Ahurissant : des cargos sans équipage !

7048-thumbTout le laissait prévoir, désormais c’est parti… En Norvège, la société Rolls-Royce étudie un modèle de navire destiné au transport de marchandises sur de courtes distances, sans équipage à bord ! En quelque sorte, un drone maritime contrôlé depuis la terre. Escales avait déjà évoqué cette éventualité le 16 mai 2013 aujourd’hui, les travaux sont plus avancés. D’après Rolls-Royce le navire-robot, bardé de capteurs, serait plus sûr, moins cher, et moins polluant, ce qui reste, bien sûr à vérifier.
Un drone prototype virtuel à moteur électrique est déjà en cours d’étude. Un responsable de Rolls-Royce, Oscar. Levander a déclaré : maintenant que la technologie est au niveau, nous pouvons y arriver ; c’est ce que nous entreprenons.
Pas de panique tout de même. Le projet est incompatible avec la réglementation maritime actuelle. Au surplus, des voix autorisées doutent des avantages  annoncés. Tor Svensen, directeur général de DNV GL maritime (1) déclare :  je ne pense pas personnellement qu’il y ait un énorme avantage de coût par rapport aux navires actuels. Quant aux syndicats ou associations de marins,  je vous dis pas… Il serait  intéressant de connaître la point de vue de Mor Glaz, par exemple…
Il n’empêche que l’idée fait son chemin et pas seulement chez les armateurs, les militaires de tous pays (France comprise) s’intéressent de près aux navires sans équipage. Décidément, le monde change, et pas toujours dans le bon sens…
Athos
(1) Principal organisme de certification pour la sécurité de Norvège.
• Image – Vision futuriste d’un cargo sans équipage (image de synthèse Rolls-Royce).

Vous avez dit " patrimoine " ?

Humeur – J’ai un peu écouté la radio ce week-end, je n’ai jamais entendu les mots patrimoine maritime…
Bon, le patrimoine a été célébré un peu partout et c’est tant mieux.
Pour nous, Français, le patrimoine c’est d’abord les œuvres d’art immobilières, curiosités, et monuments vantés par tous les syndicats d’initiative. C’est plus rarement maritime. Et en ce domaine (le nôtre) les institutionnels, les musées et grandes associations ont participé à la hauteur de leur réputation. Elles ont valorisé le patrimoine maritime par des présentations prestigieuses, originales, voire uniques. Il faut les complimenter.
• Mais le patrimoine ne se limite pas aux grandes œuvres, déjà plus ou moins connues ; il existe des richesses obscures, des créations artisanales, de petites initiatives personnelles qui sont autant de merveilles méconnues qu’on ne voit pas aux Journées du patrimoine. Je pense aux bateaux classés, aux quille en l’air, maquettes anciennes, germaines, ex-votos, carnets de bord, vêtements, objets de marine (pas forcément des antiquités), etc . Ceux-là aussi devraient être mis en public. Difficile, certes, mais tellement riche !
• Car les Journées, auxquelles nous souscrivons totalement, devraient être le fait de tout le monde. Il y a un risque à voir les grandes institutions ayant certains moyens, monopoliser le patrimoine maritime. Regardez la Fête de la musique. A sa création, n’importe quel musicien pro ou amateur, pouvait s’installer au coin de la rue et glorifier sa musique, (ce qui n’empêchait pas l’Orchestre National de France de donner un concert à la Maison de la radio). La musique était alors l’affaire de tous, du rocker au baroqueux. Aujourd’hui, ce n’est plus cela. Tout est cadré, organisé, personne ou presque ne joue dans la rue, la fête a été accaparée  (pour ne pas dire confisquée) par de puissantes institutions plus ou moins sponsorisées. Ça limite son impact  et c’est bien dommage.
Il ne faudrait pas que les Journées du patrimoine, spécialement  maritime, tombent dans de tels travers. Finalement, il y a encore beaucoup à faire.
Aramis

