On ne s’attendait pas à ça…

Nous avions envoyé un petit message à quelques amis pour leur rappeler que « Maritimes »  était ouvert à leur libre expression. Et voilà qu’en rafale il nous submergent d’encouragements et s’excusent presque de ne pas contribuer régulièrement. Doucement les amis, rien ne presse, on a la vie devant nous et vous n’êtes tenus à rien . Mais ça fait bougrement plaisir de vous savoir là,  et prompts à réagir dès qu’il s’agit d’eau salé.
Merci à vous. Et particulièrement à Josy, Bernard et Annick, Jacques, Christophe, Berthe (appelez-moi Monique) et Georges dont la prose, très « Grand Siècle » s’adresse directement à Aramis.
Continuez.
Cela devait être dit. Voilà qui est fait.

Maurice Duron

Les grandes courses à la voile n’ont aucun intérêt

Un lecteur de “Maritimes” nous propose son opinion sur la course à la voile. La voici :

Les grandes courses océaniques ne représentent plus rien. Elles ont perdu tout intérêt. Et cela pour deux raisons principales.
La première est que désormais l’engin prime le bonhomme ; les performances dépendent davantage du bateau que du sens marin de son skipper. Bateaux de plus en plus grands, matériaux de pointe, équipements de bord sophistiqués, informatisation intense, j’en passe et des meilleurs. Que ferait le talent d’un Tabarly face à des engins « presse bouton » ? Je pense à cette vérité méconnue « plus un matériel est sophistiqué, plus la part d’intervention humaine se réduit ». Voir les cosmonautes. Il n’y a pas si longtemps celui qui gagnait était le meilleur marin ; ce n’est plus le cas, l’ordinateur fait l’essentiel du boulot, le skipper n’a plus qu’à tenir le coup physiquement et psychologiquement.
Dans ces conditions, quelle est la valeur réelle d’un record ? Et d’ailleurs, avons-nous besoin de record ?
La seconde tient à l’esprit de la course ; une régate entre copains, d’accord, on bouffe de l’écoute, on se fait rincer et on rigole. Mais là, c’est autre chose. Les skippers sont des professionnels qui calquent leurs comportements sur ceux des pilotes de Formule 1. Avec le rituel ridicule de la bouteille de champagne à l’arrivée… Où sommes-nous, sur la mer ou aux 24 heures du Mans ? Il y a pire. Les coureurs font du business, ils ont leurs sponsors, service de com’, etc., ils traitent par contrat. Les « marques » imposent des noms ridicules qu’il vaut mieux ne pas citer… n’importe quoi. Où sont les Joshua , Pen Duick, Gispy Moth , Grand Louis ? Ils ne connaissait pas l’événementiel, tant mieux pour eux.
Moralité : les skippers (types vraiment courageux par ailleurs) sont devenus aussi des affairistes et les bateaux des supports de pub ; la compétition ne forme plus que des téléspectateurs, bien au chaud dans leur pantoufles. Pas des marins.

Et vlan ! Si vous pensez autrement, ne vous gênez pas pour commenter ce billet.

Barquette ou Pointu ?

Bonne question aurait dit le ministre…
Voici quelques précisions interessantes, grapillées dans la documentation de l’Office de la Mer.
Les Barquettes marseillaises, bateaux traditionnels en bois, utilisés pour la pêche cotiere, sont toujours bien visibles dans les ports de Marseille.
Ces bateaux constituent un véritable trait d’union entre la pêche professionnelle et le pêche de loisir. Ils sont beaux, purs, racés.
Mais doit-on parler de Barquette ou de Pointu ? La confusion est fréquente.
L’appellation Pointu peut être considérée comme un terme générique s’appliquant à de nombreux bateaux en bois du sud-est de la France.
Ce terme entre dans le vocabulaire au XIXe siècle par le biais de la Marine nationale basée à Toulon. Les marins de l’Etat, qui ne sont pas spécialement provenceaux, distinguent par cette apellation les bateaux à arrière plat ou rond du Ponant, des bateaux du Levant qui ont tous une forme pointue. Il ne s’agit donc pas d’un terme provençal mais d’un terme inventé et importé.
A Marseille on ne parle pas de Pointu mais de Barquette ; à Toulon, c’est le contraire…Même si l’une et l’autre portent une voilure latine.
www.officedelamer.com

La France, ton pavillon fout le camp…

Des navires marchands sous pavillon français, sans aucun marin français à bord ?
Eh oui, c’est maintenant possible !

