de l’escalier, le long des échelles, partout où peut siffler quelqu’un.
- Oui, fit-il mélancolique et de son ton de vieille femme geignarde, j’ai le délire. Pourtant, je n’ai pas mon pareil dans le métier ; je sors jamais, je bois pas, je cause pas et je dors presque plus ; j’ai pas mon pareil sur toute la ligne de feu des côtes, ça, tu pourras le dire à nos officiers.
- Je crois qu’ils s’en doutent, monsieur Barnabas. Ils m’ont fait votre éloge, il y a six mois, quand je suis venu chez vous. Non, vous n’avez pas votre pareil, et c’est point votre faute si le gars est tombé… ça peut arriver demain. Nous sommes tous à la merci de celui qui souffle.
Il sembla réfléchir, puis ricana, tout en caressant les cheveux blonds qui ornaient les oreilles de sa casquette huileuse.
- M’est d’avis que ça ne t’arrivera pas, Le Maleux.
- Dieu le sait ! Dieu le veuille !
- Dieu… il est mort, répliqua-t-il durement, et il me tourna le dos.
- Vous allez monter l’ancien ?
- Oui, c’est mon moment… Je sens que ça se gâte, là-haut. J’ai pas besoin de toi.
Je restai figé sur la table, en face de sa casquette qu’il avait oublié de remettre

C’est la tour prends garde !
C’est la tour d’amour ou-our-ur

Sa voix montait, se mêlait au vent et devenait lointaine comme celle d’une jeune fille qu’on étranglerait sur les dunes pendant une nuit d’équinoxe.
• La tour d’amour, Rachilde, Le tout sur le tout Editeur, 1988.

Portrait de navire : le bateau-pilote

Pilot_ship_La_Couronnéepilote Santander 1 -DSCN0269Le bateau-pilote (1) ou pilotine est une vedette servant à l’embarquement (et débarquement) du pilote se rendant à bord des navires qui entrent ou sortent d’un port.
Le rôle du pilote consiste à assister et conseiller le capitaine dans les zones de navigation délicates ; à ce titre c’est un expert connaissant parfaitement les particularités du port auquel il est attaché (2) .
• Les bateaux-pilotes sont apparus très tôt dans l’histoire maritime. Au début, le type de navire est très variable, mais peu à peu ses caractéristiques s’imposent et suscitent les célèbres côtres-pilotes du Havre ou de la Tamise ; ce sont de magnifiques voiliers de quinze/vingt mètres, reconnaissables à leur liston blanc et à leur voilure portant une ancre ainsi que l’initiale de leur port d’attache. Jolie Brise, qui gagna par deux fois la course du Fastnet est un ancien bateau-pilote du Havre.
• Aujourd’hui, le bateau-pilote n’est plus à voile, c’est un petit bâtiment rapide, maniable, très marin capable d’affronter le mauvais temps. Il porte sur son franc bord le mot « Pilote », bien lisible,  pour le distinguer des autres embarcations. Selon les ports, les bateaux-pilotes sont de dimensions et types parfois fort différents bien que leur mission reste la même.
(1) Selon les auteurs, s’écrit bateau pilote ou bateau-pilote voire pilote tout court…
(2) Lorsque le pilote est à bord d’un navire ce dernier envoie le pavillon « H » (Hotel) du Code international des signaux.
• Image – A gauche, la Couronnée, bateau-pilote de Loire Saint-Nazaire ; à droite, le bateau-pilote de Santander prêt à rejoindre le ferry Pont Aven.  

Au fond dorment les sortilèges…

Le frère de lait de Kerdubon nous adresse ce petit poème qui nous alerte (joliment) sur nos passions maritimes trop intenses. Attention ! les manigances de la mer peuvent être vénéneuses. Lisez, rêvez, et laissez vous porter par l’émotion. Un petit bijou… (M D)

IL NE FAUT PAS JOUER AVEC LA MER
Après avoir écouté ses rugissements inquiétants, ou son murmure persistant,
Après avoir goûté son sel et ses subtilités aquatiques ou halieutiques,
Après avoir respiré son haleine iodée de vents déferlants, ou d’embruns vaporeux,
Après avoir pénétré son sein de calmasse mystique en ouvrant ses cuisses de ton étrave,
Tu n’es pas devenu amant, mais esclave !
Elle a phagocyté tes sens et ton sang !
Tu es devenu simple élément infime de son royaume magique et mystérieux !
La mer illumine alors tes pensées pour occuper tout ton espace cœur,
Comme une maîtresse qui veut toute la place, elle finira par être unique.
Pour cela, elle va t’appeler continuellement, sans répit, et sans trêve.
Infatigablement, elle te murmurera ses mélodies de rêve,
Aussi bien que ses obscénités merveilleuses ou hallucinatoires,
Elle te chantera ses complaintes harmonieuses de sirène,
Ou ses refrains licencieux d’infâmes et obscures tavernes portuaires !
En te berçant ainsi, elle t’endormira pour t’emporter enfin  immanquablement,
Vers les espaces sidéraux  infinis et beaux… en direction de l’oubli libérateur !
Cette mer comme tous les autres océans que tu n’imagines pas, sont une même eau,
Quelle que soit ton île, ton refuge, il y aura toujours une mer qui te cernera :
Méfies-toi ! C’est TOI qu’elle veut… Mauvais amant… bon esclave !