Au Québec, l’héritage maritime sous petites voiles

VanKeulen_RivereCanada1717• Carte postale du Québec – Ah ! Notre Mer à nous aurait tant souhaité pavoiser aux côtés de notre Mère patrie en matière de patrimoine maritime, à notre échelle : Journées du patrimoine en France contre Journées de la culture au Québec ; ateliers ? bateaux ? portes ouvertes ? animations ? sorties en mer ?… Hélas, il a bien fallu amener pavillon. Cette 18ᵉ édition de nos Journées de la culture annonce pourtant « plus de 3 000 occasions de découverte et d’appréciation des arts et de la culture, partout au Québec ». Notre vie culturelle est foisonnante certes, mais vraisemblablement notre patrimoine maritime tarde toujours à sortir du placard. Timide, va ! Du 26 au 28 septembre, pour évoquer la mer et ses gens, il y aura bien tout de même deux ateliers de cordage et nouage, une rencontre d’auteur et deux portes ouvertes animées dans des centres de patrimoine maritime. On doit être d’un inébranlable optimisme et espérer qu’il n’y ait que le temps manqué à notre quinzaine de centres d’interprétation et musées maritimes pour planifier des activités afin de promouvoir cette part essentielle de notre identité. Ou alors quelqu’autre bien solide raison. Tout y est pourtant : phares par dizaines, bateaux de toutes tailles et époques, prestigieux chantiers de construction, extravagante nature, épiques histoires de marins et d’explorateurs, chansons, contes, paroles, littérature. Notre Mer à nous dans tous ses états, quoi.
Allez, on y croit. Une liste de ces institutions québécoises de mise en valeur de notre patrimoine maritime est proposée sur le site de l’Observatoire des musées du Québec. Les Journées de la culture ont aussi leur site. Belles Journées de patrimoine maritime aux gens de bonne volonté ! Et claironnants.
Alain Boucher,  le rédacteur
ImageNouvelle carte de la Rivière de Canada ou St. Laurens, Gerard van Keulen, Amsterdam, 1717. Bibliothèque et archives nationales du Québec, 2663197.
NDLR – Bien entendu, notre ami Alain Boucher s’est régalé de la récente émission de Thalassa (vendredi dernier) consacrée au Saint-Laurent. S’il n’y fait aucune référence c’est que sa Carte postale, a été rédigée plus tôt ; (nous l’avons reçue le 17 septembre). Il nous demande – et on le comprend bien – de rappeler que l’émission sera rediffusée sur France 3 (TV 5 au Québec) le 28 septembre à 20 h et le 2 octobre à 23 h 40.

Pseudo-Quiz n° 147 – Testez vos connaissances

 

Vous connaissez sans doute la célèbre godille chinoise qui permet de godiller efficacement en effectuant un simple mouvement de va-et-vient. C’est proprement génial. Mais connaissez-vous son nom d’origine ou plutôt son nom traduit en langage occidental ? Et puisqu’on y est, comment se nomme la godille japonaise, fondée sur un principe similaire ?
Eh, eh, pas si simple… mais pas trop compliqué quand même…
• Réponse à la fin du prochain pseudo-Quiz.
• Réponse au pseudo-Quiz n° 146 : le novice devait rechercher la plus grosse morue et l’embrasser (affectueusement) sur la bouche. Pouah ! Il existait quelques variantes incantatoires à ce rituel qui avait aussi fonction d’assurer une bonne campagne.

Chacun son costume sur les grands voiliers de commerce

Maudite bigaille sur le 4-mâts Emilie Siegfried  - Photo A. Noêl - Coll. Dr Marc Carré• Marin comme ma sœur, soldat du pape, marin de gravure, marin de pigoulière,  gabier de poulaine, marin d’escarbilles, écrevisse de rempart, face à Judas, failli chien… tels étaient quelques-uns des gentils qualificatifs donnés par les  matelots finis ou de premier brin à leurs collègues qui ne savaient pas de quel bord amurer et dont Armand Hayet et Pierre Sizaire ont dressé la liste dans leurs ouvrages (1). Les recherches sur les Clippers Français et les Cap-Horniers du nitrate de l’Armement Bordes en ont révélé quelques autres indépendamment de ceux peu aimables dont étaient affublés les cuisiniers embarqués.
Bon à tout, propre à rien : dans un coup de blues, Francis Roger lieutenant de cage à poules sur le 3-mâts Général-Neumeyer en 1911 s’attribue ce qualificatif. Faire le quart, dégermer les patates,  aider le mécanicien à nettoyer le bouilleur de la chaudière (2), soigner les blessés et les malades, surveiller le chargement, renouveler les vivres aux escales, composer les menus, distribuer le quart réglementaire de château cambusard par homme et par repas  allongé à l’aqua simplex en fin de voyage, repeindre la cabine du commandant… c’était une rude épreuve pour un futur capitaine au long-cours !
Bordée à cracher le sang : matelots sans spécialité constituant la bordée volante ou du milieu à laquelle étaient dévolues les corvées comme l’interminable piquage et grattage de la rouille, le lessivage, le miniumage et la peinture sur les voiliers en acier. Les matelots de la Bordes avaient de ce fait baptisé leur compagnie « la boîte à rouille ». Lire la suite ‘Chacun son costume sur les grands voiliers de commerce’

