Une image pour le plaisir

Petite gâterie. Voici une gravure assez étonnante. Elle représente le cuirassé Le Formidable, lors de son lancement à Lorient en 1885. Outre sa qualité graphique et l’angle sous lequel est vu le navire (qui affecte une forme de poire), elle restitue l’ambiance de la cérémonie. Regardez, rien n’y manque, décorations somptueuses, guirlandes, bouquets, pavillon (supposé national), invités déjà à bord, curieux et ouvriers de l’arsenal venus assister à l’événement. Et, aussi, gendarmes pour tenir ce petit monde… Visiblement, on attend les officiels pour le discours d’usage.
L’image est aussi un document ; elle permet de voir les formes rebondies de cette coque à l’éperon agressif, posée sur ses rails de lancement. Et puis, au premier plan, les bittures d’aussières destinées à retenir l’énorme masse lorsqu’elle sera à l’eau (101 m de long, sur 21 de large, 11 910 t). Quelques canons, pour avoir une allure martiale, et l’ancre, à poste, prête à être larguée.
Nous, on trouve l’image vraiment sympa…

Quiz n°44 – Testez vos connaissances

Sur les vaisseaux et frégates du XIXᵉ siècle, on tendait un filet à 4 ou 5 mètres au-dessus du pont, entre le grand mât et l’artimon ; il était  destiné à protéger l’équipage en plusieurs circonstances : chutes d’objets (poulies, ferrures, cordages, etc.) tombant du gréement, armes diverses (amies ou ennemies) pendant les combats et, aussi, amortir les chutes de matelots travaillant dans la mâture. Comment  nommait-on ce filet salvateur ?
- Filet de survie.
- Filet de casse-tête.
- Filet d’abordage.
- Filet de pécaïre
• Réponse à la fin du prochain Quiz.
• Réponse au Quiz n° 43 : un Liberty Ship comme l’ont immédiatement reconnu nos amis ayant navigué sur ce prestigieux navire (voir Escales).

Des ferries bien près des cailloux

Je rappelle que les ferries (1) venant de Manche sont désormais autorisés à passer par le Raz de Sein pour descendre vers l’Espagne.  Les premiers le font déjà (2) . Ce ne sont pas des paquebots de croisière mais ils leurs ressemblent beaucoup. Jugez-en : près de 200 m de long, des centaines de cabines, plus de 2 000 passagers ; de gros bahuts…
Argument principal : le trajet étant raccourci, la durée de l’étape sera moins longue. Je crains que la décision du préfet maritime ne serve qu’à faire économiser quelques euros aux armateurs, qui vont sûrement en profiter pour baisser les prix…
• Autre chose. Si, par malheur, l’un de ces navires venait à se mettre au plein sur Tevennec ou La Plate, et y crever ses citernes,  je me demande ce qu’en penseraient les habitants de Plogoff, Primelin Esquibien, etc. L’affaire du Concordia donne à réfléchir. Alors, je sais, plusieurs amis, anciens pachas de cargos, (ils se reconnaîtront…)  y sont passés  naguère sans le moindre problème. Mais c’était une autre époque, d’autres navires et ils n’y passaient pas tous les jours. Les ferries, si !
Porthos
 (1) – De moins de 200 m.
 (2) – Brittany Ferries, par exemple, annonce 13 liaisons vers Santander ou Bilbao (aller/retour), au mois de mars 2012.

En survol et vite fait…

Deux bonnes nouvelles (si l’on peut dire) ce 24 janvier.
1/ La démolition du Bremen, ayant été rondement menée, son achèvement n’est plus qu’une question de jours. Après… eh bien ! après, on oubliera, comme d’habitude.
2/ Pour la troisième fois, on annonce que le pompage des cuves du Concordia commence aujourd’hui. Croisons les doigts, ce sera peut-être la bonne…
Ah ! que la Mer est belle.

A Binic, deux “Escales” pour le prix d’une…

Escales Maritimes a décidé de faire un bout de route avec les Escales de Binic (22) en tant que partenaire actif. Escales pour Escales… Derrière la proximité des mots (clin d’œil !) se cache un certain état d’esprit tourné vers la culture maritime que nous partageons pleinement. Et, on le sait,  qui se ressemble…
• Explication. Les Escales de Binic (Festival du livre de la Mer et de l’Aventure) rassemblent régulièrement plusieurs dizaines d’auteurs d’ouvrages maritimes d’excellent niveau. Cette année, ils seront 45 à présenter leur production, variée et foisonnante ; ce sera la 3e édition  de cette manifestation qui s’affirme, chaque fois, comme un rendez-vous de qualité.
Il n’en fallait pas plus pour rapprocher les deux « Escales » dans une coopération amicale et complémentaire. Naviguer de conserve, en quelque sorte…
• D’autres infos vont suivre, mais retenez déjà les dates : du vendredi 23 au dimanche 25 mars 2012. Et en plus : c’est gratuit !
Venez-y, nous y serons…
escales-de-binic.over-blog.com
Aramis