On sait qu’a été institué récemment le R.I.F. ou Registre International Français, qui permet d’armer des navires sous pavillon français avec un régime spécial, social et fiscal. Le RIF, crée à l’imitation de plusieurs pays européens, est venu remplacer pour les armateurs français, l’immatriculation dans les Territoires Français Australs - les TAF- qui bénéficiait déjà d’avantages conséquents dans les domaines cités plus haut. Les navires “TAF” conservaient cependant quelques obligations concernant la nationalité des équipages qui devaient être français pour au moins 30% de l’effectif, le Capitaine et son suppléant -c’est à dire le second capitaine- devant être obligatoirement français

Les législateurs en créant le RIF n’avaient conservé que cette dernière exigence, le reste de l’équipage pouvant être étranger et fourni par des sociétés de “manning”, qui ne sont que l’appellation moderne des “marchands d’hommes” d’antan.
Notons en passant, que l’organisation internationale des syndicats maritimes, basée à Genève, a carrément estimé , au grand scandale des armateurs, que ces “Registres Internationaux” qu’ils soient allemands, danois, ou… français n’étaient que de vulgaires pavillons de complaisance…

Mais cela ne suffisait pas aux yeux des eurocrates qui ont estimé que l’exigence française concernant le capitaine et son second était contraire aux dispositions relatives à la libre circulation des travailleurs européens et que ces fonctions devaient pouvoir être remplies par un ressortissant communautaire . Cette injonction fit l’objet d’un débat le. 30 janvier dernier à l’Assemblée Nationale où, contre l’avis de plusieurs députés -de droite ou de gauche- impliqués dans le maritime, le Gouvernement renonça à un recours devant la Cour Européenne de Justice. Les arguments en faveur du maintien de capitaines français à la barre des navires battant pavillon national ne manquaient pourtant pas, en raison des prérogatives de puissance publique dont ils sont investis: navire considéré comme une parcelle du territoire national, rôle du capitaine en tant qu’officier d’état civil ou d’officier de police judiciaire en cas d’enquêtes pour des faits survenus en mer, sans compter l’implication éventuelle des navires marchands en cas de conflit et qui donnait lieu au dépôt dans le coffre du capitaine de documents de la Défense nationale.

Toutes ces raisons n’ont pas paru suffisantes à l’administration européenne et le Gouvernement était persuadé que nous perdrions ce recours . La représentation nationale a tout juste obtenu que le capitaine “européen” fasse preuve d’une “bonne connaissance de la réglementation et de la langue française” . Bonne ? Espérons le. En pratique on verra. On verra quoi ? Peut être un capitaine bulgare ou polonais ayant du mal à s’expliquer devant les autorités en cas de pépin dans un port français. Il est vrai que maintenant tout le monde parle anglais…. Quant aux relations avec l‘équipage, aucun problème puisque celui-ci sera philippin, indien, peut être même bulgare ou polonais. ce qui serait nettement mieux; mais ne rêvons pas, ces derniers sont sûrement devenus trop chers.
Nous ne voulons absolument pas faire preuve d’un nationalisme désuet, ou d’un anti-européanisme ringard. Certes, la mondialisation nous contraint à bien des abandons ou des acrobaties pour seulement tenter de survivre… Mais là on touche au grotesque; que signifie alors ce pavillon français à la poupe d’un navire ? Pas grand chose ; peut-être la nationalité du propriétaire, et encore…
Ou alors il aurait fallu - pourquoi pas ?- créer un pavillon européen… Mais là, justement, c’est trop en demander aux nationalismes étroits de la plupart de nos 26 collègues européens…

Henri Bourdereau

Le coin des érudits (6)

A - Pendant la Seconde guerre mondiale, les américains me construisaient à la chaines ; on m’a reproduit à 2710 exemplaires ! Je mesurais 134,50 mètres et j’étais réputé très fonctionnel pour ma mission : transporter armes et matériels pour le compte des alliés. D’aucun me traitaient parfois ”d’emballage perdu”, ce qui était faux. Mon seul défaut était ma lenteur : 10 à 11 nœuds ; personne n’est parfait… Qui suis-je ? (fastoche !)