Hermione, la fête provisoirement interrompue…

Jeudi 18 septembre 2014, 9 heures – Après le triomphal départ de l’Hermione, dont la presse a largement parlé, voilà que le superbe navire se trouve bloqué par une panne de moteur. C’est ce que nous apprend aujourd’hui le site Mer et Marine (nouvelle formule) qui donne pour seule précision qu’un dysfonctionnement a été constaté sur l’un des deux moteurs. Moralité, la frégate ne peut prendre le large tant que l’expert, chargé d’évaluer les causes et dégâts, ne sera pas monté à bord…
Incident sans conséquence, nous le souhaitons, mais incident peu banal ; un voilier en avarie moteur, c’est peu fréquent…

Valorisez vos initiatives patrimoniales !

Juste un mot. Les Journées du Patrimoine (maritime) annoncées précédemment nous posent un problème. D’une part, nous ne pouvions annoncer toutes les manifestations, c’est évident. D’autre part, nous n’avons été qu’incomplètement informés des multiples initiatives, c’est non moins évident. Nous invitons donc tous ceux qui contribuent à une animation patrimoniale à l’annoncer dans leurs commentaires, comme l’ont fait déjà certains de nos amis.
Soyez brefs, soyez précis, il ne reste que trois jours. A vos claviers !
Escales

Une image pour le plaisir

Gallica1.highresRegardez cette affiche. Une aimable poissonnière (la Mère Angot) propose un assortiment très complet de bestioles livrées par les Pêcheurs Réunis. L’auteur a pris soin d’en faire figurer un maximum dont certaines, (soles, limandes, homard, langouste, bars), sont bien reconnaissables.
Au second plan, des tourteaux, huîtres diverses, oursins, clams, et crépidules attendent sagement le chaland dans leur barquette. C’est clair : comme aux Galeries Lafayette on trouve tout chez la Mère Angot.
• Cette personne ne manque pas d’intérêt. Rondelette, engageante, bien proportionnée, elle bonimente la clientèle avec un sourire contenu, c’est son boulot. Elle semble  porter le vêtement traditionnel, d’une région littorale, coiffe sobre, foulard croisé sur le cœur, robe rouge avec manches courtes à volant, petit tablier blanc sur le devant. Est-ce une vue d’artiste ou une reproduction fidèle ? Nous, on ne sait pas, mais on aimerait bien savoir.  Si l’un d’entre vous a une idée…
• En tout cas, l’affiche, (dont on ignore la date) est plaisante et sans ambages.
Heureux de la partager avec vous.
(Source : Gallica, bnf.com)

Xynthia, la vraie tempête est dans le box !