C’était Audierne, hier ou avant-hier…

audierneNous assistons à une scène classique du temps où le port était encore presque entièrement dédié à la sardine. Ici, Quai Jean Jaurès, trois préposées des « barons de l’huile » (patrons de sardineries) attendent que les marins-pêcheurs débarquent le précieux poisson. A cette époque, l’économie locale repose en grande partie sur l’exploitation de la sardine qui faisait vivre toute une chaîne de professions depuis la pêche jusqu’à la préparation des aimables bestioles ; d’où la présence de nombreuses conserveries à Audierne et à Poulgoazec, juste en face.
• On ne saurait dire si l’image est posée, à la demande du photographe, ou simplement saisie au vol comme un moment de la vie ordinaire. L’attitude des marins, la présence de personnages au second plan, indifférents au spectacle, ainsi que l’homme à cheval sur la droite laissent penser que l’image est des plus banales. On notera que l’une des femmes présente un poisson… qui n’est pas une sardine ! L’ensemble reste assez représentatif de ce qu’on imagine de la vie locale, au tout début du siècle dernier.
• Aujourd’hui, il ne reste que quelques petits « côtiers » bien moins nombreux que les misainiers de naguère ; seule une vingtaine de ligneurs maintiennent une pêche active ; ils vont par tous les temps pêcher le bar dans le Raz de Sein sur une mer parfois effrayante.
Il faut se rappeler qu’Audierne a longtemps été considéré comme un port d’accès fort dangereux (présence d’écueils de la Gamelle juste à sa sortie) et reconnu comme le port de France où le canot de sauvetage sort le plus souvent !
Vie dure, personnages forts et fiers, un petit peuple courageux… c’était Audierne hier ou avant-hier…

Le beau langage : celui des galères

Si l’on se régale du savoureux langage des marins de naguère, il faut se rappeler qu’il s’agit du langage pratiqué essentiellement sur les eaux du Ponant. Il ne faut pas oublier pour autant celui des marins du Levant qui est certes moins connu mais riche de vocables réjouissants.
Les deux langages n’ont aucun point commun. Au cours des siècles, les deux marines du roi (celle du Ponant et celle du Levant) ne se sont jamais rencontrées. Ou si peu…
En voici quelques exemples.
Babord et tribord se disent bande de senestre et bande de dextre (prononcée drette) ; l’avant est un rode de proue et l’arrière un rode de poupe. Selon son gréement la galère porte un ou plusieurs mâts appelés arbres : l’arbre de trinquet (misaine), mât de mestre (grand mât) et arbre de méjane (artimon). Lorsque la galère navigue à la voile, elle orse pour remonter au vent ou elle pouge pour abattre.
Les ancres sont des fers, les mouiller se dit donner fonde et les lever, serper le fer… Les câbles d’amarrage sont des gumes, les orins des groupis, les grelin, des gumettes ; filer un câble se dit columer.
Le gaillard d’avant est le (ou la) conille ; à l’arrière se trouve le tabernacle réservé aux officiers. Le couloir central reliant avant et arrière est la coursie, et la galerie surélevée où circule le comite et ses argousins est appelé couroir. Quant à la cuisine (ou ce qui en tient lieu) c’est la compagne ; mais à côté il y a la taverne (ou chambre de miège) où les argousins peuvent acheter du vin…
Les galères n’ont pas d’aviron mais des rames et s’en servir consiste à voguer. Il existe, en théorie, deux sortes de vogues, la vogue normale de 12 à 15 palades (coups de rames par minute) et la pousse vogue qui est du double. En réalité, le rythme peut être encore plus rapide pour manœuvrer au combat et parfois pour punir une chiourme trop molle.
Jussac

Alerte ! Les paquebots géants vont couler Venise…

• Coup de gueule – Un scandale de plus. Entendu hier sur France 2 l’information suivante : en dépit de l’interdiction faite au bateaux de croisière géants de faire escales à Venise, ceux-ci viennent d’obtenir l’autorisation de mouiller au cœur de la Sérénissime ! Ainsi, les monstres chargés de milliers de gogos vont-ils continuer de polluer et endommager les rives de ce port unique au monde, fondé au VIᵉ siècle et classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Tant pis pour les berges, les quais, les palais qui seront un peu plus dégradés. Et tant pis pour les perspectives magnifiques sur les canaux et la lagune.
• Derrière cette décision, prise au mépris du plus simple bon sens, se cachent des intérêts financiers tout puissants pour qui le respect des merveilles historiques pèse peu, face au profit généré par des milliers de beaufs  lâchés pour quelques heures dans la plus éblouissante des cités maritimes.
Ce n’est pas seulement honteux, c’est aussi un attentat à la culture maritime. Dans quel monde vivons-nous ?
Aramis


Contact
« Escales Maritimes » est ouvert à tous. Contributeurs, informateurs, critiqueurs, approbateurs, suggestionneurs…
Pour ceux-là, une seule adresse : escales.maritimes@orange.fr

Archives

Faites connaître
Escales Maritimes !

Ajoutez ce lien dans votre site :
http://escales.wordpress.com/

Affichez cette bannière dans votre site en copiant le code suivant dans votre page html :
<a href="http://escales.wordpress.com/"><img src="http://escales.files.wordpress.com/2010/01/escales3.gif" alt="" width="180" height="60" /></a>

Les opinions émises ne sont pas nécessairement celles d'Escales Maritimes ; elles sont de la responsabilité de leurs signataires.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 114 followers