B - Qui a écrit (Un indice : le poète est mort à 27 ans.) :
Crinières échevelées ainsi que des cavales ,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

C - Dans le Code international des signaux , quelle lettre de l’alphabet correspond au pavillon représentant un damier bleu et blanc ? Quelle signification a-t-elle ?

D - Ce petit vapeur des années 20, (joliment dessiné par Christophe Verdier) est un navire spécialisé ; il ne transporte pas n’importe quoi ; quelle est cette spécialité ?
(comme ce n’est pas très évident, on vous propose quelques pistes : bananier, minéralier, grumier, sablier, vraquier, thonier, palangrier, citernier, goémonier).

E - Un grand auteur français (le plus grand?) a écrit dans l’un de ses célèbres romans: “(…) Et en effet, une voile surgit. Elle venait de l’est et allait à l’ouest. En approchant, la complication du navire se dessina. Il n’avait qu’un mât, et il était grée en goëlette. Le beaupré était presque horizontal. C’était un coutre. (…)”
Allez, on t’en veut pas Victor, mais quelque chose ne va pas…
Quoi au juste ?

Réponses aux questions 5
A : Paul Signac - B : « L’Olonois » ; il serait mort cuit et bouffé par les indiens … - C : ”Ariel” et ”Teaping” - D : Charles Beaudelaire, évidemment … - E : Un hauban sert à tenir le mât latéralement ; un galhauban est le plus long des haubans ; il est capelé (tenu) sur la tête de mât.

Des poissons bio dans nos assiettes

Nous, à “Maritimes”, serions plutôt du genre écolo-pratiquants, même si nous ne sommes que peu militants. Nous nous efforçons de manger sain, pour bien nous porter, sans plus ; ce n’est déjà pas si mal…

Savez-vous qu’il existe des fermes aquacoles, produisant exclusivement du poisson bio respectant les trois principes de l’aquaculture biologique ? :
- Respect de l’environnement (qualité de l’eau et du sédiment).
- Respect du bien-être animal (procédés d’élevage et alimentation en produits bio)
- Respect du consommateur (label numéroté et traçabilité totale).
C’est assez engageant. La démarche est sérieuse, certifiée “AB”, c’est-à-dire strictement et officiellement contrôlée. (cf. - Règlement CEE n° 2092/91, JO du 30 août 2002)

Dans la ferme marine “Provence Aquaculture”, les poissons sont des daurades royales et surtout des loups (des bars) élevés en pleine eau, pendant 24 mois. Ils ne seront sacrifiés que lorsqu’ils atteindront le poids de 400gr au minimum.
On les trouve sur les marchés locaux, quelques grandes surfaces et même sur les bonnes tables parisiennes.

Ils sont nourris en aliments compressés (granulés) contenant 60% de farine de poissons sauvages, 30%, d’huile de poissons sauvages, 5 à 10% de végétaux issus de l’agriculture bio ainsi que des minéraux et oligo-éléments à l’état de traces. Aucune farine de viande ou de sang d’animaux terrestres ; les végétaux sont garantis sans OGM.

Reste que ces poissons sont des chasseurs, des prédateurs, et que, élevés en cages et n’ayant rien à chasser ils risquent de perdre un peu de leur vigueur naturelle. On aimerait croire que non.
Quant à leur qualité gustative, les producteurs affirment qu’elle est comparable à celle d’une daurade sauvage ou d’un bar de ligne ; mais ça, c’est vous qui en jugerez.

Cerise sur le gateau, la ferme est installée dans l’une des Iles du Frioul, au large de Marseille, dans l’anse de Pommègues ; on peut la visiter dans le cadre d’opérations de “tourisme durable”, concept sympathique développé par l’association “Marimed” qui regroupes des partenaires français, italiens et espagnols. Son but : s’appuyer sur la pêche artisanale pour promouvoir un tourisme “bleu marine”, un brin écolo, respectueux des métiers traditionnels et de l’environnement.
Nous, on approuve, et on ajouterait : à contre-courant du tourisme de consommation, qui ne prêche que bronzette et lèche-vitrines.