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010 la tempête Xynthia déferlait sur les côtes atlantiques, coupant en deux l’Ile de Ré et inondant  le littoral du Pertuis Breton. 29 personnes habitant dans les zones dangereuses perdirent leur vie dans ce qui aurait dû être un violent coup de torchon, plus dur que les autres, certes, mais sans plus.
Pourquoi ?
C’est à cette question que devront répondre les juges des Sables-d’Olonne qui se penchent depuis hier sur ce cas dramatique, qui n’aurait jamais dû l’être, si les élus et les affairistes avaient respecté les lois de la République.
Sont jugés le maire de l’époque de La Faute-sur-Mer, un promoteur immobilier, un fonctionnaire de la DDE (1) et deux entrepreneurs locaux.
• La charge la plus lourde pèse sur l’ancien maire qui aurait – entre autres – délibérément octroyé des permis de construire illégaux dans une zone réputée submersible. Il est poursuivi pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d’autrui, manquement grave à l’obligation d’information des populations. (Pas de document d’information sur les risques majeurs).  Ça fait beaucoup…
• À l’heure où des politiques, inconscients ou intéressés, de droite comme de gauche, réclament un assouplissement de la Loi littoral,(suivez mon regard) le verdict aura une importance particulière. Il montrera, nous l’espérons, qu’il faut au contraire durcir fermement la réglementation et veiller à son application. Partout. Ne l’oublions pas, ce verdict pourra avoir force de jurisprudence pour les nouveaux Xynthia à venir car, tout le monde le sait, il y en aura d’autres…
• Réponse dans cinq semaines.
(1) DDE : Direction Départementale de l’Equipement.

Les piastres de l’abbé Jouin

image001Même notre plus grand monarque, le très ensoleillé Louis XIV, peut se faire rouler par un messager de Dieu… et pas qu’un peu.
Mars 1709, une flotte de huit vaisseaux marchands malouins chargés d’une très grosse fortune, on parle de trente millions de livres d’or et d’argent en pièces et lingots, se présente à l’entrée de de la rade de L’Orient. L’abbé Jouin, parti évangéliser le Nouveau au Monde, rentre au pays en commandant l’un d’entre eux, la Confiance (ça ne s’invente pas) sur lequel on a regroupé une partie de la riche cargaison. Le déjà bien malade, mais toujours dépensier roi de France exulte à l’idée de renflouer les caisses du royaume. La famine ravage le pays, les soldats souffrent, c’est la grande dèche dans les armées.
Très vite le roi négocie avec les marchands un prêt équivalent à la moitié des valeurs rapportées et 10 % d’intérêts. A la vue du premier navire, une chaloupe est prête à porter à bord un officier chargé de sceller les écoutilles et ainsi empêcher toute forme de trafic ou d’indélicatesse à l’égard de Sa Majesté. L’ordre secret de mettre, dès le débarquement, toutes ces valeurs à l’Hôtel des Monnaies s’ébruite. A l’époque, la confiance dans l’état régalien est nulle. Les soldes des équipages ne sont pas versées et un commerce de change parallèle s’est développé. Clairement les négociants malouins pensent qu’ils vont être les victimes d’un racket plus que royal. Voici le genre de supplique adressé au grand argentier successeur de Colbert :
" Faites que la mémoire de Monsieur Colbert, que les négociants regrettent tous les jours, revive en votre personne, et qu’une poignée de négociants, qui, par leur industrie, ont soutenu les manufactures de France, dont ils ont rapporté des matières d’argent dans le royaume, ne soient pas les seuls sacrifiés ! "
A l’arrivée des navires et sous la menace expresse de sanctions pour fausses déclarations, les capitaines annoncent 3 705 353 piastres exactement, dix fois moins que prévu. Louis ne croit pas à l’erreur de zéro. On s’énerve en haut lieu, on soudoie les dénonciateurs de trésors dissimulés avec promesse de leur laisser jusqu’au tiers des sommes rapportées. Rien ni fait. Le défaitisme s’empare des autorités locales :
" Je crois, écrit le commissaire de la marine du Port-Louis, que les capitaines commandant les vaisseaux venant de la mer du Sud, voyant la précaution qu’on prend de leur faire déclarer les espèces d’or et d’argent qu’ils apportent, ne déclareront que ce qu’ils voudront, et qu’ils feront débarquer la nuit ce qu’ils n’auront pas déclaré, et les gardiens, que je mettrais dans leur bord, ne pourront empêcher cela, parce qu’il est aisé de les corrompre et de les enivrer…"
Or, juste avant la rade de Lorient, il y a Groix, dernière station avant la route Port-Louis/Versailles. Les scellés d’écoutilles ne sont pas encore posés que les Malouins y débarquent en catimini leur précieuse cargaison. Des piastres, il y en avait partout, même dans le sable des plages  (1). L’île au trésor c’est Groix. Lire la suite ‘Les piastres de l’abbé Jouin’


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