Le contrôle technique des bateaux de plaisance

A l’intention des plaisanciers motorisés (*). Figurez-vous qu’on voit apparaître sur l’internet des offres de maintenance des moteurs de bateaux. Moyennant un certain prix, vous pouvez faire contrôler l’état de votre motorisation, soit pour vous assurer d’une croisière sans angoisse (photo), soit pour revendre votre bateau en bon état, soit encore au nom d’une maintenance mécanique durable. Pourquoi pas ? Rien à redire, c’est un service comme un autre. Toutefois, la formule se veut annuelle, donc répétitive et son appellation sonne un peu comme notre célèbre « contrôle technique » automobile. Tiens…
Alors, comme je suis méfiant, je me demande si cette formule ne risque pas de donner des idées à notre administration qui pourrait instituer un contrôle obligatoire et payant au nom de la sécurité en mer. Ce serait, bien sûr, pour notre bien, mais ça s’ajouterait aux factures du port, à l’assurance, au matériel de sécurité, etc. Beaucoup de sous, quoi.
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : rien n’est encore dans le tuyau, mais l’expérience montre que, parfois, les idées en l’air deviennent réalité. Il est alors trop tard. Restez donc sur vos gardes, on ne sait jamais…
Cyrano
(*) moteur pur ou voiliers à moteur auxiliaire.

L’épave a encore bougé…

Samedi matin – Désolé si le drame ressemble à un feuilleton télévisé, nous n’y pouvons rien.
• Confirmation de ce que disait Athos hier ; on redoute de plus en plus  que le navire coule complètement, emportant avec lui 2 380 tonnes de carburant qui pourraient se répandre dans la mer. Il serait alors beaucoup plus difficile d’éviter une pollution majeure. C’est ce qui a conduit le gouvernement italien à placer la zone en état de « catastrophe naturelle ».
- Vous avez dit naturelle, c’est bien sûr, ça ?
• Un responsable a déclaré que si cela se produit, il faudra des dizaines d’années et des dizaines de millions d’euros pour nettoyer la côte. Que je sache, il n’a rien dit de la faune et de la flore…
Vive le gigantisme !
Aramis

Les bateaux de la mémoire (65)

Cette image est un peu énigmatique. Selon la légende, ce sous-marin britannique surveillerait des bâtiments allemands pendant la Guerre de 14.
Hum… on n’y croit guère, amis et ennemis sont vraiment trop proches pour se faire des politesses. On pense plutôt que l’éditeur a voulu faire une légende de circonstance expliquant la présence des cargos en arrière-plan. Pratique quand on vend du papier…
Mais, s’il s’agit bien du sous-marin E 8 la carte est plus intéressante. Car le submersible (mis en service en 1914) a torpillé le prestigieux cuirassé Prinz Adalbert le 23 octobre 1915 dans les eaux de la Baltique, à 20 milles de Libau (Liepaja, Lettonie). Le puissant navire s’en est allé par le fond. L’affaire eut un grand retentissement. Pourtant, ce coup de maître sur le plan militaire, le fut moins sur le plan humain : 672 morts, 3 survivants…
(Image collection Escales Maritimes).

Le Concordia menace de couler

 Vendredi matin – Ne nous vautrons pas dans le drame ; mais cette fois, il nous semble bien qu’il n’existe plus aucune chance de retrouver des survivants. Nous nous inclinons devant les victimes et leurs proches.
Sur place, les opérations préliminaires au pompage du fuel ainsi que les recherches des plongeurs viennent d’être interrompues temporairement. Ceci pour deux raisons : 1/ Le bâtiment a encore bougé et risque, comme nous l’expliquions le 18 janvier, de tomber dans une fosse de 50 à 80 m. 2/ Le temps se dégrade sur la zone : ciel plutôt couvert et vents de N-N O de 20 nœuds (force 5). Ce n’est guère violent, mais suffisant pour lever des vagues de 2 m(*). La situation sur le plan environnemental est donc précaire pour l’instant ; si le navire devait couler complètement elle deviendrait très difficile
Athos
(*) jusqu’à présent la mer était plate.

Sur l’eau, les vrais moteurs hybrides sont rares

En Plaisance, on découvre depuis quelques années le bateau à moteur hybride, en oubliant qu’il y a belle lurette qu’on en fait. Un voilier à moteur auxiliaire pourrait être un hybride,  l’Alcyone de Cousteau, comme le petit chalutier  de l’ami Pelloquin, sur lequel il a gréé des voiles, pourraient l’être aussi. A la limite un canot voile/avirons serait un hybride… Alors, du calme, voyons plutôt ce que recouvre le mot.
• Aujourd’hui, les bateaux dits hybrides sont essentiellement des pseudo-hybrides. Ils sont à double énergie ; d’un côté l’électricité, de l’autre un moteur thermique. L’électricité est stockée dans des batteries sur lesquelles on tire tant qu’elles sont chargées. Quand elles sont à plat, un diesel prend le relais.
L’appellation hybride est parfois un abus de langage, car dans son acception moderne, l’hybride comporte une double motorisation (thermique et électrique comme ci-dessus) dont le fonctionnement, est géré par un ordinateur, qui “choisit” en permanence l’énergie la plus appropriée. Ce système permet l’usage alternatif ou simultané  des deux moteurs. Soit seulement thermique, soit uniquement électrique, soit encore mixte (les deux ensemble). Etant entendu que le moteur thermique, en marche, recharge la batterie. L’ordinateur gère tout, mais l’opérateur humain peu, à tout moment, reprendre la main sur la machine. Ce procédé, issu de l’automobile, est plutôt rare dans le nautisme, mais il en existe.
• Les bateaux électriques – Cette fois, c’est plus simple : une seule source  d’énergie ; Lire la suite ‘Sur l’eau, les vrais moteurs hybrides sont rares’

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