Aramis

Site : www.provaqua.com - Contact : contact@provaqua.com

Portrait de bateau

CAMIN (M) - Embarcation traditionnelle de pêche dont l’usage se cantonne au port du Havre et ses environs. C’est un canot creux (sans abri) bordé à clins, de 5 à 6 m., gréé en bourcet-malet. La coque est robuste, ses formes pleines, la tonture légère, les fonds plats et l’étrave droite voire à peine inversée. L’espace intérieur est entièrement dégagé puisque le mât est très avancé tandis que le tapecul (par définition) est implanté à l’extrême arrière. Deux voiles au tiers, plus foc amuré sur un long bout-dehors. En cas de nécessité (calme plat) le Camin peut border deux avirons pour suppléer aux voiles.
Ce petit bateau de plage, rustique et fonctionnel est assez costaud pour être tiré au sec (par l’équipage et sa famille) à chaque retour de pêche. Nombre de cartes postales du début du XXe siècle montrent cette opération harassante.

Attention, ça décoiffe encore…

Attachez vos ceintures et si vous avez le mal de mer ne regardez pas… Ce trimaran de 60 pieds lancé comme un avion (d’ailleurs, il décolle !) est le célèbre « Brocéliande » qui a connu des fortunes et des skippers divers. Il n’empêche que là, sous trinquette et grand voile arisée (tout au moins dans la première partie de la séquence), il fait une démonstration époustouflante. Façon ricochet. En même temps il démontre que lorsque ça bastonne un peu, les skippers des grandes courses ont bien du mérite.
Emprunté à : http://youtube.com/watch?v=QZDS3miKQCc&feature=related

Si vous aimez les huîtres…

Depuis peu, plusieurs concessions ostréicoles ont été accordées dans la partie basse du Goyen, le petit fleuve côtier qui baigne le port d’Audierne.
Des huîtres ? Pourquoi pas, il y en eut jadis…
La zone concernée, est soumise à l’influence des marées, par conséquent, le courant porte deux fois par jour dans chaque sens. Seulement voilà à un kilomètre en aval, le flot traverse le port de pêche et le port de plaisance, générateurs, comme partout, d’une certaine pollution (huiles, gasoil, peintures, antifouling…). A un kilomètre en amont, c’est autre chose, le jusant balaye les rejets d’une station d’épuration implantée au bord de l’eau… Au milieu, les bêbettes, réputées comestibles, se débrouillent comme elles peuvent.
“Elles filtrent”, disent les bonnes âmes. Ouais… Personnellement, comme le bon Devos, j’ai des doutes et j’ai probablement bien tort.
En effet l’installation a reçu toutes les autorisations nécessaires ainsi que l’approbation des pouvoirs locaux ; elle est donc parfaitement légale.
C’est pourquoi, si vous aimez les huîtres, je me permets de vous souhaiter à tous, un excellent  appétit.
Portos

Le Défi des ports de pêche

Nous, à« Maritimes», on n’a rien contre la course en mer, mais au fond, ce n’est pas trop notre truc. Enfin, tant qu’elle reste bon enfant, amicale, et pas trop commerciale, ça nous va encore. Justement, on en a dégoté une qui répond à ces critères
L’idée qui sous-tend « le Défi des ports de pêche » consiste à rassembler sur les mêmes bateaux, des professionnels - pêcheurs, aquaculteurs et mareyeurs - et des plaisanciers pour en découdre à la loyale. En voilà une idée qu’elle est bonne. Resserrer les liens entre les gens de mer, pro ou amateurs, ça nous plaît bien…

Cette année c’est l’Île de Beauté qui accueillera les concurrents de sa 21e édition. Du 26 mai au 2 juin, dans le golfe d’Ajaccio, les équipages s’affronteront sur des monotypes, (First Class 8) à raison de quatre pros et un plaisancier par bateau. Plusieurs régates sont prévus. Simultanément un Village-animation permettra des rencontres, débats, exposition et concerts. Ajaccio va s’offrir - nous offrir - une semaine de fête nautique tous azimuts, et de toutes cultures, puisque les ports inscrits viennent de nos trois façades maritime, d’Etaples-sur-mer à Bastia…
http://www.defidesportsdepeche.com/

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